HASLACH. ALBECK 2G
Dans cette même journée du i3 octobre, le major général prévient le maréchal Lannes du mouvement ordonné au maréchal Ney, et lui prescrit de se trouver, au premier coup de canon, sur la rive droite, à côté du pont d'Elchingen, pour pouvoir soutenir ce maréchal. 11 informe en même temps le maréchal Soult, que toute l'armée ennemie étant dans Ulm, il doit former la gauche de l'Empereur et intercepter aux Autrichiens la roule de Biberach. Enfin, il ordonne au général Marmont de se rapprocher d'Ulm pour compléter l'investissement de l'ennemi.
Le 22 vendémiaire (i/i octobre), le maréchal Ney rétablit le pont d'Elchingen sous le feu le plus violent, puis se mettant à la tète du 6e léger, de la brigade Yillatle, il emporta successivement, avec la plus grande intrépidité, le village et le couvent d'Elchingen qui domine tout le cours du Danube, pendant que le 3r)0, de la même brigade, nettoyait la plaine qui longe le pied des hauteurs. Le général Roguct, commandant l'autre brigade (69e et 76e) de la division Loison, s'empara du bois et du plateau qui sont à l'Ouest du couvent d'Elchingen, vers Haslach, afin d'éviter tout retour offensif de l'ennemi ; ces deux braves régiments rompirent les carrés autrichiens et en poursuivirent les débris jusqu'en face du village de Jungingen. Le général Loison ordonna ensuite la retraite sur Albeck, où la 2e division campa jusqu'au lendemain matin. Par suite de cette action, les Autrichiens furent rejetés en partie sur Llm, et en partie sur Langenau. — La division Malher servit de soutien à la 2'' division, et, à la chute du jour, elle s'établit en avant des bois d'Elchingen, la droite vers la route d'Albeck à Ulm.
De son côté, le général Dupont, ayant reçu, le 22 vendémiaire, l'ordre de retourner à Albeck, mit sa division en marche à sept heures du matin. Arrivé à Langenau, il trouva ce village occupé par l'ennemi, et aperçut, sur sa droite, une forte colonne autrichienne filant au Nord sur Neenstetten, par la roule d'Albeck à Ilerbrechtingen ; c'était le gros corps sorti d'Ulm sous les ordres du général Werneck, et chargé d'ouvrir la retraite vers la Bohême à l'armée du général Mack. Après un combat d'avant-garde, engagé pour forcer l'ennemi à montrer toutes ses forces, le général Dupont jugea prudent de se reporter sur la Brenz, afin de couvrir les communications de l'armée par Gùnzburg. Il établit sa division à Gundelfingen, et prévint immédiatement le maréchal Ney qu'une partie de l'armée autrichienne s'échappait d'Ulm vers la Bohème. Il écrivit au maréchal la lettre suivante :
Gundelfingen, le 22 vendémiaire an XIV.
Le Général Dupont à Monsieur le Maréchal Ney, Monsieur le Maréchal,
Je vous ai rendu compte à midi de ma position à Brenz ; tous les renseignements que j'ai reçus depuis confirment ce que je vous ai annoncé du nombre considérable de troupes que l'ennemi fait sortir d'Ulm. J'ai observé ses mouvements et je me hâte de vous en rendre compte. Il occupe Giengen et Heidenheim. M. Grabbé, votre aide de camp, se rend près de vous pour vous rendre compte plus particulièrement du résultat de nos reconnaissances et des autres rapports qui nous sont parvenus. Craignant que l'ennemi ne cherche à couper nos communications, j'ai pris position à Gundelfingen. J'attends vos nouveaux ordres.
Le Général de Division Siyné : Dupont.
Le pont d'Elchingen se trouvant définitivement entre nos mains, l'Empereur résolut
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de marcher sur Ulm le iô octobre, de grand malin, et d'attaquer les autrichiens dans leur position du Michelsberg. Il ordonna de réparer pendant la nuit le pont de Thalfingen et de porter sur la rive gauche du Danube, avant le jour, les corps de Ney et de Lannes, la division de grosse cavalerie du général Nansouty, la division de dragons du général Klein et la garde impériale. Vers huit heures du matin, le maréchal Ney devait être remplacé dans ses positions d'Elchingen et d1 Albcck par les trois divisions Oudinot, Suchet et Gazan, du maréchal Lannes. L'Empereur se transporterait au couvent d'Elchingen et donnerait lui-même Tordre d'attaquer. Ces instructions furent résumées dans l'ordre suivant :