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Ces colonnes de Troupes étant arrivées successivement à leur destination provisoire, des ordres furent expédiés le 22 juin, pour les faire diriger sur les places qui avaient été assignées pour leur garnison définitive. Le matériel de l'artillerie du Corps d'armée de Magdebourg fut laissé jusqu'à nouvel ordre à Metz, et celui du Corps d'armée de Hambourg fut dirigé sur Douai.

MINISTÈRE DE l8l4 567

Ainsi, tous les Corps et détachements de troupes françaises qui formaient les armées et les garnisons au delà du Rhin, des Alpes et des Pyrénées, ainsi que dans les pays cédés par la France, furent réunis à leurs dépôts, à l'exception de la garnison de Corfou qui n'était point encore arrivée dans la rade de Marseille.

Les événements survenus en France avaient exaspéré les esprits d'une portion des habitants de la Corse, et les insurrections qui avaient éclaté dans cette contrée, obligèrent le Général commandant la 23e Divon mve de mettre une portion de cette île sous la protection des Anglais, en attendant qu'il pût recevoir de France des renforts de troupes.

Le 26 juin, des ordres furent donnés au Lieut1 G*1 Milet de Mureau, nommé par le Roi Commissaire Extraordinaire et Inspecteur G'1 des Troupes en Corse, de s'embarquer à Toulon avec le 9° Régiment d'infanterie de ligne et les portions du i4e léger et du 35e de ligne qui se trouvaient dans la 8e Divon mre, pour prendre, au nom de Sa Majesté, possession de cette île et y rétablir la tranquillité, et dès ce moment le i4e Rég1 d'infie légère dont les bataillons de guerre faisaient partie de la garnison de Corfou, et le 35° régiment qui devait former le nouveau 34e régiment, et dont la plus grande partie avait été mise à la disposition du général Milet- Mureau, furent destinés à former la garnison de l'île de Corse, l'intention du Roi étant que le 9e de ligne vînt reprendre son service à Toulon, dès que sa présence ne serait plus nécessaire en Corse.

Le grand nombre de troupes qui étaient en mouvement pour se réunir dans leurs garnisons respectives, les mutations fréquentes qui avaient lieu dans les corps, la désertion qui faisait journellement des progrès et l'arrivée successive des militaires français de tout grade venant des prisons de guerre, n'ayant permis de connaître d'une manière exacte l'effectif des Corps, on envoya le Ier juillet un ordre du jour à MM. les officiers généraux commandant les Divisions militaires et les Départements, à MM. les Inspecteurs et Sous-Inspecteurs aux Revues, à MM. les Commissaires Ordonnateurs et ordinaires des guerres, qui prescrivait de prendre toutes les mesures nécessaires pour que le i5 juillet et ce même jour sur tous les points de la France, il fût passé des revues de rigueur de tous les Corps et détacbements de troupes, soit dans les garnisons, soit dans les cantonnements, soit en marche, ainsi que dans tous les hôpitaux militaires et civils.

Le résultat de cette revue fit connaître qu'il existait, à l'époque du i5 juillet, une force de :

Présents sous les armes. 26 742 off's 264 820 S.-offrs et soldats.

Aux hôpitaux. ... 4 18 — 45 208 —

En congé 252 — 10 735 —

Au total un effectif de. 27412 o(îls 320763 S. -offrs et soldats.

Dans le courant de juillet, des mouvements furent ordonnés pour réunir à leurs Corps des détacbements qui n'avaient pas encore pu les rejoindre, et tous les étrangers qui se trouvaient dans les Régiments français, furent renvoyés dans leur patrie respective.

Quelques changemenls purent aussi lieu pour rectifier la position des troupes dans les garnisons ; par exemple le nouveau 78e Régiment de ligne qui devait être organisé à Nantes, fut destiné pour Rayonne où se trouvait déjà la plus forte portion de ce qui devait le composer ; cette mesure avait particulièrement pour but de renforcer la 1 ift Divon m"\ à cause des troubles qui existaient dans les provinces d'Espagne voisines de la frontière.

Le ioo' de ligne, qui était à Met/, lui dirigé avec tout ce qui devait entrer dans la composition du nouveau 8ifi Rég' de ligne sur Belfort. Le 1 Ie Régiment de ligne, qui tenait garnison à Grenoble, fut envoyé à Ghambéry. Los poil ions des Régiments étrangers qui se trouvaient dans les 7 et 8e Divons mres, furent dirigées sur Avesnes, et les Compagnies cl détachements d'artillerie à pied et à cheval, d'ouvriers, du train, et des Bataillons du Génie furent réunis sur les points où leur nouvelle organisation devait être effectuée.

La garnison de Corfou étant sur le point d'arriver à Marseille, l'ordre fut adressé, le i5 juillet, au général commandant la 8e Div°" mre, d'envoyer sur-le-champ et sans lui permettre de débarquer en France, le i4c Rég' d'Infie légère en Corse ; de faire diriger immédiatement après leur débarquement, savoir : le 6e Rég1 de ligne sur Avignon ; les deux Batous du 2e Rég1 Etranger sur Aix et de là sur Avesnes, et l'artillerie ainsi que le train sur Besançon et Strasbourg.

La marine préparant ses expéditions pour reprendre possession des iles françaises, des ordres furent expédiés le 26 juillet pour mettre à sa disposition, à Brest, 3 Compagnies de chacun des i5e et 70e Rég,s de ligne, destinées à entrer dans la composition des Régiments de la Martinique et de la Guadeloupe.

Les 9 et 10 août, des ordres furent également donnés pour envoyer à Belle-Ile-en-Mer, à Rochefort et à l'île de Ré, des détachements du 5n Régt1 d'Infie légère en garnison à Cherbourg, du 62e de ligne en garnison à Bourbon-Vendée, et du 71e de ligne en garnison à La Rochelle pour former les Bataillons supplémentaires destinés pour les colonies.

L'exécution des ordres du Roi concernant le rétablissement du Service des droits réunis avait éprouvé la plus grande résistance dans quelques villes et communes du Royaume ; la force armée qui fut mise en mouvement parvint sur tous les points à rétablir l'ordre, mais des rassemblements nombreux et inquiétants s'étaient formés dans la 20e Divon mrc, où il ne se trouvait alors que le 4ie Rég' d'lnfie de ligne; des ordres furent donnés le 22 août au 45e Rég' d'Infie en garnison à Dieppe, de se rendre à Cabors. (Ce Régiment a été remplacé à Dieppe par un Bat0" du 89e de ligne tiré de la garnison d'Abbeville.) Par ce moyen, M. le Lieut' Gal Cte Souham, comm' la 20e Divon mre, s'est trouvé en mesure de répartir les troupes sous ses ordres dans les principales villes de son commandement, telles que Périgueux, Angoulème, Cahors et Tulle, et d'appuyer les opérations des préposés à la perception des contributions indirectes.

Des ordres furent aussi donnés dans ce temps,

i° Au 65e Rég' de ligne, qui était à Bayeux, de se rendre à Nantes, pour y remplacer le 78e Régiment réservé pour Bayonne.

20 Au 6e Rég1 de Chasseurs (Berry), qui était à S'-Germain-en-Laye, de se diriger sur Compiègne, pour céder la garnison de Sl-Germain à la Compagnie de Gardes du Corps de Grammont.

3° Au 3e Rég1 de Hussards, qui était à Metz, de se rendre à Dôle où il remplace le 6e de Chevau-Légers Lanciers, envoyé à Joigny.

Pour régler définitivement l'établissement des Corps Royaux de cavalerie, celui des Lanciers de France fut dirigé d'Angers sur Orléans ;

Celui des Dragons de France fut dirigé de Bourges sur Tours ;

Celui des Cuirassiers de France resta à Blois,

Et celui des Chasseurs à Saumur.

Par suite de ces dispositions, le 27e Rég' de ligne se rendit de Tours à Angers et Laval :

Le 12e de Dragons, de Saumur à Nevers ;

Le 46e de ligne, de Nevers à Bourges.

Des troubles s'étant élevés dans le Départ' de Saône-et-Loire au sujet de la perception des droits réunis, le Ministre y fit passer de Besançon le 36e de ligne.

Le 3e Régiment de Chasseurs, qui était à Maubeuge, ayant tenu longtemps garnison à Mons et conservé dans cette ville des liaisons qui favorisaient la désertion, le Ministre jugea convenable de l'éloigner et le fit passer à Hesdin. Il fut remplacé à Maubeuge par le 8e Rég( de Dragons qui était à Hesdin.

Quelques rectifications d'emplacement furent encore faites ;

(Le 17 7l,,e). — 2 Batons du 87e Rég" de ligne, qui étaient dispersés dans le Départ' des Basses-Alpes, furent dirigés sur Antibes, pour y tenir garnison ; le 3e Bat011 de ce Rég' fut laissé à Digne,

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