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EXPOSÉ DE LA SITUATION DES TROUPES

composant l'armée française, à l'époque du 3 avril i8i!\,et Ordres qui ont été donnés depuis cette époque jusqu'au 6 décembre, pour la réorganisation de l'armée et la répartition des divers régiments

dans les garnisons définitives.

Le 3 avril i8i4, M. le lieutenant général comte Dupont a pris le portefeuille du Ministre de la Guerre.

L'armée était composée à cette époquç :

Grande Armée. — i° des troupes de la Grande Armée, sous le commandement immédiat de l'empereur Napoléon.

Ces troupes étaient divisées en différents corps de la manière suivante, savoir :

2e corps d'armée, commandé par le Ll Gal Gérard,

6e corps d'armée, — par M. le Mal Duc de Raguse,

7" corps d'armée, — par M. le MaI Duc de Reggio,

(i) Thiers. Histoire du Consulat et de l'Empire.

Le Général Dupont. jll. 36

i Ie corps d'armée, commandé par M. le Mal Duc de Tarente, Ier corps de cavalerie, — par le Ll Gal Bordesoulle,

2e corps de cavalerie, — par le L1 Gal Saint-Germain,

5e corps de cavalerie, — par le L' Gal Milhaud,

6e corps de cavalerie, — par le L* Gal Cte de Valmy,

du corps de la Vieille Garde, composé d'infanterie et de cavalerie, commandé

par M. le Mal Prince de la Moskowa, du corps de la Jeune Garde, composé de deux divisions d'infanterie, sous le commandement de M. le M11 Duc de Trévise.

Ces corps occupaient Fontainebleau et les environs ; une avant-garde composée de troupes d'infanterie de la Vieille et de la Jeune Garde et d'une division de cavalerie du 6e corps de cavalerie, était placée près d'Essonne.

Nord. — 2° des troupes composant le Ier corps d'armée, sous le commandement du lieutenant général comte Maison.

Ce corps occupait Lille, gardait les places des départements du Nord et du Pas-de-Calais, et surveillait, sur les limites du déparlement du Nord, les mouvements de l'ennemi dans les départements de la Lys, de l'Escaut et de Jemmapes.

Armée de Lyon. — 3° des troupes composant l'armée de Lyon, sous le commandement de M. le Mal Duc de Castiglione (Augereau).

Ces troupes étaient stationnées dans le département de l'Isère, le long du Rhône, et occupaient également une portion du département du Mont-Blanc.

Armée d'Italie. — 4" des troupes composant l'armée d'Italie et la réserve d'Italie, sous les ordres immédiats du prince Eugène.

Les divers corps de cette armée étaient placés depuis Plaisance et couvraient les rives du Pô.

Armée du Midi. — 5° des troupes composant les armées d'Espagne, aux ordres de MM. les Maréchaux Ducs de Dalmatie et d'Albufera, dont les quartiers généraux se trouvaient établis, savoir celui de l'armée d'Espagne, à Toulouse, et celui de l'armée de Catalogne et d'Aragon, à Perpignan.

Armée de la Gironde. — 6° des troupes composant, le Corps d'armée de la Gironde, sous le commandement du L1 Gal C'e Decaen.

Ces troupes observaient les mouvements des Anglais et se trouvaient établies dans des cantonnements sur les rives de la Gironde, à Blaye, S'-André-de-Cubzac, Libourne, etc., afin de couvrir les Dépts de la Charente-Inférieure, de la Dordogne, etc.

Indépendamment de ces Corps d'armée, des troupes en nombre assez considérable étaient réparties dans les Divisions militaires ci-après indkpiées et y formaient les garnisons des places, savoir :

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Armée de Lyon. . . -S7' l%' . 2^ ! Divons Mres. J ( 2ie, 1 8e et 6e )

, ,,T ,. I 8e, 23e, 27e, 28e Divons Mres.

Armée cl Italie. . ] n ■ T. ■,.

( (jrarmsons en Italie.

Armée du Midi. . . . j 90, io° et 11e Divoas Mres.

Ouest \ 12e et i3e Div°QS Mres.

Intérieur \ i,e, il\% i5e et 22e Dons Mres.

! à Hambourg.

Au delà du Rhin.. . . -Magdebourg.

> — Wurtzbourg.

f — Erfurt.

Et des troupes composant la garnison de Corfou.

Le Corps dit Grande Armée était dans un état d'épuisement et de désorganisation complet ; il

MINISTÈRE DEl8l4 563

se trouvait en quelque sorte réduit à de simples cadres, soit par l'effet des fatigues extraordinaires d'une campagne pendant laquelle il n'avait pu soutenir une lutte aussi inégale qu'en suppléant à l'infériorité numérique par la multiplicité des mouvements, soit par la faiblesse de sa composition, car l'existence de cette armée n'avait pu être prolongée qu'au moyen de renforts levés à la hâte et auxquels l'urgence des besoins permettait à peine les délais nécessaires pour être armés et babilles, bien loin de leur laisser le temps de prendre une habitude préalable du service et des fatigues de la guerre.

Une dernière cause d'affaiblissement fut l'influence que produisirent sur l'esprit des soldats, l'entrée des armées alliées à Paris, l'établissement du Gouvernement provisoire, ses premières mesures et surtout les dispositions par lesquelles il dégageait du service et rendait à leurs foyers les conscrits de i8i5 et les Gardes Nationales actives.

Le premier soin du Ministre fut de ressaisir ces débris précieux menacés d'une dissolution entière, et par suite de l'armistice conclu le G avril, ainsi que de la Convention faite avec le Prince de Schwarzenberg pour une ligne de démarcation, les cantonnements ci-après furent assignés aux différents corps de la Grande Armée, savoir :

Le 6e Corps d'armée, la 2 e Div0Q de Réserve commandée par le L' G'1 Soubam, et le Ier Corps de cavalerie commandé par le L' Gal Bordesoulle, prirent leurs cantonnements à Rouen et dans le Départ' de la Seine-Inférieure. Ils formèrent l'aile gauche de l'armée.

Le 7e Corps d'armée, composé des Divisions Levai et Lefol, et le 6e Corps de cavalerie, furent dirigés sur Evreux, pour prendre leurs cantonnements dans le Départ' de l'Eure.

Le IIe Corps d'armée, composé des Div"ns Albert, Brayer et Alix, ainsi que le 5e Corps de cavalerie, furent envoyés à Chartres pour cantonner dans le Départ' d'Eure-et-Loir.

La Jeune Garde fut envoyée à Orléans et cantonnée dans le Départ' du Loiret.

La Vieille Garde et la cavalerie de la Garde occupèrent Fontainebleau, la partie du Départ1 de Seine-et-Marne sur la rive gauche de la Seine, Montargis et Gien.

Le 2e Corps d'armée et le 2e Corps de cavalerie furent envoyés dans le Départ' de la Nièvre, pour y être cantonnés.

Le Grand Parc d'artillerie fut dirigé sur Le Mans.

La Réserve d'artillerie de la Garde, sur Vendôme.

Et le Quartier Général s'établit à Chartres.

Le noyau de chaque Corps d'armée se rendit à sa destination, mais comme dans ces moments de désordre il existait une foule de détachements égarés, de militaires isolés errant de toutes parts, sans direction ni surveillance, le Ministre se hâta de répandre dans les Départements affectés aux différents Corps d'armée, et d'adresser à toutes les autorités, des États indicatifs de remplacement de chaque régiment, avec des ordres précis pour que sur tous les points, on pût donner les directions convenables.

L'ordre fut en même temps donné à tous les Polonais qui servaient dans l'armée française, de venir se rassembler à S'-Denis, pour y être à la disposition de S. M. l'empereur Alexandre :

A un détachement de troupes Croates, de se rendre à Dijon, pour être à la disposition du Prince de Schwarzenberg ;

Aux militaires Belges, de se réunir à.S'-Germain.

Les Corps de grosse cavalerie et de cavalerie légère de la Garde, ne pouvant vivre à Fontainebleau, furent dirigés sur Blois, Bourges, Saumur et Angers.

L'ordre commença à renaître par l'effet de ces premières dispositions.

Une Convention fut conclue à Paris, le 23 ayr il, entre S. A. R. Monsieur, frère du Roi, Lieutenant Général du Royaume, et les hautes Puissances iUlices, pour régler le mode d'évacuation par les troupes françaises de louiez les places fortes etdetous les pays qu'elles occupaient encore au delà des nouvelles frontières du Royaume.

Le Ministre nomma, le 25 avril, des Commissions chargées de faire la remise des places : le 26 elles reçurent leurs instructions et l'ordre de partir aussitôt pour remplir leur mission

D'après ces instructions et les itinéraires tracés par le Ministre, les places situées dans les 24e, 25e et 26e Divons Mres et la Hollande, devaient être évacuées le 3 mai, et les garnisons dirigées sur les 3e, 5e et 16e Divnns Mres.

L'armée d'Italie et les troupes françaises en garnison dans les places de l'Italie, devaient être évacuées de suite et dirigées par le Mont Genèvre et le Mont Genis, sur Lyon et Briançon.

Les places situées dans les ci-devant 27e et 28" Divons Mres et le comté de Nice, devaient être évacuées le 8 mai, et les garnisons dirigées sur les 8e et 19e Divons Mies.

Les places situées dans la Catalogne, etc. devaient être évacuées le i3 mai, et les garnisons dirigées sur Perpignan et Montrejeau.

Et enfin les places de Hambourg, de Magdebourg, d'Erfurt et de Wurtzbourg, ainsi que l'île de Corfou, devaient être évacuées le icr juin, et les garnisons dirigées sur Lille, Valenciennes, Metz, Strasbourg et Toulon.

Toutes ces dispositions furent ponctuellement exécutées.

Les armées et garnisons extérieures, en rentrant en France, éprouvèrent les mêmes perles que les troupes de l'intérieur. Les régiments perdirent d'abord tous les étrangers qui en faisaient partie, et l'on peut juger combien le nombre en était considérable, en remarquant qu'indépendamment des Allemands, des Polonais et autres, étrangers de tout temps à la France, il comprenait aussi tous les hommes levés dans la Hollande et le territoire des villes Anséatiques, dans la Belgique et les départements de la rive gauche du Rhin, dans la Savoie, le Piémont, la Toscane et Rome, c'est-à-dire dans 38 nouveaux Déparlements dont le territoire français s'était accru et que l'adoption des frontières de 1792 en a détaché de nouveau. Le licenciement des conscrits de i8i5, autorisé par les actes du Gouvernement provisoire, diminua encore la force des régiments, et à la faveur d'une fausse interprétation de ces actes, la composition des corps fut de plus affaiblie par une désertion considérable.

Rien n'était donc plus urgent que de prévenir la dissolution entière de Vannée par une prompte réorganisation; aussi, quelles que fussent les difficultés, le Minisire ne cessait-il, jour et nuit, d'y donner ses soins avec la }>lus active sollicitude.

L'une des premières mesures fut la création, ordonnée par Arrêté du 23 avril, de : 2 Régiments d'Infanterie de ligne d'élite; 2 pareils Régiments d'Infanterie légère ; 1 Rég1 de Cuirassiers; 1, de Dragons ; 1 , de Chasseurs ; 1, de Hussards, destinés pour la garnison de Paris et composés d'officiers, de sous-officiers et de soldats choisis dans les fonds de Régiments que présentèrent les corps de la ci-devant Grande Armée.

La réduction du territoire, et par conséquent celle des revenus, exigeait une réduction proportionnelle clans les cadres de l'armée. Le Ministre en soumit le projet au Roi, et S. M., par son Ordonnance du 12 mai, prescrivit que les cadres de l'Infanterie de ligne seraient réduits à 90 Régiments au lieu de i56 ; que ceux de l'Infanterie légère seraient réduits à i5 Régiments au lieu de 37 ; et que les Régiments qui ne seraient, pas conservés, ainsi que les i5 Régiments de Tirailleurs, les i5 Régiments de Voltigeurs, et les 2 Régiments de Flanrpieurs de la Jeune Garde, seraient distribués entre les io5 Régiments formant le fonds de l'armée. Les deux Régiments de ligne, et les deux Régiments d'Infle légère d'élite, qui avaient été créés par l'arrêté du 23 avril, prirent les premiers numéros et reçurent par incorporation les anciens Ier et 2e Régts d'Infic de ligne et d'Inf'*' légère.

S. M., par une autre Ordonnance du même jour, détermina que l'organisation de la cavalerie de l'armée, sur le pied de paix, aurait lieu de la manière suivante, savoir :

2 de Carabiniers.

12 — Cuirassiers, au lieu de i4-

Total.

Dragons,

Lanciers,

Chasseurs,

Et 6

Hussards,

Ré

giments.

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Et que les Régiments non conservés seraient répartis entre les autres Corps de même

arme.

Les 4 Régiments d'élite de Cuirassiers, Dragons, Chasseurs et Hussards, créés par l'Arrêté du a3 avril, prirent pareillement les premiers numéros dans leur arme respective et reçurent par incorporation les anciens premiers Régimens de ces armes.

Deux Ordonnances du Roi, également du 12 mai, prescrivirent la nouvelle Organisation des Corps Royaux d'artillerie et du Génie, savoir :

Corps Royal d'Artillerie

8 Régt9 d'artie à pied, 4 Régts d'artie à cheval, 1 Ratoa de Pontonniers, 12 Comp'*'9 d'Ouvriers, Et 4 Escadrons du Train.

Corps Royal du Génie

3 Régimens de Sapeurs et Mineurs, 1 Compie d'Ouvriers, 1 Compie du Train.

Ainsi les cadres de l'armée se trouvèrent réduits de près de moitié.

Cette organisation arrêtée, le Ministre s'occupa de la mettre à exécution. Les Régiments étaient prodigieusement disséminés, par Bataillons ou détachements; on n'aurait pu citer un seul Régiment qui ne fût divisé en plusieurs portions détachées sur des points opposés et aux plus grandes distances. Il était important pour conserver l'esprit de corps, ainsi que pour l'intérêt de I administration, de réunir les différentes parties des Régiments dont la nouvelle organisation maintenait l'existence, et quant aux Régiments supprimés, d'en verser les diverses portions dans les Régiments conservés, qui se trouvaient le plus à proximité, sauf les indications nécessaires pour obtenir de cette opération le résultat d'égaliser les corps non seulement en soldats, mais encore en officiers et en sous-officiers. Il y avait ainsi un mouvement général à ordonner, mais en le méditant comme son importance l'exigeait, il fut aisément reconnu qu'il devait être envisagé sous un point de vue d'utilité générale et durable, et que, pour le simplifier autant que possible et en régler les divers détails, une disposition préalable était indispensable, celle de déterminer la répartition des troupes dans les garnisons du territoire actuel de la France, d'une manière définitive. Ce travail devait précéder toute autre disposition et devenir la base des nombreux mouvemens qui allaient s'opérer ; le Ministre s'en occupa avec la plus sérieuse attention.

Ce projet de répartition des troupes dut être fondé sur les considérations suivantes :

i° La nécessité de placer sur nos frontières, sur les côtes et dans les places de guerre, des forces suffisantes pour les surveiller et les garder.

20 La nécessité d'avoir une bonne réserve à Paris et dans la ire Division militaire, sous la main du Gouvernement.

3° La nécessité d'avoir dans chacune des 22 Divons mres des forces qui (lussent au besoin seconder efficacement la gendarmerie et les gardes nationales, maintenir la tranquillité publique, assurer l'exécution des lois et protéger le recouvrement des contributions.

4° Enfin, ce projet de répartition dut être combiné sur les ressources du casernement, afin de faire cesser la charge du logement des troupes, si onéreux pour les habitants et dont ils demandaient depuis longtemps et de toutes parts à être affranchis.

Après avoir pesé ces diverses considérations, le Ministre soumit au Roi, le 17 mai, un Rapport avec le projet de la répartition définitive des troupes dans le Royaume; ce projet, approuvé par S. M., fixa la destination de chacun des Régiments de toutes armes, conservés parla nouvelle organisation de l'armée, ei le lieu où il devait se réunir pour v tenir garnison el s'y réorganiser:

un second travail régla aussitôt le versement dans ces Régiments, de toutes les portions des Régiments supprimés ; des lors toute incertitude cessa, chacun eut sa destination précise ; les Corps d'armée furent dissous; les Régiments destinés à tenir garnison sur des points libres de la présence des troupes alliées, s'y réunirent sur-le-champ; ceux dont les garnisons étaient situées au delà de la ligne de démarcation convenue le 8 avril, se mirent successivement en marche à mesure que les armées alliées évacuaient notre territoire, et vers la fin de juillet ce mouvement fut terminé de la manière la plus satisfaisante ; tous les Corps, fractions de Corps et détachements destinés à composer les nouveaux Régiments, se trouvèrent réunis dans leurs garnisons ; des Inspecteurs généraux y furent envoyés et l'on procéda à la nouvelle organisation de l'armée.

Le Livret d'emplacement ci-joint indique les garnisons qui furent assignées aux divers Corps conservés et la destination qui fut donnée à chaque fraction des Régiments supprimés. Ce Livret, adressé à tous les Généraux, Commissaires Ordonnateurs et Commissaires des guerres employés sur les frontières et dans l'intérieur, fit cesser tout faux mouvement et les mit enfin à portée de donner à tous les militaires quelconques une direction convenable.

Il est à remarquer que cette grande opération offrait de nombreuses difficultés à cause des mouvements des armées alliées ; d'une part, les armées d'Italie et d'Espagne rentrées en France aux époques déterminées par la Convention du 8 avril, ne pouvaient être immédiatement dissoutes ; leur conservation dut être prolongée en raison du délai que les armées alliées mettaient à évacuer la frontière des Alpes et celle des Pyrénées. D'autre part une colonne de 12000 hommes et 2 000 chevaux de la Garde Impériale russe, se dirigeait de Paris sur Cherbourg pour s'y embarquer, et deux divisions de cavalerie anglaise fortes chacune d'environ 6000 chevaux, marchaient de Rordeaux sur Mantes en A colonnes chacune, pour se diriger de là sur Roulogne et Calais, et une partie sur Rruxelles, indépendamment des diverses colonnes de troupes russes, prussiennes, autrichiennes, et des Princes confédérés, qui se retiraient par les 16e, 2e, 3e, 4e. 5e, 6e Divisions militaires.

Il était donc très important d'éviter que ces colonnes étrangères ne se rencontrassent avec les colonnes françaises dans les mêmes gîtes d'étapes. Les ordres furent donnés et les mouvements calculés avec une telle précision, que les troupes françaises qui couvraient alors toutes les routes et se croisaient dans tous les sens, arrivaient toujours dans les gîtes d'étapes le lendemain du départ des colonnes alliées, et qu'aucune plainte n'est parvenue au Ministère de la guerre soit sur l'encombrement des lieux de logement, soit sur le défaut de subsistances. Toutes les mesures de précautions avaient d'ailleurs été prises à l'avance, par les soins de MM. les Préfets et Sous-Préfets, par les Commissaires des guerres et autres agents de subsistances, pour que les services fussent complètement assurés sur tous les points.

Une bonne organisation donnée aux Corps de l'ancienne Garde qui avaient été si longtemps l'orgueil de l'armée, fit cesser les inquiétudes qu'ils avaient conçues ; l'existence de ces Corps d'Élite fut assurée, ils reçurent le titre de Corps Boyaux, et de bonnes garnisons leur furent assignées, savoir: à l'infanterie, celle de Metz aux Grenadiers à pied, et celle de Nancy aux Chasseurs à pied ; les quatre Corps Royaux de cavalerie continuèrent de rester dans leurs garnisons de Rlois, Rourges, Saumur et Angers.

Conformément aux instructions qui avaient été adressées le 2 mai à M. le Lieut1 Gal Cte Lemarois, Gouverneur de Magdebourg, et à M. le Lieut1 Gal Gérard, chargé de prendre le commandement du i3p Corps d'armée et de la garnison de Hambourg, les troupes composant ces deux garnisons devaient, après la remise des deux places aux Commissaires des Puissances alliées, être formées en plusieurs colonnes et évacuées avec le matériel d'artillerie qui leur appartenait, savoir : celles de Ma^deboura; sur Metz et celles de Hambourg sur Lille et Valenciennes.

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