‹ Le général DupontChapitre 82 sur 90 · O DO · texte numérisé non relu

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chasseurs du G'1' Dupré, qui a déployé une bravoure remarquable. A la vue des drapeaux enlevés à l'ennemi, une nouvelle ardeur éclate dans tous les corps et le champ de bataille retentit des cris de Vive V Empereur ! Une charge générale a été alors ordonnée sur le centre de la ligne ennemie où un grand feu d'artillerie avait été dirigé. La brigade de chasseurs fait plusieurs charges très brillantes ; elle se fait jour à travers des bataillons ennemis et prend plusieurs pièces de canon ; mais l'infanterie trouvant devant elle des masses trop considérables, n'a pu les renverser, et le combat a recommencé de pied ferme. Quelque temps après, une nouvelle charge s'exécute et nous portons nos principaux efforts sur notre gauche. Nous gagnons du terrain : l'attaque engagée de plus près devient extrêmement vive ; l'ennemi formé sur plusieurs lignes oppose encore une résistance que le petit nombre ne peut forcer, Le soldat sentait ses forces s'épuiser, il était accablé par la fatigue, par la chaleur dévorante du climat et par la soif. Le combat durait depuis dix heures. Cependant nous tentons de nouveaux efforts. Une disposition générale est faite pour que tous les corps chargent à la fois et se soutiennent mutuellement. Les marins de la Garde, troupe admirable, sont formés avec l'infanterie, et les troupes à cheval couvrent les flancs des colonnes. Nous chargeons dans cet ordre, et cette tentative semblait devoir être décisive en notre faveur, mais quoique brillante et audacieuse, la supériorité de l'ennemi en nombre empêche le succès. Il a perdu beaucoup de monde et il a conservé néanmoins la position. Nous n'avons pu pénétrer jusqu'à Baylen.

Nous avons perdu le G'1 Dupré, officier général digne de tous nos regrets, et le major des chasseurs Bureau, excellent officier. Le major Teulet et plusieurs autres officiers supérieurs ont été blessés. Le Gal Chabert a eu deux chevaux tués sous lui ; le Gal Schramm a été légèrement blessé. Notre perte en soldats tués ou blessés n'est pas égale au quart de celle de l'ennemi qui, d'après son propre aveu, a perdu trois mille hommes. La brigade suisse a déserté presque tout entière et a passé de son côté, mais je dois des éloges aux chefs et à beaucoup d'officiers.

Tous les détails de ce combat sont honorables pour nos troupes et elles ont fait au delà de ce qu'on pouvait attendre de jeunes soldats qui commençaient leur première campagne. L'ardeur était telle que beaucoup d'officiers et de soldats blessés continuaient de combattre et, s'il m'est permis de le dire, j'en donnais l'exemple. Une blessure douloureuse ne m'a pas empêché de rester à la tête des troupes et de me trouver à toutes les charges. Il est certain que si l'on n'a pas emporté la position de Bavlen, c'est qu'il y avait une impossibilité que le courage et l'opiniâtreté ne pouvaient surmonter. Le tourment de la soif dans cette vallée aride et sous un ciel de feu, l'extrême fatigue et la faiblesse causée par de longues privations, ont fait, succomber à la fin le plus grand nombre de nos soldats qui se sont trouvés hors d'état de combattre. Tous

les rangs étaient dégarnis et à peine y avait-il deux mille hommes présents ou en état d'agir. Dans ce moment si critique, j'apprends que le corps ennemi que j'avais laissé devant Andujar, arrive, et qu'il est déjà sur nos derrières. Je n'avais rien à lui opposer et je ne me maintenais visà-vis le corps de Baylen qu'à la faveur de nos batteries et d'un bois d'oliviers qui lui cachait notre faiblesse. Je n'avais aucunes nouvelles du Gal Vedel et je devais le croire bien au delà de la Caroline, puisque, malgré le feu qui durait depuis dix heures et qui aurait dû le faire arriver dès le matin, rien ne l'annonçait encore. Je propose alors au G1' Reding une suspension d'armes qui a été acceptée. Cette mesure a sauvé d'une perte totale le corps qui, après avoir combattu avec honneur, se trouvait enveloppé de tous côtés par plus de 3o mille hommes. Le terrain ne présentait aucun moyen de retraite ou de changement de position, ces montagnes étant impraticables pour un corps de troupes lorsqu'on n'est pas maître de la route.

J'ai été informé à cinq heures du soir que le Gal Vedel s'approchait de Baylen. Il en était parti le 17 pour suivre le mouvement du Gal Du four sur la Caroline où il est arrivé le même jour ; il y est resté le 18 n'ayant aucune connaissance de l'ennemi et il s'est remis en marche le 19 pour revenir sur Baylen. Le feu du combat s'était déjà fait entendre à la Caroline avant son départ, et il s'est néanmoins arrêté à Guarroman pendant cincj heures. Là, il n'était éloigné que de deux lieues du champ de bataille et le canon et la mousqueterie ne cessaient d'avertir sa division qu'il y avait un combat violent à Baylen. Tous les corps, tous les généraux de cette division demandaient à marcher pour y prendre part, tous s'écriaient qu'il fallait voler au secours de la division Barbou. Si le Gal Vedel était arrivé avant midi, c'en était fait du corps du GaI Reding, qui aurait été pris entre deux feux, mais il a employé treize heures pour faire quatre lieues et il nous a fait perdre la plus belle occasion du plus glorieux succès.

D'après un ordre du 16, le G'1 Vedel devait rétablir la sûreté du poste de Baylen et, par conséquent, il devait occuper cette ville et la couM'ir du côté de Mengibar, puisque l'ennemi ne pouvait venir que par ce chemin ; mais il la laisse au contraire entièrement à découvert, et quand il s'aperçoit le 17 à la Caroline, qu'il a fait un faux mouvement en s'éloignant de deux marches de moi, et en ne suivant pas ses instructions, il y perd un jour entier et il ne revient sur ses pas que le 19 ; il n'arrive enfin que lorsqu'il n'est plus temps d'agir.

11 m'en coûte beaucoup de retracer des fautes aussi funestes. Je voudrais pouvoir les effacer au prix de mon sang. Après avoir fait valoir avec tant de zèle, dans toutes les occasions, les services des officiers généraux et de tous ceux qui ont servi avec moi, il faut aujourd'hui que je rappelle l'inexécution réitérée de mes ordres et que j'en dévoile les cruelles conséquences. Ce n'est pas sans un profond regret que je cède à cette nécessité et à l'intérêt impérieux de ma justification. L'honneur qui me le commande a exigé de moi tous ces détails, afin de prouver non seulement aux yeux de tous les militaires, mais aux yeux de tous ceux qui les liront, la justesse de mes dispositions et leur succès infaillible si elles avaient été fidèlement exécutées.

Les éclaireurs de la division Vedel ont engagé une fusillade en arrivant ; mais les ennemis que son avant-garde a trouvés près Baylen avaient, depuis plusieurs heures, l'ordre de ne pas tirer, en vertu de la suspension d'armes. Le Gal Reding en a prévenu de suite ce général qui m'a envoyé son aide de camp, auquel j'ai confirmé l'existence de l'armistice. Dans cet intervalle un bataillon espagnol a été pris avec deux pièces de canon, sans se défendre. Il a été réclamé aussitôt par le général ennemi, qui invoquait la loyauté et la foi des Comentions. J'ai dû céder à ses justes réclamations, mais la remise du bataillon n'a été faite que le lendemain. Cette méprise a donné lieu au bruit dénué de fondement, que la division Vedel avait eu quelque avantage. On ne peut pas donner ce nom à la surprise d'un bataillon qui avait ordre de ne pas combattre, et il n'y a pas eu de succès puisqu'il n'y a pas eu d'action. Le moment favorable était perdu ; c'était dans la matinée (pie l'attaque soudaine de cette division aurait produit un grand effet, lorsque la division Barbou déployait des efforts si courageux et si opiniâtres ; mais après avoir tout fait pour son honneur, elle était alors dans l'impuissance de rendre un nouveau combat. On demandera peut-être pourquoi je n'ai pas renoncé à l'armistice lorsque la division Vedel est arrivée. Ce qui précède sert de réponse à cette question. On voit, en effet, qu'en rompant la

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suspension d'armes, le corps ennemi qui était déjà arrive sur les derrières de la division Barbou et qui avait suspendu son attaque, aurait agi contre cette division en même temps que le Gal Vedel contre le corps de Baylcn. L'état où elle se trouvait ne permet pas de penser qu'elle eût pu résister à des troupes fraîches et bien supérieures en nombre. C'est une vérité démontrée à tous ceux qui étaient sur le terrain. Les deux corps ennemis auraient fait leur jonction, et toutes leurs forces se seraient tournées contre la division Vedel qui, attendu sa trop grande infériorité, aurait été inévitablement exposée au même sort que la division Barbou. Cette observation frappe par son évidence, et l'on reconnaît sur-le-champ que la rupture de l'armistice aurait été le comble de l'imprudence et aurait entraîné la ruine entière du corps d'armée. Il fallait donc donner suite à l'armistice et traiter.

J'ai chargé, en conséquence, le Gal Chabert, à qui j'ai donné mes pouvoirs à cet effet, de négocier notre retraite avec le Gal Castaîïos, et j'ai invité le Gal Marescot à se joindre à lui. Cette négociation ne pouvait être remise entre des mains plus sages et plus fermes. Le Gal Marescot se rendant par ordre à Cadix, après avoir couru le danger d'être pris par les rebelles qui ont massacré le général Bené, s'était arrêté à Andujar et avait, depuis ce moment, suivi le quartier général. J'ai saisi comme une circonstance favorable sa présence à l'armée pour faire concourir avec succès au traité sa réputation et son expérience, et le général Chabert, dont la valeur s'était signalée sur le terrain et qui venait d'avoir deux chevaux tués sous lui, avait acquis des droits à la confiance entière pour proposer et régler des conditions honorables.

J'espérais, en traitant avec l'ennemi, obtenir le passage par Baylen et effectuer ma retraite sur Madrid, et cet avantage nous allait être accordé, mais un incident fâcheux et imprévu nous en a privés. Une lettre de M. le Gal Savary, Duc de Bovigo, est interceptée et tombe entre les mains de Castanos. Elle m'ordonnait de me retirer le plus promptement possible sur Madrid dont la sûreté était menacée. Cette circonstance a augmenté les prétentions de l'ennemi et il a fallu consentir au retour des troupes par mer, mais sous la condition expresse qu'elles seraient garanties de toute agression de la part des Anglais qui fesaient dès lors ouvertement cause commune avec les Espagnols.

Il me reste à démontrer que le traité qui a été fait n'a rien de pénible pour l'honneur français

et qu'il est aussi avantageux qu'il pouvait l'être dans la position où nous nous trouvions. Il est

d'abord à remarquer que tous les officiers généraux et chefs de corps en ont reconnu la nécessité

et qu'ils ont signé le procès-verbal d'une délibération par laquelle ils m'engageaient à prendre

*ce parti pour l'intérêt de l'Empereur et de l'armée que ce traité lui conservait.

La division Barbou étant enfermée et comme assiégée dans une position sans retraite par des forces supérieures, dépourvue de vivres et se trouvant sans pain et presque sans eau sur un terrain aride et brûlant, ayant usé presque toutes ses munitions, semblait, devoir être prisonnière de guerre sans conditions. Cependant, par le traité, elle n'est considérée comme prisonnière de guerre que jusques au moment de son embarquement qui devait avoir lieu aussitôt son arrivée à Cadix, c'est-à-dire seulement pendant quinze jours environ. L'on doit donc considérer cet article comme un hommage rendu à l'honneur d'un combat soutenu si longtemps par des troupes si inférieures en nombre sans rien perdre de leur terrain, et dans lequel elles avaient pris des canons et des drapeaux. Mais l'ennemi sentant tous ses avantages a refusé de traiter pour la division Barbou seule, et les négociateurs ont été obligés de traiter également pour la division Vedel.

J'avais d'abord fait dire secrètement au Gal Vedel de songer à sa retraite, pour éviter la poursuite de l'ennemi ; mais quand on considère que sa division était sans vivres, qu'elle avait une grande étendue de terrain insurgé à traverser, qu'il y avait déjà sur ses derrières, dans les montagnes, des rassemblements très nombreux, et qu'elle aurait été d'un autre côté poursuivie par l'armée ennemie, on reconnaît qu'il était de son intérêt de participer au traité. Il a été convenu qu'elle suivrait la division Barbou pour évacuer l'Andalousie, sans aucune autre condition. L'article relatif à cette division se trouve évidemment à l'abri de toute critique : c'est l'inexécution du traité qu'il faut accuser uniquement, car le traité en lui-même est irréprochable.

En rendant hommage au zèle des officiers généraux et des autres officiers, pour le maintien

du bon ordre, et en avouant préalablement que quelques excès sont une suite inévitable du tumulte d'une ville prise d'assaut, l'article concernant les vases sacrés ne prouve que le fanatisme des Espagnols qui mêlent les affaires religieuses aux affaires de la guerre, et il ne prouve que cela puisqu'il laisse en doute s'il y a eu des vases sacrés d'enlevés et qu'il confie aux officiers français eux-mêmes et non à d'autres la visite des sacs et les recherches à faire. Cet article où l'on parle du zèle des officiers généraux et des autres officiers pour le maintien du bon ordre comme d'un fait positif, et de la possibilité de l'enlèvement des vases sacrés, par supposition, sert au contraire à repousser les bruits que l'animosité frénétique des moines a répandus sur le compte de tous les Français, et avec une activité plus particulière sur le compte de ceux dont ils croyaient avoir le plus à redouter la fermeté, le zèle éclairé et le dévouement aux grandes vues de S. M. l'Empereur. Mais il suffit d'indiquer la source et le but de ces calomnies pour les faire rejeter avec mépris.

Si les Espagnols avaient exécuté le traité, les avantages en auraient été sentis dès le principe, mais la déloyauté qui l'a violé et que l'on ne pouvait prévoir, n'en altère pas les conditions. Notre grand intérêt était de reporter nos forces dans le Nord de l'Espagne, puisque l'insurrection générale ne permettait plus d'agir isolément et surtout dans le Midi. Cette considération si puissante justifie encore davantage le traité qui devait produire ce résultat. Un mois aurait suffi pour replacer nos troupes en ligne sur le théâtre de la guerre. La perfidie des ennemis qui ont violé une convention militaire, la plus sacrée de toutes, ne doit retomber que sur eux.

En exécution du traité, les troupes ont quitté le 23 juillet le camp de Baylen pour se rendre à Rota et à San Lucar, lieux désignés pour l'embarquement. Leur marche a été suspendue par les dispositions du Capitne Général de l'Andalousie. La ire Division s'est arrêtée à Lebrija et la 2e à Moron. J'ai chargé le général Chabert et le Capnc de vaisseau Daugier de se rendre à Séville, pour se concerter avec le Gal en chef Castaïïos, afin de hâter l'embarquement. Ils ont rempli leur mission avec un zèle que les circonstances rendaient plus précieux, et il a été rédigé une nouvelle Convention qui porte que les troupes seront embarquées par divisions avec des passeports de l'amiral anglais, sur des vaisseaux de l'escadre et autres bâtiments, dans le plus court délai. Quelle a été ma surprise et mon indignation, lorsque quelques jours après ce nouveau traité destiné à accélérer l'exécution du premier, le C"° GaI Morla, commandant à Cadix, me prévient que les troupes vont être réparties dans des cantonnements et que les officiers généraux seront conduits au fort S'-Sébaslien à Cadix. Je réclame aussitôt avec la plus grande force contre cette disposition qui éloigne le moment de l'embarquement, et j'insiste au nom de la loyauté et du droit des gens sur l'exécution immédiate du traité d'Àndujar. Alors se dévoile la perfidie la plus odieuse. Le Capn" Morla m'écrit que ces dispositions sont conformes aux ordres de la Junte de Séville, et il emploie les expressions les plus révoltantes pour m'annoncer qu'elles sont irrévocables. Il ajoute dans ses lettres tout ce que le fanatisme, l'imposture et la haine contre les Français peuvent lui dicter.

La irc Division quitte Lebrija et va occuper plusieurs villes voisines de Cadix ; la 2e continue son séjour à Moron et à Osuna. Les officiers généraux du Ier Corps se rendent au fort Sf-Sébastien, toujours entourés, comme pendant toute la route, par des attroupements furieux. Le peuple était partout armé de fusils et de poignards. Les dangers que les officiers généraux avaient couru à chaque instant se renouvellent au Port-Ste-Marie avec plus de violence ; une multitude effrénée se précipite sur eux. Plusieurs ont été blessés, et presque tous, ainsi que les officiers qui les accompagnaient, ont été maltraités avec une rage dillicilc à décrire. Au moment où l'un de ces assassins me portait un coup de poignard, un ollicier s'est précipité et a écarté le coup. Le gouverneur de la ville cl le Cap"1' G'1 Morla n'ont fait aucune disposition pour la sûreté des officiers français. On tolérait même la licence des troupes qui se trouvaient de garde au fort S'-Sébnstien, et l'on a entendu les compagnies de service demander froidement à leurs officiers : est-ce cette nuit que nous tuerons les généraux français? — Tous les équipages de l'Ëtat-Major et la caisse de l'armée ont été pillés an Port-S'-Mai ie ; les voitures, tous les effets ont été mis en pièces ou enlevés par ces brigands forcenés.

Après un mois de séjour au fort S'-Sébastien, où nous avons été ainsi séparés des troupes, par la force et la perfidie, un bâtiment de transport a été équipé et nous nous sommes rendus à Toulon, où nous sommes arrivés le 21 septembre. Avant mon départ, je n'ai cessé de réclamer le traité et de vouer à l'infamie la conduite des chefs espagnols qui violaient ses dispositions. Ces instances et ces reproebes n'ont obtenu que de nouveaux outrages de leur part, et j'ai vu avec une douleur inexprimable l'impuissance de tous mes efforts. Cette horrible violation de la foi des traités les plus sacrés ne pouvait être prévue, et elle couvre ses auteurs d'un opprobre ineffaçable. Les généraux de la 2° Division m'ont suivi à un mois de distance et sont arrivés à Marseille.

Je viens de présenter le tableau de la Campagne d'Andalousie et j'ai justifié toutes mes opérations ainsi que le traité qui les a suivies. La franchise entière avec laquelle j'ai développé les motifs qui m'ont guidé, et le jour que j'ai répandu sur les événements qui se sont succédé, frapperont tous les esprits. On remarquera ma constante fidélité aux ordres cpii m'ont été donnés, dans des circonstances si délicates, comme la plus bonorable preuve de dévouement. Le principe de l'obéissance militaire étant la base du trône et le soutien des empires, les chefs des armées en doivent les premiers l'exemple. J'avais l'ordre de garder la position d'Andujar et le devoir a été seul écouté. Quels reproches pourraient ébranler la force de cette victorieuse considération ?

J'ai démontré également que si mes ordres avaient été suivis avec exactitude, j'aurais non seulement balancé la supériorité de l'ennemi en nombre, mais que j'aurais donné une suite glorieuse à la victoire de Cordoue. C'est par mes dispositions que la justice de ma cause doit être appréciée. Ce principe consacré par les anciens Romains, dans les beaux jours de leur gloire, doit recevoir ici son application. Avant d'applaudir à un général victorieux, et avant de blâmer un général malheureux, ils examinaient d'abord si le succès ou les revers étaient dus à l'exécution ou à l'inexécution de leurs dispositions. Quels droits n'ai-je pas d'attendre cette justice sous le règne le plus éclatant de gloire et de triomphes, et après avoir donné tant de preuves de zèle pour le service de Sa Majesté.

Je me renferme dans ces détails, qu'il serait superflu d'étendre davantage. La vérité, qui les a dictés, établira une conviction immuable en ma faveur, et elle me promet de nouveaux titres à la confiance de Sa Majesté et à l'estime de l'armée.

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