‹ Le général FaidherbeChapitre 35 sur 40 · H APRÈS LA GUERRE. — LES DERNIÈRES ANNÉES SM · texte numérisé non relu

H APRÈS LA GUERRE. — LES DERNIÈRES ANNÉES SM

^^K'jugement droit et l'espéricDCe. Faidherbe ne précipîa ^B tait pas ses résolutions. Avant de prendre un parti, îfl s'entourait de renseignements, écoutait les avis, lea| comparait entre eux de façon à ne rien livrer au ham sard. Ce n'étaitpaa l'homme des inspirations soudaineaa l'exécution procédait chez lui de l'examen. Mais liarcH de sa nature et doué de l'imagination scientilique qVU devine ou suppose, Faidherhe est quelquefois parti dfg

• l'hypothèse au lieu de l'observation. C'est encore ma procédé mathématique. C'est par hvpothëse, il âcmbled qu'il a conçu Ica projets de conquérir le Soudan, dfl relier le Sénégal au Niger, d'exploiter l'or du Baijjfl bouck: c'est par hypothèse qu'il a conclu au peuplifl ment récent et éphémère du Sahara ; c'est sur l'hyptfl

Ilhbse que les Prussiens ne le poursuivraient pas daiW la retraite, qu'il a livré la bataille perdue d'avance d3 Saint-Quentin. Ces conceptions manquaient de batM expérimentale, mais il s'est trouvé le plus souvent l4l Faidherbe a deviné juste. L'expérience a justifié ^Ê théorie préconçue. H

II porta dans la pratique la méthode qu'il employôfl dans la spéculation. Tirant du principe qui domine iH rie morale toutes les conséquences qu'il contient, il m« & les suivre toute sa volonté. C'est ainsi qu'il fut suifl tout un homme de devoir, autant par raison que pfliB instinct. Les devoirs, tous les devoirs, il s'efforça de lefl . remplir non seulement avec une scrupuleuse exactiS J4.ude, mais encore avec dévouement ; car il pensan f qu'on ne doit rien entreprendre qu'avec le désir siofl ^"Cère de faire le mieux possible, et que rien ne doit arjH rèter quand on marche sous l'œit de la conscience Ivers un but déterminé ; son acUvilé dans ses manifesta» Liions variées ne fut pour ainsi dire que le rayonnemei^H 26. ■

LËGÉHEÏÏÂL FAJDHEIVBE

de ce principe. Sa bravoure dégéoérait en téméif parce qu'il était brave naturellement, mais parce que l'officier doit l'exemple à ses soldats. Caïd et fougueux, suivant lesclrconstances, toujours mai de loi, il fît la guerre avec énergie, mais après la v toire il s'appliqua à se concilier les vaincus par l'b manité, par la justice, qui lui semblaient le meillel moyen de gouverneraent.

Les dignités et la puissance n'ont pas modifié ses habitudes de simplicité. H a dédaigné l'artifice et l'apparence, se faisant justement honneur d'être naturel et vrai.

Son désintéressement, son intégrité résistèrËot & toutes les tentations. Loin de s'enrichir, il se dépouilla pour les autres du peu qu'il avait, et le soin de sa renommée à laquelle il tenait, ne l'empêcha jamais de respecter la renommée des autres, qu'il se plaisait & mettre en lumière sans crainte de porter ombrage à la sienne. Son intérêt personnel n'était pas de force à étouffer son équité.

Mais quelque brillantes qu'aient été ses vertus morales, aucune n'eut plus d'éclat que son patriotisme. On sait comment il servit la France. 11 l'aima d'une ardeur passionnée. II serait mort pour elle avec le même enthousiasme qu'un martyr meurt pour son Dieu. Ce fut un héros, taillé à l'imege des Marceau, des Desaîx, (les Kléber.

On lui a reproché d'avoir varié dans ses oiiinious politiques. C'est une erreur ou une calomnie. Dans le Nord, tous ceux qui l'ont connu de prfcs, amis ou adversaires, proclament la fermeté, la constance de ses

évictions. Dès l'École polytechnique, il était républi- . il l'est resté toute aa vie. Le gouvernemeut tm-

Al'IlISS LA «IlhllIlK. — LES DEnNIEBtb A^^b|l:^ vltH

périal le savait; ce fut un motif d'injustes dëliancea.l Sous les régîmes monai'Chiques, il s'est gardé de toutes manifestation : il n'a été qu'un soldat loyal. Sous laj République, il s'est déclaré parce que la cODstilutioD-i autorisait sa profession de foi. Son honneur poliliquej ne peut pas plus être entaché que son honneur mili- 1 taire. I

Sa vie, au contraire, offre à tous égards une remar- J quable unité : ce qui la caractérise, c'est le respect ] absolu de la loi, le dévouement invariable au devoir. ]

Les Sénégalais ont élevé une statue à Faidherbe, do >\ son vivant, sur une des places de Saint-Louis. Avec le 1 produit d'une souscription ouverte dans la région que J protégea l'épée de Faîdherb*, souacriplion à laquelle j les écoles primaires publiques du départementdu Nord \ ont patrioliquement contribué pour une somme de j vhigl-deux mille francs, la ville de Lille se propose de * consacrer au général de l'armée du Nord un monument digne d'elle et de lui. La cité de Saint-Quentin, dans sa pieuse reconnaissance, a déjà fixé dans le bronze les traits et la mémoire de Faidherbe, A l'entrée de la ville se dresse un groupe dû au ciseau sculpteur Barrias. Une femme au port noble et majes- I tueux, à la physionomie douloureuse, indignée et (ière, j le regard tendu vera l'horizon, porte d'une main lea 1 attributs de l'industrie locale, tandis que de l'autre elle I soutient un soldat défaillant, blessé h. mort. A ses I pieds, un enfant cherche à saisir le fusil que va lâcher 1 le moribond, comme pour signifier qu'on ac pusse de •[ main en main la vengeance. Un médaillon reproduit la I figure ravagée du général. Un baa-relief le représen cheval, entouré de son état-major, montrant du doigt J le but à atteindre, calme dans le fracas de la bataille,.^

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refoulant au fond de son cœur les pensées qui le dévorent.

On a dédié le monument : A tarmée du Nord^ au général Faidherbe, son vaillant chef; et on a gravé sur le piédestal ces vers de Victor Hugo, rayonnement d'aurore sur un déclin :

Aux martyrs, aux vaillants, aux forts, A ceux qu'enflamme leur exemple^ Qui veulent place dans le temple, Et qui mourront comme ils sont morts

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