‹ Le général FaidherbeChapitre 34 sur 40 · Brosse lard'i''aiJ herbe · texte numérisé non relu

Brosse lard'i''aiJ herbe

AriiÈS LA CUERRt;. — LES DERNIÈHES ANSÉF.S 303 son esprit ne s'exerçait jamais aux dépens des autres; avec un soin scrupuleux il ménageait les amourspropres, évitait les froissements. Ce tact exquis provenait moins de sa pratique du monde que de son penchant h la confiance et au respect. Car il avait et montrait une véritable estime pour rbumanilé. De là une indulgence de bon aloi, qui ne prêtait pourtant ni à la faiblesse ni à la partialité, De là aussi une tolérance en matière d'opinion qui n'excluait en aucune façon la fixité, la fermeté des principes. Faidherbe était homme dans la belle acception du mot.

Sa conversation reflétait son caractère : elle s'appli- ' quait de préférence aux sujets sérieux. 11 aimait à parler des choses qu'il connaissait, qu'il avait vues, faites . ou écriles. Dans sa vieillesse, il rappelait volontiers ■ les incidents de son enfance, avec plus de complatsanca encore ses souvenirs du Sénégal. On l'écoutait avec intérêt à cause de sa sincérité et du charme qui ressort dans les récits des impressions personnelles, sur^ tout quand ce sont les impressions d'un homme supé-

C'est dans l'intimité surtout, au milieu de ses amis, qu'il lui plaisait de s'épancher. Sa bonne humeur s'y transformait facilement en. gaieté, gaieté mesurée comme le tempérament du Nord, gaieté sans bruil, non sans rire, cordiale, franche : la gaieté des Gaulois de Lilk, selon le mot d'un ami do Paidherbe.

Dans la liberté des relations amicales, il apparaissait bon, sensible, serviable, généreux. La distance et le temps n'ont jamais relâché ks liens qu'il a formés sur la terre natale : les amis dts premiers jours ont été ceux des dernières années. Lui-même inspira des affections solides dont il éprouva plus d'une fois les réels

traditions de

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effets. Ces affections, en s'ajoutant aux t famille, ont exaité le patriotisme local de Faitlherbe. 11 fut heureux de servir le département du Nord en servant la Praoce : il a choisi Lille pour a'y reposer dans les loisirs de sa vie, pour y dormir dans la mort.

B'une susceptibilité ombrageuse à l'égard de l'opinion, il supportait mal la conlradiction, s'irritait de la critique. Ses ripostes ont témoigné plus d'une fois de son aigreur, sinon de sod emportement. Les jugements de la presse l'impression aaïent au delà de la mesure, témoin ce jour où il coupa subitement sa barbe, parce qu'un rédacteur du Pall Mail Gazelle révéla au monde qu'il ressemblait plus a un sage qu'à un soldat. Ou aurait dit que Faidlterbe aspirait à l'approbation universelle. Est-ce amour-propreî Un peu sans doute. Maislt y a ici un autre sentiment en jeu. Il souffrait comme d'une injustice de ce que la droiture de ses intentions ne l'emportait pas sur les faits dans les jugements du public, de ce qu'on lui tenait moins de compte de ses efforts que des résultats. Sans doute, c'est une vue étroite des choses, bonorable pourtant, parce qu'elle provient d'un besoin de justice qui, pour être Irop absolu, n'en est pas moins légitime.

Faidherbe possédait une instruction solide et variée. D'un bout à l'autre de sa vie, il ne perdit aucune occasion de l'élever et de l'étendre, de sorte que, de spêeialiste qu'il était au début, il devint presque universel. Il était servi par un esprit vigoureux autant que vaste. Si sa logique inllexlble l'a entraîné quelquefois à méconnaître la contingence des affaires bumnines, elle a donné h son caructÈre une décision, une fermeté extraordinaires. Elle eut d'ailleurs pour correctif ua,

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