‹ Le général Fromentin et l'armée du NordChapitre 17 sur 73 · Voyez P. J. celle du 16 septembre 1793, sous le n» V · texte numérisé non relu

Voyez P. J. celle du 16 septembre 1793, sous le n» V

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collègues, son brevet était signé. Lui seul doutait de sa valeur, aussi écrivait-il au ministre le 24 septembre 1793, du quartier général de Bergues où il se trouvait : « Ma vie <c esta la République et je suis prêt à la lui prodiguer; mais « je le répète, mes forces sont trop au-dessous de cet emploi « pour que je ne le refuse pas. »

Ce à quoi le ministre répliquait par cette belle lettre : « La modestie est une vertu républicaine; mais c'est i< une autre de faire un bon choix. Des patriotes bien purs « et que nous estimons sûrement, vous ont indiqué pour le c< grade de général de division ; ne vous choquez pas d'une « fonction où la confiance vous appelle ; je regarde votre (( lettre comme non avenue et la République compte sur « votre dévouement*. »

Fromentin accepta, non pour obéir à des vues ambitieuses, mais parce qu'il pensa que son zèle le mettrait à même de rendre encore et, avec usure, des services à la France.

Nous éprouvâmes malheureusement alors des échecs qui annulèrent les succès remportés à Dunkerque et à Menin. Au début de septembre, le massacre de la garnison de Cambrai surprise dans un ravin et la capitulation du Quesnoy *, le 10, où depuis huit jours sévissait un bombardement terrible, enlevèrent à Tennemi les derniers obstacles à l'achèvement de ses opérations vers le Nord-Est. En conséquence, l'armée autrichienne chargée d'investir Maubeuge traversa la forêt de Mormal et, malgré les harcellements de nos flanqueurs, s'assura le passage de la Sambre à Berlaimont, Pont et Hautmont, avec le dessein bien arrêté de remplir sa mission.

1. Pièce justificative. Archiv. de la Guerre. Réponse du miaistre Bouchotte à la lettre du général Fromentin sur le refus du grade de général de division (5 octobre i793).

2. Arch. de la Guerre. Correspondance. Septembre, carton de i'«quin> zaine.

80 LE GENEBAL FROMENTIN

Après ]a victoire d'Hondschoote qui, en délivrant Dunkerque et chassant les Anglo-Hanovriens au loin vers TOcéan, avait raffermi la défense de ce côté, Jourdan, récemment appelé à commander Tarmée du Centre, d'accord avec le Comité de Salut public, laissa dans la contrée Yandamme*, avec les troupes françaises.

Puis il se consacra aussitôt à la région de Sambre que Tennemi menaçait d'envahir avant d'enûler la route de Paris. Pour imprimer une grande impulsion à la résistance sur ce point, le Comité détacha à Tarmée du Centre des guerriers qui venaient de se produire près de Dunkerque. C'étaient à la suite de Jourdan, — Fromentin, Souham', Lemaire^, Duquesnoy*, Colaud.

Fromentin avait reçu du général en chef un emploi digne de sa témérité ; il dirigeait les flanqueurs de droite. A la fin de septembre, quand l'ennemi en force traversa Colleret et y commit des excès, Fromentin, à peine guéri de ses blessures, ne put tous les réprimer : c'est ainsi qu'un habitant, voulant s'opposer au pillage de sa maison, fut tué par un dragon de La Tour. La tâche de Fromentin était d'observer les mouvements de l'ennemi sur la Sambre au sud de la forêt de Mormal et aux alentours de Landrecies, en gênant sinon en arrêtant ses progrès. Il prit ce but très à cœur. Ayant à lutter avec des conscrits peu exercés pour la plupart, contre des masses compactes, le général Fromentin perfectionna la taclique qu'il avait pratiquée avec succès antérieurement dans les Indes, consistant à suivre un système d'attaques et de trêves alternées, propre à la fois à aguerrir le soldat et à le

1. Au début d'octobre, Souham appelé de Dunkerque sur la Sambre fut remplacé par Vandamme .

2. Souham, général de division, avait remplacé Vezu, suspendu.

3. Lemaire, général de brigade, avait remplacé Beauregard également suspendu. Ordres de Jourdan. Arch. de la Guerre.

4. Duquesnoy (général), né le 27 février 1761 à Bouvigné (Pas-de- Calais). Voyez Pièce J, n» III.

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reposer de ses fatigues. Ayant bien son monde dans la main, il alla de Tavant en maintes circonstances où d'autres moins hardis se fussent contentés d'une position de défense, ou même d'une retraite. Ces affaires de détails insufflèrent à tous le caractère nécessaire pour les grandes opérations ; aussi, est-ce avec ces braves gens ainsi stimulés et quelques vétérans distribués habilement dans les rangs, que l'ennemi fut plus d'une fois ralenti et suspendu dans sa marche.

Un jour, ayant trop découvert son avant-garde, il faillit être pris en flagrant délit; un corps nombreux d'Autrichiens et d'émigrés parut devant Coulsore pour cerner le village où il bivouaquait avec un escadron de cavalerie et un bataillon d'infanterie; mais quoique cette manœuvra s'effectuât la nuit^ il s'en aperçut à temps; sa colonne désignée pour couper les communications fit volte-face, et non seulement il se tira d'embarras, mais encore il enleva quelques redoutes à ses adversaires. Après avoir réussi à provoquer l'évacuation de La Gapelle par l'ennemi, Fromentin, toujours en éveil, aiguillonna celui-ci à Ors et parvint à protéger l'approvisionnement de Landrecies qui fut terminé le 20 septembre '.

Le i" octobre, ayant reçu l'ordre d'emmener les 6* et 2* de cavalerie avec un escadron du 19* chasseurs, il dépassa Péronne le 4, et repartit le 5 dans la direction de Réunion-sur-Oise *, A cette date, il se plaint de la défectueuse distribution des vivres et fourrages; son corps comprend seulement 11,000 hommes.

Le 10 octobre 1793, Fromentin imposa au général de brigade Cordellier de s'enfoncer en pleine forêt de Nouvion et de s'y établir.

1. Voyez lettre du commandant Courtois à Bouchotte. Landrecies, 19 septembre 1793. A. G.

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