‹ Le général Fromentin et l'armée du NordChapitre 16 sur 73 · Ou Rongbrack · texte numérisé non relu

Ou Rongbrack

3. Arch. de la G., !•' rapport du citoyen Foucaud à l'adjudant général Ghenier. Bergues, le 21 août 1793. (Voyez : Correspondance. Août.)

colonel Fromentin écharpé par cinq vigoureux coups de sabre, et laissé pour mort sur le champ de bataille, fut heureusement ramassé par des paysans qui le recueillirent chez eux, le pansèrent, et le cachant jusqu'au 7 septembre, le sauvèrent ^

A son retour au régiment, Fromentin fut élevé au grade de général de brigade, par arrêté du ministre Bouchotte, en date du 27 août 1793; il justifia bientôt ce nouveau titre.

Le 23 août 1793, Bouchard se h&ta de réunir 30,000 hommes pour courir sus aux Anglais conduits parle duc dTork qui venait de sommer Dunkerque et partit pour Cassel en introduisant en ce lieu 14,000 hommes, sous les ordres des généraux de division Jourdan et Landrin.

Le 6 septembre 1793 commença la bataille d'Hondschoote ; les colonnes françaises descendirent de Cassel, de Stenwoorde, Bailleul, Wormhout, au nombre de 60,000 combattants environ et, trois jours consécutifs, tinrent bon contre Tarmée anglaise, la refoulèrent de village en village, enfin la délogèrent de ses mamelons, malgré tous les obstacles d'un sol hérissé de haies, de bois, de fossés où on ne voit pas à quatre pas devant soi.

« On ne se bat pas, écrit le chef d'état-major, d'Honds- « choote, on se poignarde; » c'est le mot, l'affaire a été longue et chaude; elle s'est terminée à la baïonnette, comme celle des jours précédents ; le moyen était infaillible avec des soldats patriotes '. » Les alliés n'eurent pas moins de 3,000 hommes tués ou blessés ; le dommage des Français fut à peu près égal, mais en dépit du sang répandu, la victoire n'en était pas moins signalée.

A cette mémorable journée, les bataillons du Nord et de

1. Lettre du citoyen Fromentia au citoyen Audoin, adjudant du ministre de la guerre, de Cassel, iO septembre 1793. A. G.

2. Extrait du discours du général LoiziUon aux fêtes d*Hondschoote en 1890.

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rOise, auxquels appartenaient Jourdan S Fromentin etPierre Herwyn *, se firent remarquer à Esquelbecq par Tenlèvement d'un poste que les Anglais et Hanovriens avaient fortement retranché : Jourdan fut blessé non loin de Colaud' et de Fromentin.

Le 10 septembre 1793, le général en chef Houchard écrivit de Dunkerque au ministre de la guerre :

<c Enfin, les vœux de la nation sont remplis, Dunkerque « n'a plus devant ses murs les soldats de la tyrannie; « Tattaque du village d'Hondschoote, qui s'est convertie « en une bataille des plus terribles, a fini de mettre la « déroute parmi les ennemis. » Après cette mêlée, qui fut le prélude des brillants succès de nos armées, le fier Anglais fut obligé de battre en retraite; il leva le siège de Dunkerque dans la nuit du 8 au 9 septembre, abandonnant aux Français 52 pièces de canons, beaucoup de bagages et de munitions.

Au fort de l'action, Houchard et Jourdan montrèrent beaucoup de capacité. Aussi le 7 septembre, Jourdan fut-il désigné pour le commandement en chef de l'armée du Nord et des Ardennes, devenu vacant par la destitution d'Houchard*, à qui Ton reprochait de n'avoir pas achevé les Anglais en les jetant à la mer et en exterminant les Hano-

1. Jourdan (Jean-Baptiste) est né à Limoges, le 29 avril 1762. Son père Roch Jourdan était maître chirurgien ; sa mère, fille d*un maître chirurgien, se nommait Jeanne Foreau Franciquet.

2. Pierre Herwyn, était, en 1793, commissaire des guerres. Il commanda la garde nationale d*Hondschoote et la mena au feu. Incarcéré & Arras quelques mois plus tard. Hoche lui envoya un certificat de bravoure. Après sa libération, il défricha des marais dits : moëres, et fut élu député. L*Empereur le nomma sénateur et comte. Son portrait a été peint par Odevaere, élève de David, en 1806.

3. Golaud (Claude-Silvestre), né & Briançon (Hautes-Alpes) , le 11 octobre 1754. Voyez : Pièces justificat., n^ IV.

4. Houchard (Jean-Nicolas), est né à Forbach (Moselle) en 1740. Le 26 brumaire an II, il fut condamné & mort par le tribunal révolutionnaire et exécuté place de la Révolution. Jourdan, interrogé quelques

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vriens. Il sortait pourtant de reprendre Menin au pas de charge * .

Le 10 septembre 1793 (an II de la République), Fromentin blessé, transporté à Cassel, répondait, du quartier général, au citoyen Audouin, adjoint du ministre de la guerre, en le remerciant de Tavoir avisé de sa nomination, ceci : « Je vous serai obligé de m'accorde r un mois de congé pour me rétablir. Je brûle du désir de prouver que je ne suis pas indigne de votre confiance'. » Quelques jours après, par décret de Cassel, du 16 septembre 1793, les Représentants à Tarmée du Nord, Duquesnoy et Hentz^, confirmaient le général de brigade Fromentin dans son commandement de la place de Bergues qu'il avait exercé jusque-là, en fait, avec déjà tant d'éclat*.

Là ne devaient pas se borner les témoignages du gouvernement à son égard. Durant ces années de feu, Tavancément était rapide dans la carrière, en raison certainement des dangers qu'elle présentait pour les chefs qui jouaient leur tête deux fois, soit devant l'ennemi, soit devant le Comité de Salut public. En outre, bien des vides, produits par les officiers nobles, fournissaient des chances aux volontaires. Celui d'entre eux, doté de qualités d'élite, au civisme sans tache, à Tàme d'airain, pouvait aspirer à tout. Ce fut le cas pour Fromentin. Moins d'un mois après sa nomination au titre de brigadier, le commandant de Bergues était promu général de division. Le 20 septembre 1793, en effet, sur la proposition émanée de Lazare Carnot, des Représentants en mission et des chefs ses

années après sur le point de savoir si Bouchard avait réellement trahi la patrie et s'il avait été livré avec quelque apparence de justice au tribunal révolutionnaire, répondit : < Houchard a été assassiné. »

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