Nous y perdîmes 4,000 hommes
3. Saint-Just (Antoine-Louis-Léon de), député de TAisne, mis hors la loi le 9 thermidor an II, exécuté le iO.
plus que, rangée près de la Sambre, elle se laissa surprendre; une déroute devait fatalement se produire si la division Muller, la brigade Poncet tirée du corps de Fromentin, et la cavalerie du général d'Hautpoul n'étaient venues à son secours.
La lutte se corsa alors sur toute notre ligne ; le général autrichien Kaunitz, non content de tenir en suspens le centre et la droite de l'armée républicaine devant Grand- Reng et Rouveroy, avait fait filer une partie de ses flanqueurs vers l'extrême gauche du corps de Desjardin pour intercepter toutes communications avec Maubeuge.
Le plan était bon, mais heureusement les Français s'aperçurent du mouvement; après avoir rétrogradé un peu, les divisions Despeaux, Muller et la brigade Poncet allèrent au pas de course vers la route de Mons à Beaumont et attaquèrent à Erquelines.
Les Autrichiens, voyant leur diversion découverte, se replièrent sur Grand-Reng où les Français les suivirent; mais à cette destination, ces derniers durent s'arrêter, même rétrograder; le camp de Grand-Reng ne put être anéanti.
Durant toutes ces manœuvres, les légions des généraux Fromentin et Mayer étaient demeurées à Péchant et à Bonne- Espérance sur la défensive, s'en laissant imposer par l'artillerie qui donnait devant elle, mais en maintenant quand même leurs positions, de façon digne.
L'obscurité suspendit les opérations; toutefois les Républicains n'étaient pas sans inquiétude.
La lutte devait continuer forcément le lendemain matin, et l'on manquait de vivres. La ration de pain et de viande ne pouvait être distribuée aux soldats que dans une limite réduite, le besoin de chevaux se faisait sentir et Maubeuge n'était pas suffisamment garnie pour fournir le nécessaire, d'autant qu'une partie de ses provisions, prévues en cas de siège, avait déjà été fortement entamée. On tint conseil.
Les trois représentants, Saint-Jnst, Le Bas S Levasseur (de la Sarthe) et le général Schérer décidèrent, malgré Topinion de Gharbonié et de Desjardin, un grand coup d'audace.
Il fut résolu que le général Kléber, avec neuf bataillons d*élite, empruntés en partie au corps d*armée du général Fromentin, et quatre régiments de cavalerie, en tout 15,000 hommes, tournerait Tennemi, tomberait sur ses parcs de bestiaux et forcerait Kaunitz à sortir des retranchements inexpugnables de Grand-Reng.
Le 22 mai 1794, au matin, à peine Kléber venait-il de s'ébranler que Kaunitz, qui paraissait au courant de nos projets, se mit à canonner vigoureusement les points dégarnis du corps de Desjardin.
La plupart des vedettes et grand'gardes furent enlevées'. Fromentin, affaibli des brigades Duhesme et Poucet emmenées par Kléber, ne put résister à Péchant; entourée par une nombreuse cavalerie autrichienne, sa division dut alors se former en bataillons carrés pour se frayer un chemin à travers Tennemi; il en fut de même pour les divisions MuUer et Despeaux que les Autrichiens rejetèrent sur les ponts de la Bussière, de Merbes et de Solre. La déroute succéda à cet échec.
Kléber, entendant le canon, s'arrêta aux hauteurs d'Anderlues et marcha en hâte vers lui, après avoir traversé Mont-Sainte-Geneviève ; il se replia avec la division Mayer isolée à Binche, sur Lobbes, où les Autrichiens Ty avaient précédé pour couper le pont et rendre la retraite impossible.
Malgré les efforts de nos bataillons, du S* des Vosges principalement, Kléber, la division Mayer et Duhesme,