Voyez pièce XLVil. Favereau & Fromentin, 15 floréal an IL
4. Voyez pièce XL VIII. Fromentin à Favereau, 17 floréal an II.
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sources de la Sambre, où ils venaient de s'illustrer par des luttes fréquentes et stériles, pour aller grossir, entre Maubeuge et Philippeville les troupes qu'y maintenaient les généraux des armées du Nord et des Ardennes, Desjardin et Gharbonié.
Les instructions premières étaient de franchir la Sambre et de conquérir les villes de Mons et de Charleroi.
2,000 hommes seulement étaient laissés à Guise pour sauvegarder les communications.
L'armée autrichienne s'était concentrée entre l'Escaut et la Sambre.
La résolution antérieure de Cobourg avait été de tenter un coup décisif dans l'intérieur de la France, mais les dispositions du général Pichegru la lui firent abandonner.
Craignant d'être coupé de ses magasins, ce prince parcella son armée en trois tronçons : le premier fut dirigé sur la Lys, où opérait Pichegru; le deuxième vers le cours de la Sambre, et le troisième resta stationnaire pour se porter où les événements l'appelleraient.
Les Français, d'autre part, voyant que les Autrichiens avaient fortifié la rivière autour de Maubeuge, par une série de retranchements élevés à Bettignies et à Grand- Reng, convinrent de traverser son cours entre Erquelines et Thuin, au pont de Sambre, en faisant face sur une ligne oblique, à toutes les positions ennemies de Philippeville à Maubeuge.
Le corps de Desjardin était au milieu et à gauche de cette ligne.
Celui de Charbonié à droite, avait pour base le camp de Bossut-lez-Walcourt.
Confiants dans leur cause, les soldats nourrissaient un enthousiasme inexprimable; tous demandaient à combattre.
Le 10 mai 1794 (21 floréal an II), dès quatre heures du
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matin, les années du Nord et des Ardennes s'avancèrent, d'un pas commun, sur la Sambre.
Les généraux Duhesme et Marceau en avant-garde.
Le premier, pour s'assurer du pont de Lobbes, où devaient passer la division Mayer, de Tarmée des Ardennes, et les divisions Fromentin, Despeaux et MuUer, de Tarmée du Nord, réunies en avant de Beaumont avec la division Favereau, sortie de Maubeuge.
Le second, pour frayer la voie, au pont de la ville de Thuin et de Tabbaye de TAlne, aux deux divisions de la légion des Ardennes, Jacob et Vezu, qui débouchaient de Philippeville et de Walcourt.
Rien ne put résister à Fimpétuosité des mases républicaines; très rapidement Duhesme se saisit du pont de Lobbes et Marceau, de celui de Thuin.
Desjardin, d'autre part, accourt avec les divisions Fromentin, Despeaux, MuUer, Mayer et, comme une avalanche, culbuta les Autrichiens, alors aux abords de la Sambre. Il les oblige à repasser la rivière et à se retrancher dans le camp fortifié de Hantes, distant d'une demi -lieue de I Merbes-le-Château et à deux lieues de Thuin.
La nuit interrompit les opérations.
L'armée française, voulant surveiller le camp de Hantes, se posta à Thuin, à Solre-sur-Sambre, son aile droite sous les généraux Vezu et Marceau, aux débouchés de Landelies et de l'abbaye d'Aine.
Le 11 mai (22 floréal), les Impériaux ouvrirent les hostilités ; l'armée française riposta vigoureusement.
La division Fromentin, sans calculer le nombre d*ennemis rangés devant elle, docile à la voix de son chef, s'élança pour franchir la Sambre. Elle lutta sans défail* lance; néanmoins, après plusieurs marches successives, secondées par l'avant-garde du général Duhesme, elle ne put ébranler les coalisés qui se renouvelaient continuellement. Elle fut réduite à revenir aux positions de la
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Teille. Des efforts héroïques s'étaient succédé, mais sans succès appréciable; les Autrichiens avaient reçu dans la journée, en renforts, 22 bataillons.
Le général en chef Desjardin, écrivant de la censé du Forteau (il mai i794), déclare nettement à Favereau que, le 12 au matin, il attaquera les Impériaux sur divers points; toutefois il n'hésite pas à dire qu'il craint d'exposer l'artillerie, à cause des mauvais chemins; il demande en même temps aux dépôts de Maubeuge des cartouches et des gargousses de 4 et 8 obusiers, car d'après la tournure des choses, l'armée peut d'un moment à l'autre se trouver à court de provisions*.
Le 12 mai 1794, dès l'aube, suivant les prescriptions, les généraux Yezu et Marceau, passèrent la Sambre. Ils se répandirent dans Montigny-le-Tilleul et Léernes, communes situées à proximité de Fontaine-Lévéque et de Charleroi, pour garantir les derrières de l'armée contre les troupes autrichiennes, qui auraient pu, d'un moment à l'autre, sortir de Charleroi et du camp de la Tombe.
Quant à Favereau, ayant quitté Maubeuge, il se tourna aussitôt vers le camp ennemi de Gliswille et le village d'Assevent.
Puis, au milieu de la journée, les divisions Fromentin, Jacob, Vezu et Mayer, qui s'étaient servi pour passer le fleuve, des ponts de Landelies, d'Aine, de Thuin et de Lobbes, et devaient se porter en avant pour entourer le camp de Hantes et contraindre les Autrichiens à déguerpir, se mirent en mouvement.
La brigade Duhesme, suivie de la division Mayer, cingla de Thuin vers Mont-Sainte-Geneviève, village sur un plateau assez élevé et garni de taillis, à une lieue et demie de Thuin.
1. Lettre du général Desjardin au général Favereau, de la censé du Forteau, 11 mai 1194 (Arch. de la Guerre, corresp., mai), armée du Nord et des Ardennes.
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La division Fromentin, partie de Lobbes, se lia à celle de Mayer, et choisit pour objectif le camp retranché que Tennemi occupait au nord de Merbes-le^hâteau, endroit situé sur la Sambre, à deux lieues de Thuin.
A cinq heures du soir, toutes ces colonnes, impatientes d'en Tenir aux mains, se profilaient face à Tennemi et Tabordaient avec une excessive furia, depuis Herbes jusqu'aux bois derrière Mont-Sainte-Geneviève.
La division Fromentin éprouva d*abord une résistance imprévue ; mais complétée, bientôt, par la brigade Duhesme, qui venait d'enfoncer Faile gauche autrichienne, au moment où celle-ci descendait de Mont-Sainte-Geneviève, elle devint plus apte à soutenir le combat.
Cependant, d'un autre côté de la Sambre, les divisions MuUer et Despeaux harcelaient vigoureusement le camp de Hantes. Les Autrichiens étaient interdits, car ils entendaient en même temps le canon sur leurs flancs; craignant d'être tournés, ils sonnèrent la retraite et gagnèrent l'autre rive par les ponts volants de la Bussière et de Fontaine- Yalmont, qu'ils détruisirent après leur passage, mais que les Français rétablirent à la hâte, pour permettre aux divisions de pourchasser l'ennemi.
L'indomptable général Fromentin, profitant de ce moment de panique, n'hésita pas, à la tête de sa division, à attaquer le camp de Merbes à la baïonnette et à se rendre maître de son emplacement.
L'obscurité mit fin au combat; les Français couchèrent sur le champ de bataille :
La division Fromentin, dans le bois de Saliermont ;
Les divisions MuUer et Despeaux, à Erquelines;
La division Mayer, à Mont-Sainte-Geneviève;
La brigade Duhesme, en grand'garde à Vellereille-lez-le- Brayeux, endroit distant de trois lieues de Binche et de quatre lieues de Mons ;
La division Vezu et la brigade Marceau, en avant-postes à Fontaine-Lévêque et à Jumioulx, villages proches, le premier, de deux lieues de Gharleroi, et le second, de deux lieues de Thuin.
Grâce à Ténergie des chefs et au dévouement excessif des soldats, grâce surtout au mépris de tous les Français devant la mort, le premier passage de la Sambre s'était accompli d'une façon glorieuse.
Le 13 mai 1794, les Autrichiens, ayant reçu pendant la nuit un appoint considérable de leur corps de réserve, se mirent en bataille pour tenir tête aux Français et maintenir leurs communications menacées vers Mons et Charleroi. A cet eflfet ils prolongèrent leur gauche d'Haulchin, où passe Tancienne voie romaine, dite Chaussée Brunehaut, sur Binche, à quatre lieues de Mons : étendant leur centre en amont de Rouveroy, commune à une lieue et demie de Merbes-le-Château et deCroix-lez-Rouveroy,ils Tappuyèrent sur leur ligne de retranchement occupée par leur droite à Test de Grand-Reng.
Devant leur déploiement, Tarmée française avait adopté les dispositions ci-après :
Les divisions Despeaux et Muller devaient courir sus aux épaulements de droite, à Grand-Reng.
La division du général Fromentin et la brigade Duhesme devaient accoster les Autrichiens au centre, à Rouveroy et à Croix-lez-Rouveroy .
La division Mayer se rendrait de Mont-Sainte-Geneviève à Binche et au camp d'Haulchin.
Les deux corps de cavalerie, sous la direction des généraux Soland et d'Hautpoul S avaient pour mission de protéger le gros des troupes de Fromentin, Duhesme et Mayer.
Les colonnes de Vezu et Marceau devaient, pendant ce
!. D'Hautpoul est né à'Scolette (Tarn), le 13 mai 1734, illustre général de cavalerie, tué à Eylau en 1807.
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temps, voler vers Charleroi, tandis que la division du général Favereau opérerait, avec le conseil du représentant du peuple Laurent, une diversion sur Boussois, commune située à 6 kilomètres de Maubeuge, rive gauche de la Sambre, et traversée par Tancienne voie romaine de Bavai à Trêves.
Une canonnade des plus intenses se croisa d'abord, puis la lutte s'accentua avec acharnement.
La division MuUer aborda bravement le Grand-Reng et escalada, en peu de temps, plusieurs redoutes ; au moment où elle s'y attendait le moins, elle fut atteinte par une seconde ligne ennemie qui compromit son flanc droit. Elle songeait à rebrousser chemin quand le général Soland, par une manœuvre hardie, exécutée dans la plaine entre Erquelines et Grand-Reng, chargea les Autrichiens et parut rétablir la situation, mais il advint à Soland le même sort qu'à MuUer; il fut ramené en arrière par une seconde ligne ennemie, il fallut se retirer.
A l'aile droite, Mayer entra avec succès dans la ville de Binche et menaça de tourner le camp d'Haulchin.
Au centre, la brigade Duhesme fut arrêtée devant Croix, tandis que la division Fromentin s'assurait de Péchant. Malheureusement ce dernier chef, se croyant invincible, après s'être montré partout au plus fort du danger et avoir contribué autant au succès par son audace que par la sagesse de ses mouvements, s'était porté, le sabre à la main, sur la commune de Rouveroy pour l'enlever vivement. Atteint d'une balle, il tomba blessé sous son cheval mort et se vit forcé d'abandonner sa division.
Privée de son général très affectionné, cette division se trouva ébranlée, désorientée, perdue; elle songeait même à rétrograder, quand le brave Duhesme advint et chercha à la maintenir; ses rudes soldats habitués à l'obéissance se remirent à combattre, mais par suite d'un faux mouvement de d'Hautpoul, la cavalerie ennemie, tandis que
Duhesme regagnait Péchant, renversa Textrême gauche de la division Fromentin. Malgré la bonne contenance d'un régiment de grenadiers français, un bataillon d'infanterie ennemie qui soutint les escadrons Fobligea à se replier dans le bois de Saliermont d'où Fromentin était parti.
Les Impériaux n'avaient obtenu l'avantage qu'en dégarnissant leur droite; les généraux Despeaux et MuUer en profitèrent pour saisir les redoutes de Grand-Reng. Autant le gain fut prompt, autant vite suivit la défaite. Les Autrichiens, rassurés sur leur gauche, accoururent au point faible et reprirent Grand-Reng, malgré les efforts de Soland et d'Hautpoul, qui, sans trêve ni repos, se dépensaient de côté et d'autre.
Le général autrichien Kaunitz, après avoir fait manœuvrer une partie de ses troupes victorieuses, surtout la cavalerie, de l'aile gauche à l'aile droite, et réciproquement, chassa Duhesme de la commune de Péchant, puis délogea du bois de Saliermont la division Fromentin décapitée.
Enhardis par ces succès divers, les Autrichiens pressentant, sinon la déroute, au moins l'hésitation des Français, s'élancèrent tout à coup sur Merbes-le-Château pour couper les Républicains ; mais ils avaient compté sans notre 22® régiment d'infanterie, qui non seulement leur barra le chemin, mais formant le carré se campa fièrement en blockhaus vis à vis d'eux, demeurant inébranlable même devant les charges réitérées de la cavalerie.
Cette belle résistance permit aux. colonnes de Duhesme et à la division Fromentin de se reformer en partie dans le bois de Saliermont où une nouvelle lutte s'engagea, surtout entre les volontaires des 49* du Calvados et 2*' de Maine-et-Loire (de la division Fromentin) et les Impériaux.
Les Français, comme toujours, se comportèrent vaillamment; aidés du général d'Hautpoul, ils démontèrent une batterie autrichienne, la retournèrent sur l'ennemi et le mirent en déroute ; la bataille sous cette nouvelle phase
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paraissait gagnée, quand malheureusement les divisions Muller et Despeaux, placées de front, se sentirent épuisées et dans l'impossibilité de lutter contre une colonne autrichienne, renflouée de troupes fraîches; Teffroi se mit dans les rangs; en peu de temps, ces divisions perdirent leurs canons et repassèrent la Sambre.
Mayer, apprenant cette déroute, battit de son côté en retraite par le pont de Thuin.
Le 14 au soir, les Français avaient repris position de la rive droite de la Sambre, de Montigny-le-Tilleul à Maubeuge.
Les régiments de Fromentin et de Duhesme seuls, ignorant encore le désastre, reposèrent, en toute sécurité, dans Péchant et le bois de Saliermont qu'ils avaient de nouveau conquis; mais le lendemain matin, au courant des événements, ils regagnèrent en hâte, sans être trop inquiétés, le pont de Lobbes.
Les Français, en se retirant, avaient incendié les anciennes abbayes de Lobbes et d'Almes pour empêcher Tennemi de s'y retrancher et s'opposer à un passage ultérieur de la Sambre sur la rive gauche.
Le 15 mai 1794, l'ennemi, ayant tenté d'approcher la Sambre, dut s'enfuir, poursuivi par une vive canonnade.
Le 16 mai, le général en chef Desjardin, qui se tenait à Cousolre, avait posté comme suit ses cohortes :
Toute l'avant-garde de l'armée du Nord était à proximité de l'abbaye de Lobbes ; la division Fromentin, son quartier général à Basse-Fontaine, campait en arrière de cette dernière commune; la division du général Despeaux à Jeumont, aux bois de Solre-sur-Sambre et le long de cette rivière.
La division Muller, quartier général à Desompesse, se trouvait en arrière de la Bussière, tandis que Soland, commandant la cavalerie, s'abritait à la ferme du Fortaux
et le grand parc d'artillerie sur les hauteurs de Termo^t^
Les batailles de Grand-Reng et de Péchant', favorables au général autrichien Kaunitz, mécontentèrent le Comité de Salut public, et particulièrement Saint-Just' qui, approuvé par ses collègues, exigea un nouveau passage de la Sambre.
Cette opération, cette fois, fut plus facile à effectuer : Tennemi n'avait laissé qu'un faible noyau de troupes sur les rives ; son plan était changé.
Le V prairial an II (20 mai 1794), larmée française se déploya parallèlement à la rivière. Yezu se porta de Landélies sur Leemes et Fontaine-Lévêque ; la division Mayer, quittant Thuin, atteignit Mont-Sainte-Geneviève ; le général d'Hautpoul, parti de Lobbes avec quatre régiments de cavalerie, se fixa entre Buvrinnes et Bonne-Espérance. Le général Fromentin, à moitié guéri de ses blessures, mais n'écoutant que l'honneur, à la tète de sa division et des brigades Duhesme et de Foissac, gagna le bois de Forestaille et le village de Bienne-le-Haspart, tandis que la division Muller arrivée par les ponts volants de Fontaine et de la Buissière, s'établissait aux abords du bois de Fayt et se liait par Merbes-le-Chàteau avec les troupes que le général Despeaux avait conduites par le pont de Solre.
La réserve de cavalerie se rendait près de Sars-la-Bruyère.
Le 21 mai 1794 (2 prairial an II), dès l'aurore, tandis que les Français hésitaient s'ils se dirigeraient vers le camp d'Haulchin, ou vers celui du Grand-Reng, les Autrichiens ouvrirent le feu tout en concentrant leur tir sur les deux extrémités de l'armée républicaine.
Notre aile gauche sous Despeaux eut à souffrir d'autant
1. Voyez pièce XLIX. Lettre du général de division Desjardin au général de division Favereau. Cousolre, le 16 mai 1794.