LE GÉNÉRAL FR03CENTIN
Chàtelet, poste important pour son pont qui donne accès sur la rive gauche de la Sambre, et pour sa situation rapprochée d'une lieue un quart de Charleroi.
Le 30, elle se déploya au nord de cette ville, pour Tisoler des Autrichiens et en commencer le siège.
Les divisions Fromentin, Yezu et Mayer, se placèrent à droite et à gauche de Charleroi dont Tinvestissement eut lieu le lendemain.
Après trois jours de bombardement, les ennemis reprirent Toffensive; au milieu d'eux venait d'arriver l'empereur François II avec 20,000 hommes de troupes fraîches, commandés par le prince d'Orange.
Le 2 juin 1794 (14 prairial an II), ils s'élancèrent en cinq colonnes sur les Français.
L'armée des Ardennes et la droite de l'armée du Nord furent rejetées au delà de la Sambre, accablées par des forces bien supérieures.
Le 3 juin, au moment où l'empereur d'Allemagne faisait son entrée dans Charleroi, dégagée la veille, Jourdan, après s'être transporté de la Moselle sur Arlon et Dinant, avec 45,000 hommes et 42 canons, opérait sa jonction avec les corps de Charbonié et de Desjardin.
Aux troupes des généraux Fromentin, Mayer, Duhesme, Marceau, Kléber, Vezu, Soland, d'Hautpoul que tant de combats avaient aguerries, s'unirent les colonnes des généraux Lefebvre, Championnet, Morlot, Dubois d'Hatry. La joie était grande : les trois armées, des Ardennes, de la Moselle et du Nord n'en formaient plus qu'une seule.
Ce rapprochement suscita une mesure dont les événements n'avaient que trop démontré la nécessité, mais devant laquelle le Comité de Salut public avait souvent reculé par défiance révolutionnaire, de peur qu'un général vainqueur abusât de son prestige pour renverser le Gouvernement.
Un chef unique, concentrant, dans sa main, la direction
stratégique fut désigné. Le choix tomba unanimement sur Jourdan.
Cette révolution provoqua malheureusement d'autres changements qui eurent lieu, en dehors des bureaux du ministère de la guerre, et pour lesquels le généralissime ne fût pas consulté ; la volonté des Représentants du peuple, revêtus de pleins pouvoirs, les exigea.
Le chef de Tarmée des Ardennes, Gharbonié, dut se rendre à Paris pour y accepter un nouvel emploi, mais on l'oublia; il se retira à Clamecy, sa ville natale où, le 25 prairial an II, il fut promu commandant d'une légion de garde nationale.
Le chef de Tarmée du Nord, le brave Desjardin, qui aux yeux de Saint-Just et de Levasseur (de la Sarthe), avait pour défaut de manquer d'initiative, d'être trop prudent, de ménager les hommes, disparut presque entièrement des cadres militaires; il fut appelé, dit-on, à un poste secondaire.
Les principaux généraux de l'armée du Nord, Ferrand, Favereau, Fromentin, Despeaux, Maisonneuve, eurent le même sort.
Ferrand (Marie-Louis), après avoir été mandé à Calais, puis à Saint-Domingue S se brûla la cervelle dans un moment de désespoir, le 7 novembre 1808.
Il ne fut plus guère question de Favereau. Et pourtant, suivant sa déclaration, ce chef avait pris des dispositions pour réunir les troupes et les soutenir jusqu'à extinction contre la tyrannie qui voulait anéantir la République^.
La division du général Fromentin fut confiée au général Kléber.
Despeaux fut remplacé par Schérer à la tête des volon-
1. Il avait été à cette époque lieutenant du général en chef Leclerc. Consultez sur ce sujet un ouvrage rare intitulé : Précis historique des événements de la partie de Vest de Saint-Domingue, par Gilbert Guillemin. Paris, 1811, in-8<>.
2. Lettre de Favereau à Ferrand. Maubeuge, le 13 floréal an IL