‹ Le Général La Fayette, 1757-1834Chapitre 166 sur 284 · LETTRE DE LA FAYETTE A FRANÇOIS ARAGO · texte numérisé non relu

LETTRE DE LA FAYETTE A FRANÇOIS ARAGO

saire. Les quatre sergents de La Rochelle, dont un d’eux, Bories, était connu de La Fajrette, le général Berton et le lieutenant-colonel Caron montèrent sur l’échafaud. La Fayette avait fourni de l’argent pour favoriser l’évasion de Bories et de ses amis, mais la trahison d’un prêtre avait fait avorter cette tentative. Il avait recommandé à son ami le général sir Robert Wilson, un professeur de Saumur, nommé Chauvet, « aujourd’hui proscrit pour avoir, avec un rare dévouement, parcouru, seid, les rues, le chapeau tricolore à la main, invitant ses concitoyens à joindre le général Berton. » Et il ajoutait: « Quelles que fussent vos opinions politiques, vous éprouverez pour cette conduite courageuse un mouvement d’admiration (1). »

La Fayette, toutefois, se retira pendant quelque temps à La Grange. Sa présence excita les soupçons du souspréfet de Coulommiers, Lebrun des Charmettes, qui s’étonnait, dans une lettre écrite au préfet de Seine-et- Marne, le 16 septembre 1822, qu’aucuns fonds de police ne lui fussent alloués pour surveiller un arrondissement renfermant des hommes aussi dangereux que La Fayette et Bavoux (2).

Le 13 novembre 1822, La Fayette, sorti de la Chambre, fut élu député par l’arrondissement de Meaux. Il obtint 169 voix sur 312 votants, contre 136 à l’ex-constituant Ménager.

L’année suivante, il reprit une part plus active aux travaux de la Chambre. Le 26 février 1823, Manuel prononça un discours sur l'expédition d’Espagne; il déclara

(1) Cf. lettre de La Fayette à sir Robert Wilson, en date de Paris, 8 avril 1822 ( British Muséum, Add. 30116, fol. 47). Je dois l'indication de ce document et des autres provenant du même fonds à M. E. Deprez.

(2) Ce document m’a été communiqué par M. Th. Lhuillier, de Melun.

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