ADIEUX DE LA FAYETTE
Je me bornerai, comme je l’ai déjà fait devant vous, Monsieur, et devant cette respectable Assemblée, à confirmer hautement chacun des sentiments que j’ai eu tous les jours l’occasion d’exprimer en public, depuis le moment où votre vénérable prédécesseur, mon vieux frère d’armes et mon ami, m’a transmis l’honorable invitation du Congrès, jusqu’à ce moment où vous, dont les liaisons amicales avec moi datent de notre première jeunesse, vous allez me confier, pour traverser l’Atlantique, à la protection de l’héroïque pavillon national qui flotte sur ce vaisseau magnifique, dont le nom n’est pas une des moins flatteuses faveurs que j’ai reçues en si grand nombre dans ce pays.
Dieu répande ses bénédictions sur vous, Monsieur, et sur tous ceux qui nous entourent ! Qu’il les répande sur le peuple américain, sur chacun des Etats de l’Union et sur tout le gouvernement fédéral! Recevez cet adieu patriotique d’un cœur plein de reconnaissance, qui sera tel jusqu’au moment où il cessera de battre.
Puis, le président et le général s’embrassèrent, les yeux mouillés de larmes. Chacun sentait que c’était la séparation définitive, mais chacun aussi était convaincu que l’immortalité commençait pour le héros. •
Le Mount-Vcrnon conduisit les voyageurs jusqu’à l’embouchure du Potomac, où était mouillée la frégate la Brandywine. Us montèrent à bord, et, le 3 septembre, on leva l’ancre et on gagna la pleine mer. Les vents rendirent la navigation pénible, mais, grâce au commandant Charles Morris, la traversée ne dura que vingt-six jours : le 3 octobre 1825, on arriva en vue du Havre, et, le 4, on prit terre. Au moment du débarquement, les marins offrirent à La Fayette, en souvenir, le drapeau américain qui flottait à l’arrière du navire (1).
(1) Les officiers de la Brandywine offrirent plus tard à La Fayette un vase richement orné. (Cf. Jules Cloquet.)
La Fayette et son fils sont reçus avec enthousiasme par les Havrais, le 4 octobre 1825. — Belle réception à Rouen (7 octobre). — Arrivée à La Grange (9 octobre). — Il revient en bonne santé. — Témoignage du duc de Broglie. — Le voyage en Amérique est célébré par Béranger et Casimir Delavigne. — Concours de poésie institué à cet effet. — Lettres au président John-Quincy Adams (27 octobre et 10 novembre 1825). — Mort du général Foy (28 octobre). — Il reçoit à La Grange Victor Jacquemont et Augustin Thierry. — Mort de John Adams et de Thomas Jefferson (4 juillet 1826). — 11 touche sa part du milliard des émigrés (août 1826). — Lettres à Rivadavia, président de la république de La Plata et au général Bolivar (11 octobre et 16 décembre 1826). — Il félicite de nouveau Bolivar (2 mars 1827). — Il est élu député de l’arrondissement de Meaux au second tour de scrutin, le 23 juin 1827. — Discours sur la tombe de Manuel (24 août). — Il revendique la responsabilité du compte rendu des funérailles de son ami (17 septembre). — - Dissolution de la Chambre. — II est réélu député, le 17 novembre 1827. — Démission de Villèle et formation du cabinet Martignac (4 janvier 1828).
— Eloquente critique de la politique gouvernementale (23 juin). — Il réclame l'organisation de l'instruction nationale. — Eloge du régime établi sous la République. — Il exprime sa sympathie pour l’expédition de Morée (21 août). — Curieuses réflexions de Charles X à l’égard de La Fayette. — Banquet offert au général par les électeurs de Meaux, le 27 septembre 1828. — Son discours est acclamé. — Rapport du commissaire de police de Meaux au sous-préfet. — Correspondance avec Jeremy Bentham (t8 novembre 1828 . — Il recommande au comte de La Ferronnays la cause des constitutionnels espagnols (17 décembre). — Lettre à John-Quincy Adams (10 janvier 1829).— Il proteste contre l’accusation d'avoir réclamé l’intervention étrangère (7 avril . — David d’Angers fait son buste et l'envoie au Congrès américain. — 11 soutient l'abolition du double vote (6 juin). — 11 déclare que la France doit se mettre à la tète de la civilisation (9 juillet). — Départ pour l'Auvergne. — Arrivée à Brioude (30 juillet). — Brillante réception. — Arrivée à Chavaniac (3 1 juillet). — Séjour au Puy (11 août). — 1 1 va visiter La Tour-M au bourg. — Passage à la Côte-Saint-André et Rives (17 et 18 août . — Arrivée à Grenoble (18 août :. — On lui offre une couronne d’argent. — II descend chez Augustin Perier. — Banquet donné par les Grenoblois. — Toast de La Fayette.
— Voyage à Vizille (19 août). — Réception enthousiaste. — Passage à Voiron, à La Tour-du-Pin et à Bourgoin (3 et 4 septembre). — Arrivée à Vienne (4 septembre). — Banquet et discours du général. — Arrivée à Lyon (5 septembre!. — Réception grandiose. — Discours de La Fayette. — On le conduit triomphalement à l’hôtel du Nord. — Mesures de police prises par le maire. — Promenade à l’île Sainte-Barbe (6 septembre). — Fête donnée par la maçonnerie lyonnaise et toast de La Fayette (6 septembre). — Banquet et discours politique (7 septembre). — Il quitte Lyon (8 septembre 1829) et rentre à La Grange. — Importance politique du voyage et vengeances du gouvernement. — Destitution du maire