PORTRAIT DE LA FAYETTE PAR TH1ERS
La Fayette, issu d’une famille ancienne et demeurée pure au milieu de la corruption des grands, doué d’un esprit droit, d’une âme ferme, amoureux de la vraie gloire, s’était ennuyé des frivolités de la Cour et de la discipline pédantesque de nos armées. Sa patrie ne lui offrant rien de noble à tenter, il se décida pour l’entreprise la plus généreuse du siècle, et il partit pour l’Amérique, le lendemain du jour où l’on répandait en Europe qu’elle était soumise. Il y a combattu à côté de Washington et décida l’affranchissement du Nouveau- Monde par l’alliance de la France. Revenu dans sa patrie avec un nom européen, accueilli à la Cour comme une nouveauté, il s’y montra simple et libre comme un Américain. Lorsque la philosophie, qui n’avait été pour des nobles oisifs qu’un jeu d’esprit, exigea de leur part des sacrifices, La Fayette presque seul persista dans ses opinions, demanda les États généraux, contribua puissamment à la réunion des ordres et fut nommé, en récompense, commandant général de la garde nationale. La Fayette n’avait pas ce degré de