‹ Le Général La Fayette, 1757-1834Chapitre 221 sur 284 · PORTRAIT DE LA FAYETTE PAR BARÈRE · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE LA FAYETTE PAR BARÈRE

M. de La Fayette peut avoir fait des fautes en politique, il peut avoir commis des erreurs en révolution, il peut avoir eu d’injustes défiances contre certaines formes de gouvernement dont il avait défendu les droits dans sa jeunesse; mais toujours est-il juste de traiter avec des égards mérités une réputation d’un demi-siècle et qui est vénérable et chère aux amis de la liberté.

La Fayette avait, du reste, plus que personne, le droit d’émettre ses inspirations personnelles sur la politique et les libertés publiques, parce que ses idées sont toujours larges, ses sentiments toujours généreux, ses opinions toujours sincères; il a dit, en 1789, que l'insurrection est le plus saint des devoirs. Il a le premier présenté un projet de déclaration des droits de l’homme à l’Assemblée constituante. Il a prêté, pen-

dant la restauration des Bourbons, sa voix et son suffrage à la sainte cause de la liberté et de l’indépendance nationale; cet organe vénéré n’a jamais manqué à l’appui et à la défense des libertés civiles et politiques; il ne s’est jamais prêté à aucune mesure exceptionnelle. Il parle avec une simplicité éloquente, mais sans ces précautions oratoires que certains députés ont transportées du tumulte du barreau à l’énergie de la tribune.

M. de La Fayette s’est toujours présenté la tête haute et le front découvert pour combattre en faveur de la liberté de penser, de parler et d’écrire, liberté vitale et mère de toutes les autres, et la seule vraie garantie de tous les droits et de tous les intérêts.

Lors de la révolution populaire de Juillet i8?o, La Fayette se montra grand citoyen au milieu des dangers publics et des feux de la guerre civile. Il n’a jamais si bien mérité de la patrie.

( Mémoires de Barcre, t. IV, p. 266 à 268.)

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