‹ Le Général La Fayette, 1757-1834Chapitre 237 sur 284 · ORDRE GÉNÉRAL DE L’ARMÉE · texte numérisé non relu

ORDRE GÉNÉRAL DE L’ARMÉE

Le général de l’armée a reçu hier au soir et ce matin des adresses où les différents corps de toutes les armes expriment leur dévouement à la Constitution, leur attachement pour lui, leur zèle à combattre les ennemis du dehors et les factieux du dedans.

Le général reconnaît dans ces démarches le patriotisme pur et inébranlable d’une armée qui, ayant juré de maintenir les principes de la déclaration des droits et de l’acte constitutionnel, est disposée à les défendre envers et contre tous. Il est profondément touché de l’amitié et de la confiance que les troupes lui témoignent, et sent combien les derniers désordres, que des perturbateurs ont excités dans la capitale, doivent indigner tous les vrais amis de la liberté, tous ceux qui dans le roi des Français reconnaissent un pouvoir établi par la Constitution et nécessaire à sa défense.

Mais, en même temps que le général partage les sentiments de l’armée, il craindrait que les démarches collectives d’une force essentiellement obéissante, que les offres énergiques des troupes particulièrement destinées à la défense des frontières ne fussent traîtreusement interprétées par nos ennemis cachés ou publics; il suffit, quant à présent, à l’Assemblée nationale, au roi et à toutes les autorités constituées, d’être convaincus des sentiments constitutionnels des troupes; il doit suffire aux troupes de compter sur le patriotisme, sur la loyauté de leurs frères d’armes de la garde nationale parisienne, qui saura triompher de tous les obstacles, de toutes les trahisons dont on l’environne.

Quelque soigneux que soit le général d’éviter pour l’armée, jusqu’à la moindre apparence d’un reproche, il lui promet

PIÈCES JUSTIFICATIVES

que, dans toutes les démarches personnelles qui pourront contribuer au succès de notre cause et au maintien de la Constitution, il bravera seul, avec constance et dévouement, toutes les calomnies comme tous les dangers.

La Fayette.

(Copie signée par La Fayette, Archives nationales, C 358.)

Maubeuge, 26 juin 1792, soir. — Ordre du jour de La Fayette à son armée pour annoncer son départ pour Paris.

Au camp retranché de Maubeuge, ce 26 juin 1792, l'an IV de la Liberté.

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