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ORDRE DU 26 AU SOIR

Le général a cru devoir mettre des bornes à l'expression des sentiments de l’armée, qui ne sont qu’un témoignage de plus de son dévouement à la Constitution, de son respect pour les autorités constituées, mais dont la manifestation collective, ou trop vivement prononcée, aurait pu donner des armes à la malveillance.

Mais plus le général d’armée a été sévère sur les principes qui conviennent à la force armée d’un peuple libre, et par conséquent soumis aux lois, plus il se croit personnellement obligé à dire, en sa qualité de citoyen, tout ce que les troupes sentent en commun avec lui.

C’est pour remplir ce devoir envers la patrie, ses braves compagnons d’armes et lui-même, qu’après avoir pris, d’après ses conventions avec M. le maréchal de Luckner, les mesures qui mettent l’armée à l’abri de toute atteinte, il va, dans une course rapide, exprimer à l’Assemblée nationale et au roi les sentiments de tout bon Français et demander en même temps qu’on pourvoie aux différents besoins des troupes.

Le général ordonne le maintien de la plus exacte discipline et espère, à son retour, ne recevoir que des comptes satisfai-

sants. M. d’Hangest, maréchal de camp, prendra le commandement.

Le général d’armée répète que son intention et son vœu sont de revenir ici sur-le-champ.

La Fayette.

(Copie signée par La Fayette, Archives nationales, C 558.)

Besançon , \CT juillet 1792. — Lettre des citoyens de Besançon à La Fayette.

Département du Doubs. — Besançon, le Ier juillet 1792, l’an IV de la liberté.

Général,

Les citoyens soussignés, hommes libres, s’adressent à vous pour connaître les vrais principes qui dirigent votre conduite.

Il est instant, pour la sûreté et le bonheur de la France, qu’un général, à la tête de trente mille hommes, soit entouré d’une juste confiance, ou qu’il soit reconnu ou déclaré incapable de la mériter. Il est donc de votre devoir de repousser la calomnie, ou par un silence honteux d’avouer la médisance.

Nous ne vous rapporterons pas, général, tous les griefs qui vous sont imputés par des amis sincères de la Révolution ; en vous les retraçant, ils nous affligeraient d’autant plus que nous avons besoin de vous estimer. Vous les connaissez, ces griefs innombrables, qui, s’ils étaient vrais, prouveraient à l’évidence que l’ambition seule a dicté vos démarches et que votre existence dans la Révolution 11’est qu’un tissu d’intrigues et de scélératesse. Vos plus zélés défenseurs vous accusent déjà et rougissent d’avoir proclamé votre loyauté. Nous, qui voulons juger avec impartialité, nous, qu’un fol enthousiasme n’égara jamais sur le civisme de nos représentants ou de nos autres frères, nous, qui ne prêtons pas aisément notre attention aux diffamations répandues sur la conduite de nos concitoyens ; nous, en un mot, qui ne voudrions apercevoir, parmi tous les

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membres qui composent cet empire, que les principes de l’égalité et de l’union, nous nous adressons directement à celui qui est, ou outragé, ou apprécié, et c’est de lui-même que nous attendons son arrêt.

Une correspondance entre vous et M. Roland est rendue publique par la voie de l’impression ; plusieurs journalistes en attestent la réalité. Non seulement elle ne vous fait pas honneur, mais encore elle vous place au rang des illustres séditieux. Hâtez-vous de l’improuver, général, si vous n’y avez pas participé, et que les tribunaux retentissent de vos poursuites contre vos calomniateurs. Nous sommes jaloux, nous vous le répétons, de voir qu’aucun nuage n’aura pu obscurcir votre réputation, et l’intérêt que nous prenons à votre cause nous portera tous à vous défendre des persécutions de vos ennemis.

Une lettre signée de votre nom, envoyée et lue à l’Assemblée nationale, compromet tout à la fois votre honneur, votre délicatesse, l’emploi dont vous êtes revêtu ; elle compromet également le génie dont nous nous sommes plu à croire que vous étiez doué ; et enfin, elle provoque l’animadversion de tous les bons citoyens. Ceux qui ont toujours douté de la sincérité de votre patriotisme se persuadent que vous êtes réellement l’auteur de cette diatribe dégoûtante. Ceux, au contraire, qui n’ont vu en vous que l’ami des lois et de l’égalité, attestent qu’il est impossible que vous ayez pu vous livrer à un crime aussi inouï. Vos amis et vos ennemis, peu d’accord sur le nom du véritable auteur de l’ouvrage, sont tous réunis pour convenir de l’atrocité qu’il contient. Eh bien ! général, c’est encore à vous à donner la solution de ce problème, et vous le devez sans détour et sans délai. Nous n’avons jamais pensé qu’un membre du côté gauche de l’Assemblée constituante eût voulu se révolter, les armes à la main, contre les principes mêmes de la Constitution, et faire au Corps législatif une pétition aussi dépourvue de sens qu’elle est impérative et arrogante. Non, sans doute, La Fayette n’est pas un parjure; il n’a pas souillé sa vie d’un attentat à la liberté aussi criminel. La Fayette, nous a-t-on assuré, a participé à la déclaration des Droits de l’homme et l’acte constitutionnel est toujours présent à sa mémoire. Il

sait que cet acte autorise la formation des sociétés populaires, et que, en demander la dissolution, c’est attaquer ouvertement la Constitution. Ah ! qu’il serait coupable, un général d’armée, qui, s’étayant de la confiance des soldats qu’il aurait aveuglés ou captivés, viendrait forcer le Sénat de sanctionner sa récrimination, sa rage et son despotisme! Non, général, nous ne vous croyons pas coupable de ces excès d’horreur... Un Cromwell aurait hésité d’en commettre de semblables.

Tout entier à la chose publique, sans doute, vous ne vous arrêtez pas aux discussions qui ont lieu dans les sociétés des Jacobins, bien convaincu que vous ne devez vous occuper qu’à harceler l’ennemi contre lequel vous marchez, et bientôt, oui, bientôt, vous justifierez par des exploits belliqueux la confiance qu’ont en vous tous les guerriers que vous commandez, guerriers qui sont ceux de la patrie et non pas les vôtres, comme a osé l’avancer l’impudent quia emprunté votre nom.

Nous espérons de vous, général, une réponse aussi franche que notre lettre vous en donne l’exemple. Elle est indispensable pour arrêter les progrès de la calomnie et nous l’annonçons à nos concitoyens en rendant public ce que nous vous mandons et en vous promettant d’en user de même pour votre réponse.

[Suivent 96 signatures, dont la première est Dupont.]

(Orig., Archives nationales, C j 58.)

21 juillet 1792. — Attestation de propos tenus par le maréchal Luckner sur La Fayette.

Quelques membres de l’Assemblée nationale ayant eu occasion de voir M. le maréchal Luckner le 17 juillet au soir, chez M. l’évêque de Paris, et lui ayant demandé s’il était vrai qu’on lui eût proposé, de la part de M. Lafayette, de marcher sur Paris avec son armée après l’événement du 20 juin, M. le maréchal Luckner a répondu en ces termes : « Je ne nie pas. C’est M. Bureaux de Pusy, celui qui a été, je crois, trois fois

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président de l’Assemblée nationale. Je lui ai répondu : Monsieur, je ne mènerai jamais l’armée que je commande que contre les ennemis du dehors. Lafayette est le maître de faire ce qu’il voudra, mais s’il marche sur Paris, moi je marcherai sur lui et je le dauberai. — M. Bureaux de Pusy me dit alors : Mais la vie du roi est en danger. — Voilà ce qu’il m’a dit et ils m’ont fait d’autres propositions qui sont bien plus horribles. »

Telles sont les propres expressions de M. le maréchal Luckner, que nous avons entendues et que nous attestons.

J. -P. Brissot, Guadet, Gensonné, F. Lamarque, Lasource, J. -F. -B. Delmas.

(Orig., Archives nationales, C 147, n° 227.)

Paris, 2 août 1792. — Le ministre de la guerre d' Abancourt à La Fayette.

Paris, le 2 août 1792, l’an IV de la liberté.

Je crois m’apercevoir, mon général, que mes lettres ministérielles, auxquelles je fais beaucoup d’attention, ont pu vous induire à penser que je n’étais pas disposé à seconder vos opérations avec le même zèle que mon prédécesseur. J’ai lieu de l’augurer par votre silence et par le dénuement où vous me laissez pour tout ce qui peut intéresser votre armée. J’ai dû vous écrire d’abord comme ministre, pour demander des relations qui, en cette qualité, me sont indispensables. Je vous les demande actuellement comme une suite de la confiance que je mérite par la conformité de principes et de sentiments avec ceux qui vous sont le plus attachés. Qu’ils soient mes garants auprès de vous, et j’espère qu’à cet égard vous ne vous apercevrez pas du changement du ministre. Quelle tâche j’ai prise! Que d’obstacles à faire le bien! A combien de faux jugements je m’expose envers ceux qui ne remontent jamais aux causes des effets qu’ils blâment. Vous

n’êtes pas de ce nombre, mon général, et je ne craindrai jamais d’être jugé par vous. Cette idée allège le fardeau que j’ai d’abord fortement repoussé, mais il a fallu enfin se dévouer, quand j’ai vu que c’était un moyen de défendre la cause que nous défendons tous.

D’Abancourt.

(Orig. aut., Archives nationales, DXVa.)

Nivelle, 26 août 1792. — Lettre de La Fayette à William Short.

Nivelle, 26 août 1792.

Mon cher ami,

Vous avez eu connaissance des événements atroces qui ont eu lieu, le 10 août, à Paris. La faction des Jacobins a renversé la Constitution, enchaîné l’Assemblée et le roi, l’une par la terreur, l’autre par la destitution et l’emprisonnement, et a donné le signal de la révolte et du pillage.

J’aurais pu trouver une position élevée dans le nouvel ordre de choses, sans même me mêler au complot; mais mes sentiments ne peuvent admettre une telle idée. Je me suis opposé, tant que j’ai pu, à la tyrannie des Jacobins; mais vous connaissez la faiblesse de nos honnêtes gens; j’ai été abandonné; l’armée a accueilli les clubs. Alors, rien ne m’a plus été possible que de quitter la France. Cependant, nous avons été arrêtés dans notre route et retenus par un détachement d’Autrichiens, ce qui est absolument contraire au droit des gens, ainsi que vous le verrez par la déclaration incluse, que je vous prie de publier. Vous m’obligerez grandement, mon cher ami, de partir pour Bruxelles, aussitôt que cette lettre vous parviendra, et d’insister pour me voir. Je suis citoyen américain, officier américain. Je ne suis plus au service de France. En me réclamant, vous êtes dans votre droit, et je ne doute pas de votre arrivée immédiate. Dieu vous bénisse!

Lafayette.

(Impr. dans le Mémorial de Gouverneur Morris, t. I01', p. 365.)

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Magdebourg , 24 octobre 1793. — Le/lre de La Fayette à la princesse d’Hcnin.

Ce 24 octobre [179;].

J’ai reçu de vous, ma chère princesse, en date du mois de mai, deux lettres bien aimables et médiocrement prudentes; mais l’amabilité est de vous et l’imprudence ne peut être attribuée qu’à votre correspondant, qui les a tout bonnement adressées au général commandant. Je les ai reçues tout ouvertes et privées de la feuille sur laquelle Lally avait écrit trois lignes. On me les a fait entrevoir et huit jours après on me les a laissées un instant pour songer à une réponse, parce qu’on redoute la liberté de mes impromptus. J’en ai profité pour lire les lignes rouges et, après avoir brûlé une lettre, j’ai persuadé au commandant qu’il l’avait perdue et lui ai conseillé, pour ne pas avouer son étourderie, de ne point envoyer l’autre au ministère. Je vous ai répondu quelques mots insignifiants, mais j’ai envoyé par une voie secrète à M. Girtanner la prière d’être plus mystérieux, et je vous ai envoyé par lui une réponse plus étendue que celle qu’il va recevoir du commandant. Vous y trouverez, ma chère princesse (dans un style un peu déguisé, car l’essai de M. Girtanner m’a fait peur), mes plus instantes sollicitations pour que vous abandonniez tout autre projet que les miens. Ils ont dû vous être communiqués par M. A...Z [Archenholtz], mon généreux ami d’H...g [Hambourg], qui vous fera passer cette lettre, s’il est nécessaire, ou plutôt qui la montrera à quiconque serait de votre part auprès de lui. Ne croyez pas que les moyens étrangers puissent parvenir jusqu'à moi. Il m’a fallu organiser une machine extrêmement compliquée dont il tient un fil et dont l’autre est dans des mains... en un mot, ce n’est que par les efforts d’un dévouement inouï que le succès a été possible et, à présent, il est immanquable, si l’on a ce que M. A...z demande en mon nom. Vous sentez que pour un tel projet nécessairement compliqué, il y a, dans quelques détails d’exé-

cution, des hommes et des choses à payer et en argent comptant, et, quoique mes deux amis s’en soient procuré, il en manque encore. Je ne puis m’exprimer plus clairement sans compromettre beaucoup de monde, mais j’attends de votre amitié, ma chère princesse, et de celle de quiconque peut agir de votre part, que tout ce que M. A...z demandera sera fait surle-champ, sans qu’aucun autre projet vienne croiser celui-là.

Je n’ai pas besoin de dire que, quelques liaisons que vos amis puissent avoir avec le ministère anglais, tout ce qui a rapport à moi doit être secret pour un gouvernement qui me déteste, et j’ajouterai que j’ai eu dernièrement des preuves très alarmantes pour mes amis de la haine des puissances coalisées, haine personnelle à moi, et dont aucune combinaison ne peut vous faire douter.

Je me borne à ce peu de mots, ma chère princesse, et si par hasard ils vous parviennent (car j’ai lieu d’espérer qu’il ne sera pas nécessaire de les envoyer jusqu’à vous), songez que tout délai ou toute imprudence refermerait l’ouverture de mon tombeau.

Adieu, ma chère princesse. Vous connaissez ma tendresse pour vous; bientôt peut-être, je pourrai dater d’un lieu de sûreté les nouvelles expressions d’un sentiment qui ne finira qu’avec ma vie.

Je me flatte que vos deux lettres auront échappé aux conjectures qu’on doit en tirer, mais nous l’avons échappé belle.

(Orig. aut., collection de M. Etienne Charavay.)

Philadelphie , 15 mai 1796. — Lettre de Washington à l'empereur d' Allemagne en faveur de La Fayette.

Philadelphie, 15 mai 1796.

Sire,

Votre Majesté comprendra sans doute qu’il est des circonstances politiques où le chef d’une nation est obligé de garder le silence sur des choses qui l’affectent sensiblement et qui,

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pourtant, réclament son intervention comme homme privé. Me trouvant dans une situation semblable aujourd’hui, je prends la liberté d’écrire, sous ce dernier caractère, cette lettre confidentielle à Votre Majesté, et je pense que les motifs qui me font agir m’excuseront d’eux-mêmes à ses yeux.

Comme tous les habitants de ce pays, je garde une profonde reconnaissance des services que M. le marquis de La Fayette nous a rendus, et mon amitié pour lui a toujours été constante et sincère; il est donc naturel que je compatisse à ses douleurs, à celles de sa famille, et que je fasse tout ce qui peut dépendre de moi pour les adoucir. Bien qu’il ait souffert de grands maux, son emprisonnement actuel est peut-être un des plus cruels.

J’évite de m’étendre sur ce sujet délicat. Permettez-moi seulement de représenter à Votre Majesté que sa longue captivité, la confiscation de ses biens, l’indigence et la dispersion de sa famille, ainsi que les pénibles inquiétudes qui naissent de ces maux, le recommandent à la pitié de tous. Souffrez donc, Sire, qu’en cette occasion, je sois l’interprète du vœu général, et laissez-moi vous supplier de lui accorder la permission de venir dans ce pays, sous quelque condition ou restriction qu'il plaise à Votre Majesté d’imposer.

Comme j’ai toujours eu pour maxime de ne jamais demander ce qu’en pareille occasion je ne voudrais pas accorder, Votre Majesté me fera la justice de croire que cette requête me paraît pouvoir se concilier avec les principes de magnanimité et de sagesse, qui sont les bases de la saine politique et de la gloire qui ne périt pas.

Puisse le tout puissant et miséricordieux souverain de l’Univers prendre Votre Majesté sous sa protection et sous sa garde !

(Publiée dans les Correspondance et écrits de Washington , mis en ordre par Guizot, t. IV, p. 59.)

Chavaniac, 25 thermidor an VIII (13 août 1800). — Lettre de La Fayette à Jean-Antoine Huguel.

Chavaniac, 25 thermidor.

Je suis touché jusqu’au fond du cœur, mon ancien collègue et fidèle ami, des sentiments que vous me conservez, et c’est avec la plus tendre reconnaissance que j’ai reçu votre bonne lettre du 4. J’ai tardé quelque temps à vous répondre, afin de mander l’époque où j’aurais le plaisir de vous voir; mais les affaires de mon compagnon se prolongent, ma tante que j’avais eu le bonheur de trouver dans le meilleur état de santé est malade depuis quatre jours. La chaleur du temps, une indigestion et son âge avancé compliquent une indisposition qui me donnait avant-hier une vive inquiétude, mais que les médecins déclarent aujourd’hui n’avoir aucun danger. Il est probable que vers le milieu du mois prochain j’aurai la satisfaction de vous embrasser.

Mes souffrances personnelles ont été peu de chose, en comparaison du malheur affreux de voir notre cause dénaturée, notre patrie saccagée et ensanglantée, les noms les plus sacrés souillés, les citoyens les plus vertueux assassinés par cette bande d’animaux féroces, non moins vils qu’exécrables, auxquels la nation, héroïque au dehors, a été, dans l’intérieur, si lâchement soumise. J’ai perdu des parents, des amis, des camarades de liberté et de patriotisme, dont l’attachement pour moi fut le signal de leur mort. Vous savez combien mes pertes ont été nombreuses et regrettables. Ces blessures de mon cœur saigneront toujours; elles sont adoucies, dans la retraite à laquelle je me suis voué, par le souvenir de ce que je fis pour indiquer nos dangers, pour les prévenir, pour y résister, et par la consolation que j’éprouve en retrouvant des amis tels que vous, constants et purs, qui méritèrent toujours d’être immolés par la tyrannie et qui, heureusement, ont été conservés pour servir encore l’humanité et leur patrie.

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J’ai été reçu avec beaucoup de bienveillance dans mon pays natal ; j’étais bien sûr que madame Huguet et vous partagiez cordialement le bonheur que ma tante et moi avons eu de nous revoir; vous avez été, dans les temps les plus désespérés, si amicalement associés à tout ce qui m’intéressait, qu’il y aurait de ma part de l'ingratitude à ne pas compter d’avance, à chaque occasion, sur votre occupation de tout ce qui m’est cher.

Mille tendres et respectueuses amitiés à madame Huguet, l’estime et l’affection que je vous ai vouées répondent du plaisir que j’ai à vous remercier et à vous embrasser de tout mon cœur.

Lafayette.

(Orig. aut., collection de M. Alfred Morrison, de Londres.)

La Grange , 24 frimaire an X[ ( 1 $ décembre 1802). — Fragment d'une lettre de La Fayette à Pichon , chargé d’affaires de la République française aux Etats-Unis.

Je sens la justesse de votre observation sur les différences que le temps et les événements ont dû apporter dans le pays qui m’adopta dès ma jeunesse et je pourrais dire dans la sienne. Cependant il est impossible que, voyant dans les affaires tous les hommes qui furent mes premiers amis et camarades de révolution, je ne m’en fasse pas une idée conforme à ce qu’ils étaient alors, et par exemple j’ai besoin de réflexion pour comprendre les divisions de l’esprit de parti entre ceux qui autrefois ne faisaient qu’un ensemble et avec moi. Ces impressions de jeunesse sont si fortes que tout ce que je lis et j’entends de favorable au projet delà Louisiane ne m’a pas détaché du vieux système qui fondait nos rapports avec les Etats-Unis sur la renonciation aux colonies continentales. C’est plus difficilement encore que je renoncerais aux pensées d’indépendance future pour toutes les portions de ce vaste continent que les fondateurs de la liberté américaine se

sont complu, dans leur prévoyance, à destiner aux avantages de la souveraineté républicaine. Mais nous sommes loin de l’accomplissement de ces prophéties et, en attendant, il faut espérer que l’expédition de la Louisiane ne sera pas une occasion de refroidissement de la part des Etats-Unis, comme je suis persuadé, sans me départir de mon ancienne politique, qu’il n’y a eu dans le plan du gouvernement français aucun motif malveillant envers eux. Vous savez au reste que je suis loin d’avoir la moindre part à ses conseils ; je m’attache de plus en plus à ma retraite de La Grange et à la vie que j’y mène.

Les gazettes vous apprendront tout ce qui tient, en grand ou en petit, aux nouvelles institutions qui ont eu lieu depuis votre départ. Elles vous parleront aussi des arrangements de l’Empire germanique, dont on ne s’occupe guère que dans les cabinets de Bonaparte et de Talleyrand, tandis qu’en Allemagne c’est l’affaire de tous et de chacun. Ces discussions se terminent fort bien. Il y a en Angleterre une opinion de guerre factice qui existe dans les journaux, dans quelques comptoirs, et surtout dans les intrigues de l’ancien ministère, mais non dans le sentiment national, ni même parmi les ministres actuels, et moins encore dans l’ancienne opposition, qui mettra toute son énergie à prêcher la paix. Plusieurs membres de ce parti, et nommément M. Fox et le général Fitz-Patrick, ont passé quelque temps en France. Le plaisir de les recevoir à La Grange a été grand pour moi. L’arrivée de M. Otto à Paris et son départ annoncé dans les journaux d’ici à deux mois vous convaincront enfin, mon cher concitoyen, que ce n’est pas moi qui vais comme ambassadeur en Amérique; et en vérité je ne suis qu’un peu plus confirmé dans les raisons que je vous ai données pour ne pas souhaiter d’y aller avec ce caractère, tout honorable qu’il soit...

(Orig. aut., communiqué par M. Noël Charavay.)

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XXXI bis.

2 décembre 1807. — Acte de décès de Madame de La Fayette.

Du vingt-cinq décembre mil huit cent sept, à dix heures du matin, acte de décès de dame Marie-Adrienne-Françoise de Noailles, décédée hier à onze heures trois quarts du soir, rue d’Anjou, n° 24, division du Roule, âgée de quarante-huit ans, née à Paris, mariée à M. Marie-Joseph-Paul -Yves-Roch- Gilbert Dumottier de La Fayette, ancien général de division (ayant enfant). Constaté par moi, Frédéric-Pierre Lecordier, maire du premier arrondissement de Paris, faisant les fonctions d’officier de l’état civil, sur la déclaration à nous faite par Philippe-Nicolas Beauchet, chef de bureau à la liquidation, âgé de cinquante et un ans, rue de Bourgogne, n° 4, dixième arrondissement, et par M. Pierre-Julien Barrier, propriétaire, âgé de cinquante-quatre ans, susdite rue d’Anjou, n°24. Lesquels ont signé avec nous., après lecture faite.

Beauchet, P. -J. Barrier, Coste, Lecordier, officier public.

(Copie certifiée conforme d’après l’acte déposé aux Archives de la Seine.)

La Grange, 6 novembre 1819. — Lettre de La Fayette au général Robert Wilson.

Lagrange, 6 novembre 1819.

Votre lettre a été longtemps à me parvenir, mon cher général ; je m’étais flatté du plaisir de vous recevoir ici ; ma famille partageait ce sentiment, mais quel qu’ait été notre désappointement, nous avons rendu hommage aux motifs patriotiques de votre retour en Angleterre. 11 est bien pénible pour vous d’avoir été obligé de quitter une sœur chérie et grièvement malade. Cependant l’état de votre pays appelle impérieuse-

ment les patriotes investis de la confiance publique; eux seuls peuvent, ce me semble, donner une direction utile à ce mouvement d’opinion, de résistance, et peut-être d’entreprise, qu’on regarde ici comme le résultat de l’état actuel de votre population, de plusieurs institutions, et de la disposition ministérielle. Aussi les vrais amis de la liberté et de l’ordre légal reconnaissent-ils avec plaisir, dans l’opposition populaire, des noms qu’ils ont l’habitude d’associer à ces idées. Le vôtre, mon cher général, est devenu cher, et en quelque sorte national en France, où plus d’un nom français a, comme vous savez, pris un caractère étranger. 11 est bien sûr que, dans cette grande lutte des privilèges et des droits qui agite l’Amérique et l’Europe, les coalitions illibérales amèneront de plus en plus une confraternité d’intérêt entre les peuples éclairés. On reconnaîtra mutuellement que de même que le bien-être de chaque citoyen tourne au profit de la nation, le bien-être, la liberté, l’industrie de chaque nation sont pour toutes les autres un avantage positif. Cette vérité fera disparaître beaucoup de fantasmagories politiques, dont le principal objet est d’attraper pour les gouvernants, aux dépens des gouvernés, du pouvoir et de l’argent.

Notre Parlement français est au moment de se réunir. Les dernières élections ont, en général, été libérales. Vous connaissez si bien nos affaires, nos besoins, nos vœux, nos difficultés, que vous pourrez suivre de loin nos progrès constitutionnels; mais j’aime mieux penser que vous profiterez des ajournements ou des moments de stagnation chez vous pour faire des voyages à Paris, et que j’aurai le plaisir de vous y renouveler, mon cher général, l’expression de mon reconnaissant et bien sincère attachement.

Lafayette.

Sir Robert Wilson, membre du Parlement, à Londres ( Angleterre ).

(Orig. aut., British Muséum, Add. 30116, fol. 37.)

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Meaux , 28 septembre 1828. — Lettre du commissaire de police de Meaux au sous-préfet sur le banquet du 27 septembre offert à La Fayette par ses électeurs.

28 septembre 1828.

Monsieur le sous-préfet,

M. L... est arrivé à Meaux, hier, à trois heures du soir, par le faubourg Cornillon. Seize jeunes gens à cheval, la plupart clercs de notaire et d’avoué, sont allés à sa rencontre jusqu’à Quincy et l’ont escorté jusqu’à la demeure de M. Ch. Petit, où il est descendu. Il a traversé la ville au pas, dans une voiture à deux chevaux, derrière laquelle on comptait trois personnes à pied, qui s’étaient jointes à la cavalcade. Pas la moindre acclamation, pas le moindre mouvement d’empressement ni même de curiosité. On aurait dit qu’on s’était donné le mot pour ne pas prendre part à l’ovation, car, dans une petite ville comme Meaux, seize personnes à cheval, réunies sur le même point, peuvent attirer l’attention d’une partie de la population. Quelques réflexions peu obligeantes ont même été faites à haute voix sur les guerriers d’un nouveau genre qui composaient l’escorte. On a dit qu’elle était formée de saute-ruisseaux, et cela n’a pas donné aux auteurs de cette remarque, qui, pour la plupart, ne connaissent point M. L..., une haute idée du personnage.

A six heures, on s’est rendu au dîner. M. L... était cette fois sans escorte ; il a traversé la ville sans qu’on s’en doutât. Peutêtre dix personnes se trouvaient à sa descente de voiture; il n’y avait pas le moindre empressement. Le dîner a été fort bruyant à l’intérieur; force toasts ont été portés; un long discours a été prononcé par le député et les bravos et les applaudissements et les trépignements ont mis la salle en danger. J’étais sur le plateau et à peu près seul; j’ai entendu (si toutefois mes oreilles ne m’ont pas trompé) répéter souvent le mot liberté. Je ne pourrais pas répondre si j’ai bien compris le sens d’une phrase, dans laquelle l’orateur aurait dit que le gouvernement n’avait pas eu le droit de dissoudre la garde

nationale par une ordonnance, attendu qu’elle était établie par une loi de 91. Nous en saurons davantage sans doute, car les journaux nous feront connaître toutes ces belles choses.

Le héros de la fête s’est retiré à dix heures ; il s’en est retourné comme il était venu et sans le moindre bruit. On avait dit que le peuple serait admis à circuler autour de la table à neuf heures et demie, mais personne ne s’est présenté.

Il paraît qu’on a eu bien de la peine à composer une table de cent personnes; à midi on ne se voyait pas plus de soixante à quatre-vingts; on s’est empressé de faire courir une nouvelle liste de jeunes gens, clercs, etc., pour lesquels on a réduit la souscription de 20 francs à 10 francs; par ce moyen, on a trouvé cent vingt personnes mangeantes.

Je n’ai pas besoin de vous dire, d’après ce qui précède, qu’il n’y a pas eu un lampion de brûlé.

Aujourd’hui, il a été voir l’école d’enseignement mutuel, il a été faire visite chez un assez grand nombre d’électeurs; il a aussi reçu la visite de quelques individus retraités et décorés. Un déjeuner lui a été donné par son hôte, M. Ch. Petit; enfin, sur les trois heures, il est parti pour retourner chez lui.

Je suis, etc.

Logerot.

(Copie certifiée conforme par le sous-préfet de l'arrondissement de Meaux, collection de M. Th. Lhuillier.)

La Grange, 3 mai 1833. — Lellre de La Fayette à la princesse Christine de Bclgiojoso.

Lagrange, 3 mai 1853.

C’est en partant hier de Paris, chère amie, que j’ai reçu votre lettre de Blois, et je commence par vous dire que nous sommes tout à fait tranquilles sur notre pauvre petite Octavie Perier. Elle a été mourante et sans laisser d’espoir. Sa résurrection a été rapide, comme il arrive chez les enfants. Sa sœur

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cadette a pris d’elle une rougeole très douce et qui ne donne aucune inquiétude, même à sa mère dont nous apprendrons les couches au premier moment. George et sa femme arriveront à propos pour soigner l’accouchée et la convalescente. Leur voyage aura fait grand bien au cher ménage Adolphe. Voilà donc une grande amélioration de famille; nous sommes loin d’en pouvoir dire autant en politique, à moins qu’on ne regarde le pessimisme comme un moyen de guérison.

Vous êtes une chevalière errante, ma chère amie, mais il paraît que vous n’êtes pas aussi susceptible d’illusions enchanteresses que votre prédécesseur. Il y a le même contraste qu’entre vos deux figures; quand aurai-je le bonheur de revoir la vôtre, qui a tant de charmes pour votre vieux et paternel ami? En attendant, je ne suis pas surpris que les bords de la Loire vous paraissent au-dessous de leur réputation. Cette rivière est belle, mais il est rare que l’eau y coule à pleins bords, et c’est une grande imperfection. On a dit que Tours était le paradis de la France; je vais savoir si vous confirmez cet éloge. Si vous y êtes frappée d’une superbe journée d’été, chaude, pure et toute vivante, apprenez qu’aujourd’hui vous en auriez tout autant à La Grange. J’y ai mené hier Clémentine, qui jouit de ce beau jour et de l’air de la campagne. Il faudra l’y laisser demain avec Virginie et Octavie pour faire des attributions municipales et voir rejeter nos amendements.

Nous ne savons qu’à moitié la politique orientale. Nous avons dit aux Russes de s’en aller, et ils restent; à Ibrahim pacha de s’arrêter, et il marche ; au sultan Mahmoud de se rassurer, et il a grand'peur; à Mehemet Ali de se contenter, et il ne se contente point. Tout cela finira par s’arranger tant bien que mal et le Journal des Débals chantera victoire. En attendant, M. Pozzo di Borgo félicite le roi Louis-Philippe sur sa coopération à l’extinction d’un fléau qu’il ne nomme pas, mais dont le nom bien connu survivra à toutes les dynasties.

La jeunesse républicaine, les Sociétés populaires, les moins sages comme les plus raisonnables, se sont monté la tête contre les désordres et les émeutes, au grand regret du Gouvernement, qui ne sait plus comment effrayer les populations

et les Chambres. Voilà pour comble de malheur le National qui dit que son républicanisme n’est pas celui de la Tribune, et que le royalisme du Courrier est fort républicain. On voulait avoir à Paris un grand bal très démocratique, niais où toutes les précautions d’ordre public avaient été prises, ce qui a décidé les autorités à le défendre, et les souscripteurs se sont soumis à l’injonction de la police, tout en l’accusant devant les tribunaux. On avait arrangé à Lyon un grand banquet de la presse; défense de l’autorité et menace d’une fâcheuse collision. M. Carrel est revenu de son voyage, après avoir refusé le banquet de Marseille et sans s’arrêter à celui de Lyon. M. Garnier-Pagès a profité d’une indisposition pour ne pas s’y rendre. On conseille aux patriotes lyonnais d’y renoncer. Il est défendu à Lyon de chanter la Marseillaise que Louis-Philippe chantait si bien, ce qui ressemblerait à une jalousie de virtuose, et la Parisienne, où, grâce à la vérité publique d’un certain bis, le même nombre de couplets se retrouvait toujours. Mais quelques mouchards déguenillés chantent impunément des chansons de 93 que la population entend avec dégoût, et j’ai vu hier un homme distingué, membre de la Société des Droits de l’homme, et fort estimé dans son quartier, qui, l’autre jour, a été, ainsi qu’un de ses amis, assailli et presque tué par une bande d’assommeurs qui lui criaient : «Voilà pour ta république. » On s’occupe de cours gratuits pour les ouvriers : Dupont de l’Eure est président; j’en suis membre ; M. Arago a voulu ouvrir le cours. Plusieurs membres de l’Institut devaient professer. Il nous fallait un amphitéâtre du Gouvernement, ou la location d’une salle de spectacle ou autres bâtiments de ce genre. Le ministre y met tous les obstacles qui dépendent de lui.

Nous allons pourtant avoir une loi d’instruction primaire, imparfaite sans doute, mais meilleure que les précédentes, une loi d’attributions municipales, où nous glisserons quelques amendements, car, si l’on profite du pessimisme gouvernemental, il ne faut pas y contribuer soi-même. Il y aura peut-être un renvoi par les pairs d’une administration départementale, bien mauvaise, mais où pointera néanmoins un petit bout de système électif, et (chose merveilleuse) on dit qu’il n’est pas impossible que la Chambre des pairs adopte

PIÈCES JUSTIFICATIVES

cette fois la loi du divorce dont M. Bavoux vient de déposer la nouvelle proposition.

Nous allons bientôt discuter l’emprunt grec, dont j’ai dit à la tribune qu’il ferait les affaires de tout le monde, excepté celles de la France et de la Grèce, et le traité américain, qui passera, j’espère, à moins de bouleverser notre commerce et de sacrifier le grand intérêt de la liberté des mers essentiellement lié à l’union des deux marines. Mais on se donnera la satisfaction de faire croire que ma partialité américaine coûte à la France quelques millions de trop, et je prendrai mon parti sur cette intrigue, pourvu qu’elle ne compromette pas l’affaire principale des deux pays.

Il y a de meilleures nouvelles d’Oporto; on espère une insurrection à Figueras. Il serait plaisant que, pendant que les trois cabinets français, anglais et espagnol, celui-ci sous l’influence russe, se sont mis à protocoliser, la révolution portugaise se fît toute seule, et que nous eussions à complimenter les deux justes milieux de Paris et de Londres sur l’introduction de la Charte, dont ils n’ont pas plus d’envie que les autres.

Adieu, ma chère Christine. Mes trois compagnes me chargent des plus tendres amitiés pour vous. Offrez les miennes à Bianchi et demandez-lui de fréquents bulletins, quand vous ne pourrez pas écrire. Je vous embrasse et vous bénis paternellement de toute mon âme.

Lafayette.

A Madame la princesse de Belgiojoso,

poste restante, à Tours ( Indre-et-Loire ).

(Orig. aut., collection de M. Alfred Morrison, de Londres.)

Paris, 20 mai 1834. — Acte de décès de La Fayette.

Du 20 mai 1834, à une heure du soir. Acte de décès de sieur Marie-Joseph-Paul-Roch-Yves-Gilbert Dumottier Lafayette, lieutenant général, membre de la Chambre des

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députés, âgé de soixante-seize ans passés, veuf de dame Marie-Adrienne-Françoise de Noailles, ledit défunt né à Chavagnac (Haute-Loire) et décédé à Paris, en son domicile, rue d’Anjou-Saint-Honoré, n°6, ce jourd’hui, à quatre heures et demie du matin. Constaté par nous Charles Gabillot, chevalier de la Légion d’honneur, adjoint au maire du I°r arrondissement de Paris, faisant les fonctions d’officier d’état civil, sur la déclaration des sieurs Alexandre-César-Victor-Charles Destutt de Tracy, député, âgé de cinquante-deux ans, demeurant rue d’Anjou-Saint-Honoré, n° 38, Antoine-François Carbonel, maréchal de camp, âgé de cinquante-sept ans, demeurant rue d’Anjou-Saint-Honoré, n° 6, lesquels ont signé avec nous, après lecture faite.

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