‹ Le Général La Fayette, 1757-1834Chapitre 51 sur 284 · VOYAGE A CHERBOURG · texte numérisé non relu

VOYAGE A CHERBOURG

nl

qui figuraient sur la table de La Fayette, quand il recevait ses amis ou les Américains de passage à Paris ( i ). Le 24 mai 1786, il écrivit à Washington :

Dans quelques jours, mon cher général, j’irai visiter le nouveau port de Cherbourg et de là, avec le ministre de la marine, Brest et Rochefort. Je me rendrai ensuite à ma demeure d’Auvergne, et ferai peut-être un tour en Hollande; mais je passerai certainement le mois de septembre en Alsace avec les troupes qui sont sous l’inspection de mon beau-père le duc d’Ayen. J’examin.erai ainsi le terrain de la dernière campagne de Turenne.

En effet, La Fayette accompagna le maréchal de Castries, ministre de la marine, dans le voyage que celui-ci fit à Cherbourg avec le roi, pour visiter les travaux exécutés dans le port de cette ville par le célèbre ingénieur de Cessart. Les maréchaux de Castries et de Ségur partirent le 19 juin, en compagnie du marquis, et Louis XVI ne se mit en route que le lendemain. Après avoir passé par Rambouillet, Houdan, le château d’Ffarcourt et Caen, il arriva à Cherbourg le jeudi 22 juin 1786, à onze heures du soir (2). La ville et les bâtiments de la rade étaient illuminés. En arrivant à l’hôtel du gouvernement, le roi y fut reçu par les maréchaux de Castries et de Ségur, par les ducs de Chabot, de Liancourt, de Mortemart, de Polignac et de Guiche, et par le marquis de La

fabrique (vous savez que les dames de Virginie s’estiment elles-mêmes d’après la bonté de leurs jambons) et nous nous rappelons que ce mets était de votre goût. Elle a donc désiré que je vous les offrisse. »

(1) La Fayette écrivait à Washington, le 2(r octobre 1786 : 0 J’ai reçu les jambons et je suis bien reconnaissant de cette aimable attention de Madame Washington. Le premier a été servi, il y a trois jours, à un dîner composé d’Américains, où notre ami Chastellux était invité. »

(2) Cf. Mémoires secrets, t. XXXII, p. 158; Correspondance de Grimm, éd. Tourneux, t. XIV, p. 418; le journal le Courrier de l'Europe, t. XIX, n° du 16 juin 1786, p. 377 ; la JGa\ette de France, n° du 50 juin 178b, p. 215.

Fayette (1). Le 23 juin, dès trois heures du matin, il alla entendre la messe, puis il s’embarqua dans un canot doré, avec les seigneurs de sa suite, et alla assister à l'immersion d’un des cônes qui devaient fermer la rade de Cherbourg. Les jours suivants, l’escadre d’évolution manœuvra sous les ordres du comte d’Albert de Rioms, et donna le simulacre d’un combat naval. Après avoir admiré l’œuvre de Cessart et la flotte, Louis XVI quitta Cherbourg le lundi 26 juin, et il prit dans son carrosse les deux maréchaux, le duc de Liancourt, grand-maître de la garde-robe, et le marquis de La Fayette (2). Le voyage de retour s’effectua par Caen, Lisieux, Honfleur, le Havre, Rouen et Gaillon (3), et le roi rentra à Versailles le 2 g juin, à trois heures de l’après-midi (4).

En revenant de cette intéressante excursion, La Fayette séjourna à Paris, puis se rendit en Auvergne, vers la fin de juillet 1786 (5). Il avait acheté, le 18 avril précédent, la terre de Langeac, voisine de Cliavaniac, moyennant la somme de 188,000 livres (6). Les mauvaises langues prétendaient qu’il agrandissait ses propriétés dans l’es-

(1) Cf. le Courrier de l’Europe, n° du 18 juillet 1786, t. XX, nouvelles de Paris, du 9 juillet 1786.

(2) On lit dans les Mémoires secrets, à la date du 11 juillet 1786, t. XXXII, p. 168 : « M. le marquis de La Fayette s’étant trouvé à Cherbourg, lors du voyage du roi, Sa Majesté l’a pris dans son carrosse pour le retour, ainsi que les maréchaux de Castries et de Ségur, et le duc de Liancourt, grand-maître de la garde-robe de Sa Majesté. » — Cf. aussi le Courrier de l’Europe, n° du n juillet 1786.

(j) Cf. Correspondance de Grimm, t. XIV, p. 18, et le Courrier de L'Europe, n° du jo juin 1786, p. 215.

(4) Cf. le Courrier de l’Europe, n° du 11 juillet 1786.

(5) Nous ne pensons pas que La Fayette visita Brest et Rochefort, comme il en avait l’intention.

(6) Cf. Henry Mosnier, Le château de Chavaniac-La Fayette, p. 24 à 26. — Le 28 avril 1786, les habitants de Langeac prirent une délibération pour féliciter La Fayette et ils envoyèrent ensuite des commissaires congratuler M“° de Chavaniac sur l’achat fait par son neveu. La Fayette leur adressa ses remerciements le 8 juin suivant. (Cf. Tablettes historiqu du Velay, 1872, p. 317.)

fi 786]

Page 1