‹ Le Général La Fayette, 1757-1834Chapitre 95 sur 284 · ATTAQUES DE MARAT · texte numérisé non relu

ATTAQUES DE MARAT

gnation publique les « honteux artifices du sieur Motier pour engager l’armée parisienne à se couvrir d’opprobre en approuvant le massacre des patriotes de Nancy. » Le 15, il lui décochait les épithètes les plus outrageantes : « Souvenez-vous, disait-il, que c’est l’Ami du peuple qui, le premier, a sapé vos autels, et soyez sûr qu'il ne lâchera prise que lorsqu’ils seront renversés. » Il tenait parole, et après avoir reproché à La Fayette d’avoir trompé les espérances du peuple qui l’avait acclamé chef de l’armée parisienne, il l’apostrophait en ces termes :

Qu’aurait été la gloire de Titus et de Trajan à côté de la vôtre? Mais il fallait aimer la patrie. Qu’avez-vous fait pour elle? Loin d’épouser sa cause, toujours on vous vit figurer parmi ses mortels ennemis. Ame de boue, la fortune avait tout fait pour vous, les Dieux étaient jaloux de vos destinées, mais au bonheur d’être le sauveur de la France, vous avez préféré le rôle déshonorant de petit ambitieux, d’avide courtisan, de tripoteur perfide et, pour comble d’horreur, de vil suppôt du despote (1).

La municipalité parisienne ordonna à La Fayette de faire saisir ces numéros de Y Ami du peuple (2). Cela n’empêcha pas les pamphlets de se multiplier (3), et Camille Desmoulins d’attribuer au général la responsabilité morale de la mort du publiciste Elysée Loustallot, rédacteur des Révolutions de Paris (4), décédé le 19 septembre 1790. Dans l’éloge funèbre que Camille

(1) Cf. l’Ami du peuple , n° 222, p. 5 à 8.

(2) Cf. A. Tuetey, t. Ier, n° 1330.

(3) Cf. Tourneux, t. Ier, nos 1880 à 1885. Ces pamphlets avaient pour titres : Les bassesses de l'armée bleue et conduite abominable du général de La Fayette; — Confession générale de Paul-Eugène Motier , dit La Fayette , à l'abbé de Saint-Martin ; — Seconde révélation des forfaits de Paul-Eugène Motier , dit La Fayette.

(4) Cf. Marcellin Pellet, Élysée Loustallot et les Révolutions de Paris, 1872, in-12.

Desmoulins fit de son ami à la tribune de la Société des amis de la Constitution, il apostropha La Fayette en ces termes :

Il est mort, le nom de La Fayette sur les lèvres, le regardant comme un officier ambitieux qui ne s’était point senti l’âme assez grande pour jouer le rôle de Washington et n’attendait que le moment de jouer celui de Monck... Oui, c’est toi, La Fayette, qui l’as tué, non par le poignard de l’assassin ou le couteau légal du juge, mais par la douleur de ne voir que le plus dangereux ennemi de la liberté dans toi en qui nous avions mis toute notre confiance et qui devais être le plus ferme appui de la liberté (1).

A ces attaques publiques les amis de La Fayette répondaient par des protestations d’estime et d’affection. Le 14 septembre 1790, une députation de six membres de l’assemblée des représentants de la commune alla lui exprimer leur joie de l’inutilité des manœuvres dirigées contre lui (2). Le 18, La Fayette remercia l’assemblée et dit : « Soyez persuadés, Messieurs, que je mériterai les bontés de la Commune par un dévouement éternel. » L’abbé Fauchet, qui présidait, le félicita de ne pas s’être dérobé, comme d’autres (et cela visait Bailly), à la surveillance de l’assemblée, et il le loua en ces termes :

Les représentants de la Commune n’ont jamais cessé de reconnaître en vous un vrai patriote, un ami sincère de la liberté, un défenseur intrépide des droits du peuple, un fidèle, un incorruptible citoyen. C’est ainsi que cette assemblée civique a toujours vu La Fayette, et il est impossible qu’elle s’y soit trompée.

La Fayette répondit à ces flatteuses protestations en invitant l’assemblée au service funèbre pour les frères

(1) Cf. Aulard, La Société des Jacobins, t. Ier, p. 295.

(2) Cf. Procès-verbaux de l'assemblée des représentants , t. VIII, p. 52 et 34.

w hSJTloTUuur LcyJTLarcjuui de la JqyeUt Par son très- humble- fenxtaxr J^cudeP^ Monsieur Le Marquis de la Fayette reçois des nuuns de la Prudence la Couronne de l Immortalité dit et sort y ente et a sa prévoyasicr , l'Anstocraàc terrassée faisant les derniers efforts pour renverser l'Autel de la Libel le , la~- Ve'rite découvre les projets odieuœ tramé contre la Nation et montre te soutien/ de la liberté française t sur l’Autel on- VOlt le complot horrible des déserteurs aux Champs F, lu CCS . WirvSé/Clsnr. né auu kru UClpùrê J'Smcrt. Ca/fc' MUuairc aPa//ytdc/FiuJw

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