‹ Le général La Fayette, 1757-1835Chapitre 109 sur 236 · SIGNATURES DE LA FAYETTE ET DE SES COMPAGNONS · texte numérisé non relu

SIGNATURES DE LA FAYETTE ET DE SES COMPAGNONS

Le cœur de La Fayette se montre à nu dans cette remarquable lettre; on y voit les sentiments qui l'animèrent toute sa vie ; obéir à sa conscience et suivre droit son chemin, sans se préoccuper des obstacles et des conséquences. L'espoir de se rendre en Angleterre, puis en Amérique, ne devait pas se réaliser. Les prisonniers furent conduits à Namur. La Fayette s'entretint avec le marquis de Chasteler et le prince Charles de Lorraine, ci-devant de Lambesc. Il refusa de leur donner sa parole, ne se considérant pas comme prisonnier de guerre. Alors le duc Albert de Saxe-Teschen, qui était à Mons^ donna, le 24 août 1792, ses instructions au major von Paulus. Il y déclarait que La Fayette et ses compagnons, par ce refus, le mettaient dans la nécessité de les bien garder :

Comme M. de La Fayette et ces autres messieurs refusent de donner leur parole et qu'ils sont dans l'opinion que c'est agir contre le droit des gens de les avoir arrêtés, M. le major de Paulus leur déclarera que M. de La Fayette et ceux de sa suite ne peuvent nier avoir été jusqu'ici manifestement nos ennemis, qu'ils nous ont fait la guerre, qu'ils ne viennent pas chez nous comme émigrés, mais toujours imbus de leurs anciens principes, ils auraient continué d'être nos ennemis, s'ils ne risquaient d'être assommés aujourd'hui de la même populace qu'ils ont soulevée contre leur roi ; qu'en outre, ils sont venus sur nos avant-postes sans avertissement quelconque et sans en avoir obtenu la permission, et que conséquemment, d'après toutes les règles de la guerre, ils sont nos prisonniers.

D'ailleurs, M. de La Fayette et sa suite ayant voulu passer furtivement, s'accusaient par là eux-mêmes avoir prévu que nous serions en droit de les arrêter, et qu'enfin une troupe de cinquante personnes armées de toutes manières ne pouvait, surtout en temps de guerre, traverser librement aucun pays du monde, et que chaque gouvernement était en droit de

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