BANQUET MAÇONNIQUE A LYON
polaire, Asile du sage, de l'Orient de Lyon; Parfaite imioji, de Villefranche; Franche amitié, de Saint- Etienne; Isis, de Paris; Fidélité, de Lille; l'Amitié, de Genève. Au banquet, La Fa3'ette répondit au toast porté à « l'homme des deux mondes », au « vétéran de la liberté », que Washington et Franklin étaient maçons, et il rappela qu'en 1785 il avait déjà reçu de ses frères lyonnais le plus cordial accueil. Il disait, en terminant :
Faisons des vœux pour que les persécutions dirigées contre la maçonnerie dans plusieurs contrées de l'Europe cessent enfin, et que la protection qui lui est due dans les Etats civilisés serve d'expiation aux mânes de nos malheureux frères sacrifiés à l'ignorance et au fanatisme (i).
Le 7 septembre 1829, à trois heures de l'après-midi, un grand banquet eut lieu à la salle Gayet, sous la présidence de Prunelle. Malgré la pluie, il y avait foule aux alentours pour voir passer le général. Au toast du président, La Fayette répondit par un discours politique, qui se termina par ces paroles :
Au département du Rhône et à la ville de Lyon, antique métropole de l'industrie, courageuse ennemie de l'oppression ! Puisse sa liberté, sa dignité, sa prospérité, être solidement fondées sur la pleine jouissance des droits naturels et sociaux qu'elle invoqua dans tous les temps (2)!
Le 8 septembre 1829, La Fayette quitta Lyon. Il avait dû refuser les invitations des villes de Chalon et de Saint- Etienne, car il allait visiter, près de Feurs, son petit gendre Dupéron, qui, l'année précédente, avait perdu sa
(i) Cf. Fctc donnée au général La Fayette par la maçonnerie lyonnaise, le 6 septembre 1829; Lyon, Aymé. 1829,111-4. (Bibl. du Grand-Orient de France et Bibl. nat., Lb*'iioo.)
(2) Cf. Itinéraire du général La Fayette de Grenoble à Lyon. — Les vers récités au banquet y ont été reproduits, p. 109 à 12}.
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femme. Il rentra ensuite à La Grange jouir de tant de doux souvenirs et se reposer des fatigues que ce vieillard de soixante-dix ans avait juvénilement supportées.
Le voyage de La Fayette avait eu une grande importance politique ; il avait profondément remué l'Auvergne, le Dauphiné et le L3"onnais. La présence du général avait ranimé dans toute cette région l'espoir des libéraux et relevé les courages ; les pa3^sans eux-mêmes s'étaient pressés pour voir et acclamer le héros des deux mondes. Les chefs de l'opposition avaient profité de ces banquets pour exprimer leurs sentiments et faire le procès du gouvernement. La Fayette avait reconquis sa popularité de 1 789 et son nom était à lui seul un programme de liberté et de progrès. L'opposition fit tirer à cent mille exemplaires et distribuer, à titre de propagande, un résumé du voyage sous le titre de : Voyage de La Fayette en France (i). Le ministère s'émut de cette situation, et, impuissant à frapper le dieu, il se vengea sur les fidèles. Il destitua M. Faure - Finant, maire de Vizille, et son adjoint, M. Chapuis, coupables d'avoir pris une part active à la réception du général. La Fayette , à cette nouvelle, exprima, le 26 septembre 1829, au maire son chagrin de (' ces brutales consolations que se donne un ministère contrarié dans de coupables et bien évidents projets », et le pria de transmettre ses regrets à ses concitoyens, « dont les bontés, dit-il, sont à jamais gravées dans mon cœur et qui, en vertu de la haine dont un vieux patriote est honoré depuis longtemps, se voient privés de leurs respectables et bien aimés magistrats ».
Le 17 novembre 1829, La Fayette traitait avec la dernière sévérité don Miguel, ce misérable qui, « après avoir
(i] Paris, 1829, in-24. (Bibl. nat., Lb"nii.)