LA FAYETTE COMMANDANT DE LA GARDE NATIONALE 47 I
par les Belu^es. — Il s'excuse de ne pouvoir assister à la revue de la :,'arde nationale de Melun ?o novembre . — Mesures prises pour le transfèrement des ministres de Charles X de Vincennes au Luxembourir. — Correspondance entre La Fayette et le roi à ce sujet 11 et 12 décembre . — Visite à l'Ecole polytechnique 12 décembre'. — Discours sur la tombe de Benjamin Constant i; décembre . — Désordres à l'occasion du procès des ministres de Charles X. — Sang-froid de La Fayette 20 décembre . — Ordre du jour à la garde nationale (22 décembre . — Lettre à Théodore Lameth ^25 décembre'. — Suppression du commandement général de la garde nationale (24 décembre). — La Fayette envoie sa démission au roi et refuse le titre de commandant honoraire (25 décembre . — ■ Démarches de Laflitte. Montalivet et Odilon Barrot. — Réponse de La Fayette au général de Ségur. — Conversation avec Louis- Philippe. — Le roi accepte la démission (26 décembre . — Ordre du jour de La Fayette ;27 décembre . — Adieux aux gardes nationales du royaume et à la garde nationale parisienne (i*""" janvier i8ji .
Cependant des barricades se dressaient dans les rues de la capitale; la garde royale essayait de réprimer l'émeute, et de part et d'autre le sang avait coulé. C'était l'horrible guerre civile qui commençait. Les députés présents à Paris furent surpris de cet éclat soudain ; ils réclamaient des réformes par les voies légales, et non par la force, et l'insurrection répondait à leur appel. Ils se réunirent chez Audry de Puj-raveau et chez Bérard, le 28 juillet, et La Fayette, plus expert qu'eux en pareille matière, leur dit qu'il s'agissait d'une révolution, qu'il fallait nommer un gouvernement provisoire et que « déjà son nom se trouvait placé par la confiance du peuple et. avec son aveu, à la tête de l'insurrection ». Ainsi, retrouvant tout le feu de la jeunesse, La Fayette n'hésitait pas à prendre la direction du mouvement et à assumer une fois de plus sur sa tête la responsabilité d'une révolution. Plein d'admiration pour la résistance des Parisiens, maîtres de l'Hôtel de Ville, malgré la garde royale et les Suisses, il accepta, le 29 juillet, les fonctions de commandant de la garde nationale, et déclara à ses collègues, réunis chez Laffitte. qu'il allait organiser la défense. u Croyez-vous, s'écriait-il, qu'en présence des dangers
qui nous menacent, l'immobilité convienne à ma vie passée et à ma situation présente? Non; ma conduite sera, à soixante-treize ans, ce qu'elle a été à trentedeux. » Sur la proposition de Guizot, on décida de nommer une commission municipale, dont La Fayette refusa de désigner les membres, qui, à son avis, devaient être nommés par la Chambre (i). Puis le nouveau commandant général adressa au peuple l'ordre du jour suivant :
Mes chers concitoyens et braves camarades, la confiance du peuple de Paris m'appelle encore une fois au commandement de sa force publique. J'ai accepté avec dévouement et avec joie les devoirs qui me sont confiés et, de même qu'en 1789, je me sens fort de l'approbation de nos honorables collègues aujourd'hui réunis à Paris. Je ne ferai point de profession de foi : mes sentiments sont connus. La conduite de la population parisienne, dans ces derniers jours d'épreuve, me rend plus que jamais fier d'être à sa tête. La liberté triomphera ou nous périrons ensemble. Vive la liberté! vive la patrie!
Installé à l'Hôtel de Ville, La Fayette décréta le rétablissement de la garde nationale parisienne et appela aux armes les citoyens pour maintenir le bon ordre. Le 30, il annonça à ses concitoyens de Rouen, d'Elbeuf et de I^ouviers « que l'admirable courage du peuple parisien a triomphé de toutes les attaques des troupes royales, et que tous les moyens ont été pris pour repousser de nouvelles tentatives, si elles avaient lieu ». Le même jour, il rendait aux combattants cet hommage mérité :
Le peuple de Paris s'est couvert de gloire, et, quand je dis
(i) Cette commission municipale fut nommée par la Chambre, le 29 juillet, et elle comprit Jacques Laffitte, Casimir Perier, les généraux Gérard et Lobau et Odier. Le général Gérard, appelé au commandement des troupes, et Odier, qui refusa, furent remplacés par de Schoncn et Audry de Puyraveau.