‹ Le général La Fayette, 1757-1835Chapitre 16 sur 236 · MALADIE GRAVE DE LA FAYETTE · texte numérisé non relu

MALADIE GRAVE DE LA FAYETTE

contre l'Angleterre. Le Congrès lui en donna, le 21, l'autorisation dans les termes les plus flatteurs, et chargea son ministre plénipotentiaire à A^ersailles d'offrir, au nom de la nation américaine, au marquis, « une épée de prix ornée d'emblèmes convenables (i) ». Le lendemain 22, le président Laurens écrivit au roi Louis XVI une lettre relatant les services du major général et recommandant ce noble jeune homme à son attention. Il transmit la délibération du Congrès, le 24, à La Faj-ette, qui répondit, de Philadelphie, le 26 octobre, pour remercier du noble présent qui lui était fait. « Mon vœu le plus ardent, ajoutait-il, est d'employer bientôt cette épée pour leur service contre l'ennemi commun de ma patrie et de ses chers et fidèles alliés. »

Au mois de novembre 1778, La Fayette partit à cheval de Philadelphie pour Boston. Depuis son arrivée en Amérique, il avait déployé une si fébrile activité qu'il s'était échauffé le sang. Les derniers événements et de nombreuses veillées et libations complétèrent ce surmenage. A Fishkill, situé à huit milles du quartier général, il fut pris d'une inflammation d'intestins si grave que le malade se crut perdu et que les médecins pensèrent de même. Le bruit se répandit que le jeune héros, the soldier's friend^Vsirax du soldat, était mourant, et de toutes parts s'élevèrent des plaintes et des regrets. Washington allait prendre chaque jour des nouvelles de son ami et montrait un visage attristé. Heureusement la nature vint à l'aide du patient et des médecins : une hémorragie abondante, qui parut devoir emporter le malade, le sauva. La convalescence dura trois semaines, au bout desquelles La Fayette eut la permission de voir

(i) Le 20 octobre, La Fayette écrivit de Philadelphie au comte d'Estaing qu'il avait obtenu son congé, et qu'il porterait des instructions à Franklin.

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