‹ Le général La Fayette, 1757-1835Chapitre 26 sur 236 · SIÈGE DE YORK-TOWN · texte numérisé non relu

SIÈGE DE YORK-TOWN

demain un diner réunit les généraux et les principaux officiers américains et français (i).

La concentration des armées américaine et française allait permettre d'agir contre lord Cornwallis, désormais bloqué dans York. Le comte de Grasse pressait les opérations; il avait hâte de retourner aux Antilles, menacées par l'ennemi, et il faisait mine de partir. Sa présence était trop nécessaire au succès final pour que les généraux n'intervinssent pas. Rochambeau dépêcha à l'amiral, le 25 septembre, La Fayette pour lui exposer la situation et s'entendre avec lui (2). Le marquis remplit sa mission avec son bonheur habituel et le comte resta dans la baie.

Le 28 septembre 1781, les deux armées américaine et française quittèrent Williamsburg pour investir York. La Fayette formait la colonne droite avec les Américains. Le 30, l'ennemi évacua deux redoutes, qui furent aussitôt occupées par les Français. Dans la nuit du i'^'' octobre, on commença les travaux. Le 6, on ouvrit la tranchée sous la protection des régiments de Bourbonnais et de Soissonnais, commandés par le baron de Vioménil, et de quinze cents Américains conduits par La Fayette. Le g et le 10 octobre, les batteries américaines et françaises bombardèrent la place, et. dans la nuit du 11, on ouvrit une seconde parallèle (3). Enfin, le 14 octobre, Washington et Rochambeau donnèrent l'ordre d'attaquer les deux redoutes détachées de la gauche de l'ennemi. La Fayette

(i) Cf. Tower, II, 445.

(2) Cf. Arch. hist. de la g;uerre, Correspondance du comte de Rochambeau, t. II, p. 106, la lettre de Rochambeau au comte de Grasse, en date de Williamsburg, 25 septembre 1781 : « Le marquis de La Fayette vous porte nos dépèches, mon cher amiral. Il vous expliquera verbalement tout ce qu'il est inutile de vous mettre par écrit. >»

(j) Cf. Tabbé Robin, p. 118 à 146.

8o LE GÉNÉRAL LA FAYETTE [1781]

fut chargé de celle de droite et le baron de Vioménil de celle de gauche. Dans la nuit du 14 au 15, les redoutes furent enlevées ; Américains et Français avaient rivalisé d'ardeur. Le 15, Rochambeau écrivait au comte de Grasse :

Le plus petit de ces ouvrages a été emporté par les Américains aux ordres de M. le marquis de La Fayette, et c'est la batterie qui était la plus menaçante sur la rivière d'York; l'autre, grande redoute qui était beaucoup moins mûre, l'a été par les Français, et nous y avons perdu soixante hommes tués ou blessés (i).

Le feu des batteries continua le 1 6 et le 1 7 , et Cornwallis envoya, le 17 octobre, à dix heures du matin, un parlementaire pour solliciter une suspension d'armes. Washington refusa. Le général anglais demanda à capituler. Le vicomte de Noailles (2) et le colonel américain Laurens négocièrent avec lui les conditions de la capitulation, qui fut signée le jeudi 18 octobre 1 781 , et en vertu de laquelle Cornwallis et son armée se rendirent prisonniers de guerre. Le 19, les vainqueurs virent défiler les Anglais et les Hessois, drapeaux ployés et tambours battants (3). Le 20, La Fayette écrivit à Maurepas :

(i) Arch. hist. de la guerre, Correspondance du comte de Rochambeau, t. II. — Le 16 octobre 1781, La Fayette écrivait a Washington pour lui signaler la belle conduite des colonels Gimat, Hamilton, Laurens et Barber.

(2) Le vicomte de Noailles avait bénéricié dans toute cette campagne de la popularité de La Fayette. L'abbé Robin, dans une lettre du jo juillet 1781, dit à son sujet (p. 58) : « Le titre de beau-frère du marquis a le plus excité leur curiosité et leur respect; c'a été pour les jeunes Américaines une distinction flatteuse d'avoir dansé avec lui. »

(j) La campagne de York-Town a été racontée par M. Henry Johnston dans un volume publié à New-York en 1881 et intitulé : The Yorktown Campaign. — La correspondance entre Washington et Cornwallis et le texte de la capitulation, signée par Cornwallis et Thomas Symonds, d'une part, et Washington, Rochambeau et le comte de Barras, en son nom et en celui du comte de Grasse, d'autre part, se trouvent dans Jared Sparks, t. VIII, p. 5J0 à 5j6.

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