I759"Ï773] ENFANCE, JEUNESSE
Louise-Charlotte, veuve de Guérin de Chavaniac, baron de Montéoloux. Il fut confié aux soins de l'abbé Fa3'-on. Sa mère, qui, dès 1762, s'était fait présenter à la Cour pour conserver des relations à son fils, habitait à Paris le palais du Luxembourg, avec son grand-père maternel et son père, le comte et le marquis de La Rivière. Elle allait passer, chaque année, plusieurs mois au château de Chavaniac. L'enfant rendait souvent visite à ses grand'tantes paternelles, Marie et Gabrielle du Motier de Champetières, religieuses dans l'abbaye des Chazes.
En 1768, sa mère l'emmena à Paris. Gilbert avait onze ans ; il fut aussitôt placé au collège du Plessis, rue Saint- Jacques, et y fit d'assez bonnes études latines. Il perdit sa mère le 3 avril 1770(1), et quelques jours plus tard son grand-père maternel. Il hérita de la fortune de ce dernier et se trouva, à l'âge de treize ans, riche de 120,000 livres de rente. Son éducation militaire fut confiée à un ancien officier, nommé jMargelay. Le 9 avril 1771, La Fayette entra dans la 2" compagnie des mousquetaires du roi, dont son bisaïeul maternel avait été capitainelieutenant (2), puis, sur la demande du duc d'Ayen, le 7 avril 1773, il passa au régiment de Noailles, avec le rang de sous-lieutenant. Il correspondait, dès cette époque, avec une cousine, plus âgée que lui d'un an, et qui habitait Chavaniac (3).
Jean- Paul-François de Noailles, duc d'Ayen (4), maréchal de camp, fils aîné du maréchal de Noailles, avait projeté de marier le jeune marquis à la seconde des cinq
(1) Cette date est donnée par Jal, d'après l'acte de décès, tandis que les Mémoires disent le 12 avril.
(2) Cf. lettre du 8 février 1772 aux Pièces justificatipes, n° V.
(j) Le comte de La Rivière avait donné sa démission le 12 avril 1766.
(4) Né à Paris le 26 octobre 1739, maréchal de camp le 5 janvier 1770, lieutenant général le i^r janvier 1784, duc de Noailles en 1795, mort à Fontenay-Trésigny (Seine-et-Marne) le 20 octobre 1824.
filles issues de son mariage avec Anne -Louise-Henriette d'Aguesseau (i), petite-fille de l'illustre chancelier de France, tandis qu'il destinait la première à son neveu le vicomte de Noailles (2). Mais le jeune âge des futurs époux provoqua de la part de la duchesse d'Ayen une opposition telle aux projets de son mari, qu'une brouille s'ensuivit. Elle cessa, le 21 septembre 1772, quand la duchesse adhéra à ces deux unions, sous la condition qu'on n'en parlerait pas à la cadette avant dix-huit mois. Toutefois, on ménagea entre le vicomte de Noailles, le marquis de La Fayette et les jeunes filles, des rencontres, soit à l'hôtel de Noailles, soit à la promenade (3). Lorsque l'union de la sœur aînée Louise avec son cousin eût été célébrée (19 septembre 1773), on parla de La Fayette à Adrienne (4), qui n'eut pas de peine à donner son assentiment (5). Le marquis passa quelque temps à l'Académie militaire de Versailles. Il revint à Paris, et le mariage eut lieu dans la chapelle de l'hôtel de Noailles, le lundi II avril 1774, par le vicaire général de l'archevêché de Paris, l'abbé Paul de Murât, cousin paternel de La Fayette. L'époux avait pour témoins son g-rand-oncle maternel, le
(i) Née à Paris le ii février 1737, mariée au duc d'Ayen le 5 janvier 1755, décapitée à Paris le 4 thermidor an II (22 juillet 1794). Sa vie, écrite par sa fille, Madame de La Fayette, a été publiée à Dampierre en l'an IX et réimprimée chez Téchener en 1868.
(2) Louis-Marie, vicomte de Noailles, né à Paris le 17 avril 1756, second fils du maréchal de Mouchy, mestre de camp de cavalerie le 17 avril 1779, député de la noblesse du bailliage de Nemours aux Etats-Généraux, maréchal de camp le 28 novembre 1791, blessé dans un combat naval le i"^'' janvier 1804, mort à La Havane le 7 du même mois. (Cf. Jacques Charavay, Les Généraux morts pour la patrie, p. 96. 1
^3) Cf. Vie de Madame la duchesse d'Ayen, éd. Téchener, p. 42, 44 et 45.
(4) Marie-Adrienne-Françoise de Noailles, née à Paris le2 novembre 1759.
(5) Madame de La Fayette dit, dans la Vie de sa mère, p. 47 : « Ce fut pendant ce temps qu'on me parla de M. de La Fayette, pour qui l'attrait de mon cœur avait prévenu ce sentiment si profond qui nous a unis tous les jours d'une manière plus étroite et plus tendre, au milieu de toutes les vicissitudes de cette vie, au milieu des biens et des malheurs qui l'ont remplie depuis vingt-quatre ans. »
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Monfieur le Comte DE LA RIVIERE, & Monfieur le Comte DE LUZIGNEM , font venus pour avoir l'honneur de vous faire part du mariage de Monfieur le Marquis DE LA" FAYETTE , leur arriere-petit-Fils <Sc Neveu, avec Mademoifelle DE NOAILLES.