‹ Le général La Fayette, 1757-1835Chapitre 62 sur 236 · MESURES DE SURETE POUR PARIS · texte numérisé non relu

MESURES DE SURETE POUR PARIS

demandes du maire, augmentait les patrouilles qui parcouraient Paris jour et nuit (i), faisait établir des corps de garde pour la sûreté de Chaillot et des Champs-Elysées (2), et se plaignait de ce que l'extinction des réverbères ne lui permettait pas d'assurer la sûreté de la capitale (3). Il se tenait également en relations constantes avec l'assemblée des représentants, qui lui soumettait journellement des questions à résoudre (4). Le 16 novembre 178g, il fit proroger dans ses fonctions de major général Gouvion, qui n'avait pris d'engagement que pour trois mois (5). Le 24, il annonça qu'il avait fait mettre sur le Pont-Neuf, près de la statue de Henri IV, des canons de signaux, destinés, en cas de danger, à avertir les différents postes de la garde nationale, et il reçut à ce sujet les félicitations de l'assemblée des représentants (6). Il n'oubliait pas non plus les gardes natio-

(i) Cf. lettre de BaiUy à La Fayette, du 50 octobre 1789, et réponse de celui-ci le 31. (Bibl. nat., Fr, 11697, p. 7 et 8.)

(2) Cf. lettres de. Bailly et de La Fayette, des 11 et 12 décembre 1789. (Bibl. nat., Fr. 11697, p. 14 et 15.)

(5) Cf. dans A. Tuetey, t. III, n" 2^21, lettre de La Fayette à Bailly, en date du 19 décembre. — Le 6 décembre 1789, La Fayette donna à MM. Bretelle et Alletz l'autorisation de faire un almanach de la garde nationale, qui parut en février 1790, sous ce titre : « Etrennes aux Parisiens patriotes ou almanach militaire national de Paris, contenant les noms, demeures et déco rations patriotiques de MM. les officiers, bas-officiers, soldats, etc., formant le corps de l'armée parisienne, précédé d'un précis sur sa composition et son organisation, avec le résultat général de ses forces, rédigé sous l'autorisation de M. le marquis de La Fayette et dédié à ce général par MM. Bretelle et Alletz, soldats citoyens. » Cet almanach, de format in-12, est orné du portrait de La Fayette,

(4) Les procès-verbaux de l'assemblée des représentants de la Commune de Paris en font foi, mais je n"ai signalé dans cette notice que les faits les plus intéressants ou les plus personnels à La Fayette et j'ai passé sous silence tous ceux qui sont plutôt du domaine de l'histoire municipale ou de celle de la garde nationale.

(5) Cf. Sigismond Lacroix, t. II, p. 656.

(6) Cf. S. Lacroix, t. III, p. 42. — Le comte de Paroy, dans ses Mémoires (p. 144), dit qu'en février 1790 La Fayette fit placer au même lieu un canon de trente-six que Leurs Majestés eurent la douleur de voir braqué contre les Tuileries.

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nales des départements, qui lui envoyaient des protestations de dévouement. Le 8 novembre, il répondit à un citoyen de la garde nationale strasbourgeoise ( i ) :

L'attachement de vos compatriotes au nom français, Monsieur, ne peut être mieux exprimé que dans un moment où ce nom devient le gage de la liberté et du bonheur. C'est en vain que les préjugés, l'égoïsme ou l'ambition tenteraient de tromper le peuple sur ses droits imprescriptibles et sur ses vrais intérêts; ils seront à jamais consacrés dans cette constitution, dont les représentants de la nation s'occupent sans relâche avec le meilleur des rois. Il n'est aucune circonstance qui n'ait contribué à resserrer cette union intime de la nation et de son chef, et à nous rendre plus cher le restaurateur de la liberté française (2).

Le 16 novembre 1789, Paoli écrivit de Londres à La Fayette pour lui demander d'arracher la Corse au despotisme militaire :

A vos yeux, la prétention des Corses à la liberté doit avoir un mérite supérieur à celle des Américains. Dans ce siècle d'oppression, la Corse fut la première à lever l'étendard de la liberté contre la tyrannie. Je n'en dirai pas davantage à un homme qui a vos principes et vos sentiments; mais la reconnaissance de mes compatriotes sera éternelle comme la renommée qui portera votre nom glorieux à la dernière postérité (3).

]Mirabeau fit une nouvelle tentative auprès de La Fayette. Le i'^'' décem.bre 1789, il protesta de sa fidélité et de son dévouement à sa personne et l'assura qu'il

(i) Cf. Lettre de M. le marijuis de La Fayette, commandant général de la garde nationale parisienne, à M...., de la garde nationale strasbourgeoise, datée de Paris le S novembre ijQ<)\ Strasbourg, impr. de Le Roux, 1789, in-4 de 8 pages. (Bibl. nat., LK' 25814.;

(2) Le 29 novembre 1789, le comité- de la garde nationale strasbourgeoise répondit à La Fayette.

(j) Cf. Mémoires de La Fayette. — La Fayette répondit à Paoli le II décembre 1789.

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