‹ Le général La Fayette, 1757-1835Chapitre 81 sur 236 · I790] ATTAQUES CONTRE LA FAYETTE · texte numérisé non relu

I790] ATTAQUES CONTRE LA FAYETTE

La Fa3'ette (i). » Le i8, il écrivait : « Former le nouveau ministère de manière que M. de La Fayette ne puisse pas le regarder comme à lui (2). » Le renvoi des ministres lui suggéra, le 24 octobre, les réflexions suivantes :

M. de La Fayette répand partout que lui seul a obtenu le renvoi des ministres, que lui seul, organe fidèle du peuple, intermédiaire tout-puissant entre ce monarque et ses sujets, a vaincu tous les obstacles et déjoué le parti ministériel. La renommée publique publiera bientôt le nouveau bienfait que ce héros des deux mondes vient d'accorder au royaume, et comme on n'obtient pas le changement des ministres sans influer sur le choix de leurs successeurs, on verra bientôt ce même homme maître absolu du seul pouvoir qui aurait pu le renverser. Qu'il cherche des ministres attentifs à lui plaire, empressés de le servir, dociles à ses leçons, tremblant devant ses menaces, il en trouvera. Mais qu'il n'espère pas atteler à son char celui qui, ayant juré de maintenir le gouvernement monarchique, regarde la dictature sous un roi comme un crime; celui qui, ayant juré de maintenir la liberté, regarde l'obéissance à un maire du palais comme le plus honteux esclavage (3).

Tout paraissait bon à la Cour pour annihiler l'influence de La Fayette. Les républicains n'étaient pas moins acharnés à saper sa popularité. Les entrevues du général avec la reine fournirent une nouvelle occasion de l'attaquer. U Ami du peuple publiait des Anecdotes sur le dictateur Motier [â^). Les Révolutions de France et de Brabant racontaient que, le 12 octobre, La Fa3^ette avait eu une conférence de sept quarts d'heure, au château de Saint-Cloud, avec Marie-Antoinette, et faisaient à ce sujet

(i) Correspondance, t. II, p. 256.

(2) Cf. Trente-troisième note du comte de Mirabeau pour la Cour {Correspondance, t. II, p. 248).

(5) Cf. Trente-sixième note du comte de Mirabeau pour la Cour yCorrcspondance, t. II, p. 262 et 26?).

(4) No CCL, p. 7 et 8.

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des insinuations malveillantes. Des pamphlets représentaient le général comme l'amant de la reine, et on vendait les Soirées amoureuses du général Motier et de la hcllc Antoinette, par le petit épagneul de l'Autrichienne (1), la Confession de Marie-Antoinette^ cidevant reine de France, au peuple franc sur ses amours et ses intrigues avec M. de La Fayette (2), et Marie-Antoinette dans Vembarras, ou correspondance de La Fayette avec le roi, la reine, La Tour du Pin et Saint-Pricst (3). Or, on sait que, si INIarie- Antoinette condescendit à avoir des entretiens avec La Fayette, sur les instances de Mirabeau et dans l'espoir de sauver la monarchie, elle détestait celui qu'elle considérait comme un des principaux artisans de la ruine du trône et des malheurs de la famille royale.

]\Ialgré toutes ces attaques, La Fayette remplissait avec

(il Soirées amoureuses du général Motier et de la belle Antoinette, par te petit épagneul de i Autrichienne; a. Persépolis, à l'enseigne de l'astuce et de la vertu délaissée, 1790, in-8 de }2 pages. ^Bibl. nat., Lb '" 4281. Réserve.) C'est un dialogue entre La Fayette et la reine, qui dure trois soirées, et qui, dans les deux premières, est interrompu par l'arrivée du roi, et dans la troisième, par l'impuissance du général.

(2) La Confession de Marie-Antoinette, ci-dcpant reine de France, au peuple franc, sur ses amours et ses intrigues avec M. de La Fayette, les principaux membres de l'Assemblée nationale, et sur ses projets de contre-révolution; de l'imprimerie du Cabinet de la Reine, in-8, de 16 pages. (Bibl. nat., Lb ''•' 10822. Réserve.) Dans ce pamphlet, on prête à la reine le langage suivant : « Mais ayant tout à craindre de La Fayette, il a fallu employer auprès de lui toute la ruse dont une femme, et surtout une femme allemande, est capable. Prières, promesses, pleurs, je n'ai rien épargné. C'est dans un moment d'attendrissement qu'ime jolie femme sait inspirer que j'ai

bridé mon oison, et que je l'ai rangé de mon parti Devenu mon amant

en titre, il ne cesse de me faire une cour assidue, et il me baise soir et matin, ce qui me l'attache encore plus. »

!], Marie- Antoinette dans l'embarras, ou correspondance de La Fayette avec le roi, la reine, La Tour-du-Pin et Saint-Priest; [1790]. in-S" de 48 pages. (Bibl. nat., Lb ^^ 9479. Enfer, n» 701.) Dans ce pamphlet, qui contient une figure obscène, figure une prétendue lettre du roi à La Fayette, en date du 19 octobre 1790, où Louis XVI rapporte une prétendue conversation entre Marie-.^ntoinctte, ÎVIonsieur et la ci devant comtesse de Balbi, où la reine raconte ses amours depuis sa jeunesse.

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