‹ Le général Vandamme (volume 2)Chapitre 32 sur 43 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

De septembre 1798 à septembre 1799

Vandamme obtient d'être envoyé de Tarmée des côtes de rOcéan à l*armôe de Mayence. — Il est placé à la division Ste-Susannc. — Situation politique et militaire à la fin de 1798.

— Vaudamme nommé général de division le 5 février 1199.

— Armées françaises et ennemies au commencement de 1799.

— Vandamme commande provisoirement la division d*avant* garde de Tannée du Danube , aux ordres de Jourdan. — U prend ensuite le commandement du corps des fianqueurs de gauche. — Passage du Rhin le !«' mars. — Marche sur la pointe du lac de Constance. — Opération contre Tarchiduc Charles. — Instruction pour le corps des fianqueurs. — Combats qui précèdent la bataille de Stockach. — Bataille de Slockach, le 25 mars. — Services rendus par Vandamme dans cette affaire. — Rapport de Gouvion-Saint-Cyr. — Retraite de l'armée du Danube sur le Rhin. — Jourdan laisse le commandement intérimaire de Tarmée du Danube à son chef d'état-major Ernouf (du 3 au 10 avril). — Vandamme joint au commandement de ses fianqueurs celui de la division

Sonham (5 avril). — Masséna, général en chef des deoi armées du Danube et d*lielvétie. — La division Vaudamme se porte vers Zurich et prend position le long du Rhin, d*Eglisen à Stein. — Organisation de rarmée de Masséna (30 avril). — Vandamme accusé d'exaction est appelé aa quartier général de Masséna, puis envoyé, vers le milieu da mois de mai, à Strasbourg. — Lettres et documents relatifs à cette affaire. — Dénonciations. — Arrêté qui ordonne la formation d'un conseil de guerre pour juger Vandamme. lettre de Trouvé, ministre de France près le prince de Wurtemberg, au ministre Talleyrand (2 mai). — Mémoire justificatif, publié par Vandamme. — Arrêté du 12 juillet, rapportant celui qui ordonne la mise en jugement de Vandamme. — Lettre curieuse du général Emouf, en date du 24 juin 1799.

Vandamme n'aimait ni la guerre contre les chouans, ni des commandements territoriaux dans lesquels son métier était de vieillir sur les côtes, beaucoup plus que de manœuvrer et de combattre. Il obtint d'être envoyé à l'armée de Maycnce. On le plaça à la division Sainte- Susanne, avec une brigade composée de deux compagnies du 4® d'artillerie légère, de quatre compagnies du corps des pontonniers, de la 9? demi-brigade du 8® de cuirassiers. Il fut investi du commandement des places de Kehl et d'Auenheim, petite fort Tesse sur la rive droite du Rhin. Il arriva à son nouveau poste au milieu de septembre, et s'empressa de prendre toutes les dispositions pour mettre ces postes dans le meilleur état de défense.

Le 18 octobre suivant, des mutations importantes eurent lieu. Le général Sainte-Susanne quitta le commandement de la 6® division. Le gé-

néral Lefebvre, provisoirement chef de l'armée de Mayence et dont le quartier général se trouvait à Friedberg, se démit de ses fonctions en faveur de Jourdan, appelé de nouveau aux armées. Luimême se retira quelque temps à Colmar, pour se guérir d'une maladie contractée pendant la campagne précédente. Vandamme, par suite de ces changements dans le personnel, fut investi du commandement de la 6® division , et des forts de Kehl et d'Auenheim. Il porta son quartier général à Strasbourg.

Au mois de novembre, une bande de chauffeurs, d'incendiaires et de malfaiteurs s'organisa dans différentes communes, à Soulz, à Niederbroon, et se mit à porter la terreur dans le pays. Vandamme envoya contre eux des colonnes mobiles, qui ne tardèrent pas à en avoir raison. Il passa à cette époque sous les ordres du général Férino.

Les plénipotentiaires français étaient alors au congrès de Rasladt, mais le congrès n'aboutissait encore à rien de sérieux, en sorte que les armées étaient toujours sur une sorte de pied de rassemblement offensif. On ne croyait pas généralement à la paix. Le seul homme qui eût pu influer sur les négociations était en Afrique. L'Angleterre poursuivait avec persévérance, avec obstination, son plan d'hostilité. En France , le gouvernement directorial, débarrassé de Bonaparte, dont il redoutait la prépondérance , loin de diminuer un état militaire considérable et ruineux, ne faisait que

l'augmenter, cherchant à soutenir l'enthousiasme de ses troupes par les apprêts d'une descente sur les côtes de la Grande-Bretagne et par la conquête de l'Egypte. L'Autriche, de son côté, armait sur une plus grande échelle que jamais, et s'efforçait de donner à son état miUtaire une bonne organisation.

On parlait donc encore de paix, mais en pensant que la trêve cesserait au printemps. Le Directoire recrutait ses trois armées principales au moyen de la conscription, mesure imaginée par Jourdan et adoptée par le gouvernement français. La Russie commençait à prendre une attitude hostile. Seule la Prusse, dont l'Angleterre n'avait pu décider l'accession à ses projets, conservait une neutralité réelle.

Vers lo commencement de décembre, Vandamme fut prévenu par le général Souham, commandant la 5^ division de l'armée, que les membres de la députa tion française du congrès avaient envoyé leur ultimatum, signifiant aux plénipotentiaires étrangers que si, dans six jours, on n'avait pas accédé à la totalité de leurs dernières propositions, les négociations seraient définitivement rompues. Souham conseillait donc à Vandamme de redoubler de surveillance. Ce dernier crut devoir renforcer les détachements sur la rive droite et dans la commune d'Auenheim, appartenant au landgrave de liesse -Darmstadt; mais il reçut de Rastadt la lettre ci-dessous, qui lui était écrite en

laie du 13 décembre 1798, par l'un des plénipoentiaires français , Roberjot :

« J'ai déjà eu l'honneur de vous prévenir, cioyen général, que le landgrave de Hesse-Darmjladt avait obtenu du gouvernement français une )rotection spéciale, à raison des iraités passés mtre eux. Dans ce moment même son député rient de donner une preuve de son attachement à a paix, en faisant partie de la majorité de la dé- )ntation qui a voté Y ultimatum. La commune TAuenheim vient de faire des représentations sur es charges exorbitantes qu'elle vient de recevoir. Je profite donc de cette circonstance pour /ous prier de ménager les communes de la dépeniance de ce landgrave. L'adoption de V ultimatum /ous en donnera bientôt la facilité. »

Au commencement de 1799, Vandamme reçut 3nfin le prix de ses services de guerre, de sa brilante valeur et de ses talents. Il fut promu au grade le général de division, grade qu'il eût obtenu depuis longtemps déjà, selon toute apparence, sans es ennemis que lui avait fait son caractère bouilant, emporté, et le sans-façon avec lequel il s'exprimait en toute circonstance. La lettre de service lu général est du 5 février. A cette époque une louvelle organisation fut donnée aux armées de la République, qui au nombre de cinq occupèrent les positions suivantes :

1® L'armée du Danube, sous Jourdan, dont

Vandamme faisait partie (quarante mille hommes), rassemblée en Alsace, sur la rive gauche du Rhin et destinée à opérer entre le Rhin et le Danube, en appuyant vers le lac de Constance ; 2*^ Tarmée d^HcIvétie, sous Masséna (trente mille hommes), à la droite de la précédente , vers le lac de Constance; 3° Tarmée d'Italie, sous Schérer (quarante-cinq milles hommes) ; 4^ Tarmée de Naples, sous Macdonald (trente mille hommes) ; 5^ l'arniée d'observation , réunie, sous Bernadette, autour de Mayence (vingt-cinq mille hommes).

Les forces de la coalition étaient les suivantes: 1° Tarmée principale de Tarchiduc Charles (cent vingt mille hommes) , dont la droite était sur Rauhe- Alpe (Starray avec vingt-cinq mille hommes) ; le centre en marche entre le Danube et le Rhin (soixante-six mille hommes avec l'archiduc luimême) ; la gauche dans le Voralberg, occupant les Grisons (vingt-cinq mille hommes sous le général Hotze); 2^ l'armée d'Italie, commandée par le général Kray, la droite (Bellegarde et vingt mille hommes dans le Tyrol) ; le centre et la gauche (trente-six mille hommes) autour du lac de Garde. Enfin, cent vingt mille Russes en marche, sous les ordres de Souwaroff, pour rallier ces deux masses.

De part et d'autre on avait l'intention de prendre l'offensive. Le plan adopté par le Directoire était de faire occuper la crête des Alpes. Il obéissait à cette considération vraie en tactique, mais

eaucoup moins vraie en stratégie : que les baadurs sont la clef des positions.

Ainsi que nous Tavons dit, Tarmée de Mayence, ui allait devenir Tarmée du Danube, avait pour hef le général Jourdan, dont le chef d'état-major énéral était le général Ernouf, dont nous avons éjà parlé. Ce fut par lui que Vandamme apprit a nomination et la position qui lui était faite de 3mmandant de Tavant-garde, jusqu'au retour du 5néral Lefebvre. Ce dernier devait lui-même ■^endre alors ce commandement, ayant sous ses -^es Vandamme chargé de guider les troupes ^èrcs de cette division.

Hje 24 février, Tordre du mouvement fut envoyé L ""armée, qui avait encore le nom d'armée de ^yencc. Ses généraux furent prévenus, sous le ^au du secret le plus absolu, que les troupes se rateraient le 1^"^ mars sur la rive droite du Rhin.

:^damme eut la mission de réunir la division

'"vant-garde le 28 février dans Strasbourg et

t-cDur de cette place. Afin de détourner Tatten-

*> , on répandit le bruit d'une grande revue, qui

^eit être passée le lendemain par le général en

c jour suivant, à quatre heures du matin, ^'''eint-garde se trouvait en effet à la porte dite Ivehl. Elle fut dirigée sur Offenburg, où s'éta- ^t le quartier général. La division, commandée '^visoirement par Vandamme , était formée des "igades Levai et Soult. Elle marcha vers le sud-

est sur Villengen, descendant par les montags sur le lac de Constance, dont farinée se rappr cliail dans le but de donner la main à Masstn aussitôt que ce dernier aurait pu enlever \e> r trancliemenls de Feldkirch.

T^e 13 mars, la destination de Vandamme /i changée. Le général Lefebvre, auquel était deslifl Tavant-garde , ne s'était pas soucié d'avoir soc ses ordres un général de division. Jourdanpre? crivit à Vandamme, qui se trouvait toujours avrt l'avant-garde, de prendre le commandement d'us corps qui aurait le nom de flanqueurs de gamiif. et qui fut spécialement formé pour lui. II secoiEposa de la i^^ demi-brigade légère, de la S" a? ligne, de trois escadrons des 8® de chasseurs î

cheval, 2® de dragons et 5^ de hussards, i(^^^ pièces de position. Le général de brigade C* père fut employé à ce petit corps.

En lui faisant connaître les dispositions du ?^ néral en chef, le chef d'état-major général mai^ii ù Vandamme :

• Le corps que vous commandez étant d^^'''-*^ à flanquer la gauche de l'armée, j'écris aupo" rai Saint-Cyr (qui commandait toute !a j.*'^'^ do retirer les troupes de sa division qui p^'^^* raient encore se trouver sur la rive çaucheduP^^ nube, et d'appuyer sa gaucho à ce fleuve. J^?^^^^ invite à correspondre avec lui et à lui coninv>^ quer les découvertes intéressantes quevou^P*"^ rez faire., » 1

Le commandement de Vandamme ne laissait pas que d'avoir une grande importance, car c'est sur lui que Jourdan faisait reposer toute la sécurité de la gauche de son armée. Aussi eut-il l'ordre de se tenir continuellement en rapport avec le quartier général, alors à Engen; de veiller à tout, de rendre compte de tout. Vandamme dut rassembler ses flanqueurs à Tutlingen, sur la rive gauche du fleuve, au point de jonction des routes de Moskirch, de Engen et de Stokach. Il les porta le 14 mars, à la hauteur de Fridengen, observant toujours la rive gauche du Danube, et éclairant l'armée de ce côté.

En peu de jours, tous les défilés de la forêt Noire avaient été franchis par l'armée qui avait pris le nom d'armée du Danube. Les colonnes de Jourdan occupaient à la fin de mars de belles positions entre le Danube et le lac de Constance. L'archiduc Charles, de son côté, avait passé le Loch le 5 mars, et s'était avancé face à Jourdan, Un corps détaché formait son extrême droite, sur la rive gauche du Danube, jouant pour l'armée des Impériaux le rôle que Vandamme jouait pour celle du Danube, couvrant la droite et observant les mouvements de Bernadette. Un autre corps occupait Ulm. Hotze avec dix mille hommes défendait la ligne retranchée et Irôsforto de Feldkirch. Bellegarde et Laudon rassemblaient un corps dans le Tyrol. Le général Auffenberg opérait dans les Grisons. Le général

Nauendorf avait sous ses ordres un corps d'avaut-garde. En arrière marchait le corps de bataille avec rarchiduc à sa tête.

Jourdan ne tarda pas à reconnaître que son adversaire manœuvrait parallèlement à lui, entre le Danube et le lac. Il s*empressa de rapprocher sa gauche et d'occuper les positions resserrées qui lui permettaient de conserver sa communication par Schaffhouse avecMasséna. Saint-Cyr reçut ordre d'occuper Moskirch ; puis le général en chef attendit alors avec impatience , pour agir offensivement, que Tarmée d'Helvétie eût enlevé FelJkirch. Malheureusement les attaques les phis vigoureuses échouèrent devant la belle défense de Holze. Voulant faire une diversion favorable à Masséna , Jourdan essaya de manœuvrer par sa gauche, et bientôt il se trouva à une journée de marche de rarchiduc, expédiant courrier sur courrier à Bernadette, pour lui demander des rçnforls, que ce dernier ne lui envoya pas.

Quoi qu'il en soit, une action générale devenait inévitable. A peine les deux avant-gardes pouvaient-elles se mouvoir, sans se rencontrer, dans le court espace qui restait entre les armées. Jourdan, qui avait ordre de tenir l'offensive, se décida à attaquer. Le 18, il porta son avant-garde à PfuUendorf, et envoya à Vandamme les instructions suivantes :

« Je présume, citoyen général, d'après les rapports qui me sont parvenus, que Tennemi a le pro-

Jet de jeter un corps de troupes sur ma gauche, soit pour secourir Philisbourg, soit pour opérer une diversion de mes forces, soit enfin pour intercepter mes comunications.

« J'ai résolu, en conséquence, défaire retarder les mouvements, afin de pénétrer ses intentions, et de m'y opposer autant que possible. C'est vous, citoyen général, que je destine à cette opération importante, et je vous adresse ci-joint les instructions qui y sont relatives.

« Vous observerez que les mouvements prescrits par l'instruction doivent être subordonnés à ceux de l'ennemi. »

Instruction pour le corps de ûanqueurs de f/auclîo commandé par le général Vandamme.

« Le général en chef trouvant la position du corps de flanqueurs de gauche trop rapprochée deFridengen, puisque le général Saint-Cyr occupe Mengen, a décidé de donner au général Vandamme une instruction particulière.

« Le but que doit se proposer ce général est d'être instruit autant que possible des mouvements que l'ennemi pourrait faire du côté de Stuttgard, dans l'intention de tourner l'armée du Danube et de s'emparer de ses chemins de retraite.

« En conséquence, le général Vandamme quittera la position qu'il occupe actuellement pour se

porter à Hechingen, afin d'éclairer fortement celle partie ; il poussera des partis jusqu'à Esslingen. Dans le cas où il rencontrerait des forces assez supérieures pour le forcer à rétrograder, il ferait sa retraite sur Bahlingen, d'où il se porterait, si es circonstances l'exigeaient, sur Horb et Sullz, afin de couvrir les vallées qui mènent à Schiltach et à Freudenstatt. Si Tennemi le contraignait à quitter cette dernière position, il viendrait en prendre une à Roltweil et Villingen pour être à même de défendre les vallées de la Schiltach et de la Kinlzig par Homberg. Enfin, en supposant qu'il fût encore forcé sur ces points, il se retirerait sur Neusladt dans le val d'Enfer, où il attendrait les ordres du général en chef.

« Le général Vandamme aura soin d'inslniirc le général Saint-Cyr (autant qu'il se trouvera à portée de le faire) de tous les mouvements du corps qu'il commande, ainsi que de tous les renseignements qu'il apprendra sur la marche et les intentions de l'ennemi. En outre, il correspondra directement avec le général en chef et lui rendra un compte exact de tout ce qui arrivera d'intéressant dans la partie qu'il occupera.

« Le général Vandamme est invité à s'assurer de la vérité des différents bruits que l'on répand dans le pays sur les forces et les intentions de l'ennemi; car il se pourrait que l'on donnât le nom de corps d'armée menaçant de tourner l'armée du Danube, à un simple parti destiné à se jeter dans

Philisbourg, ou à quelques détachements qui seraient envoyés dans cette partie et que l'on ne pourrait considérer que comme des simulacres de colonnes, afin de nous inquiéter et obliger le général en chef à diviser ses forces.

« Au surplus, le général en chef se repose sur les talents et la vigilance du général Vandamme, qui dans sa position peut rendre à l'armée les plus grands services. »

Gomme on le voit, l'instruction de Jourdan à Vandamme était donnée dans la persuasion où était le premier que l'ennemi voulait occuper Stuttgard.

Le 19 mars, le général en chef apprit qu'il avait été induit en erreur. Il écrivit aussitôt à Vandamme :

« D'après les rapports multipliés qui m'étaient parvenus, citoyen général, et qui m'annonçaient le mouvement d'un corps ennemi sur Stuttgard, je vous ai adressé hier l'ordre de suivre et d'éclairer le mouvement et de vous porter ensuite aux débouchés des montagnes pour couvrir mes principales voies de communication. Je vous ai ajouté par postscriptum que cette opération devait être subordonnée aux mouvements de l'ennemi. Gomme il paraît aujourd'hui que la nouvelle de sa marche sur Stuttgard est fausse, il faut que vous restiez dans votre position actuelle, etc. »

Gette dépêche parvenait à peine à Vandamme qu'il recevait un autre ordre, cçlui de se porter

derrière une petite rivière et d'occuper Sigmaringen. Le général avait mis immédiatement ses flanqueurs en marclie ; mais, le 20 mars, il eut du chef d'état-major général Tinvitation de se rapprocher.

« Vous vous êtes trompé , écrivait le général Ernouf, sur la nature des mouvements qui vous avaient été ordonnés. Ce n'était qu'une simple instruction dont vous auriez suivi l'intention dans le cas où l'ennemi se serait porté sur Stuttgard, etc. »

Vandamme ne s'était pas trompé, l'ordre était formel; toutefois il se hâta de faire reprendre leurs positions aux brigades Compère et Jardon, alors sous ses ordres (1).

Le même jour, 20 mars, l'archiduc se rapprocha de l'armée française à tel point qu'il n'était plus

(1) Voici comment, dans une lettre au général Compère, Vandamme explique le bruit absurde (auquel Jourdan avait ajouté foi) do la marche d'un corps de trente mille Autrichiens sur Stutlgard :

a HocJiingon, — J'ai reçu votre lettre, datée de Esslingen. C'est au général Chàteauneuf-Randon, qui est à Strasbourg, à qui l'on doit le bruit auquel le général en chef a cru un instant. Imaginez-vous qu'il a écrit une lettre au ministre Trouvé, à Stuttgard, pour lui dire de se retirer, qu'il en était temps ; que trente mille Autrichiens marchaient au secours de Philisbourg; qu'il en était certain et qu'il no pouvait plus répondre de Kehl. Jugez du courage de ce Don Quichotte. Le général Jourdan demande à ce qu'il soit destitué ou que le Directoire lui envoie sa démission.

t Continuez votre marche sans inquiétude, mais avec prudence. C'est la ruse et l'adresse et une grande activité qu'il faut employer, puisque les forces vous manquent. >

séparé d'elle que par le vallon et la petite rivière de rOslrach. Un officier de Tétat-major de Jourdan se présenta aux avant-postes des Autrichiens, demanda si la dépêche de la cour de Vienne attendue par le Directoire était arrivée, et, sur la réponse négative du prince, il déclara la rupture de Tarmistice. Pure formalité dont on aurait bien pu s'abstenir, et qui fut suivie d'une attaque trèsvive. L'avant-garde ennemie fut repoussée, se replia sur le gros de l'armée, et Jourdan lit prendre à ses troupes une excellente position sur les hauteurs d'Ostrach et de Mengen.

Le lendemain, l'ennemi attaqua à son tour la position de Jourdan, en avant de PfuUendorf. Trois colonnes se mirent en mouvement : celle de droite par Mengen, longeant le Danube; celle de gauche suivant la route d'Altschausen à Pfullendorf ; celle du centre, conduite par l'archiduc en personne, traversant le vallon marécageux de rOslrach par la chaussée de Salgan.

Jourdan fit une belle défense, mais sa gauche étant sur le point d'être tournée, il abandonna sa position sur l'Ostrachet, dans la soirée, vint occuper les hauteurs de PfuUendorf. La nuit suivante (celle du 22 au 23 mars) , il se replia encore sur Stokach et Engen ; la colonne de droite de son adversaire avait prolongé son mouvement tournant.

Ces deux premiers combats furent acharnés. Le 24, l'archiduc continua sa marche offensive,

maj^ il trouva Joui-dim ûmi^ unf îan^ i#rtoiU'U *i

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Sainl-Cyr en;:agea raction à raii-j- i."c:.::i*T ri nrfojjlaiil Meerf«rld el en fui enlevant sa {•.^i-a de Tulliiigen, el en le rejetant en dê:^>rdresur::2 petit bois nitué ^-ntre Lîpptin;^n el Stokah.

I ji inJ^ta^t Tarmée de rarehiduc fui cômr»r.-*mis'*. Vjt firinee, pour arrêter cette impétueuse allîjqiie de Saint-Cyr, tira des forces de sa pamhe el l<*.s mil en lig:ne avant que Jourdan ait ju mettre à profil la belle manœuvre de son lieutenant. Une charge de cavalerie ordonnée par lui ne fut pas exécutée el le bois de Stokach, dont »SaiiiK>yr s'était emparé, devint le théâtre d'un santçlaiil combat (riiifanterie. Le prince de Furslemberg y fut tué, le [irince d'Anhalt y fut blessé. Saiut-Cyr, croyant .que le centre de son adversaire, déj»arni par son mouvement qui avait attiré sur lui le principal effort de l'archiduc, serait fa-

cilemént enfoncé, s^obstina à conserver sa position. Ses troupes n'abandonnèrent la clef du champ de bataille qu'à la suite d'efforts désespérés; mais succombant sous le nombre, elles durent se replier. Sa retraite s'effectua en bon ordre sur Lipptingen.

Le lendemain, Gouvion Saint-Cyr adressa à son général en chef le rapport ci-dessous sur la bataille de la veille. On y verra le rôle joué par Vandamme dans cette journée glorieuse pour l'aile gauche de l'armée du Danube.

« Conformément aux ordres que j'ai reçus de vous, le 4 au soir, j'ai ordonné les dispositions suivantes : que le général Vandamme , sous les ordres duquel je réunissais la brigade du général Valther, déboucherait par Frideringen et Mulheim sur Neuhauss, tournerait la droite des ennemis et en suivant le mouvement des colonnes de droite, se trouverait toujours sur le flanc de l'ennemi. Le général Legrand, avec la 8® et la 50® demi-brigade et ses deux régiments de chasseurs, devait déboucher par la grande route de Biblingen à Slokach sur Liptingen et appuyer le mouvement de l'avant-garde et des flanqueurs ; ces mouvements ont été exécutés. Le général Legrand avait été inquiété toute la nuit dans sa position d'Emmering et attaqué avant la pointe du jour; je lui ai recommandé de faire tous ses efforts pour garder cette position, vu que c'était celle par où lavant-garde et la réserve doivent

déboucher sur Lipliugen et que , si rennemi locnipail, uous courrions risque d'être séparés de ravant-<:;ardc et de manquer l'affaire qui allait commencer et de laquelle nous espérions beaucoup.

(( Il a réussi à s'y maintenir jusqu'à l'arrivéede l'avanl-jîarde à qui il a cédé le terrain pour se rapprocher de son débouché naturel; au moment 011 les colonnes de droite ont débouché, celles de gauche ont suivi le mouvement, celle du générai Vallhcr a eu beaucoup de peine; ses pièces de canon ont été démontées dans un instant, et il avait devant ses trois escadrons de dragons la valeur de 1,^200 chevaux, tant luilans que hussards et cuirassiers de rarchiduc François. Mais le général Vandammo, avec la 1"^* légère et ses escadrons de flanqueurs, en tournant les ennemis, lui a facilité le débouché. Ses dragons du 2® ont fait une frès-belle charge sur les cuirassiers et les hulans; le général Vandamme, secondé par les généraux Jardon et Vallher, a toujours attaqué les ennemis en flanc et a acculé leur droite dans le délilé de Stokach.

- Conformément à vos instructions de la veille, j'ai dirigé le restant de ma division sur Moskirch.

- Dans le couranl de la roule, j'ai reçu de vous l'ordre de pousser une marche, ensuite de vous envoyer une bonne demi-brigade. Elle est partie sur-le-champ. L'adjudant général Molitor et le

général Daultane m'ayant joint à Moskirch m'ont ordonné de votre part d'envoyer un corps de troupes sur les derrières de l'ennemi par la grande route de Moskirch à Stokach. J'ai envoyé le général Vandamme avec la 1" légère, trois ou quatre pièces d'artillerie et six escadrons. Le général Vandamme eut d'abord des succès, mais l'ennemi ayant ramené des forces considérables sur lui, il fut obligé de se retirer avec quelques pertes; sur le soir, l'adjoint Lefebvre m'apporta de votre part l'ordre de me retirer. Ma retraite était, par suite des événements que vous avez vus, impossible sur Neuhauss. Mon parc d'artillerie n'aurait pu me suivre, on l'avait fort heureusement arrêté du côté de Neuhauss; le peu de caissons que nous avions étaient à moitié vides. Je n'ai pas balancé à me retirer pendant la nuit sur Sigmaringen par la rive gauche du Danube.

Le général Vandamme a fait dans celle affaire 1,000 à 1,200 prisonniers. Nous avons perdu peu de monde. La 6® compagnie d'artillerie légère seulement a beaucoup souffert. »

Le soir de la bataille de Stokach, Jourdan écrivit de Tutlingen à Saint-Cyr :

« Nous avons été forcés de nous reployer ce soir, citoyen général, en arrière de Liptingen ; je crains que ce mouvement rétrograde compromette votre division, comme aussi votre position peut déterminer la retraite de l'ennemi.

€ Si l'ennemi faisait sa retraite sur Pfullen-

dorf, il faudrait vous reployer sur Neuhauss; si au contraire il persiste à rester à Stokach, il faudra vous reployer sur la rive gauche du Danube pour ensuite vous porter sur Rottweil. Quoi qu'il arrive, j'espère rester demain à Tutlingen; j'y attends de vos nouvelles avec impatience. Je n'ai pas reçu de la journée des nouvelles des généraux Souham et Ferino ; je ne sais ce qu'ils sont devenus. »

Le 26 mars, l'armée française opéra sa retraite, la droite sur Schaffhouse par Singen et Èngen, la gauche par le pont de Tutlingen. Vandamme reçut Tordre de prendre position avec ses flanqueurs en arrière du Danube, à cheval sur la grande route d'Elbingen à Sigmaringen, pour couvrir non-seulement le corps de Saint-Gyr, mais toute la gauche, faire l'extrême arrièregarde. La retraite continua, et le 28 il occupa Oberndorf avec son infanterie , laissant sa cavalerie en arrière pour éclairer la position de Rotlweil.

Le gros de Tarmée prit position à Hornberg, tandis que l'archiduc étabhssait son quartier général à Liptingen, se bornant à pousser quelques fortes avant-gardes sur Jourdan. Ce dernier se replia jusqu'aux défilés de la forêt Noire. L'échec éprouvé par l'armée du Danube pouvait être en grande partie attribué à la disproportion des forces existant entre les deux belligérants et aussi au défaut de disciphne résultant du manque

de solde et de vivres parmi les troupes de Joutdan. Les choses en étaient venues au point que le pillage était nécessaire à Texislence du soldat, ît que Tofficier, ne pouvant vivre auti^ment, était brcé non-seulement de tolérer les désordres, mais l'entrer en partage avec les maraudeurs.

Les deux généraux en chef, Jourdan et Mas- >éna, furent tellement affectés de ne pouvoir porter remède à cela, que tous deux envoyèrent leur iémission. Celle du premier fut seule acceptée, et 1 revint à Paris, laissant pendant quelques jours ie commandement intérimaire à son chef d'état Bigor Ernouf.

Le 30 mars, la gauche, protégée par les flan- ]ueurs de Vandamme, se dirigea surFreudenstadt, a droite et le centre remontant au nord sur Bi- )erach et Offenburg, par les défilés. Les routes 5t les ponts furent coupés pour arrêter la poursuite, qui du reste ne donnait lieu qu'à de petites 3t rares affaires d'arrière-garde. Le 2 avril, le géaérai Jardon, un des brigadiers de Vandamme, le prévint de Schiltach , où il formait l'extrême irrière-garde, que l'ennemi occupait les hauteurs ï une demi-lieue en avant de son front, et qu'il se X)uvrait par des abattis. Tout faisait prévoir une attaque, qui cependant n'avait pas encore eu lieu le 3 avril à sept heures du soir, puis(|u'à ce moment Vandamme écrit de Schiltach à Jourdan :

« Il est sept heures , mon général , et l'ennemi l'a encore fait aucune attaque sur la hgne de mes

postes. Les découvertes sont rentrées et les Autrichiens paraissent se borner, pour aujourd'hui, à occuper en force les villages qui sont en avant de moi; leurs sentinelles et les nôtres se touchent. »

Au moment où Vandamme écrivait cette lettre, Emouf lui en envoyait une autre , dans laquelle il lui disait :

« Le général en chef se trouvant indisposé, je vous préviens qu'il m*a confié, par intérim, le commandement de Tarmée. »

Pendant huit jours (du 4 au 10 avril) le chef d'état-major de Jourdan conserva le commandement intérimaire de l'armée du Danube , qu'il replia successivement sur Haslach, Biberach, Gen- ^enbach et Offenburg (sur la Kintzig).

Le 5 avril, en arrivant à cette dernière posiion, Vandamme reçut Tordre de prendre le commandement de la division Souham (2* de l'armée du Danube) composée des 2*^, 7®, 83® demi-brigades de ligne, des 1**^ et 6® de dragons, de deux compagnies d'artillerie légère, de deux à pied et d'une de sapeurs. Il réunit à ce commandement celui de ses flanqueurs de gauche.

Le 6 avril, l'armée du Danube passa le Rhin et le quartier général fut porté à Strasbourg. Vandamme fut prévenu qu'il devait occuper Neubrisach; mais le 10 avril, il reçut l'ordre de descendre sur Baie, laissant un régiment de dragons à Nçubrisaqh,

i^oici ce qui avait lieu. La démission de Jour- { ayant été acceptée, le Directoire s'était déé à réunir sous le général Masséna les armées [eivétie et du Danube. Ernouf, chef d'étatjor de Jourdan, le suivit à Paris; Chérin, chef .at-major de l'armée d'Helvétie, le devint des X armées, et les divisions de celle du Danube *ent au sud, par la rive gauche du Rhin, pour Ler les troupes de Masséna.

•a division Vandamme partit le 14 avril en X colonnes pour se porter sur Zurich et Winhur, où elle arriva les 17 et 18 du même mois. te division était alors composée des 1'®, 2®, demi-brigades de ligne, de la 1'® légère, du e hussards, du 1®' de dragons, de deux comnies d'artillerie légère et deux d'artillerie de ilion. Le quartier général fut établi à Andelr^n. Les deux brigades étaient sous les ordres

généraux Desenfans et Decaen; l'adjudanl "^ral Bertrand en était chef d'état-major, ^andamme reçut directement de Masséna, le ^vril, la lettre ci-dessous, renfermant les '-tiictions pour le placement de sa division :

Le général Daultane doit vous avoir prévenu, ^ cher général, des ordres qu'il a reçus par le f" de l'élat-major pour l'emplacement de votre ^ion. Vous devez appuyer votre gauche au Quent de la rivière de la Thur et votre droite Vessenhofen; je désire que vous vous disse- ^iez le moins possible et que vous ayez en ré-

serve au moins la moitié de votre di\ision.

« Les milices suisses doivent garder le Rh en première ligne, que vous ferez soutenir par de grandes gardes et des détachements de ca\'aleri< Je vous le repèle , vos troupes doivent élrc I plus en masse possible pour tomber en force so Tennemi si jamais il parvenait à faire une trouée la division dOudinot, qui est à votre droite, tfc même ordre.

« Il y aura à AVinterthur la division Tharreau: elle sera chargée de la défense du Rhin depuis le confluent de la Thur jusqu'à celui de TAar.

« Vous correspondrez directement avec moi.* mais vous donnerez connaissance des monytments que Tennemi pourrait faire sur votre \ip^ au général Férino établi à Saint-Gall. Ce dernier a oixlre d'en agir de même à votre égard.

« Si jamais vous étiez forcé dans vos positions, vous avez une retraite bien naturelle, qui est ce* de vous placer derrière la rivière de la Thur; mais il vous est aisé de concevoir que vous ne pourrie faire ce mouvement rétrograde sans en donn^ connaissance à Oudinot, qui se trouverait ^^ lièrement exposé sans cette précaution. *

Deux jours plus tard, le 20 avril, uneinstmf' lion générale , envoyée aux divisionnaires i* Masséna, prescrivait à Vandamme de se po* derrière la Thur, s'il était forcé dans ses positif* de Schaffhouse. Le général Oudinot devait êgik' ment défendre cette ligne» ainsi que le

Lorge^ tous deux à la droite de Vandamtne. Dans le cas où Tennemi contraindrait à abandonner la Thur, les troupes devaient défendre successivement les lignes de laLimath, de la Reuss et enfin de TAar, appuyant leur droite à Soleure et leur gauche au confluent de cette dernière rivière avec le Rhin.

Le 30 avril , l'armée , aux ordres de Masséna, reçut une organisation définitive. Elle fut composée de la manière suivante : An.E droite : Général Férino; chef d'étal-major général, Rheinwald; l""® division, Mesnard; 2% Lecourbe; 3% Lorge. — Centre (sans désignation de commandant) : !'• division, Vandamme; 2*, Oudinot; 3% Tharreau; 4*, Soult. — Aile gauche (sans désignation de commandant: l*"® division, Souham; 2«, Legrand.

— Une division dite du Bas-Rhin , comprenant les troupes en avant de Manheim ou dans cette place, général Cossand, les quatre départements réunis de la frontière du Nord-Est, sous les ordres du général de division Dufour, ayant avec lui les généraux de division Freytag et Turreaû.

— La 6® division miUtaire, général Laroche. — La division dite de Tinlérieur de THelvétie , commandée par le général de brigade Nouvion. — - L'artillerie était aux ordres du général Lamartillère.

Toute la cavalerie de l'armée et principalement celle de réserve fut mise sous les ordres du général Klein.

La cavalerie légère de Taile droite et du centre fut placée sous les ordres du général Xey.

Le gémirai Ghérin continua à être chef d étalmajor général de cette armée, qui reprit le nom d'armée du Danube. L'effectif était de quatrevingt mille hommes.

La division Vandamme, première du corps <h centre, était formée de la l'* demi-brigade légère, des 2® et 83® de lignes, du 4® de hussards, de deux compagnies d'artillerie légère, d'une batterie de position de huit bouches à feu et d'une compagnie de sapeurs du génie. Elle gardait le cours du Rhin de Stein à EHiken, ayant pour brigadiers les généraux Decaen et Heudelet, et à côté d elle les troupes helvétiques nos alliées, commandées par le général Keller.

Le mouvement d'une forte colonne, qui deN'ait être aux ordres de Vandamme, fut prescrit sur Vcway par Baden, Zurich et Berne. Cette colonne devait se mettre en marche le 14 mai. Ce mouvement fut suspendu le 13 mai , puis repris le 14; mais le commandement fut enlevé à Vandamme.

Une affaire grave allait forcer une fois encore cet oflicier général à quitter l'armée. Une accusation sérieuse pesait sur lui.

Dans le courant du mois d'avril, les lettres que nous allons donner in extenso, arrivèrent au Directoire, les unes par le canal de Masséna, les autres directement.

LAPERRIÈRE A M ASSÉNA (1).

« 12 mars 1799.

• Je suis infonné officiellement, citoyen général, qu'une exaction révoltante vient d'être commise dans la commune du Vicux-Brisach.

« Les habitants de cette malheureuse ville, qui a déjà été totalement incendiée en 1798, avaient reconstruit une partie des maisons et commençaient à se relever de leurs pertes, lorsque la retraite de Tarmée du Danube a fait arriver dans cette commune une de nos colonnes, commandée par le général Vandamme qui, au lieu de donner à ses subordonnés l'exemple du respect dû aux propriétés, a sommé les habitants, en les menaçant du pillage et de l'incendie, de lui compter en cinq minutes, une somme de douze cents francs, et d'y joindre des effets de différentes espèces.

(i) Laperrièrc était un des commissaires du gouvernement, n répondit aux administrateurs du département du Haut-Rhin, à Oolmar :

c J*ai reçu , citoyens administrateurs , avec votre lettre au 4 de ce mois, la pièce qui y était jointe, constatant que le général Vandamme , en rentrant à la tôte de sa colonne, dans la commune du Vieux-Brisach , a sommé les habitants , en les menaçant du pillage et de Tincendie, de lui compter, en cinq minutes, une somme de douze cents francs et d'y joindre des effets de différentes espèces.

c Je vous préviens que je me fais rendre compte des détails de celte exaction révoltante, et des circonstances qui l'ont accompagnée, et que j'en ferai poursuivre les auteurs, suivant la rigueur des lois. »

« Je vous invite, citoyen général, à ordonner la vérification de ce fait, et à me transmettre les renseignements que vous vous serez procurés. L'intention bien prononcée du Directoire , et la mienne, est de punir avec sévérité ces sortes de brigandages qui, en nous aliénant imprudemment l'esprit des peuples, doublent la force des rois.

« Je vous prie d'adresser votre réponse à moi seul. »

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