‹ Le général Vandamme (volume 2)Chapitre 34 sur 43 · DE TUBINGEN · texte numérisé non relu

DE TUBINGEN

c 23 mars 1799.

ce Monseigneur, je dois ajouter à mon dernier rapport du 21 de ce mois, qu'en conséquence des ordres du commissaire ordonnateur Géraldi, il vient d'être eiyoint au village de Kilchberg de livrer avant l'expiration de vingt-quatre heures de temps : 500 sacs d'avoine, 50 boeufë, et 600 pintes d'eau-de-vie ; cent louis furent stipulés comme somme d'arrangement dans l'impossibilité de fournir l'un et l'autre objet. U entra incessamment dans

Kilchberg trois compagnies d'infanterie française au nombre de trois cent cinquante ou quatre cents hommes. On mit à contribution à Rotlenbourg la caisse du couvent des carmélites de même que celle de la bourgeoisie, après quoi la ville fut évacuée des troupes.

« Le citoyen Tourneur, aide de camp du général Vandamme, arriva avec un détachement de hussards à Nammerhof, demanda au receveur de l'abbaye de Schwirchtal cinquante louis d'or. Celui-ci n'en pouvant produire que sept avec quelque petite monnaie, le dit citoyen Tourneur n'en prit que deux gros écus pour ses gens, en faisant promettre par écrit au receveur de payer les cinquante louis dans Tintervalle de quatre jours, à moins que le général Vandamme ne lui accorde quelque diminution sur la somme entière.

« Le général Compère demanda douze chevaux à la ville de Reutlingen, et le bourgmestre en les refusant s'attira des menaces de la part des Français, jointes à des demandes encore plus fortes et une conduite très-vexatoire.

« Tout cela s'est passé le 20 du mois.

« J'ai rendu compte, dans mon dernier rapport, de toutes les réquisitions demandées à mon grand bailliage le 21 du courant, sur menace d'exécution et d'arrestation personnelle des employés. Pendant la convocation au magistrat d'ici pour aviser aux arrangements à prendre, nous apprenons que

Kilchberg est menacée d'être pillée en cas qu'elle ne fournirait pas ce qui a été demandé.

« Nous recevons la même nouvelle de Horb et de Rottenbourg et d'Urach; à Flechingue même, nonobstant la sauvegarde accordée au prince par le général Jourdan , et malgré le traitement et Taccueil distingué accordé au général Vandamme, recevant du prince deux chevaux et de la toile fine, on fit des réquisitions exorbitantes payables en partie en nature, et partie en argent comptant.

« Le magistrat de Tubingen , considérant :

« 1^ Que le corps du général Vandamme, logé et entretenu dans tous les différents endroits, n'aurait pas besoin de tous les vivres mis en réquisition, du moins pas en aussi grande quantité.

« 2^ Considérant en outre, d'après l'expérience faite, que chaque refus total des objets même les moins nécessaires entraînait l'exécution la plus onéreuse.

« 3^ Vu les tristes exemples subis par tous les lieux voisins en cas de refus de tel et tel arrangement.

• 4° Considérant en outre que les provisions de blé et d'avoine suffisaient à peine pour fournir les rations demandées en pain et avoine, qu'il s'agirait d'acheter et de payer le foin , l'eau-devie et les bœufs, difficiles outre cela à se procurer dans un aussi court délai ; qu'on ne pourrait point en général, sans êtrç^ entièrement dénué,

euflire à une livraison montant au moins à la somme de 5,000 florins, sans compter les frais de transport.

« 5® Considérant enfin , en conformité de la déclaration des officiers français, et de ce que Ton avait observé dans le voisinage , que Ton pouvait prendre à cet égard des arrangements avec le général Vandamme, le magistrat de Tubingen a jugé à propos d'offrir une somme en argent comptant. L'on proposa 130 louis à la place des vivres. L'officier les acceptant, promit en revanche:

« De se procurer les vivres demandés hors du pays de Wurtemberg. De retirer incessamment toutes les troupes hors du bailliage. Et de ne plus lui faire d'autres demandes de ce genre.

« C'est en vertu de cet arrangement qu'encore le même jour toutes les troupes furent retirées du baiUiage; de sorte que notre ville et les environs se trouvent déchargés de tout quartier, depuis le 21 de ce mois. L'on retira également les trois cent cinquante hommes de Kilchberg après une déclaration de la part du baron de Lessing, qu'il enverrait quelqu'un au général Vandamme pour s'accommoder sur la réquisition. En cas d'omission, on menaça de pillage les habitants de Kilchberg, qui pendant la nuit cherchaient ù sauver leurs meilleurs effets dans notre ville.

« Dans la même nuit, le général Vandamme se rendit à Gamerdingue, moyennant l'équipage du prince de Héchingen. L'on estime à 10,000 florins

la dépense du prince causée par le séjour de ce général dans son pays. Horb et Roltenbourg ont payé considérablement, et il doit en avoir coûté à la ville de Rottenbourg seule 250 louis.

« Il n'y a nul doute que les déclarations et pro^r claoïations émanées de la part du gouvernement français ne répondent à leur intention ; mais Ton ne saurait se cacher que Texécution de ses volontés se trouve en de mauvaises mains. Les nouvelles du recensement successif de l'armée française se confirment et, en conséquence d'un avis qui m'a été communiqué hier par le conseiller intime du prince de Hechingen, les Français ont quitté Gamerdingue, et le quartier général du général Vandamme est annoncée Balhingen; près d'Héchingen, les Français doivent avoir été également repoussés hier. »

EXTRAIT d'une LETTRE DU CITOYEN ROBERJOT AU

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