CORPS SOUS SES ORDRES
Donnez au soldat ce que la lui accorde (sic),
Kt faites-lui remplir les devoirs (ju'elle lui impose.
• Vous avez certainement lu l'ordre sévère, mais idispensable, que le général en chef a transmis à 3us les généraux de l'armée du Nord; ce n'est ue par des moyens violents et prompts que l'on leut sauver cette armée, livrée au plus horrible irigandage, qui la menace de sa destruction prohaine, et qui éteint à jamais l'espoir flatteur qu'en ivait conçu le peuple français. C'est de cette armée [u'on attendait les succès les plus brillants , ;'est d'elle qu'on attendait la destruction totale des yrans, et c'est malheureusement elle qui estmainenant accablée du désordre le plus dangereux. Je
(1 ) Cette circulaire, très-curieuse, type du langage de l'époque, at écrite par Vandamme à la suite d'un ordre du jour de *ichegru, ordre motivé par des pillages, des sévices exercés ar les soldats de Tarmée du Nord dans les pays conquis.
ne sais par quelle fatalité les liens de la discipline ont pu se rompre dans presque tous les corps eu général. Qui sont donc les monstres qui se sont malicieusement immiscés dans nos bataillons pour les exciter au brigandage, à la lâcheté et à l'assassinat? Ne sommes-nous donc plus Français, et avons-nous oublié d'être républicains ! C/esl au moment où les représentants du peuple français mettent à Tordre du jour les vertus, qu'ici on les oublie, on les rejette pour se livrer aux horreurs de rindiscipline et du pillage le plus déshonorant. En républicain, je gémis avec les braves qui composent la plus grande partie de la brigade que je commande ; je pleure avec eux les malheurs auxquels nous entraînent quelques scélérats qui déshonorent le nom de républicain français. Mais, en général, j'éloigne de moi toute pusillanimité pour me servir de toute l'autorité que me donne la loi, et frappe de mort et d'ignominie tous ceux qui auraient la scélératesse de redevenir coupables de la lâcheté de pillage ou d'hidiscipHne.
« C'est sur vous, chefs de corps, que je ferai peser ma l'esponsabilité, la mienne doit répondre au général de division, et la sienne devant le général en chef.
« Je vous préviens dès aujourd'hui qu'à l'avenir la moindre faute de votre part sera punie de destitution ou de mort. Il ne décide (1) point ici d'un
(l) Il décide pour il s'agiL
homme ou d'une famille, mais d'un peuple entier. Ce peuple veut être libre , nous devons désirer de l'être avec lui, mais nous ne pouvons Tespérer si nous n'avons une armée bien disciplinée. Jusqu'à cejournos succès n'ont été qu'incertains ou peu suivis, j'en devine facilement la cause ; c'est à l'i*^ neptie et à l'insouciance des chefs, et à Tignorance de quelques autres que je Tattribue. Vous avez vu aussi bien que moi, dans toutes nos dernières affaires, tandis qu'un tiers de nos braves soldats répondaient au feu de l'ennemi et se battaient avec le plus ardent courage , un tiers pillait , assassinait, et l'autre tiers fuyait en lâche et laissait à l'abandon les braves qui ont heureusement su vaincre partout. Il n'est point difficile de vous en démontrer les causes. La mollesse qui caractérise beaucoup d'officiers , le peu de goût qu'ils mettent à bien servir, la faiblesse avec laquelle ils commandent, l'ivresse à laquelle ils se livrent, donnent occasion aux mauvais soldats de l'être encore plus , et aux bons de se dégoûter. C'est donc de cette classe d'hommes dangereux qu'il faut purger l'armée; c'est donc eux qu'il faut frapper de honte et de mort afin de délivrer la République du plus accablant fléau.
t J'espère que ces scènes d'horreur ne se renouvelleront plus et que la fermeté avec laquelle vous commanderez les républicains qui vous sont confiés, m'évitera la peine d'user des moyens que je n'aime à employer qu'à l'extrême nécessité ; mais
je vous préviens aussi que je suis bien décidé à ne pas laisser la moindre faute impunie ; faitesvous obéir comme je vous commanderai, et bientôt la République pourra compter sur des soldats braves et disciplinés ; alors les succès seront certains et nous ne nous verrons point accablés de la misère et de la famine; nous ne verrons plus les soldats, épars dans les plaines, abandonnés au plus affreux désordre; nous ne verrons plus le paisible habitant des chaumières pillé et assassiné dans sa respectable demeure; nous ne verrons plus des enfants venir nous demander du pain qui leur a été arraché par quelques scélérats, et nous ne verrons plus les habitations dévastées, les habitants des campagnes en fuite et leurs troupeaux épars. Nous verrons au contraire le peuple accourir, nous apporter toutes les douceurs que nous offre la richesse immense de ce pays, et comme les armées des Alpes et des Pyrénées, nous serons bénis du peuple dont nous aurons brisé les fers. Souvenez- vous que ce n'est point aux peuples, mais aux rois et à leurs satellites que nous faisons la guerre; faisons-la leur à mort cette guerre, mais n'oublions jamais ce que nous avons promis aux peuples. Si nous nous conduisons en féroces soldats et en dévastateurs forcenés, le peuple s'armera contre nous ; si au contraire nous nous conduisons en soldats républicains, en défenseurs du peuple, nous trouverons partout des amis, partout des frères; la République en sera plutôt sauvée et
nous en serons d'autant plus heureux. Prenez donc en considération cette lettre, suivez-la de point en point, si vous ne voulez point encourir la sévérité des lois.
• Aussitôt la présente reçue, vous ferez assembler les officiers de vos bataillons, vous leur ferez part de ce que je vous écris ; vous les préviendrez que si aucun d'eux ont la faiblesse ou l'audace défaire grâce au moindre coupable, ou la lâcheté de fuir au feu, ils trouveront à l'un comme à l'autre la mort. Si au contraire, comme je crois pouvoir l'espérer, ils servent bien, et qu'ils commandent avec fermeté et justice ceux qui sont sous leurs ordres, ils verront avec nous la République assurée et l'armée triomphante. Je compte sur le zèle et Tactivité que vous mettrez à maintenir l'ordre et la discipline qui doivent régner dans les corps que vous commandez. •
PICHEGRU A VANDAMME
i"juin 1794.
• J'ai reçu, général, avec ta lettre de ce jour, les deux rapports qui y étaient joints : je t'en remercie.
• Je te préviens que le général Souham doit te transmettre l'ordre de marcher demain matin, avec les troupes que tu commandes, sur Ypres, pour appuyer celles qui s'y trouvent déjà et jeter de ton côté quelques bombes et obus sur cette place ; à cet
effet, tu pourras prendre dans Menin un obusier et une pièce de 12 , en attendant Tarrivée de deux pièces de 16, sur affûts fardiers (dont le transport est plus facile que les autres), et de deux mortiers que je vais ordonner au commandant d^artillerie de faire conduire demain dans cette place, avec les munitions nécessaires. Tu donneras tes ordres pour faire arriver cette artillerie sur tel point que tu jugeras convenable, ou tu la laisseras dans Menin, jusqu'à ce que, par ta position, tu aies déterminé son emplacement,
f P.-S. Je n'ai point reçu de nouvelles du général Moreau, si tu en as, je te prie de me les communiquer : fais-lui passer ta lettre à Jointes. Il arrivera aussi demain à Menin un convoi de neuf pontons, tu les feras parquer dans la place, pour s'en servir au besoin.
« Je donne des ordres pour qu'outre les deux pièces de 16 sur affûts fardiers, on t'envoie aussi deux pièces de 4, sur mêmes affûts : ces pièces ont l'avantage d'être traînées par deux chevaux : s'il y a un bataillon qui en manque tu pourras les lui remettre, ou bien tu les attacheras à de la cavalerie comme artillerie légère, elles peuvent en faire le service, les canonniers ayant des places sur les affûts dans les marches, mais dans ce cas il faudrait augmenter le nombre des chevaux, c'est-à-dire le porter à quatre. »
VANDAMME A MOREAU
4 juin 1791.
• J'ai fait ce matin les approches de la ville aveo les citoyens Dejean et Saint-Michel; nous avons reconnu les positions où nous placerons nos bat-r taries, ce soir à la nuit nous commencerons la tranchée, mais lime manque d'outils et d*ouvriers; il est ti*ès-instant que tu m'en envoie promptement, au moins des outils, car pour les ouvriers, si tu n'en as pas à ta disposition, je ferai travailler meg bataillons , quoiqu'ils soient très-fatigués et que co sera long et dangereux.
« Réponds-moi par le retour de l'ordonnance.
« P. -S. — L'ennemi n'a encore reçu aucun secours; j'en ai été informé ce matin. »
MOREAU A VANDAMME
4 juin 1794.
■ La brigade du général Vandamme complétera cette nuit rinvestissementd'Ypres; elle sera renforcée des cinq bataillons tirés des garnisons de Menin,Wervike etCommines. Ces troupes ont or- (h^c de se réunir cette nuit à Zantvoorde sous les ordres du commandant Daubrée, et l'investissement doit être complété en occupant les portes de Lillebeckeetd'Hethooge, Cruypendaerde et Saint-Jean. D'après ces dispositions, le général Vandapime se rendra, au reçu du présent ordre, à Zantvoorde, il
détachera de sa gauche les troupes suffisantes pour accélérer l'investissement.
• Il est prévenu que l'armée d'observation commandée par le jçénéral Souham se met en mouvement cette nuit pour occuper une position entre Zilleck et Lemghemaek.
• Gomme sa brigade est en partie destinée à renforcer l'armée d'observation, si elle était attaquée, il portera à sa droite les plus grandes forces ; et dans le cas où l'armée d'observation serait attaquée, il se portera à son secours avec une partie de sa brigade, en ne laissant devant la place que les troupes suffisantes pour s'opposer aux sorties. »
MOREAU A VANDAMME
4 juin nd4.
« Je t'ai déjà prévenu, général, que tu commanderais eu chef les troupes employées sur Ypres ; fais-toi rendre des comptes fréquents par les généraux de brigades et de divisions; je désire que tu me les transmette le plus fréquemment possible, le jour et la nuit; il sera bon que lu t'établisses au point le plus central. »
VANDAMME A MOREAU
Zillcbeckc, 7 juin 1794.
ff L'officier que j'avais envoyé près du général Souham est revenu. L'ennemi avait attaqué la gauche de Daendels, nous l'avons fortement ballu.
Les carabiniers se sont distingués à leur ordinaire. »
VANDAMME A MOREAU
Zillebecke, 1 juin 1794.
« Je le préviens que, d'après la lettre de Daubrée, I paraît que Tarmée d'obsei-vation est attaquée ; n entend une canonnade et une fusillade assez ive de ce côté. Je crois qu'il serait nécessaire que i te rendes ici et que tu avertisses le général en hef. .
VANDAMME A MOREAU
Zillebecke, 8 juin 1794.
€ Hier soir, je fus visiter mes postes de droite ue j'ai trouvés dans le meilleur état possible et ans le plus grand calme, quoique l'ennemi avait lit plusieurs sorties sur eux. Qui donc a pu vous voir fait le rapport pue j'avais quitté le poste de aint- Jean , je n'ai fait aucun mouvement de re- •aite;au contraire, connaissant l'importance de outenir l'investissement dans quelque pays que d soit, et quoique Michaud avait retiré les deux ataillons de droite sans m'en prévenir, ni Daurée, et par ce moyen avait entièrement dégarni la droite, aussitôt que j'en ai été instruit par des atrouilles que j'ai envoyées de ce côté, j'ai de Liite envoyé cinq compagnies de grenadiers et uatre compagnies de chasseurs , afin d'empêcher ennemi de ne prendre aucune communication de
ce côté ; ce matin, une heure avant le jour, j'ai fait renforcer ces postes par deux bataillons et suis maintenant en position comme il suit. »
(Suit le détail de la position des troupes).
«Voilà exactement les postes que j'occupe et les forces destinées à les défendre, je suis passablement retranché sur tous les points, et je vous promets bien que je ne battrai en retraite que lorsque j'y serai absolument forcé ; d'ailleurs, je ne ferai rien sans vous en donner connaissance, je compte sur toi et tu peux compter sur moi. »
PICHEGRU A VANDAMME
13 juin 1794.
f La canonnade que tu entends, général, est une attaque de l'ennemi vers Rousselaere ; lorsque j'en aurai des détails je te les ferai passer.
f P. -S. — ^ Les représentants du peuple ont, je crois, autorisé le commissaire des guerres Lefèvre à faire enlever les bestiaux sur des reconnaissances, c'est sans doute en suite de cette autorisation que le préposé Mangart a fait enlever les vaches de la femme Jeanne Rabot. Je n'approuve pas cette mesure, j'aurais voulu que l'on n'eut fait enlever que ce qui appartient aux particuliers qui ont fui. Je te renvoie ci-joint sa reconnaissance; s'ils n'ont laissé à cette femme aucune vache, il faudra lui en faire rendre au moins une. #