‹ Le général VandammeChapitre 12 sur 49 · II · texte numérisé non relu

II

village. Le curé, qui a été victime de cet. événement, n a pu se défendre que les habitants même y eussent pris part. J'ai donc laissé à Gros- Niemtschitz, un capitaine de voltigeurs duSi*' d'infanterie légère avec sa compagnie, pour continuer les informations , en dresser procès-verbal , et prendre en otages le bailli en personne, car il est le premier coupable , et deux des principaux habitants. Us arriveront demain à mon quartier général ; veuillez me donner vos ordres à cet égard, et me dire si je dois les faire passer outre ou vous les adresser.

• On a retrouvé dans le village de Gros-Niemtschitz beaucoup d'effets cachés dans la paille ou dans la terre. Le général Ferrey a eu sa voiture, mais toute pillée. Le colonel Latrille a trouvé une partie de ses effets, dont ses épaulettes et sa croix ; quelques officiers du 28® ont aussi retrouvé différents objets ; mais toutes ces choses sont dans un tel état de dégradation, qu'à peine on en pourra tirer le moindre parti.

• Aussitôt que le capitaine du 24® sera rentré de Gros-Niemtschitz, j'aurai l'honneur, monsieur le maréchal^ de vous adresser son prodès-verbal.

« P. -S. — On a également trouvé en différents endraits des hommes enterrés , des membres coupés, etc. Plusieurs domestiques ont été reconnus. >

Le bailliage dont Gros-Niemtschitz dépendait fut imposé à 30,000 francs, pour servir au rem-

boursement des pertes essuyées par la division Vandamme, et le général dut laisser au village le capitaine de voltigeurs et sa compagnie, chargé de garder le bailli en otage, et d'opérer la rentrée de la contribution.

Le 23 janvier, Vandamme put espérer qu'il allait rentrer en France et revoir sa famille. La di- \ision reçut l'ordre, d'après le mouvement général du 4® corps, de se mettre en marche le lendemain par Neumarkt sur Amstetten et Steyr, où elle devait cantonner:

Le traité de Presbourg laissait croire à chacun que, la guerre étant terminée, l'évacuation du territoire autrichien était prescrite ; mais les difficultés qui survinrent dans l'exécution du traité pour la reddition des bouches du Cattaro fit continuer Toccupation. La forteresse de Braunaufut retenue par la France, et les troupes de la grande armée furent maintenues en Bavière, en Franconie, en Souabe.

La division Vandamme resta autour de Steyr. Le général, en quittant Vienne, avait demandé un congé pour aller rétablir sa santé dans ses foyers. L'Empereur accorda ce congé de six semaines, par décision du 20 février 1806, mais avec cette restriction que le général n'en jouirait pas tant que sestroupes seraient en deçà d'Augsbourg.

Or, le 18 juin, Vandamme, qui avait perdu un de ses aides de camp, le Ueutenant de Soye, et qui avait été lui-même fort malade, se trouvait

encore à Landshut. Il écrivit de là au prince de Neuchâtel, à qui TEmpereur avait laissé le commandement de r armée, et qui se trouvait à Munich :

« Monseigneur , la nouvelle de mon indisposition ayant été répandue par les journaux, mon épouse en a été informée, et cela Ta mise dans un état tel que toute sa famille en désespère , ce qui rend ma position ici affreuse.

« Maintenant que la rentrpe de Tarmée est cer taine, je prie Votre Altesse de me permettre de profiter du congé que Sa Majesté a daigné m'accorder pour aller passer quarante jours en Flandre ; j'en ai d'autant plus besoin que je souffre journellement des coliques nerveuses qui m'ont tant accablé il y a un mois ; j'ai un besoin indispensable des eaux de Spa, afin de me guérir entièrement de ces affreuses souffrances.

« Je prie Votre Altesse de me permettre de compter sur la continuation de ses bontés , et d'agréer les assurances de mon attachement sincère. »

Vandamme ne put quitter l'armée qu'à la fin de juillet, en vertu d'un congé de deux mois accordé par l'Empereur. Sa division fut donnée au général Levai, et il put entin venir jouir dans ses foyers, près (le sa jeune femme, d'un repos acheté par des fatiiiues glorieuses, dos dangers sans nombre, et des services que l'Empereur se plaisait à reconnaître et à récompenseï".

Avant de quitter sa belle division, il lui adressa de Landshut Tordre du jour suivant, en date du 19 juillet 1806 :

« Mes amis, c'est ainsi que j'appelle avec plaisir tous ceux qui composent la 2« division.

• Je ne puis vous quitter sans me rappeler tout ce que j'ai éprouvé d'heureux depuis que j'ai rhonneur de vous commander.

« Votre valeur, votre sage conduite ont fixé plus d'une fois les regards du grand Napoléon, notre auguste Empereur; elles m'ont procuré en plusieurs occasions des compliments et des grâces particulières de ce monarque que nous idolâtrons tous, parce qu'il fait le bonheur de la France et assure notre gloire.

• Votre patience à Boulogne, votre rare intrépidité à Austerlitz, et votre sage conduite en Bavière, seront toujours présents à ma pensée ; je serai toujours fier de vous avoir commandé, et n'oublierai jamais les marques de confiance dont vous m'avez honoré , et dont je serai toujours jaloux.

« J'ai un congé de quelques semaines ; le général Levai, Tunde mes camarades, me remplace momentanément ; vous lui prouverez comme à moi l'avantage qu'il y a de vous commander.

« Guerre ou paix , aux fêtes de Paris ou sur de nouveaux champs de bataille, je serai bientôt à votre télé. »

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