‹ Le général VandammeChapitre 18 sur 49 · MI · texte numérisé non relu

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avaient échoué devant la vigilance et la vigueur du général Lefebvre. Cette fois , du moins , le prince Jérôme se montra juste envers Vandamme. En faisant connaître la capitulation à TEmpereur, il lui écrivit : « Je saisis cette occasion pour rendre compte à Votre Majesté qu'il est impossible de mettre plus de zèle, d'ardeur et de dévouement dans le service que n'en met le général Vandamme. Je suis extrêmement satisfait de cet officier général. "

La place ne fut pas secourue, et le IGjuin, la garnison, forte de 5,500 hommes, défila devant le prince Jérôme. On y trouva peu de magasins, mais une nombreuse artillerie (328 bouches à feu), et plus de 300 milliers de poudre.

Il ne restait plus au roi de Prusse, dans la Siiésie prussienne, que Silberberg et Glatz, deux petites places sous le canon desquelles on avait construit, à la hâte mais avec beaucoup d'art, un camp retranché défendu par une douzaine de mille hommes. Dès que Neiss eut ouvert ses portes, le. prince Jérôme résolut de se rendre maître de ce camp dont la possession devait faire tomber en son pouvoir les deux villes voisines.

Le 17 juin, Vandamme qui avait sous ses ordres cinq mille hommes aguerris , reçut une lettre lui prescrivant de faire ses dispositions pour que son corps, renforcé de Saxons et de trois régiments de cavalerie, fut réuni le 18 près de Wartha, sur la rive droite de la Neiss, et en mesure de débouu. 16

cher le 19 par Giersdorf. Le 19 juin, tout fut prêt pour l'attaque de nuit qui devait avoir lieu sur le camp retranché de Glatz, mais un violent orage fit remettre Topération. Le 21, Vandamme franchit la Neiss à Giersdorf, se lia à la division de Deroy,etGlatz fut complètement investie. Le comte de Goertzen, coupé de Silberberg, effrayé de sa position, essaya d'entrer en pourparlers, mais ses propositions n'étaient pas acceptables. Vandamme apprit alors par des déserteurs que les Prussiens avaient fait la faute de négliger un point important entre les deux ouvrages du camp les plus rapprochés de la Neiss, de telle sorte que la cavalerie même pouvait s'introduire par cette ouverture. Il alla reconnaître ce point. Le 22, à onze heures du matin, une nouvelle reconnaissance du camp fut faite par le prince Jérôme et par Vandamme, et les ordres pour l'attaque dans la nuit suivante furent envoyés. Vandamme fut chargé des opérations à droite, Lefebvre des opérations à gauche. A minuit, au signal d'une fusée partie de la division w^urtembergeoise, l'attaque eut lieu silencieusement à l'arme blanche sans qu'on tirât un coup de fusil. Le régiment des chevau-légers de Wurtemberg et trois escadrons français récemment arrivés au 9® corps, dirigés par le commandant Vincent, aide de camp de Vandamme , qui s'était approché de très-près du point négligé par l'ennemi, se glissèrent dans l'intervalle désigné et pénétrèrent dans le camp, tandis que l'infanterie

des deux généraux chargés des attaques de front culbutait à la baïonnette et massacrait les défenseurs.

Les trois escadrons français formant tête de colonne se précipitèrent dans la trouée, pénétrèrent sans rencontrer d'obstacles jusqu'à l'ouvrage principal sentant de réduit et se trouvèrent en présence d'un bataillon de grenadiers prussiens fort de 1,200 hommes. Après deux charges successives, les chasseurs français par\'inrent à enfoncer le bataillon formé en carré et à le sabrer. Ses défenseurs furent passés au fil de Tépée. En moins d une heure, malgré les projectiles lancés par la forteresse de Glatz , malgré la belle défense de Tinfanterie prussienne, le camp était en notre pouvoir et le combat terminé.

Comme le camp se trouvait sous le feu de Glatz, Tordre avait été donné aux généraux Vandamme et Lefebvre de se replier avant le jour. Le premier repassa la Neiss et ramena ses troupes sur la rive gauche, dans ses positions de la veille. On allait ouvrir la tranchée pour réduire Tune des deux dernières forteresses de la Silésie, lorsque le comte de Gœrtzen fit demander au prince une entrevue qui eut lieu et dans laquelle la capitulation fut signée à Wartha, le 25 juin. Il fut stipulé que Glatz se rendrait le 26 juillet si elle n'était secourue avant cette époque. Le traité de Tilsitt mit fin aux hostihtés.

Pendant cette pénible campagne, Vandamme

avait rendu de grands services ; nous avons dit pourquoi il ne reçut pas toujours les félicitations qu'il était en droit d'attendre ; nous avons fait connaître, par suite, de quelle circonstance on crut un instant qu'il s'était attribué des objets dérobés à l'ennemi. L'Empereur lui sut un gré infini de sa belle et vigoureuse conduite militaire. On reconnut que sa conduite privée avait été calomniée (indignement. Le roi de Wurtemberg lui écrivit plusieurs lettres flatteuses et lui accorda la grand' croix de son ordre. Le roi Louis, de Hollande, le nomma chevalier grand'croix du sien.

Nous terminons le récit de cette campagne par quelques lettres curieuses adressées au général.

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