‹ Le général VandammeChapitre 17 sur 49 · II · texte numérisé non relu

II

*— slO —

ces attelages avaient été dirigés sur la grande armée, pour y porter des munitions, l'Empereur ayant écrit à son frère que les Russes reprenaient les hostilités, et que toute affaire cesante, toute considération mise de côté, il devait lui envoyer des cartouches à fusils ou à canons.

Néanmoins, la tranchée fut ouverte au jour dit, la forteresse fut resserrée , et Téquipage de siège arriva au moment où les batteries étaient terminées. Cet équipage n'était pas aussi considérable que celui annoncé. Il se composait définitivement de huit pièces de 24, approvisionnées à trois cents coups ; de neuf pièces de 12 , avec deux mille quatre cents coups ; de huit obusiers, de six mortiers approvisionnés à deux cent cinquante et deux cents coups ; total , trente et une bouches à feu servies par un détachement de cinquante canonniers français. Trois grandes batteries avaient été construites.

Nous n'entrerons pas dans les détails de la fin de ce siège, décrit tout au long dans notre premier volume des opérations du 9® corps. Nous dirons seulement que le feu fut ouvert le 3 février au matin, qu'il continua jusqu'à six heures, fut repris le 4, à deux heures ; qu'on recommença à tirer à dix heures, et qu'on ne cessa qu'à la nuit. Plus de mille deux cents projectiles furent lancés sur la place ; des incendies se manifestèrent dans plusieurs quartiers. Les casemates de l'ennemi souffrirent beaucoup, et ses pièces, sur beaucoup de

— un —

point, furent mises hors d'état de riposter. Dans ta nuit du 4 au 5 février, un incendie considérable se déclara en ville et consuma plusieurs maisons. La garnison commençait à se plaindre de son service, les déserteurs arrivaient aux quartiers de l'assiégeant; les habitants qui avaient cru leur place imprenable, n'osaient plus sortir de leurs demeures, craignant les projectiles qui sillonnaient les rues.

Le prince Jérôme, apprenant par les rapports ' de Vandamme que Schv^eidnitz était aux abois, se rendit devant la place. Le 6 au matin, il fit sommer le gouverneur, par un de ses aides de camp, le prince de HohenzoUern. Ses propositions î furent écoutées, et il fut stipulé que la forteresse serait rendue le 16, si elle n'était secourue avant cette époque. La capitulation fut signée le 7, et le jeune frère de l'Empereur retourna à Breslau, laissant un ordre du jour , dans lequel il témoignait sa satisfaction aux troupes de Van* damme (1).

En partant, Jérôme s'était entendu avec Vandamme , dont il avait beaucoup loué la conduite, pour que le général combinât sans retard une expédition des plus importantes.

(1) Les magistrats de Schweidnitz et ceux des cercles voisins offrirent à Vandamme quatre chevaux attelés et un cheval de selle. Lo 9 février, la ville de Laudshutt fit également prier le général d'accepter des toiles de Siiésie. Ce sont ces chevaux et ces toiles qui furent expédiés de Schweidnitz, par Vandamme, et qui motivèrent l'affaire du fourgon arrêté à Strasbourg.

Il s'agissait d'attaquer le prince de Pless dans ses positions fortifiées en avant de Glatz, et de le forcer à rentrer dans cette place. Le général Lefebvre-Desnoueltes, et l'adjudant commandant Reubell, tous deux aides de camp du prince, furent désignés pour cette opération qui eut un plein succès. Le gouverneur de la Silésie perdit une partie de ses forces dans les combats qu'il fut obligé de livrer. Il résolut néanmoins de chercher à secourir Schweidnitz, avant l'expiration du délai du 16. Le 13, à la tête de mille cinq cents fantassins et de deux escadrons, d'une batterie de six bouches à feu, il se porta sur Wunschelberg, sur Friedland, viola le territoire autrichien près de Braunau, et se dirigea vers Schweidnitz. Cette tentative, la plus sérieuse de cette époque , faite par le prince de Pless , échoua complètement , grâce aux dispositions prises. L'ennemi fut obligé, pour n'être pas coupé, de se disperser en se jetant en Bohême. Le lendemain, 16 février, la garnison de Schweidnitz défila devant le prince Jérôme, qui était revenu pour cette circonstance, comme il l'avait fait déjà, lors de la capitulation de Breslau. Il entra pompeusement dans la ville , à la tête de son état-major. La veille Hédouville avait écrit à Vandamme :

« Monsieur le général. Son Altesse Impériale me charge de vous mander qu'elle verra défiler avec plaisir devant elle les troupes wurtember-

geoises» après que la garnison prussienne aura défilé et déposé ses armes.

« Les troupes wurtembergeoises, après avoir

défilé devant Son Altesse Impériale, entreront de

• suite dans la ville, où elles seront placées en haie

depuis la porte de Breslau, jusqu'au logement de

Son Altesse Impériale.

■ Les magistrats municipaux de Schweidnitz se trouveront en dehors de la porte de Breslau, pour y recevoir Son Altesse Impériale qui y entrera, lorsque les troupes wurtembergeoises auront formé la haie.

« Il sera tiré vingt et un coups de canon des ' remparts de la place, au moment où Son Altesse Impériale y entrera.

■ M. le chef de bataillon Laville, nommé commandant de la place , vous remettra cette lettre ; l'intention de Son Altesse Impériale est que vous le fassiez entrer en ville, aussitôt que cela se pourra, ainsi que l'adjoint commissaire des guerres nommé par le commissaire ordonnateur en chef du 9® corps d'armée , pour prendre possession de tous les magasins et objets qui le concernent , et les inventorier. Si cette besogne était déjà commencée par vos soins, il la continuera, en se conformant aux instructions qu'il a reçues de l'ordonnateur en chef.

■ L'administrateur général doit aussi vous envoyer un de ses délégués, qui est chargé de prendre possession des caisses.

« Vous avez sûrement poiin'u à ce qui concerne le génie et rartillerie.

« Son Altesse Impériale me charge de vous prévenir que demain, à six heures du matin, les équipages et l'un de ses aides de camp seront rendus à la porte de Breslau, pour aller au logement que vous avez fait marquer pour Son Altesse Impériale. »

A cette époque Vandamme reçut de Breslau, d'une marquise de Mazancourt, née comtesse d'Esgrigny, une longue lettre dans laquelle la vieille dame lui recommandait son mari, le suppliant de lui faire passer un mot à sa résidence d'Albendorff. Nous n'aurions pas mentionné ce fait particulier fort indifférent à l'histoire, si nous n'avions trouvé au bas de la lettre même de la marquise ces mots tracés de la main de Vandamme et destinés à sa femme :

t Vous voyez , ma chère Sophie que je cor- » responds avec des vieilles marquises , émi- » grées de France. Celle-ci a soixante ans et * écrit comme elle parle, bien mais beaucoup. >

En 1793, Vandamme, obéissant aux ordres du Comité do salut public, faisait fusiller les émigrés commodes traîtres, des satellites des tyrans, des esclaves ; en 1807, il correspondait volontiers avec eux et plaisantait sur leur titre d'émigrés? Napoléon, général en chef, Premier Consul , Empereur, avait modifié les choses et changé les hommes.

La prise de Schweidnitz jeta le découragement en Silésie parmi les partisans de la Prusse. On s'était persuadé que celte place était imprenable et que tous les efforts du 9® corps viendraient échouer aux pieds de ces remparts rendus si dangereux par les défenses souterraines. Les Prussiens se souvenaient de la belle résistance de Gribauval, mais ils ne comptaient pas assez avec les talents de Vandamme. Ce dernier déploya pour l'attaque de cette magnifique forteresse toutes les ressources de son esprit audacieux. Son activité, son courage personnel, le feu sacré qu*il possédait au plus haut degré et qu'il parvint à faire passer dans le cœur de ses troupes furent la cause principale d'un résultat si brillant. L'Empereur, très-satisfait de la prise de cette forteresse, en parla au 60® bulletin de la Grande Armée ^ mais sans nommer celui auquel on la devait.

Napoléon avait alors une raison politique pour agir ainsi. Son intention, en confiant à son frère le commandement d'un corps d'armée était de mettre en relief le jeune homme qu'il affectionnait, et de le forcer, en quelque sorte , à paraître avoir conquis un trône qu'il entrevoyait pour lui dans un avenir prochain, si les choses tournaient selon ses désirs. Le prince Jérôme par son ardeur, par son courage et par sa bonne volonté, se prétait aux desseins de l'Empereur. Il eût donc été intempestif de laisser à un autre

— iUî--

qu'a hâ la gloire de conquêtes auxquelles en réalité il n'avait qu'une part indirecte.

Glogau, Breslau, Schweidnilz avaient été eulevés beaucoup plus par Vandamme que par le prince Jérôme, mais on voulait rejeter sur le jeune général en chef tout l'honneur de ces prises importantes à tous les points de vue. Napoléon , intérieurement, n'en avait pas moins la plus .grande estime pour Vandamme et savait bien lui tenir compte de ses services.

La garnison de Schwcidnitz avait à peine défilé devant les troupes françaises qu'un ordre du major général arrivait au quartier général du prince Jérôme, lui enjoignant de faire immédiatement partir pour Varsovie la moitié de Tinfanterie, de la cavalerie et de Tartillerie bavaroise, sous le commandement du général de Deroy. Ce petit corps, fort de 10,000 hommes des meilleures troupes, devait être placé sous le prince royal de Bavière, et entrer dans la composition de l'aile droite de la grande armée.

L'ordre n'admettait aucun tempérament, il fallut obéir. Le 9® corps se trouva réduit de plus du tiers de son effectif. Vandamme, qui venait de recevoir des instructions pour une petite expédition et pour le siège de Neiss, dut se dégarnir de plusieurs bataillons destinés à relever à Breslau et à Glogau ceux de la division bavaroise.

Les dispositions suivantes furent prises :

Le général de Deroy détacha du siège de Kosel

une brigade sous le général Mezzaneili et la dirigea sur la Pologne; un régiment bavarois qui se trouvait au corps d'observation du général Lefebvre vint former la garnison de Schweidnitz; le reste du corps de Lefebvre se rendit à Breslau, renforcé de 24,000 Wurtembergeois détachés de la division sous Vandamme.

De nouvelles instructions du major général ayant fait modifier dès les jours suivants ces dispositions, voici celles qui furent définitivement adoptées :

La 2* division bavaroise, celle du général de Wrède, commandée pour quelques jours encore par le général Minucci, se mit en marche pour Varsovie. Un régiment de la division de Deroy fut retenu pour la garnison de Breslau avec le corps de Lefebvre cantonné sous les murs de celte place. Une partie des Wurtembergeois furent renvoyés à Vandamme. Le général de Deroy resta au siège de Kosel.

Mais la diminution de l'effectif des troupes devant les places assiégées fit craindre qu'elles ne fussent plus en état de tenir télé au prince (le Pless. Pour combattre les projets que pourrait concevoir le général prussien , on imagina une démonstration capable de contenir l'ennemi pendant quelque temps , de l'effrayer même, et ce fut encore Vandamme que l'on chargea de cette petite expédition. Il reçut Tordre de partir le 18 de Schweidnitz avec la division de Secken-

dorff, de se porter sur Friedland en passant par Waldemburg, de se diriger ensuite par Neurode en faisant mine d'envahir Glatz, de sommer le gouverneur de se rendre, et s'il refusait (chose probable), d'opérer de la même manière à Silberberg. Celte seconde tentative étant également infructueuse, le général devait marcher sur Neiss par Franckenstein et Munsterberg, se contentant de bloquer la place jusqu'à l'arrivée de l'artillerie de siège.

Vandamme exécuta ces ordres avec son activité habituelle. Le 19 il était devant Neurode, le 20 il passait sous le canon de Glatz et de Silberberg, sommait inutilement les deux gouverneurs et se rendait à Franckenstein. Le 23, il était devant Neiss qu'il investissait aussitôt.

Neiss est située sur la rive droite de la rivière du même nom, affluent de gauche de l'Oder, formant avec Glatz et Silberbcrg le dépôt des forces prussiennes en Silésie. La majeure partie des troupes du prince de Pless et presque toute son artillerie de campagne y étaient renfermées. Elle contenait des approvisionnements considérables. En 1807, Neiss était forte et en état de faire une longue résistance. Sur la rive gauche de la rivière se trouvait une partie nouvellement construite appelée Friedrichstadt et renfermant les casernes et les établissements mihtaires. La place , sur la rive gauche, avait deux enceintes bastionnées avec tous les ouvrages que comporte

une fortification régulière, bonne et bien défilée de la campagne, plus des défenses accessoires. On pouvait tendre une inondation tout autour de l'enceinte continue et même y englober quelques ouvrages avancés. Sur son développement régnaient des galeries et des contre-mines.

Vandamme arriva devant le camp retranché de Friedrichstadt le 23 février, à dix haures du matin. Un petit corps ennemi se replia dans la place à la vue de ses troupes. Les postes extérieurs imitèrent ce petit corps et laissèrent investir le camp retranché. Les Wurtembergeois prirent position à portée de canon de la place. Le général, sans perdre une minulCj^'en fit luimême la reconnaissance , puis il disposa ses troupes de la façon qui lui parut la plus avantageuse. Le pays, sur la rive droite, était tellement inondé, à cause du dégel, qu'il était impossible de rien faire de ce côté. Vandamme résolut d'attaquer et d'enlever d'abord le camp retranché, ce qui le rapprochait du corps de place, puis denlreprendre ensuite le siège. Il soumit ce projet au prince Jérôme et lui demanda pour l'exécuter un régiment de plus. Le prince refusa, craignant qu'on ne perdît trop de monde, et en attendant l'arrivée du parc de siège qui devait élre envoyé de Schweidnitz, le général détermina m autre point d'attaque.

Dans la nuit du !•' au 2 mars, la tranchée fut murerte sur bi rive droite tandis que sur la rive

gauche on occupait ratlention de Tennemi par une fusillade prolongée. Le 4, tout était prêt pour Tarmement aux batteries, lorsque Vandamme qui attendait avec impatience ses bouches à feu, reçut, au heu de cela, Tordre d'envoyer de suite à Glogau un régiment de ligne, trois bataillons légers , de convertir le siège de Neiss en blocus, de demeurer devant cette place avec le reste de sa division et de diriger son parc sur Brieg. On demandait au 9® corps des troupes pour la grande armée.

Ces ordres exécutés , les Prussiens étonnés de ne plus voir continuer les travaux du siège, s'enhardirent le 8 et firent une sortie qui fut vigoureusement repoussée .

Vandamme passa quelques jours à Breslau au quartier général. A son retour, le 13, il apprit que Tavant-veille un parti de cavalerie prussienne avait enlevé, à Franckenstein, 150 chevaux destinés à la remonte du 9® corps. Il dirigea aussitôt une reconnaissance de ce côté, mais on ne put rencontrer Tennemi. Il s'étabht au village de Bielau, et le blocus continua.

Le 16, une sortie de la place fut repoussée ^avec avantage par le 1®*" régiment des chevaulégers de Wurtemberg. Le prince Jérôme en félicita Vandamme dans une lettre écrite de Breslau, en le blâmant dans cette même lettre de s'être mis en relation avec le gouverneur prussien de la Silésie pour l'échange des prisonniers. Le jeune

prince assez chatouilleux sur ses prérogatives de général en chef et recevant d'ailleurs lui-même quelquefois des lettres de réprimande de TEmpereur , parce qu'il outrepassait ses pouvoirs, n'avait garde de laisser échapper l'occasion de faire sentir qu'il commandait le 9® corps.

Cependant, vers la fin de mars, les opérations' un instant ralenties reprirent en Silésie une aclivilé nouvelle. Le prince d'Anhalt-Pless si malheureux dans ses tentatives, fut remplacé par le comte de Gœrzten un des aides'^de camp du roi de Prusse, homme de mérite, plein d'énergie, et qui arriva à Glatz • en apportant de Vienne et de Prague une somme assez considérable fournie par l'Angleterre. Avec cette ressource, il put imprimer une nouvelle impulsion à la défense du pays, précisément au moment où le 9® corps se trouvait diminué d'un grand tiers. On ne tarda pas à être informé que des rassemblements considérables avaient lieu dans le comté de Glatz. Le général Lefebvre fut envoyé de Breslau à Slrelhen, avec trois escadrons et deux bouches à feu, pour renforcer le corps d'observation et en prendre le commandement à la place de Montbrun, appelé à la grande armée. On commençait à craindre pour la faible division devant Neiss, aux ordres de Vandamme.

Ce dernier reçut aussi l'un des deux bataillons légers qu'il avait détachés à Glogau , et un renfort de mille recrues de Wurtemberg. On lui

demanda si, avec cette augmentation, il pouvait reprendre les opérations du siège de Neiss, que l'Empereur desirait voir tomber entre ses mains. Vandamme à la nature duquel un blocus était antipathique, qui ne doutait jamais de rien, répondit que si on pouvait, avec un corps d'observation, maintenir Glalz et Silberberg, il se chargeait de prendre la place de Neiss. Il n'avait alors avec lui que six bataillons en position sur la rive droite de la rivière.

Dans les premiers jours d'avril, le siège fut repris ; le général Lefebvre cul ordre de quitter sa position pour escorter le parc envoyé de Schweidnilz. Le comte de Gœrzten, informé de cette circonstance et étant parvenu à réunir 18 à 20,000 hommes autour de Glatz et dans Neiss, résolut d'inaugurer son commandement par un coup vigoureux, eu interceptant les convois d'artillerie.

On connaissait au quartier général du O** corps les projets du nouveau gouverneur prussien, et on agit en conséquence. Tandis que, le 8 avril, Vandamme faisait recommencer les travaux devant Neiss, le corps d'observation de Lefebvre était renforcé de deux bataillons à Franckenstein, et le général en chef lui-même, avec un régiment d'infanterie et un de cavalerie bavaroise, se tenait prêt à se porter sur Munsterberg au premier avis de la marche offensive d'un corps ennemi. En effet, plusieurs combats eurent lieu de ce côté.

Ils sont décrits tout au long dans le livre VII® de louvrage intitulé : Opérations du 9^ corps d'armée. Nous nous bornerons à parler de celles de ces opérations dans lesquelles Vandamme a joué un rôle.

Le 10 avril, le parc de siège partit de Schweidnitz sous la protection de la brigade Lefebvre. Il était composé de 20 pièces et de 25 mortiers. Arrivé le 13 sous les murs de la place, ce matériel fut mené aux batteries dans la nuit du 14 au 15. Six batteries furent armées. Le 16, à 9 heures du matin, tout était prêt. Vandamme fit commencer le feu qui dura deux heures le matin et deux heures le soir. Une bombe fit sauter un magasin à poudre dans la place et y occasionna un incendie considérable, qui ne fut éteint que le 18 dans la matinée. L'ennemi cependant continua sa défense avec énergie. Les 21, 22, 23 avril, malgré lesen- Iraves mises à l'attaque par une fonte de neige et par une inondation, le feu continua, et deux autres magasins à poudre sautèrent également. Un second convoi de 5 pièces de douze et d'un mortier arriva au corps du siège.

Le 20 avril , le prince Jérôme s'était rendu devant Neiss et avait fait sommer le général Stensel, son gouverneur ; sur son refus, il était reparti pour Breslau laissant à Vandamme le soin de continuer les opérations. Il avait amené avec lui quelques renforts qui permirent d'établir des postes sur la basse Neiss et de priver complètement la

ville de communication avec rextérieur, ce que Ton n'avait pu faire encore. Le 22 , l'ennemi fit une sortie sur deux points différents, et fut repoussé avec perte. Le 23, on établit de nouvelles batteries d'obusiers. Le siège continua ainsi jusqu'au 29 mai. Le canon des assiégés commença à diminuer. Le gouverneur redoutait une attaque de vive force, la garnison souffrait, la ville était aux deux tiers détruite et aux abois. Toutes les tentatives du comte de Gœrtzen et des troupes de Glatz et de Silberberg avaient échoué devant le corps d'observation du général Lefebvre, on pouvait donc prévoir le moment où Neiss se rendrait. Les choses en étaient à ce point, lorsque ce même jour, 29 mai, une bombe tombant sur un magasin à poudre considérable détermina une explosion terrible qui causa beaucoup de mal aux défenseurs. Cette circonstance fut, à l'instant même, mise à profit par Vandamme qui envoya une nouvelle sommation. Le gouverneur répondit en demandant une entrevue pour le lendemain 30 mai, jour où il signa au village de Heidersdorff avec Vandamme une capitulation où il fut stipulé que Neiss se rendrait le 16 juin, si d'ici là elle n'était secourue.

Ainsi fut terminé un des plus rudes sièges de la campagne de 1807. Pendant sept semaines, le général Stensel eut la gloire de résister à un bombardement effroyable ; il comptait sur Monsieu de Gœrtzen, mais toutes les tentatives de ce dernier

Page 1