II
par six grenadiers et un officier, jusqu'à ce que le duc dTork les ait rappelés, ce qui ne sera pas effectué sans conditions avantageuses.
# Le général en chef ayant promis à différents officiers de nouveaux grades, vous en adressera l'état sous peu pour faire confirmer leurs nominations par le Directoire. »
Les pertes éprouvées par Tarmée anglo-russe le 6 octobre, sa retraite dans ses positions du Zyp, la difficulté de vivre resserré à la pointe extrême du pays, décidèrent le duc d'York à entrer en arrangements.
Dès le 8, les Gallo-Bataves marchaient en avant, réoccupaient le 9, Alkmaar évacué, Schoreldam et les autres postes. Quelques affaires d'avantgarde sans importance eurent lieu dans les journées du 11 et du 12 octobre. Le 13 et le 14 on commença à faire des reconnaissances, indiquant à l'ennemi l'intention de l'attaquer et de le forcer dans ses retranchements. Le 16, des propositions furent faites par le général en chef anglais. Brune y répondit le jour même d' Alkmaar, où il avait replacé son quartier général :
« Monsieur le duc d'York, général en chef de l'armée anglaise, désire qu'il y ait cessation d'hostilités par la considération de l'approche de la mauvaise saison. Il promet de retirer du territoire batave, d'ici à la fin de novembre prochain, toute l'armée qui est sous ses ordres, et consent à ne faire aucun dégât, à n'ouvrir aucune écluse, à ne rom^
pré aucune digue, pourvu que dans sa retraite il ne soit point inquiété par Tarmée française^ba'»^ lave.
« Le motif de Monsieur le duc d' York n'existerait pas s'il jugeait ses moyens assez forts pour avancer daas le pays, car dans ce cas, il aurait la faculté de prendre des quartiers, de se procurer des vivres et de se mettre enfin à Tabri des inconvénients de la mauvaise saison. Nous devons par conséquent e^spérer de lui des avantages proportionnés à Tinsufilsance des forces dont il dispose.
< Les conditions proposées par Monsieur le duc d'York ne sont que les effets nécessaires d'une cessation d'hostilités. On uq peut guère imaginer que Monsieur le duc fasse rompre les digues, in» cendier le pays, incendier les villages, dans le seul but d'exercer des violences : ce serait agir contre les lois de la guerre, et attirer sur soi la réproba-» lion de toute l'Europe et de sa propre nation. Il est donc certain que Monsieur le duc d'York se bor-» nerait à faire les dégâts qui seraient utiles à son armée ou nuisibles à la nôtre. Mais nous sommes préparés à tous ces accidents, parce qu'ils sont in-« hérents à l'état de guerre. Ainsi, Içs propositions faites n'ont aucun but.
r Cependant, puisque les malheurs de l'huma^ nité entrent aussi dans les vues de Monsieur le duo d'York, le général Brunie accueille bien volontiers cet honorable sentiment : aussi les clauses qu'il meta la cç^ssation des bastililéa ^o^t^elles sijus^
tes, qu'il déclare à Tavance ne pouvoir s'en départir :
• 1^ La flotte batave rendue à l'amiral Mitchell par Tamiral Story sera restituée à la république batave avec Tarmemetit et l'équipage. Dans le cas où Texécution de cette clause excéderait les pouvoirs de Monsieur le duc dTork, Son Altesse s'engage à obtenir de sa cour une compensation équivalente ;
« 2^ Quinze mille prisonniers de guerre , fraur çais et bataves, détenus en Angleterre, seront, au choix et dans la proportion, réglés par les gouvernements des deux républiques, renvoyés libres et sans conditions dans leur patrie. L'amiral batave De Winter sera considéré comme échangé. Le présent article ne préjudicie en rien au cartel d'échange qui est en activité et n'en fait point partie ;
« 3® Les batteries et fort du Helder seront rétablis dans l'état où ils se trouvaient lors de l'invasion faite par Tarmée anglo-russe. Un officier d'artillerie sera envoyé au Helder par le général Brune pour surveiller l'exécution de cet article ;
« 4® Sous quarante-huit heures, l'armée aux ordres de Monsieur le duc d'York évacuera la position du Zyp : ses avant-postes seront retirés à la hauteur de Gallantsoog. L'armée française-batave conservera les positions qu'elle occupe actuellement, et prendra néanmoins avant-poste à Peten, Krabbendam , Schagerbrug et Colorn : elle aura
seulement une vedette à la hauteur de Callantsoog;
« 5® Les troupes composant l'armée anglo-russe se rembarqueront successivement elle plus promptement possible. Au 30 brumaire de la présente année (21 novembre 1799), tous bâtiments anglais devront êlre sortis du Texel, ainsi que toutes troupes anglaises et russes des mers, côtes et îles de la république batave, sans que, dans cet intervalle, ils puissent troubler les grandes sources de la navigation, ni pratiquer aucune inondation dans le pays ;
• 6® Les vaissaux de guerre ou autres bâtiments chargés de nouvelles troupes pour l'armée combinée anglaise et russe, ne pourront effectuer de débarquement : ils devront se remettre en mer le plus tôt possible ;
« 7** Pour la garantie de ces clauses, il sera donné par M. le duc d'York des otages choisis parmi les officiers de marque de son armée. »
Le 18 octobre on était d'accord, et Ton traitait sur les bases indiquées par le document ci-dessous :
« Le citoyen Brune, général en chef de l'armée française et batave, n'a rien plus à cœur que de prévenir une nouvelle effusion de sang en faisant cesser les hostilités, mais il sait ce qu'il doit à la bravoure et à la supériorité de l'armée qu'il a l'honneur de commander. Il a examiné les observations de M. le duc d'York sur les articles proposés avanthier, et il a autorisé le général Rostollant à con-
clute tlti accord d'âpres leâ modlfiCâUoiîâ ^tîl ^ésultent des remarques suivantes :
< AHTIGLB l®^ — RESTitUTIÔN DE IJk FLOTTE.
• Le général Brune voit avec peine que M. le duc dTork se déclare sans pouvoirs sur cet article. Il ne veut point prendre trop de confiance dans Teffet des communications que Son Altesse tloyale promet de donner au gouvernement anglais à cet égard. Cependant, il doit observer que la flotte batave a été livrée par trahison et qu'elle a été reçue comme dépôt pour être remise au gouvernement que la cour de Londres se proposait de rétablir dans ce pays, selon la volonté présumée des habitants. Gomme le sort des armes en a autrement décidé, et que M. le duc d'York a pu voir que le peuple batave ne consent en aucune manière au rétablissement des formes anciennes de son administration, la loyauté semblerait exiger que la flotte fut restituée, ou du moins que le peuple batave reçut une indemnité équivalente. Quelque parti que prenne le gouvernement anglais, il est présumable que, soit de meilleures maximes, soit les chances de la guerre générale, amèneront des circonstance.-^ favorables au redressement de ce grief.