‹ Le général VandammeChapitre 32 sur 49 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

D-Août 1811 à Juin 1815.

Vandamme reçoit, le 24 août 1811, le commandement de la ii* division militaire. — En 1812, il est chargé du commandement du contingent wcstphalicn et arrive à Gassel le 8 mars. — Les troupes du roi Jérôme forment le 8« corps et commencent leur mouvement sur Kalisch à la fin de mars. — Commencement de la mésintelligence entre le roi Jérôme et Vandamme. — I^ettre de ce dernier (28 avril). — Difficulté de faire vivre les troupes. — Lettres du général Marchand (mai 1812). — Lettre de Berthier (1«' juin). — Réponse de Vandamme (4 juin). — Le roi Jérôme retire à Vandamme son commandement (3 juillet 1812). — Correspondance relative à cette affaire. — Vandamme reste sans emploi jusqu'au commencement de 1813. — 11 est envoyé a Wescl et dans la 32* division militaire avec un commandement supérieur (mars 1813). — Situation des choses dans le Nord. — Les Danois. — Vandamme à Wesel, puis à Brème le 1«' avril.

— I/»ttres et documents du l»»* au 23 avril 1813, époque de l'arrivée du prince d'Ëckmûlh à Brome. — Opérations devant Hambourg. — Affaire des Danois. — Reprise de la ville.

— Satisfaction de TEmpereur. — Documents.

Vandamme conserva le commandement de la

16^ division militaire et celui du camp de Boulogne jusqu'à" la fin d'août 1811. Le 24 de ce mois, il reçut Tordre de prendre le commandement de la

14* division et du camp que l'on formait à Cherl)ourg. Il devait être remplacé à Boulogne par le maréchal Ney et être rendu de sa personne, le 1*' septembre, à Cherbourg. Il conserva son traitement de 40,000 francs, attribué aux généraux commandant en chef un corps d'armée.

Dès que la guerre contre la Russie fut décidée, dès que l'Empereur s'occupa de la répartition des troupes françaises et étrangères qui devaient être employées dans cette campagne pour laquelle des préparatifs gigantesques étaient faits, Vandamme fut désigné pour être placé à la tète du contingent westphalien.

Le général» qui s'était trouvé fort mal récompensé de ses deux commandements des troupes wurtembergeoises en Silésie et en Autriche; qui, en 1807 , avait eu à plusieurs reprises maille à partir avec le plus jeune des frères de l'Empereur, ne se souciait nullement d'avoir de nouveau un commandement de ce genre et encore moins d'être placé sous un jeune souverain dont l'amourpropre naturel n'avait fait que s'accroître depuis qu'il avait monté les marches du trône. Il n'osa cependant refuser, et, vers le 2 mars 1812, il quitta la France, par ordre du major général, pour se rendre à Mayence où il devait recevoir ses instructions.

Le 8 mars, il anîva à Gassel. Présenté au roi, il fut très-bien accueilli, lui remit ses ordres de îservice, et rendit compte au prince Berthier. Il

vil les troupes westphaliennes , les trouva fort belles et surtout admirablement bien tenues .

L'aile droite de la grande armée confiée au • jeune roi de Westphàlie était composée de quatre ' corps d'armée : le cinquième (Polonais , 34,000 hommes), commandé par le prince Poniatowski ;

— le huitième (Westphaliens, 16,000 hommes), commandé par Vandamme ; — le septième (Wurlembergeois et Saxons, 16,000 hommes), commandé par le général Reynier ; — le quatrième corps de réserve de cavalerie , commandé par le général de Latour-Maubourg (7,000 chevaux), ce qui formait, au moment de l'entrée en campagne, un effectif de 75 à 80,000 combattants , dans la main de Jérôme, alors âgé de moins de trente ans.

La composition du huitième corps était la suivante :

Chef d'état-major, Tadjudant-commandant Revest (5 officiers français adjoints et 3 à la suite)*

— La 23^ division (général Tharreau, brigades Damas et Wickemberg), 9,000 hommes et 350 chevaux. — 24® division (général d'Ochs), brigade Wellingerodo et brigade de cavalerie légère du général Ilammcrslein, plus tard ministre de la guerre de Westphàlie, 5,000 fantassins et 1,400 chevaux .

Le 8® corps avait sous les armes 18 bataillons, 8 escadrons, donnant 16,000 hommes, 2,400 chevaux montés, 1,000 de trait et 42 bouches à feubien approvisionnées. Le quartier général était

à Dessau, et les Iroupes réparties entre l'Elbe (rive gauche) , la Mulde el la Saale dans les Etats du duc dAnhalL A propos de ce prince, alors duc régnant, on peul voir par la lettre suivante, qu'il écrivit à Vandamme le 16 mars 1812, quelle élait à celte époque Thumilité des princes de la Confédération vis-à-vis leur Protecteur.

« J'ai éprouvé jusqu'ici sans interruption les effets bienfaisants de la protection magnanime dont Sa May esté l'Empereur et Roi a daigné m'honorer, dès l'heureux moment où j'eus le bonheur de rendre en personne, à cet auguste monarque, l'hommage de mon admiration et de mon dévouement respectueux el entier.

• Depuis le 6 de ce mois, une quantité considérable de troupes westphaliennes se trouve cantonnée dans mes États, de façon qu'il n'y ait un seul village qui en soit exempt. La récolte de l'année dernière ayant été des plus pauvres , et l'importation des vivres ainsi que des fourrages étant entièrement arrêtée en suite du cantonnement des troupes à l'entour, nous nous voyons exposés à une disette générale.

« Dans cette extrémité, je n'hésite pas de confier mes peines à Votre Excellence, comme à l'un des anciens et des plus chéris généraux de l'auguste Protecteur de la Confédération du Rhin, et d'implorer son assistance pour nous délivrer du fléau qui nous menace. Qu'il plaise à votre Excellence de faire partir ces troupes de chez nous, au

plus tôt. En nous sauvant de la ruine par cette marque insigne de sa bienveillance et de son humanité, elle s'acquerra des droits sur la reconnaissance d'un cœur accoutumé dès longtemps à révérer ses qualités éminentes et rares. »

Vandamme ne pouvait malheureusement qu exécuter les ordres qu'il recevait de Paris, et l'ordre de départ fut donné seulement le 23 mars .

La veille , le général adressa aux troupes du 8* corps un ordre du jour, dans lequel il leur exprimait sa satisfaction de les commander. Il leur parlait aussi de la sollicitude bien connue de leur souverain, sous les yeux duquel ils allaient conlbaltre; des succès qu'ils ne pouvaient manquer d'obtenir sous la bannière du grand Napoléon. En un mot, cet ordre, comme ceux adressés auxWurtembergeois en 1807 et en 1809, était le faclum obligé de tout général en chef qui prend son commandement.

Le 24, le 8® corps passa l'Elbe sur plusieurs points et Vandamme vint à Wittembreg, d'où il écrivit au roi et au major général. Tous deux se trouvaient à Paris.

Le contingent westphalien continua son mouvement sur Luckau et Glogau, traversant les pays allemands situés entre la Bohème et les États prussiens pour se diriger sur la Silésie. Le 15, il était à Kalisch, sur les confins de la Pologne, où il séjourna quelque temps.

Bientôt le manque de vivres commença à se

faire sentir dans les cantonnements polonais oomnie dans ceux du duché d'Anhalt. Vandamme adressa aux généraux des recommandations pressantes pour qu'ils fissent observer la discipline la plus exacte, « Ménagez avec plus que de l'économie, leur disait-il, le peu de ressources que ces tristes contrées produisent encore. Ce ne sera que par nos soins réunis que nous pourrons parer aux maux dont nous sommes menacés, etc. •

Le 23 avril, il écrivit également au préfet du département de Kalisch pour lui dirvî do faire connaître le dénùment du pays au gouveriiament, ailn que Ton put aviser aux moyens de nj pas laisser aggraver le mal.

Par une seconde lettre, il prévint le roi de la famine générale qui menaçait les troupes de destruction. « Nos maux vont en augmentant, disaitil à Jérôme , notre position devient de plus en plus critique. Le pays entier est dans la disette. Plus nous approchons de la Vistule et plus notre situation empire. Déjà des habitants meurent de faim, d'autres se nourrissent de glands.- Votre Majesté jugera dans quelle anxiété je me trouve. Le prince de Neufchâtel m'avait assuré qu'il existait des magasins à Kalisch , Votre Majesté sait qu'il n'y avait rien à l'arrivée du 8* corps. Je pense que la sagesse de Votre Majesté nous délivrera du fléau qui nous menace . »

Le lendemain, le général mit à l'ordre du S* rorps :

t Westphalienfi , c'est à vous tous que je m'adresse; c'est à l'armée entière que je parle et je pense que ce ne sera pas en vain. Nous sommes en Pologne, pays allié et particulièrement affectionné du grand Napoléon, peuple soldat et brave qui partout a mêlé son sang à celui des Français pour vaincre les ennemis de la dynastie napoléonienne. En Italie comme en Allemagne, en Egypte comme en Espagne, les légions polonaises ont marché d'accord avec nous. Ces contrées offrent en ce moment peu de ressources, nous y souffrons déjà et nos maux vont augmenter, mais des secours nous arriveront. Votre roi connaît notice position. Sa Majesté l'exposera à son Auguste frère et bientôt nos privations cesseront. Vos généraux s'occupent de vous; des administrateurs sages, <ïui ont la confiance de votre souverain, travaillent à vaincre les difficultés* De votre côté, il faut une grande patience, de la sobriété, de la con-* fiance ; un militaire doit savoir souffrir sans se plaindre. La valeur n'est pas la seule vertu qui dislingue le vrai soldat. Vous prouverez aux Polonais que vous savez patienter avec vos amis. En mon particulier, je vous en témoignerai toute ma satisfaction. »

Au milieu des embarras où l'on se trouvait à cause du manque de vivres, Vandamme était fort désireux de voir arriver le roi Jérôme à la tête de ses troupes; mais le roi, revenu de Paris et parti de Gassel, était occupé à un voyage d'*exirforatiou

sur Gracovie et en Pologne, voyage que l'Empereur l'avait autorisé à faire incognito.

En sou absence, le chef d'état-major général de l'aile droite, le comte Marchand, donna le 27 avril à Vandamme l'ordre de cantonner le 8® corps la droite à Pulawi ; la gauche à Pilica, de façon à former l'extrême droite de l'armée, en se rapprochant de Gracovie et en tirant ses vivres de laVistule. Ge mouvement devait commencer le 3 mai. Le quartier général du roi était indiqué à Varsovie.

Vandamme, le jour môme, donna les ordres nécessaires pour opérer le mouvement. Il s'apprêtait à le faire commencer le 2 mai , lorsque le 30 avril il reçut du roi des instructions toutes différentes que voici :

« Vous vous porterez avec le 8® corps le long de la Vistule, la droite appuyée à Warka sur la Pilica et la gauche à Viiianova près Varsovie.

« Vous commencerez votre mouvement le 2* du mois de mai.

« Vous ne devez point faire faire de marches forcées.

« Les gardes du corps et les chevau-légers lanciers de la Garde devant rester avec moi à Varsovie, où je serai le 2, le général Wolf recevra désormais ses ordres de moi directement ; vous devez l'en prévenir.

Le général Reynier aura sa droite appuyée à Puiawi et. sa gauche à Ryczywol.

Vous regarderez comme non avenu l'ordre que vous avez reçu de porter votre droite à Pulawi et votre gauche à la Pilica.

« Je ne puis qu'être mécontent de l'accident qui est arrivé à la brigade de Hammerstein ; c*est toujours la faute des ofiiciers. »

Vandamme prit fort mal les instructions nouvelles qui lui étaient envoyées par le roi de Westphalie, et qui venaient changer tout ce qu'il avait prescrit • Il eut le tort de s'en exprimer assez nettement par la lettre suivante adressée à Jérôme et datée de Zlaczew, 28 avril :

« Conformément aux dispositions arrêtées par Voire Majesté, je renverrai exactement toutes les ordonnances appartenant au 1®' et au 2® de hussards, dès que les lanciers polonais qui doivent les remplacer à mon quartier général y seront arrivés. J'aurai l'honneur de me rendre auprès de Votre Mëgesté demain, 30 avril, à Vilbord, pour lui présenter mes hommages, et recevoir les ordres qu'elle daignera me donner.

■ M, le général comte Marchand, par sa lettre du 27, dont je joins ici copie, m'a fait connaître que, d'après les instructions du prince de Wagram, le 8® corps était destiné à former l'extrême droite de la grande armée et devait être cantonné, la droite à Pulawi, la gauche à Pihca. Je me suis empressé de régler le placement des troupes pour prendre cette position. Tous les ordres de mouvement ont été expédiés, toutes les

mesures prises pour assurer les subsistances et pourvoir aux besoins des corps, autant que peut le permettre la situation pénible de ce pays malheureux. Aujourd'hui, les dernières dépêches de Votre Majesté viennent totalement changer les instructions que j'ai données, mes précautions demeurent inutiles, il me faut contremander tout ce que j'ai prescrit. Qu'il me soit permis d'observer à Votre Majesté, avec tout le respect que je lui porte, mais aussi avec toute la liberté que doit me donner la confiance dont elle m'honore, que rien ne jette le découragement et la négligence parmi les troupes, comme cette incertitude sur les ordres qu'elles ont à exécuter, et que rien, plus que les mouvements continuels et inutiles, ne peut contrarier le service et s'opposer au bien-être du soldat. Les séjours que les autres corps d*armée ont employés à leur repos, aux réparations tou* jours si nécessaires, ont été chez nous continués en marches et contre-marches et ne nous ont procuré presqu'aucun des avantages que nous })()uvions en espérer. Je supplie Votre Meycsté de no point permettre le moindre changement sans ({u'il ait été mûrement pesé et réfléchi. Dans l'anxiété où nous nous trouvons, il est de toute l)rudence de ne pas fatiguer les troupes et d'éviter soigneusement de détruire le résultat des peines infinies qu'il faut prendre pour rassembler les faibles ressources que la prévoyance et l'activité la plus soutenue peuvent encore découvrir.

« J'oserai ajouter, Sire, que je vois avec extrêmement de peiue diminuer chaque jour le nombre des troupes qui restent directement sous mes ordres. Elles vont tout à l'heure se trouver réduites à rien. Nous ne pouvons nous attendre à recevoir de longtemps ni la brigade du général Danloup-Verdun , ni le régiment de Magdebourg; je n'ai môme encore aucune nouvelle officielle de son arrivée. Je suis donc presque restreint à la seule division d'Ochs, et s'il faut agir, mon inquiétude sera d'autant plus vive, que je n'aurai qu'une très-faible portion de cavalerie, et que la totalité des corps se forme d'officiers et de soldats tous animés de la meilleure volonté, mais encore jeunes et inexpérimentés.

• J'aurais cru manquer à Votre Majesté^ j'aurais cru manquer aux devoirs que j'ai à remplir, si je n'avais pas soumis ces observations à Votre Majesté; qu'elle] daigne être intimement persuadée qu'elles me sont dictées par le désir ardent que j'ai de contribuer à la gloire de ses armes. J'ai pour Votre Majesté un attachement aussi sincère que respectueux. Tous mes soins tendront à lui prouver mon entier dévouement ; mais si elle a daigné placer en moi quelque confiance et attendre quelques résultats satisfaisants du zèle que je mets à son service, je regarderai toujours comme ma tâche la plus essentielle de lui proposer les mesures qui devront le mieux lui prouver le vif inlcrct que je prends aux succès

— suède l^arméc qui fixe constamment toute sa sollicitude. »

Cette lettre commença à indisposer fortement le jeune roi contre le commandant en chef du 8® corps. Jérôme n'aimait pas les remontrance*, et encore bien moins , lorsque , comme dans cette circonstance, il n'avait pas tort. Un ordre du major général, en effet, était venu modifier brusquement les dispositions prescrites pour les positions à occuper.

Le 2 mai, le mouvement prescrit fut exécuté, el le général adressa au roi l'itinéraire des divers régiments pour se porter sur la Vislule.

Cependant le 8® corps éprouvait toujours de grandes difficultés pour vivre. Son ordonnateur Dupleix, un des familiers du roi, amené par. lui de Cassel, était plus souvent au quartier général de Jérôme qu'avec les troupes en marche. Vandamme, fort mécontent de cette conduite, écrivit le 3 mai une lettre un peu verte à cet ordonnateur pour le rappeler à son devoir. — « Je suis étonné, lui disait-il, de ne point vous voir encore arriver ici, et je ne puis deviner pour quels motifs vous tenez constamment à rester en arrière. Ce n'est cependant point là que vous parviendrez à assurer les subsistances de l'armée. Vous donnez des ordres, mais je vous le répète, ce n'est point par une correspondance qu'il est possible de sortir aujourd'hui du pas difficile où nous nous trouvons. C'est en avant que vous devez être, en Galicie,

sur tous les points qui peuvent présenter quelques ressources, que vous devez vous transporter et faire agir par des employés sûrs dont l'intelligence et Tactivité vous soient connues. Toute l'administration reste tranquille au moment où nous sommes dans les transes les plus cruelles. Les généraux et les officiers font le métier des administrateurs, et ce n'est que par des mesures illégales et souvent peu certaines , qu'ils cherchent à nourrir leurs troupes, etc. Je serais fâché de faire sentir mon autorité à l'administration, mais je serai contraint de sévir extrêmement sévèrement si désormais le service n'est pas mieux assuré, etc. » Vandamme terminait en disant que les autorités locales promettaient et' ne tenaient pas ; qu'il ne répondait plus des troupes si on les laissait sans vivres, etc.

Ce manque de subsistances ne tarda pas à engendrer des désordres que Vandamme, malgré sa sévérité, fut impuissant à réprimer. Le général se plaignit au roi, disant que Sa Majesté donnait à ses intentions une interprétation fausse. Jérôme lui fit répondre de Varsovie, le 12 mai, par le comte de Furstenstein, un de ses ministres , la lettre suivante :

a Monsieur le comte, le roi a reçu votre lettre. Sa Majesté me charge de vous dire qu'Elle n'est point portée à donner aucune fausse interprétalion ni à vos intentions ni à votre conduite , et que vous avez la preuve de sa conflance dans la

demande qu Elle a faile de vous pour commander ses Iroupes (1); mais Elle obsene que lout ce qu'Elle ordonne doit èlre ponctuellement exécuté » et que toute négligence à cet égard est sujette à beaucoup d*inconvénients , puisqu'il faut qu*Ëlle soit assurée que ses ordres trouveront toujours le commandant de l*armée sur le point qu'il lui a été prescrit d'occuper. Ce n'était point là le cas, lorsque vous vous êtes rendu à Villa nova, malgré la lettre du général Marchand. Quels que soient vos sentiments particuliers à Tégard du chef de rétatrmajor, Sa M^gesté pense qu'ils doivent être étrangers au service, et que les ordres qu'Elle le charge de transmettre doivent être' exécutés avec autant d'exactitude que si Elle les adressait directement. Sa Majesté espère que, comme mihtaire, vous sentirez la justesse de ce raisonnement et que vous n'attribuerez point ses observations à un mécontentement personnel. »

Vandamme avait le caractère entier et se pliait difficilement à certaines exigences. Déjà il avait échangé avec le général Marchand, chef d'état-major général de l'aile droite, des lettres aigresdouces à propos des mouvements de troupes ordonnés, puis modifiés, puis changés totalement, à propos de la difficulté de faire vivre les hommes el

(l) Non-seulement le roi n^avait pas demande Vandanimt", mets il avait même été très-mécontent de voir que rEmperrui* avait placé ce général à la tête du contingent Nvestphalieu.

les chevaux. Après le mouvement sur la Vistule , Vandamme ayant écrit directement au roi, sans prévenir le chef d'état-major du point où il s'était établi de sa personne, Marchand lui manda le 12 mai :

« Monsieur le général, dans la lettre que j*aieu Thonnem* de vous écrire le 6 de ce mois, je vous avais prié de me faire connaître le lieu où vous établiriez votre quartier général, et, lorsque le roi mo demande où vous êtes, je ne puis que lui répondre que je Tignore. Vous pensez bien. Monsieur le général, que lorsque je vous écris, c'est toujours par Tordre du roi , et que je n'ajoute jamais une phrase, ni un seul mot à ce que Sa Majesté me prescrit de vous dire. Je n'ai pas besoin, de vous parler de cela, vous le savez tout aussi bien que moi. Le roi avait également ordonné que vous établiriez des postes de correspondance entre Varsovie et la Pilica, pour que la communication entré le quartier général et le général Reynier fût prompte et assurée ; vous ne m'avez point répondu là-dessus, de manière que les ordres de Sa Majesté restent sans exécution. D'après cela, il est impossible que le service puisse se faire, et les inconvénients les plus graves peuvent en résulter. Je ne connais pas les raisons que vous avez d'en agir ainsi; mais, si cela doit durer, je vous prie de me le dire franchement , parce qu'il est juste que je puisse me justifier, si je suis hors d'état de remplir le poste qui m'a été confié.

— aeo —

« Je puis vous faire ma profession de foi et vous assurer que, n'ayant aucune espèce de prétention, je ne cherche que le bien du service et me renferme absolument dans les ordres et les volontés du roi. Je vous prie dans cette circonstance de mettre de côté toute prévention, parce que vous ne pouvez trouver en moi qu'un bon et franc camarade.

« 11 serait indispensable que vous me fissiez connaître la dislocation de votre corps d'armée, en m'indiquant les différents quartiers généraux de vos généraux, afin que je puisse répondre aux questions de Sa Majesté. »

Un nouveau sujet de mécontentement vint s'ajouter à ceux que nous venons d'exposer. Le roi de Westphalie voulut passer en revue les deux divisions d'infanterie et la cavalerie du 8® corps ; mais comme le jeune souverain aimait le faste, la représentation, au lieu de venir seul ou avec ses aides de camp, il voulut voyager avec six voitures de gala, ses chambellans et les personnes de sa cour. Il fit écrire le 24 mai à Vandamme par le général Marchand :

« Monsieur le général, j'ai l'honneur de vous envoyer ci-joint l'itinéraire que tiendra Sa Majesté pour une revue qu'elle doit passer d'une partie des troupes sous ses ordres.

« Le roi devant partir le 30 de Lukow pour se rendre le même jour à Pulawi, passera par Kock, où le général Hammerstein devra faire te-

nir prête une escorte de cinquante hommes avec six chevaux de troupes pour les personnes à la suite de Sa Majesté qui seront dans le cas d'aller à cheval.

« Le général Hammerstein devra en outre faire rassembler à Kock quarante des meilleurs chevaux de Irait des environs, qu'il fera demander chez les seigneurs, pour être attelés et conduire six voitures du roi jusques à Miechow, où il se trouvera un relais de chevaux d'artillerie fournis par le 7® corps. Je vous prie de donner des ordres en conséquence au général Hammerstein.

• Sa Majesté voulant passer la revue de votre première division le 1®' juin, et venir coucher le même jour à Varsovie, il sera nécessaire que vous fassiez former deux relais de trente-six chevaux d'artillerie chacun, et dans chaque relai il devra y avoir six chevaux de troupes ou de paysans pour les courriers ouécuyers de Sa Majesté. Vous demanderez aussi au général Hammerstein de vous envoyer cinquante hussards pour former deux escortes de vingt-cinq hommes chacune, pour accompagner le roi. Je vous prie de me faire connaître les endroits où vous établirez les relais, afin que Sa Majesté sache où elle devra se diriger en passant la Pilica •

« Si vous avez un emplacement plus central que Géra et qui convienne mieux pour votre revue, je vous engage à le faire savoir à Sa Majesté

à Kosenioe, d'où je ferai en Borte de voud écrire le 31 pour vous indiquer l'heure précise où le roi pourra arriver au lieu de la revue. •

Vandamme était plus soldat que courtisan et faisait la guerre pour de bon. Il ne pouvait admettre que Ton fatiguât inutilement les chevaux du pays, si nécessaires pour les charrois, et ceux de l'artillerie, épuisés par le défaut de nourriture, tout cela pour traîner pompeusement six voitures de gens de cour. Comme il ne savait pas se taire, ses observations parvinrent aux oreilles du roi , dont le mécontentement contre son chef du 8® corps ne fît qu'augmenter.

A la fin du mois de mai, ^l'Empereur reçut de son frère des plaintes sur Vandamme ; et, des autorités du pays, des plaintes d'un autre genre sur les réquisitions faites par les troupes westphalionnes. Il fit écrire par Berthier au général, le 1" juin :

« Monsieur le général Vandamme, l'Empereur m'ordonne de vous témoigner son extrême mécontentement sur les excès commis pai* les troupes du contingent de Sa Majesté le roi de Westphalie,dans tous les lieux où elles ont passé. Les plaintes sont générales à cet égard. L'Empereur vous ordonne de rétablir Tordre dans le corps que vous commandez, de faire fusiller ceux qui se rendraient coupables de délits envers les habitants, de renvoyer en Westphalie ceux de leurs officiers qui se permettraient d'exiger des traitements ou des

fournilures qui ne seraient point autorisés pour les autres corps d'armées. »

A la réception de celte lettre de reproche qui Il était nullement fondée, puisque Vandamme prenait tous les moyens possibles pour éviter les exactions et maintenir la discipline, le commandant du 8* corps répondit au major général, le 4 juin :

• Rien ne pouvait me faire plus de peine que la lettre que Votre Altesse m'a écrite de la part de l'Empereur pour me témoigner Texlréme mécontentement de Sa Majesté sur les excès commis par les troupes westphaliennes. Il parait exister un plan contre le 8^ corps et je vois avec une grande affliction qu'on est parvenu à faire entendre à l'Empereur une foule de plaintes qui joignent à la noirceur la plus complète l'exagération la plus outrée. J'affirme que jamais des troupes ne se sont conduites avec plus de réserve, avec plus de soumission que celles du 8^ corps. Elles sont encore jeunes, inexpérimentées , mais elles ont été continuellement maintenues dans le devoir et ont montré peu de dispositions à s'en écarter. S'il s'est commis quelques abus, ils étaient inséparables de la marche d'une armée et ils doivent être tous rapportés à des causes qui nous sont étrangères ; ils n'ont pu être produits que par l'absence des autorités locales ou l'ignoi^ancc de celles à qui nous pouvions encore nous adresser ; par le défaut d'administration, le manque de moyens de trans^

port, et surtout parce qu'on n'avait pris aucune mesure pour nous recevoir et que le soldat n'a eu qu'à partager la misère de la plupart des habitants. Le moindre excès a toigours été puni sévèrement. Justice a été rendue dès qu'on l'a réclamée ; mais les énormes torts qu'on nous suppose se réduisent à quelques poules tuées, quelques bœufs emmenés, et chaque fois les corps ont été contraints à payer le dommage qu'ils avaient causé. J'ai accueilli toutes les plaintes qui m'étaient présentées ; je puis dire même quej'en ai mendié. Le prévôt et les officiers de gendaimerie ont été chargés d'examiner scrupuleusement tous les crimes imputés à nos soldats ; vérification faite, on a sans cesse reconnu que dans les réclamations on portait un esprit d'exagération ridicule, et constamment on a obtenu une rétractation de la part même des dénonciateurs. Les archives de l'état-major et de la prévôté contiennent des pièces qui attestent ces faits.

« Les autorités de ce pays semblent s'être tracé une conduite qu'elles suivent fidèlement. Lorsque nous sommes arrivés, on élevait des plaintes graves contre le corps saxon , on cherchait à nous persuader que tout était dévasté, qu'il ne restait plus aucune ressource; d'après les éloges que nous avions reçus dans le duché de DessaU; en Saxe, en Finisse, on se félicitait même que nous vinssions remplacer le T corps. Maintenant, c'est contre nous qu'on se déchaîne, mais

on se prépare aussi à ne point épargner Tarmée d'Italie , dont on témoigne une peur extravagante, et à laquelle sans doute on ne manquera pas de faire supporter les imputations les plus mensongères .

« Je puis assurer à Votre Altesse et je la prie d'en présenter la certitude à l'Empereur, que tous les généraux du 8® corps ont été attentifs à prévoir et à punir rigoureusement les plus légers délits ; que la gendarmerie, qui est parfaitement organisée, a exercé une surveillance très-active, que des officiers d etat-major porteurs d'instructions très-sévères ont parcouru les cantonnements pour y faire régner le bon ordre, donner connaissance des intentions de TEmpereur et du roi, et annoncer une punition exemplaire à ceux qui montreraient une conduite blâmable. Nous n'avons eu réellement a réprimer que la désertion, plusieurs exécutions ont eu lieu. La retenue et les bonnes dispositions du corps westphalien me faisaient me féliciter d'en avoir le commandement et j'étais loin de m'attendre qu'il se trouverait en butte à des accusations aussi perfides. Que Votre Altesse veuille bien avoir l'assurance que les reproches faits au 8® corps n'ont aucun fondement, qu'il est dans des principes et dans un esprit tout autres que ceux qu'on a voulu lui prêter, et qu'il est vraiment incapable des excès qu'on lui suppose ; qu'elle veuille bien aussi se persuader que j'apporte des soins continuels et presque minutieux

à contenir mes troupes dans le slricl devoir et que c est au maintien de la discipline la plus exacte que j'applique une partie des efforts que je ferai toujours pour prouver à l'Empereur quil peut voir en rnoi le sujet le plus dévoué et le plus respectueusement attaché. ■

Le 8° corps cependant fit un mouvement dans les premiers jours de juin et vint occuper Karczew, Stanislawow, Kamienczik et la gauche de la Narevv, sa cavalerie légère sur la rive gauche du Bug couvrant le front de la position. Le quartier général s'établit à Varsovie même. Le 15, un nouveau mouvement porta les troupes vers le nord sur Pultusk et Sierock, sur la rive droite du Bug. Le 7* corps (Saxons de Réj'nier) eut ordre de remplacer le 8® dans son camp d'Okoniew et dans ses positions qu'il quittait. Le roi porta le 16 son quartier général à Pultusk.

En arrivante Sierock, Vandamme écrivit au roi, le 17 juin :

« J'ai visité et reconnu à fond la position offensive et défensive de Sierock. J'ai tracé le camp de la 23® division. Le général Tharreau a les ordres convenables en cas qu'il ait à se défendre ici, ou à secourir Pultusk. Les ponts et les têtes de ponts sont peu avancés, et à chaque heure nous pouvons avoir à les défendre ou à nous en servir pour dcl)oucher sur le Bug ou sur le Narcw. Le général AUix dispose cependant à tort

-Solde tout le monde et ne voit que les ponts. Le major Phuff, commandant l'artillerie du 8® corps et que je croyais à son parc, est ici, à mon grand étonnement, à jouer le rôle d'officier de sapeurs ou de pontonniers, tandis que le colonel Uliac est chargé spécialement de cette partie. Le major Phuff abandonne toute Tartillerie du corps westphalien dont il est spécialement responsable, par zèle et par reconnaissance envers le général Allix. Comme ce désordre compromet tout, j'ai dû m'en fâcher fortement et je prie Votre Majesté de défendre au général Allix commandant Tarlillerie, les ponts et le génie de l'aile droite, de disposer du commandant de mon artillerie, car en ce moment cette arme est loin d'être à la hauteur de ses besoins, etc. »

Le 20 juin, le 8® corps se mit en marche sur Grodno par Nowogrod et Rozan et s'établit le 21 dans cette dernière ville.

Les vivres étaient si mal assurés, les distributions manquaient si souvent que les troupes allemandes, assez disposées au pillage par leur nature, commettaient mille désordres sur leur passage. Le roi mit à l'ordre de l'aile droite, le 29, des dispositions sévères pour remédier au mal. Vandamme prescrivit de lire cet oi^re à la tête de chaque compagnie, avertissant que tout pillard serait immédiatement traduit devant une commission prévôtale et fusillé dans les vingt-quatre heures.

Le 30, le 8^ corps vint à Lipsk, continuant sa marche sur.Grodno où il entra le 2 juillet. . Le 3 juillet, Vandamme, désespéré de ce que le 8^ corps manquait de tout, ne recevait aucune distribution régulière, voyant qu'il ne pouvait empêcher des hommes mourant de faim de prendre ce qu'ils trouvaient pour leur nourriture, à bout de patience, eut l'imprudence d'écrire au roi la lettre suivante :

« Sire, les maux du 8® corps sont à leur comble, et si Votre Majesté ne daigne pas remédier à la situation affligeante dans laquelle se trouvent tous les corps, je serai forcé de la prier de me permettre de céder à un autre le commandement dont l'Empereur m'a honoré. Il est impossible de supporter plus longtemps ce qui se passe autour de moi. L'ordre a disparu, la \\olence règne partout au nom de Votre Majesté. L'on viole toutes les formes et les convenances ; Polonais et Westphaliens s'en plaignent et personne ne semble en avoir averti Votre Mcgesté. J'y suis donc obligé autant par mon devoir qiie par mon attachement à votre personne. Je prie Votre Majesté de se pénétrer de notre situation; elle y est doublement intéressée et il n'y a plus de temps à perdre. Les résultats les plus affreux ne 'peuvent que naître d'un désordre aussi inouï. Les rapports ci-joints prouveront en partie à Votre Mcyesté ce qui se fait en son nom. »

Vandamme, ignorait lorsqu'il écrivit celte lettre,

que le roi de Westphalie s'était déjà plaint à différentes reprise, à l'Empereur du caractère difficile et des exigences du commandant de son 8** corps, et que l'Empereur fatigué avait, dans un moment de mauvaise humeur, répondu à son frère doter le commandement des Westphaliens au général, s'il en était mécontent.

Le jeune roi, profitant delà demande que Vandamme semblait lui faire de résilier ses fonctions, lui écrivit le jour même, 3 juillet :

« Je reçois votre lettre d'aujourd'hui. Dans ce que vous appelez désordre je ne vois au contraire que 1 etabUssement régulier des mesures que jai prescrites, personne n'ayant le droit de se servir soimême.

« Les lettres de l'ordonnateur du 8® corps que vous me soumettez comme une preuve du désordre me font voir au contraire que les chevaux de votre corps ont reçu un demi-boisseau de seigle, que les hommes ont eu demi-ration de pain et que la ration sera complétée ce soir. Je ne vois rien là qui ressemble au désordre; en conséquence, d'après votre lettre, comme je ne changerai rien à Tordre établi, vous êtes autorisé à vous rendre à Varsovie où vous attendrez les ordres de S. M. l'Empereur auquel jenvoie votre lettre en lui rendant compte de ce qui se passe.

« Vous remettrez le commandement du 8® corps

au général de division Tharreau auquel je viens

d'expédier l'ordre de le recevoir de vous. » 11. 2

Vandamme ne s'attendait pas à une solution de ce genre, puisque de fait il n était nullement dans son tort en demandant que l'administration veillât à ce que des distributions régulières fussent faites. Il fut attéré et écrivit immédiatement à l'Empereur :

« Votre Majesté aura déjà reçu le rapport du roi de Westphalie au moment que la présente pourra lui être remise.

« Sur une représentation aussi fondée que respectueuse que j'ai adressée au roi et dont je joins ici copie, il a plu à Sa Majesté de me retirer le commandement du 8® corps et de m'envoyer à Varsovie attendre les ordres de Votre Majesté Impériale et Royale. Ne pouvant en ce moment trouver de chevaux pour me porter sur Varsovie ni sur Vilna, je me suis vu forcé d'attendre a Grodno les ordres qu'il plaira à Votre Msgesté de me donner.

• Sire, c'est après avoir fait tous les efforts possibles pour mériter la confiance du roi de Westphalie et que je croyais y avoir quelques droits, que je me trouve tout à coup sans commandement.

« Je supplie Votre Majesté de ne pas oublier mes lions et anciens services et d'être persuadée que je n'ai eu d'autres torts ici que d'avoir été desservi auprès du roi qui hier encore me comblait de ses laveurs.

* Je prie Votre Majesté de ne pas me laisser

plus longtemps dans Tanxiété qui m'accable, au moment où il y a des Russes à combattre. >

Le 8® corps quitta Grodno, se porta en avant. Vandamme le suivit de loin et s'avança jusqu'à Bielitsa, à un jour de Nowogrodeck. De là, il écrivit le 11 juillet au roi :

« C'est à Votre Majesté que je m'adresse avec coutiance pour la prier de faire cesser mes incertitudes. N'ayant pas encore reçu les ordres de TEmpereur je n'ai pu rester plus longtemps à Grodïio, si éloigné des armées où l'on pourrait avoir à combattre les Russes.

« Le motif qui a déterminé Votre Majesté à m'éloigner d'elle n'a rien de coupable ; je pense qu'il dépendra beaucoup de Votre Majesté que je reprenne le commandement du 8® corps où je n'ai cessé de faire tout mon possible pour le bien de son ser\ice et l'avantage de ses troupes.

• Les bontés multipliées dont Votre Majesté m'a honoré durant cette courte campagne où je n'ai pu rien faire pour prouver toute ma reconnaissance et mon attachement à votre personne, me donnent l'assurance que Votre Majesté daignera me dire ce que je puis espérer, n'ayant commis aucune action qui ait pu me faire démériter.

• C'est à Bielitsa que je suppUé Votre Majesté de rae faire parvenir ou ses ordres ou un mot de réponse. »

Vandamme s'était fait trop d'ennemrs dans l'entourage du roi, pour que Jérôme revînt sur sa

décision ; il lui fit écrire le 15 de Nieswisz par son secrétaire le baron de Sorsum :

« Monsieur le comte, Sa Majesté reçoit la lettre que vous lui adressez de Bielitsa, en date du 11 courant, et elle m'ordonne de vous informer que TEmpereur a approuvé que le général de division Tharreau fût chargé du commandement du 8® corps, et des instructions lui ont été adressées en conséquence. Le major général annonce qu'il vous fera connaître à Varsovie les ordres de TEmpereur.

« Sa Majesté le roi, d'ailleurs, par une nouvelle disposition, étant appelé de sa personne sur un autre point, a remis le commandement des différents corps de Taile droite au prince d'Eckmùhl. »

Gomme on le voit, la lettre de Varidamme était parvenue au roi de Westphalie , précisément au moment ou ce prince abandonnait l'armée, choqué de la conduite à son égard de l'Empereur qui le mettait sous les ordres de Davout, et plus encore de la façon d'agir du maréchal qui lui annonçait brutalement son intention de réunir les troupes de l'aile droite dans sa main.

Ces nouvelles, la lettre du baron de Sorsum, firent comprendre au malheureux Vandamme, au désespoir de quitter l'armée lorsqu'elle allait sans doute aborder rennemi, qu'il ne pouvait conserver d'illusion, et qu'il n'avait plus qu'un parti à

prendre , celui de chercher à voir l'Empereur; il écrivit donc le 48 au major général :

« D'après les bruits qui se répandent à Grodno que les Russes voulaient se battre du côté de Mir, et pensant que le 8* corps aurait pu m'étre rendu, je m'étais empressé de m'avancer vers le quartier général du roi de Westphalie, en prévenant Sa Majesté que je suivrais la route que ses troupes avaient tenue. Hier soir, j'ai appris que l'Empereur avait donné le commandement de ce corps au général Tharreau, que le roi ne commandait plus l'aile droite, et que sous peu je recevrais une nouvelle destination qu'on me ferait connaître à Varsovie.

« Je ne puis qu'être extrêmement sensible à ce qui m'arrive, n'ayant rien fait pour démériter des bontés de Sa Majesté Impériale et Royale. Sans doute on m'aura chargé des torts des autres, et Ton sera parvenu, à force de mensonges, à aigrir mon souverain contre moi. Quoi qu'il arrive, je n'ai rien à me reprocher, j'en appelle à tout ce qui est braves gens à l'armée westphalienne et estimable à la cour du roi. J'aurais grand besoin de voir l'Empereur, afm de n'être pas victime de faux rapports, mais je dois encore tout espérer et attendre avec confiance que Sa Majesté daigne me rendre justice.

« J'ose prier Votre Altesse de me faire expédier copie des ordres de Sa Majesté, car je pense que les dépêches qui m'ont été adressées à Varsovie

mettront trop de délai à me parvenir. Ce sera une nouvelle obligation à ajouter i celles que, depuis si longtemps, les bontés de Votre Altesse me font contracter envers elle. »

Cette leltre étant restée sans réponse, le 27 juillet Vandamme écrivit de nouveau à Berthier :

« La situation pénible dans laquelle je me trouve me force à interrompre encore Votre Altesse. Lorsque le roi de Westphalie a cru devoir m'ôter le commandement que l'Empereur m'avait confié, j'ai sollicité les ordres de Sa Msgesté Impériale et Royale, et tenant fortement à ne pas m'éloigner de l'armée, je les ai attendus à Grodno. Ne recevant malheureusement aucune réponse, et pensant que l'ennemi nous attendrait entre le Dnieper et la Dwina, je me suis établi àBielitsa, d'où j'ai expédié à Votre Altesse un aide de camp qui, n'ayant pas pu outrepasser Vilna, d'après les intentions de l'Empereur, a été obligé de déposer chez le gouverneur les dépêches par lesquelles je priais instamment Votre Altesse d'avoir la bonté de me donner copie des ordres de l'Empereur, que le roi m'annonçait avoir été. envoyés pour moi à Varsovie. Cette leltre reste sans réponse, mon espoir est toi]gours trompé et ma position ne fait qu'empirer. Les armées sont en pleine marche, je reste en arrière sans aucune destination. Je suis au milieu d'un pays ruiné où j'épuise largent que j'avais encore, et où il m'est impossible de me rien procurer des quatre mois d'appointements qui

me sont dus. Je suis enfin réduit à Tétat le plus complet de privations, de tristesse et de la plus cruelle incpiiétude. Je supplie Votre Altesse de daigner faire cesser cette anxiété trop accablante, et de me rappeler au souvenir de l'Empereur. Sa Majesté ne refusera pas, cerne semble, d'entendre plaider en ma faveur, lorsqu'Elle voudra bien examiner que, dans cette occasion, je ne me suis acquis aucuns torts, que c'est toujours dans la vue du bien du service que j'ai dirigé toutes mes actions, et que personne plus que moi n'a mis d'ambition à lui prouver un véritable attachement. Il est douloureux qu'en un moment et pour une cause qui m'est tout à fait inconnue, je perde le fruit de tous] mes services et me voie retirer la bienveillance que le souverain daigne souvent me témoigner. Mon désespoir est à son comble, Monseigneur, et Votre Altesse voudra bien, sans doute, contribuer de tout son pouvoir à y mettre un terme. Elle a eu pour moi des bontés si mul-^ tipHées, que j'ose espérer un nouveau témoignage de l'intérêt qu'Elle m'a tant de fois accordé. Je réclame que mon sort soit fixé ; j'ose surtout réclamer qu*on se rappelle ma conduite passée, celle que j'ai lenue dans cette circonstance, mon attachement à mes devoirs, et les sentiments d'amour que j'ai toujours professés pour Sa Majesté Impériale et Royale . »

Le 4 août, Vandamme, toujours à Bielitsa où il attendait une réponse à ses lettres, réponse qui

n'arrivait pas, écrivit pour la troisième fois au major général :

« Nous sommes au 4 août et ma position n'est point changée. Je n'ai reçu aucune réponse aux différentes lettres que j'ai écrites les 3, 18, et 27 juillet. J'ai prié les gouverneurs de Varsovie, Grodno et Vilna, de me faire parvenir les ordres qui leur seraient adressés pour moi. J'ai interrogé tous les courriers qui passaient sur ce point. Toutes mes démarches ont été infructueuses. Je ne sais à quoi attribuer un silence aussi accablant et j'en éprouve un véritable désespoir. Ne pouvant davantage supporter cette situation affligeante, je suis forcé de prendre le dernier parti d'envoyer auprès de Votre Altesse le capitaine Pommereul, mon aide de camp. Je supplie Votre Altesse de me faire connaître ma destination par le retour de cet officier. Je sollicite comme grâce particulière de reprendre le commandement du 8® corps, et Votre Altesse m'obligera éminemment en m'ohtenant cette faveur. Je place toute ma confiance. Monseigneur, dans la bienveillance que Votre Altesse m'a si souvent témoignée, et dans l'intérêt qu'elle daignera prendre à ce qu'en un seul instant, et sans m'étre acquis aucuns torts, je ne sois pas privé des bontés de mon souverain.

« J'ose renouveler à Votre Altesse les assurances de mon respectueux attachement et les expressions de la vive gratitude que je ne cesse de lui conserver, »

Celle lettre était expédiée depuis quelques jours, lorsque Vandamme reçut dé Berthier celleci, datée de Witebsk, 6 août :

« Monsieur le général comte Vandamme, j'ai mis sous les yeux [de l'Empereur les lettres que vous m'avez écrites.

« Sa Majesté ne vous ayant pas autorisé à quitter votre commandement, Elle a dû, à cause de votre absence, vous remplacer : ce qu'EUe a fait. En conséquence, vous n'êtes plus employé dans l'armée, et vous devez rentrer en France, où vous serez à la disposition du ministre : j'en préviens le ministre de la guerre. »

L'empereur, mécontent de la marche des affaires à sa droite, mécontent de son frère, mécontent de Davout, mécontent de tout le monde, s'en prenait à tout le monde et faisait passer sa colère sur tout le monde. Il était injuste envers Vandamme, puisqu'il lui imputait à crime d'avoir quitté son commandement sans ordres tandis que le malheureux général n'avait fait qu'obéir à un ordre formel de son général en chef autorisé par l'Empereur lui-même.

Vandamme ne fut pas replacé et rentra en France. Il se rendit â Gassel, où il resta jusqu'à la fin de l'année. Il avait été mis par lettre de Berthier en date du 6 août à la disposition du ministre de la guerre, mais laissé sans emploi.

Au commencement de 1813, le général vint à Paris et vit l'Empereur qui, ne voulant pas sepri-

ver plus longtemps des services d'un tel homme de guerre, lui promit non-seulement de remployer activement, mais de lui donner même une position qui lui permit de réparer le temps perdu et de conquérir de nouveaux droits à l'objet de sa légitime ambition, la dignité militaire du maréchalat.

En effet, Vandamme reçut ses lettres de service le 17 mars 4813, pour aller prendre à Wesel le commandement de deux divisions d'infanterie en organisation dans la 25® division et d'une autre dite de réserve.

Ces deux divisions se formaient avec les 4® bataillons des deux premiers corps de la grande armée, sous les généraux Dufour et Dumonceau, la division de réserve avec les 3*, 105® et 29* de ligne, et les bataillons de marche des 30® et 31®. Elles avaient ordre de se réunir ensuite dans la 32® division territoriale en se portant sur Munster, Osnabrûck, Brème, Hambourg, où commandaient les généraux T^oison et Carra- Saint*Cvr.

En envoyant à Vandamme ses instructions, le ministre de la guerre lui recommandait de partir en poste, d'être à Wesei le 25 mars au plus lard, d'amioncer la marche de troupes nombreuses destinées à réprimer les mouvements insurrectionnels de la 32® division militaire, de faire grand bruit de son arrivée et des forces qui le suivaient; de faire établir à Osnabrûck des commissions

pour jug8r les perturbateurs ; de correspondre avec le vice-roi commandant alors la grande armée ; avec le général Lauriston commandant le corps d'observation sur l'Elbe, avec le major général Berthier qui avait repris ses fonctions.

En arrivant à Wesel le 26, Vandamme trouva Tordre de marcher sur Brème avec trois ou quatre bataillons, laissant les autres généraux former leurs di\isions. Le général Loison était averti de se rendre à Munster avec cinq ou six cents homraee. Ces dispositions étaient faites pour réprimer les mouvements insurrectionnels qui semblaient menaçants.

Un fait assez bizarre c'est que le roi Jérôme en apprenant que Vandamme arrivait à Wesel lui écrivit le ââ mars : J'ai appris avec plaisir que Sa Majesté venait de vous donner une destination active et qu'elle vous rapprochait de mes États. Je prendrai toujours part à ce qui pourra vous être agréable, etc.

Deux jours après avoir expédié cette lettre, le roi de WestphaUe écrivit de nouveau au général :

« Après avoir répondu à votre lettre et avoir envoyé ma réponse à Wesel, où je vous croyais encore, je viens d'apprendre par une lettre de S. M. l'Empereur que vous deviez arrivera Osna- ^çk avec un corps de troupes. Je suis informé à l'instant de votre arrivée en cette ville et je m'empresse de vous envoyer un de mes officiers d'ordonnance afin de connaître à quelle époque

vous aurez une ou deux divisions ' en état . d'agir et de pouvoir combiner mes mouvements avec les vôtres pour que nos opérations puissent s'accorder.

« Je désire que vous me fassiez connaître par le retour de mon officier d'ordonnance quels sont les mouvements que vous comptez faire et avec quelles troupes vous les exécuterez; de mon côté, j'espère, à la fin de la semaine prochaine ou dans les premiers de la suivante, avoir douze bataillons d'infanterie, deux mille chevaux et trente pièces de canon . J'ai indépendamment de cela deux bataillons à Dantzick, quatre à Custrin et quatre à Magdebourg.

« Cette lettre n'étant à d'autre fin, je prie Dieu qu'il vous ait, monsieur le général comte Vandamme, en sa sainte garde. »

Avant d'aller plus loin nous croyons utile de faire connaître en quelques mots la situation des choses dans la 32® division militaire et les rapports avec la France du gouvernement danois, dont les troupes étaient à Hambourg.

Par le traité de Fontainebleau, l'Empereur s'était engagé vis-à-vis le Danemark à lui garantir l'intégrité de son territoire ; aussi pendant l'année 1811, la cour de Suède ayant fait faire des ouvertures à Paris pour qu'on lui prêtât assistance dans l'accomplissement de ses désirs de réunir la Norwége à son territoire. Napoléon fil répondre qu'il ne pouvait, en vertu de ses stipu-

lations avec le cabinet de Copenhague, donner son consentement au démembrement de son allié.

La Suède s'éloigna alors de la France et se rapprocha de l'Angleterre. L'année suivante, 1812, la guerre devenant imminente avec la Russie, le cabinet de Stockholm revint à la charge, proposant de faire cause commune avec nous, si nous consentions à lui laisser prendre la Norwége. Le cabinet des Tuileries refusa, ayant, disait-il, les mains liées par le traité avec le Danemark. La Suède, dès ce moment, ne garda plus de mesure ; elle s'entendit avec l'Angleterre et le czar.

Napoléon, cependant, décidé à porter la guerre au centre de la Russie, rassembla dans sa main tous les moyens d'action des puissances qu'il traînait à sa suite, pour les opposer aux armements de son redoutable adversaire.

Les troupes danoises durent fournir leur contingent, mais elles ne bougèrent pas de leur pays et de la 32® division militaire, dont Hambourg était le cheWieu. Ces troupes formèrent, sous les ordres du général de division Ewald et des généraux de brigade Wegener et Dorrien, une division de deux brigades composée de onze bataillons, de huit escadrons, avec un matériel de cinquante bouches à feu, et ayant un effectif réel, au l®*" juin 1812, de neuf mille quatre cents combattants.

Cette belle division se trouva, au commence-

ment de Thiverde 1812 à 1813, ainsi que le goo* vemement danois, dans une position assez critique. L'armée française, détruite par les glaces et la famine, avait évacué uue grande partie du pays que lui avait conquis ses victoires aux embouchures des fleuves. Hambourg fut abandonné en mars; le Danemark était menacé par la Suède et par la Russie. Le cabinet de Copenhague montra de rhésitation. Il voyait la Norwége lui échapper ; la France ne lui paraissait pas capable de le défendre efficacement ; le roi s'adressa à l'Empereur pour sortir de cette situation critique. Napoléon, tout en laissant une sorte de liberté d'action au Danemark, espérant le retenir encore quelques jours dans son alliance par de bons procédés, lui renvoya quatre équipages d'excellents matelots danois qui montaient quatre bâtiments de la flotte de l'Escaut. Il savait bien que le moment n'était l)as loin où, grâce à l'énergique défense du prince Eugène qui avait réorganisé les débris de la Grande-Armée sur l'Elbe, grâce à sa prodigieuse activité pour la formation d'une armée nouvelle dirigée de la France sur le Nord, grâce à l'ascendant de son génie, il allait pouvoir reparaître en vainqueur dans la lice et faire probablement changer les dispositions hostiles de bien des alliés douteux.

En effet, dès le commencement d'avril 1813, et lundis que l'Angleterre faisait offrir au Danemark, s'il voulait entrer dans la coalition contre

nous, de lui donner les départenlente de la 32* division militaire en compensation do la Norwége, des troupes françaises s'acheminaient, sous le comnandemeht du prince d'Eckmûhl et du général Vandamme, deux des hommes les plus vigoureux de l'armée, vers les embouchures du Weser et de l'Elbe.

La politique du Danemark, cependant, avait Héchi devant les circonstances, les dangers et Téloignement des secours. Le roi parut consentir, non pas à la cession de la Norwége, mais à couvrir Hambourg et à tenir cette ville à l'abri même des armées françaises pendant le temps de la guerre, si on voulait lui garantir Tintégrité de son territoire. Deux plénipotentiaires furent envoyés pour achever cette négociation, l'un à Londres, l'autre à Saint-Pétersbourg. M. de Berensdorff fut mal reçu par le prince régent, qui refusa de lire la lettre du roi de Danemark et déclara qu'il ne pouvait y avoir de traité si, au préalable, la Norwége n'était cédée à la Suède. M. de Moltke fut éconduit à Saint-Pétersbourg, et le prince Dolgorouki fut désavoué comme ayant outrepassé ses pouvoirs en consentant à la convention faite avec le cabinet de Copenhague. Ainsi, au moment où les armées françaises s'approohaient du Weser et de TElbe, au moment où les troupes de Napoléon allaient être en présence des troupes danoises, le cabinet de Copenhague se trouvait sans alliance avec les puissances coalisées et presque eu hostilité avec

nous. La situation politique et militaire de ce malheureux pays devenait donc de plus en plus singulière et dangereuse.

Tel était Tétatdes choses à la fin de mars 1813, lorsque Vandamme, nommé commandant supérieur de la 32® division militaire et précédant avec quelques bataillons les deux divisions en formation dans le nord, lança de Wesel aux habitants de la Lippe, des Bouches-du-Weser et de l'Elbe, une proclamation pour leur annoncer les intentions de TEmpereur. Le chef-lieu de la 32® division miUtaire, la ville de Hambourg, que les Danois avaient promis de défendre contre nous, était occupée alors par les troupes russes du général Tettenborn. En outre, Altona, ville danoise, qui est, pour ainsi dire, un des faubourgs de la riche citée anséatique , avait pour garnison une partie delà division Ewald, alors passée sous les ordres du général Wegener. Le commandant de la place d'Altona était le colonel Haffner, jouissant do la confiance et de Tamitié de son souverain, et ayant sa pensée tout entière.

Vandamme avait ordre de marcher sur Brème, de refouler l'ennemi, de mettre en état de siège la 32® division et de pousser sur Hambourg pour s'en emparer de vive force, si besoin était.

Le 26 mars, en arrivant à Wesel, Vandamme lança la proclamation suivante :

Aux habitants da département de la Lippe, des Boudies-da- Weser et de ÏElbe, etc.

« Je suis envoyé par S, M. rEmpereur Napoléon le Grand, notre auguste souverain, à la tête d une armée considérable pour vous défendre et vous protéger. Les troupes maintiendront partout la discipline la plus sévère ; elles n'oublieront pas qu'elles sont en France. Vous leur prouverez, j'espère, que vous ne leur êtes pas étrangers.

€ Je dois vous prémunir contre les criminelles suggestions de nos ennemis, qui parcourent le pays en fomentant des troubles. Déjà des courriers ont été insultés, des militaires maltraités et même des voyageurs particuliers dévalisés. De tels atteutats ne peuvent avoir pour auteurs que des ennemis de la gloire de la France. Ces lâches disparaîtront bientôt : la sûreté publique, et celle des troupes que l'Empereur a daigné me confier, Texigent.

Esclave de mon devoir et soumis à mon maître, les mesures sont prises pour que tout rassemblement armé soit dissipé par la force des armes et que tout individu convaincu d'avoir attenté à la sûreté publique ou particulière soit à l'instant traduit devant l'une des quatre commissions militaires établies à Wesel, Munster, Osnabruck et Brème , et exécuté à l'instant de sa condamnation.

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