LE PRINCE EUGENE A VANDAMME
« Magdebourg, !•' ftrrii 4813.
• Monsieur le général comte Vandamme, Sa Majesté le roi de VVestphalîe vient de me faire passer copie de votre lettre du 28 mars et copie de sa réponse. Il me tardait de vous voir arriver sur le Weser et c'est avec satisfaction que je vois que votre l"** division sera le 5 à Brème. Il faudra qu elle fournisse un poste à Verden, et votre 2* division qui sera le 10 à Minden détachera des troupes à Nieubourg. Vous ferez continuer le travail que j'ai ordonné à la tête de pont de Minden ; il y a un officier du génie chargé de cette opération. Je vous recommande de donner des ordres pour la police des bacs et bateaux en faisant couler
ccuxque Ton ne pourrait réunir dans les différentes villes de Brème, Verdeu, Minden, Nieubourg.
« Je m'établis demain sur la rive droite de l'Elbe avec six divisions et près de 3,000 chevaux. Le prince d'Eckmûhl occupe le bas Elbe avec 17 bataillons, et j'ai formé un corps d'observation de 12 bataillons et 2,000 chevaux sous les ordres du général Sébasliani, pour poursuivre les partis qui ont passé l'Elbe entre Verden et Hambourg, au nombre de 5 à 6,000 hommes, infanterie et cavalerie. Le général Sébastiani doit chercher à rallier le général Morand * qui est entre Brème et Hambourg. J'ai besoin de faire rentrer dans mes divisions les troupes qui se trouvent en ce moment sous les ordres des généraux Morand et Garra-Saint-Gyr. 11 est d'autant plus essentiel que vous arriviez promptement à Brème que les Russes et Prussiens jettent des partis sur la rive gauche de l'Elbe par Hambourg et Boizenbourg, s'établissent à Lunebourg et se lient aux Anglais qui, au nombre de 500 hommes, ont débarqué à Guxhaven; en même temps on travaille le pays pour le porter à se soulever. Il n'y a que la présence d'une force militaire imposante qui puisse mettre ordre à tout cela. »
VANDAMME AU MAJOR GENERAL
« Brême, 4 avril 1813.
t Monseigneur, conformément aux intentions
de Voire Excellence, M. le général Diimonceau est allé s'établir à Minden, où se réunira la division qu'il doit commander. Il communiquera avec le général Boursier, qui est à Hanovre, avec le général Hammerstein, qui se trouve maintenant à Hildesheim avec un corps westphalien et avec le corps de partisans français qui est à Celle.
« Je suis de suite entré en correspondance avec le général Lemarrois pour le prier de presser autant que possible l'organisation des bataillons et la formation de l'artillerie qui me sont destinés. Les instructions les plus positives sont données sur la route pour qu'on hâte la marche des troupes et qu'on dirige de suite sur Minden celles qui appartiennent au général Dumonceau.
t Les ordres sont expédiés pour qu'on marche sur les rassemblements. J'ai prescrit de désarmer le pays, de réoccuper les côtes et les batteries dont les insurgés se sont emparés. Des commissions militaires sont établies ; elles jugeront ceux accusés d'avoir été auteurs ou complices des révoltes.
« J'ai l'honneur d'adresser à Votre Excellence copie d'une lettre par laquelle le général Carra- Saint-Cyr me donne la presque certitude que le général Morand, après avoir été blessé, a été fait prisonnier. J'ai ordonné au baron Carra-Saint- Cyr de rester réuni à Ottersberg avec sa division,
de faire éclairer le pays fit de se tenir prêt à tout événement. Je prescris à ce général de marcher cependant sur Tennemi s'il apprenait que le général Sébastiani attaquât les troupes du duc d'Oels, ou que le général Morand ne fut pas réduit.
« Je prie instamment Votre Excellence de vouloir bien renouveler ses ordres pour que tput ce qui doit composer mes divisions me soit promptement expédié. Je n'ai aucune artillerie Jes bataillons manquent d*officiers. Je n*ai point de généraux de brigade, ni un seul officier d'état-major, ni rien du personnel administratif de mon corps d'armée.
k Je suis réellement dans une position embarrassante et que Votre Excellence m'obligerait beaucoup de faire cesser le plus promptement possible. Qu'elle veuille bien se persuader que je ne me plains point et que je ne désire voir changer ma situation actuelle que pour pouvoir m'utiliser davantage pour le service de l'Empereur. »
« P. -S. — Au moment de fermer cette dépêche, arrive à mon quartier général un officier de Vétal* major du prince vice-roi, et qui m'assure qu'étant à Celle il a appris du major qui y commande un parti de 500 chevaux^ que, le 2 avril, le général Morand était libre à Lunebourg^ et qu'il se battait par intervalles en avant de cette ville. »
VÀNDAMME AU MAJOR GENERAL
« 6 avHl 1S13.
> Monseîgileur, j'ai l*honneur d'adresser à Votre Altesse l*état de la situation des bataillons appartenant aux divisions réunies et qui avaient passé le Rhin à Tépoque du 3 de ce mois. Elle verra que demain J'aurai à Brème six bataillons^ que le 9 j'en aurai quinze sur ce point et celui de Minden, et le 15 dix-sept; ce qui me formera alors une force de 10,200 hommes environ. Je regrette que cet état ne soit pas plus complet dans ses détails; mais actuellement tout le monde est eu marche ou s'organise, et il est bien difficile d'obtenir tous les renseignements nécessaires.
■ Je reçois à l'instant une lettre du général de Montbrun, datée du 5 de ce mois, et par laquelle il m'annonce son arrivée à Lunebourg le 4 avec lavant-garde du corps du prince d'Eckmùhl, qui de sa personne devait être à Lunebourg le même jour 5.
t Le général Carra-Saint-Cyr qui , en ce moment, occupe avec sa division en colonne tous les villages depuis Otlersberg jusqu'à Brême^ re-çoit de moi Tordre de sie porter demain jusqu'à Rottembouï*g, après demain è Tostedt^ afm d'être en communication avec le général de Montbrun qtie j'invite à le faire reconnaitre le plu6 promp tement possible. J'ai de suite faft part au roi de
Weslphalie et aux préfets de ces départements de l'arrivée de celte avant-garde. Cette nouvelle produira un bon effet.
« Les commissions militaires s'occupent activement de juger les habitants qui spnt accusés d'avoir été auteurs ou complices des révoltes ; hier cinq insurgés de la commune de Blexem ont été fusillés. Us avaient été arrêtés par la colonne mobile. Cet exemple maintiendra le calme qui se rétablit d'une manière sensible.
« Ayant appris que des compagnies départementales des vétérans et des gendarmes de ce pays avaient déserté, j'ai cru devoir ordonner que tous les militaires indigènes dont la conduite n'était pas franche fussent envoyés à Wesel, pour y attendre qu'il soit prononcé sur leur destination. »