‹ Le général YusufChapitre 17 sur 125 · Annales algériennes. — Livre VI · texte numérisé non relu

Annales algériennes. — Livre VI

Or, Médéa n'ayant de vivres et de munitions que pour quelques jours, il fallut songer au prompt ravitaillement de cette place. Le général Boyer repartit donc d'Alger, le 7 décembre, avec deux brigades et un fort convoi, et put arriver à Médéa sans avoir tiré un coup de fusil. Sa garnison avait été augmentée de deux bataillons, et le commandement en avait été donné au général Danlion.

Après être resté trois jours à Médéa, le général Boyer avait repris la route d'Alger, où il était rentré sans accident.

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Pour nous permettre de concentrer la totalité de nos etforts et nos sacrifices sur le territoire d'Alger et sur le Beylik du Thithri, tout en établissant notre suzeraineté sur les autres parties de la Régence, le général Clauzel avait formé le projet de céder à des princes de la famille régnante de Tunis les deux autres Beyliks de Constantine et d'Oran, moyennant une reconnaissance de vasselage et un tribut annuel garanti par le Bey de Tunis. Des ambassadeurs de ce prince étaient à Alger depuis quelque temps pour traiter celte affaire.

Le 15 décembre, El-Hadj-Ahmed, Bey de Constantine depuis 1826, était officiellement destitué de ses fonctions, le lendemain, paraissait un arrêté qui nommait à sa place Sid El-Mosthafa, frère du Bey Hoceïn, de Tunis.

Certes, la difficulté n'était pas absolument de faire un arrêté de destitution ; elle consistait bien plutôt, pour le remplaçant d'El-Hadj-Ahmed, dans les moyens de prendre pos-

session de son nouveau gouvernement, que le Bey évincé ne paraissait pas vouloir céder sans faire quelques observations sur la façon un peu sans gêne avec laquelle on disposait de son Beylik.

Quant à celui de l'Ouest, il fut cédé à Sid Ahmed, autre prince de la maison de Tunis; mais celui-ci pouvait entrer, quand il lui plairait, en jouissance de sa capitale ; car la ville d'Oran était depuis quelques jours en notre pouvoir.

Le vieux Bey d'Oran, Hacen, s’embarquait bientôt sur un navire qui le conduisait à Alger; il y restait quelque temps, puis il se relirait à Alexandrie, et enfin à La Mekke, où il mourait. ,

Nous ajouterons que les traités conclus par le général Clauzel avec le Bey de Tunis pour la cession, sous les conditions stipulées, des Beyliks de Constantine et d'Oran, n'ayant point été ratifiés par le Gouvernement français, cette affaire fut définitivement abandonnée *.

Mais pendant que se traitait cette affaire de distribulion de beyliks aux princes tunisiens, le général Clauzel se voyait contraint, par suite de la réduction de l'Armée d'Afrique, d'abandonner Médéa, qu'il devenait, d’ailleurs, impossible de ravitailler.

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