‹ Le général YusufChapitre 36 sur 125 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

I. — Les cavaliers du Bey de Constantine se répandent dans la plaine de Bône et arrêtent les caravanes de marchands qui se rendent sur nos marchés. — Marche de nuit du général d'Uzcr, avec les cavaliers du commandant Youçouf, pour enlever ceux du Bey. — La situation s'améliore autour de Bône. — II. Uno violente épidémie se déclare dans la garnison de Bône; elle cnlève un quart des troupes et de la population. — III. Le Bey de Constantine recommence à inquiéter nos tribus alliées. — Le Cheikh de La Calle nous fait sa soumission. — Un camp est établi à l'Oasis; il est occupé par le commandant Youçouf, ses Turks et ses Otages. — IV. Le lieutcnant-général comte d'Erlon est nommé Gouverneur général des Possessions françaises dans le nord de l’Afrique. — V. Lamentable situation, sous le rapport sanitaire, de la garnison de Bône. — El-Hadj-Ahmed rallie Bel-Kacemben-Yäkoub à quelques lieues de Bône. — Terreur de nos tribus alliées. — Les troupes d’El-Hadj-Ahmcd fondent sur la tribu des Eulma, lui tuent du monde, et lui prennent plus de 10,000 têtes de bétail. — Beau combat du Souk-El-Ahd des Redjata contre les troupes de Constantine sous les ordres de Ben-Aiïça. — Le chef d'’escadrons Youçouf est cité pour la cinquièmo fois. — Pour venger l'échec subi par ses troupes, Ahmced-Bey appelle, sans succès, les tribus à la guerre sainte. — La terreur so répand parmi les tribus voisines de Bône. — Plusieurs tribus, Ben-Yâkoub en tête, demandent à traiter de leur soumission. — VI. Le général d'Uzer propose au Gouvernement général de marcher sur Constantine. — Le chef d’escadrons Youçouf passe, avec son grade, aux Spahis réguliers de Bône.

Nous avons dit plus haut qu’en poussant les Merdas à des actes d’hostilité ouverte contre nous, le Bey El-Hadj-Ahmed leur avait promis son appui. Il avait, en effet, dans la journée du 12 septembre, envoyé 200 de ses meilleurs cavaliers dans la plaine de Bône: embusqués au pied des

montagnes et sur les bords de Ja Seibouse, ils arrêtaient les caravanes de marchands qui se rendaient sur notre marché. La rude leçon que venaient de recevoir les Merdas ne leur donnait aucune envie de se mesurer de nouveau avec nous; ils préférèrent le rôle moins périlleux et plus lucratif de coupeurs de routes, qu'ils remplissaient, d'ailleurs, avec un certain succès.

Le général d'Uzer ne pouvait, sans risquer de tarir la source de nos approvisionnements, laisser se perpétuer un pareil état de choses. Aussi, fit-il, te 45 octobre, une nouvelle sortie dans le but d'enlever les cavaliers du Bey de Constantine. Le commandant Youçouf et ses Turks furent lancés, par une marche de nuit, sur le camp des Constantinois. Malheusement, le mauvais temps les avait obligés à se réfugier sous les tentes des tribus, et il devenait dès lors absolument impossible de les atteindre.

Cette sorlie ne fut cependant pas absolument infructueuse ; car elle démontra à ces cavaliers du Beylik de l'Est, que, dorénavant, il n'élait point sans danger pour eux de trop s’approcher de notre rayon d'action, c'est-à-dire dans l’étendue du bras des terribles cavaliers de Youcçouf.

À partir de ce moment, ils ne reparurent plus, et Bône et son territoire purent jouir d'une tranquillité parfaite Grâce à l’activité incessante de notre excellente cavalerie, et, particulièrement, aux intrépides soldats du commandant Youçouf, qui passaient leurs journées et surtout leurs nuits à cheval, la confiance revint à nos tribus alliées. et la crainte retint celles qui nous étaient hostiles. La situation était donc des plus satisfaisantes.

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