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Documents pour servir à l'Histoire de Bône

JI

Malheureusement, une épreuve des plus terribles allait atteindre Bône et la frapper bien cruellement : dans les premiers jours de novembre, une violente épidémie, dont les symplômes présentaient une certaine analogie avec ceux de la fièvre jaune, se manifesta dans la garnison. Elle ne sévit que trop longtemps; car elle enleva un quart des troupes et de la population. Dans la crainte qu'il ne vint à l’idée du Bey de Constantine de nous attaquer dans des conditions aussi défavorables, le général d'Uzer fit une sortie avec tout ce qui put monter à cheval ou marcher, et cela dans le but de prouver aux Arabes qu’il lui restait encorc assez de troupes pour se faire respecter. Il poussa jusqu'à l’ouad Askour; mais il ne rencontra personne qui lui opposät la moindre résistance. Un officier égaré à la chasse fut même ramené le lendemain par les Khareza.

Les deux premiers mois de l'année 1834 se passèrent dans un état de tranquillité parfaite; mais, en mars, le Bey El- Hadj-Ahmed, qui avait été battu près de Médéa par Ibrahim- Bey, l'ancien commandant de la Kasba de Bône, et son allié, le Cheikh-El-Arab, Ferhat-ben-Sàïd, El-Hadj-Ahmed, disonsnous, qui était de retour à Constantine, manifestait de nou-

veau des dispositions hostiles contre les tribus voisines de Bône. Soit par ses émissaires, soit par ses proclamations, il poussait, au nom de la religion, les Arabes à prendre les armes, et les engageait à arrèter tous ceux qui seraient surpris allant au marché de Bône.

Ces agissements du Bey de Constantine inquiélaient les tribus amies, et leur donnaient des craintes continuelles. D'un autre côté, l’état sanitaire de la population de Bône ne s'améliorait pas, et les renforts demandés par le général d'Uzer n'avaient pu lui être envoyés. Il nous fallait donc nous résigner à la défensive, puisque nous ne pouvions, au cas où elles seraient attaquées, prêter au loin notre appui aux tribus qui nous le réclameraient. Cette fâcheuse situation n’empêcha point cependant le Cheikh de la Calle de nous faire sa soumission; il s'était rendu à Bône le 3 mars pour faire consacrer ostensiblement cet acte important, et qui démontrait que, bien que très vivement sollicité par le Bey El-Hadj-Ahmed de se rendre à Constantine, il n'avait pas hésité à préférer notre alliance.

Se sentant dès lors appuyées par leurs voisins de La Calle, les quatre tribus qui occupaient la petite plaine de Bone sous la protection des forces françaises, se reportèrent en avant. Celles des Khareza, des Ouïchaoua et des Kermich, s’élablirent à l'entrée du défilé des Khareza, près du blockhaus. et celle des Beni-Ourdjin sur la rive droite de l'ouad Seibouse.

Un camp avait été placé à l'Oasis, à 25 mètres de la rive gauche de la Seibouse; le commandant Youcouf l’occupait avec ses Turks et les Otages, afin de pouvoir, au besoin, se porter au secours de nos alliés.

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