‹ Le général YusufChapitre 68 sur 125 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

I. Le Gouverneur général réunit à Mostaghanem les éléments qui doivent coopérer à la campagne sur le Chelif. — Expédition sur la tribu des Sbeah. — Le colonel Yusuf mérite sa treizième citation pour s'être particulièrement distingué, et à plusieurs reprises, dans l’expédition du Chelif. — L'Armée peut enfin prendre un repos de quelques mois. — II. Le général Bugeaud fait établir le tracé de la route de Médéa par la vallée de la Cheffa. — III. Désertions nombreuses à notre profit dans la cavalerie régulière de l'Émir. — Opinion du lieutenant-général comte de Grouchy, Inspecteur général des Spahis, sur le colonel Yusuf. —- IV. Expédition dans l'Ouanseris. — Pendant cette campagne de quarante-sept jours, le colonel Yusuf est l'objet, de la part du Gouverneur général, des éloges les plus flatteurs. — V. Le duc d’Aumale est nommé au commandement des territoires do Médéa et de Miliana. — Le colonel Yusuf, qui marche avec le duc d'Aumale, surprend, dans la tribu des Bou-Aïch, et enlève, à la tête des Spahis et des Auxiliaires, les tentes de Sid Mohammed-ben-Allal, Khalifa de l'Émir. — Le colonel Yusuf gagne, dans cette brillante affaire, sa quatorzième citation à l'ordre de l'Armée. — VI. Le régime habituel des chevaux des Spahis. — VIT. Opérations du duc d'Aumale dans le Sud de la province d'Alger. — Il reçoit l'ordre d'aller occuper Boghar, se sorvant de ce point comme base d'opérations pour manœuvrer vers le Haut-Chelif. — Son objectif est la Zmala de l'Émir Abd-el-Kader. — VIII. Prisc de la Zmala. — À la suite de ce merveilleux fait d'armes, le colonel Yusuf est cité pour la quinzième fois à l'ordre de l'Armée. — IX. En rentrant en France, le duc d'Aumale laisse au colonel Yusuf le commandement de la colonne active des troupes de la province de Thithri. — Il se réunit au colonel Kortc, avec lequel il opère une importante razia dans le sud de Tniyet-El-Ahd.

Le Gouverneur général préparait activement les éléments qui devaient coopérer à faire la trouée de la vallée du Chelif; il envoyait, à cet effet, quelques renforts à Mostaghanem, où il se rendait lui-même le 6 mai. Il en partait le 44 à la tête de

près de 5,000 hommes ; il se dirigeait tout d'abord sur l’ouad Mina, où il s’arrêtait jusqu’au 47.

Le 18, après avoir réuni à sa colonne près de 2,000 Auxiliaires, commandés par El-Mazari, il se jetait sur la rive droite du Chelif, dans les montagnes du Dhabra: son but était de châtier quelques tribus qui se montraient hostiles, les Beni- Zeroual, entre autres. Ce même jour, les cavaliers de cette tribu essayérent de la résistance ; mais ils furent promptement dispersés par les Spahis du colonel Yusuf. Le 19, l'Armée pénétra sur leur territoire, et y fit du butin et des prisonniers. Le gros de la population de cette tribu se retira dans des grottes ou cavernes que l’on ne jugea pas à propos de forcer.

L'Armée commença à remonter le Chelif à petites journées. Elle visita d'abord la petite ville arabe de Mazouna, qui avait été évacuée, puis elle repassa sur la rive gauche, dansle pays des Oulad-Sidi- El-Aribi. Enfin, elle arrivait le 24 sur le territoire des Sbeah. Cette tribu était sous les armes et prête à la résistance ; mais deux de ses chioukh" ayant fait espérer sa soumission, le général Bugeaud ajournait son attaque.

Le 26, les Sbeah ayant massacré quelques Arabes qui se rendaient à notre camp, le Général n’hésita plus à les attaquer: tournés par nos colonnes, chargés aussi vigoureusement que brillamment par notre cavalerie, et plus spécialement par les Spahis, qui se firent remarquer, dans cette journée, d'une manière toute particulière, ils perdirent plus de 200 de leurs plus braves guerriers et la plus grande partie de leurs troupeaux. Réduits à la plus extrême détresse, les Sbeah venaient, le lendemain, faire leur soumission et implorer la pitié du vainqueur.

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