‹ Le général YusufChapitre 76 sur 125 · Vent du désert, du sud-ouest · texte numérisé non relu

Vent du désert, du sud-ouest

le terrain; 3,000 prisonniers, parmi lesquels de nombreux personnages de marque", # drapeaux, 4 canon et un immense butin sont les trophées de cette belle journée; car, comme le dit le duc d'Aumale dans son rapport du 20 mai daté de Chabounia, sur l’ouad El-Oueurk :

Nous n'étions que 500, et il y avait 5,000 fusils dans la Zmala, Aussi, quand les populations prisonnières virent nos escadrons qui avaient poursuivi au loin les cavaliers ennemis, elles demandèrent à voir leurs vainqueurs; elles ne pouvaient croire que cette poignée d'hommes eût dissipé cette force immense, dont le prestige moral et réel était si grand parmi les tribus.

En résumé, cette affaire nous avait coûté 9 hommes tués et 42 blessés, 46 chevaux tués et 12 blessés.

Bugeaud écrivait au Prince : « Vous devez la victoire à votre résolution, à la détermination de vos sous-ordres, à l'impétuosité de l'attaque. »

1. Parmi les personnages les plus importants, qui, au nombre de plus de deux cents, ont été faits prisonniers dans cette journée, le duc d’Aumale cite, cntre autres, la famille tout entière, hommes et femmes, du Khalifa de l'Émir, Sid Mobammed-ben-Allal, de l’illustre maison de Sidi Ali-Mbarek, de Koléia; celle de Sid El-Kherroubi, premier secrétaire d'Abd-el-Kader; de Bel-Azzi, son conseiller intimc ; un des neveux de l'Émir; la fille de Miloud-ben-El-Ahrech; plusicurs employés de l'Administration ; des officiers des troupes régulières. « La mère et la femme de l'Émir, ajoute le Prince, se sont sauvées sur un mulet, cscortées par quel ques cavaliers. La première avait tenu pendant quelques instants, en suppliante, l'étrier du colonel Yusuf, qui, après l'avoir rassurée sans la connaître, la perdit de vue dans la foule. »

Ce coup de fortune avait permis, en même temps, au plus important des captifs de l'Émir, Mohammed-bel-Hadj, le chef des Beni-Ourar, de s'échapper et de regagner son douar, ce à quoi il ne put réussir qu'après avoir couru mille dangers.

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Le duc d’Aumale s'exprime dans les termes suivants relativement à l’admirable conduite du colonel Yusuf dans cette affaire, dont il avait été l'inspirateur et le héros, et auquel il associe, à juste titre, le vaillant lieutenant-colonel Morris, des Chasseurs d'Afrique :

Vous connaissez, mon Général, le colonel Yusuf et le lieutenant-colonel Morris; vous connaissez leur brillant courage et leur intelligence militaire; mais je n’hésiterai pas à vous dire qu'ils se sont montrés, en ce jour, au-dessus de leur réputation.

Le duc d’Aumale séjourna, le 47 mai, à Thaguin pour donner un peu de repos à sa colonne, à son infanterie surtout, qui avait fait trente lieues en trente-six heures. Les tentes et le butin qu’on ne put transporter furent brûlés. Le Prince se replia ensuite sur Boghar, et, de là, sur Médéa, d'où son importante prise fut conduite à Alger.

Sa brillante conduite à Thaguin, dont il avait préparé l'expédition, valut au colonel Yusuf sa quinsième citation à l’ordre de l'Armée. Nous avons vu plus haut en quels termes le duc d’Aumale faisait ressortir, dans son rapport du 20 mai, la valeur qu'avait déployée, dans cette magnifique affaire, le commandant de sa cavalerie.

14. Dans une lettre que lc lieutenant-colonel de Saint-Arnaud, alors commandant supérieur du poste de Miliana, écrivait à son frère À la date du 26 mai, lettre dans laquelle il lui racontait la prise de la Zmala, il disait: « Les colonels Yusuf et Morris ont été admirables. »

L'année suivante, sur le terrain même où avait eu lieu l'affaire do Thaguin, il écrivait à ce même frère: « J'oxamine Île terrain, je me fais expliquer la position de la Smala et celle du Prince, et je persiste à dire que c’est un coup d'une hardiessce admirable! Il fallait un Prince jeune et ne doutant de rien, s'appuyant sur deux hommes comme Yusuf et Morris,

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Par dépèche datée du 23 mai de son bivouac sur l’ouad Bou-Barah, entre Tenès et El-Asnam (Orléansville), le général Bugeaud, après avoir félicité le duc d’Aumale sur son beau succès du 46, lui donnait les instructions suivantes :

Ce qui me parait le plus judicieux serait, une fois que vous atteindrez la vallée du Chelif, d'envoyer vos trophées à Alger par une partie de votre infanterie et quelques cavaliers. et, avec la cavalerie ct le reste de votre infanterie (si vous en aviez de reste), de vous porter sur Teniet-El-Flad, d'unir vos forces à celles disponibles du colonel Korte, et de recommencer la campagne dans le sud de l'Ouarensenis. Il est bien entendu que votre cavalerie prendrait deux ou trois jours de repos sous Miliana. Le général Changarnier doit ÿ rentrer le 30 mai, vous concertcriez avec lui vos mouvements ultérieurs.

Nous en sommes à la crise décisive; profitons des dons de la fortune; car elle n'est fidèle qu'à ceux qui lui font la cour sans relâche.

Le duc d’Aumale quittait Médéa dans le courant du mois de juin pour rentrer en France; il laissait, en partant, au colonel Yusuf la conduite de la colonne active des troupes de la province de Thithri.

Le colonel Yusuf se mettait sans retard en communication

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pour avoir le courage de l'accomplir. À mon sens, la meilleure raison pour attaquer, c’est que la retraite était impossible: il fallait vaincre ou périr. Vingt-quatre houres plus tôt ou plus tard, il ne revenait pas un Français de la colonne. »

C'est là la note juste du magnifique fait de guerre de Thaguin.

avec les tribus du sud de son commandement, les Arbañ, les Oulad-Nail, et les gens d’El-Ar'ouath"; il réussissait, par son habile politique, à décider leurs chefs à se rendre à Alger pour y recevoir l'investiture du Gouverneur général.

Son infatigable activité, ses incursions fructueuses et sans répit sur les tribus insoumises, les amenèrent bientôt à composition. Ses courses l'ayant rapproché de Tniyet-El-Ahd, le colonel Yusuf se mit, avec sa colonne, à la disposition du colonel Korte, qui opérait dans ces parages. Ces deux officiers supérieurs faisaient, le 29 juin, une importante razia sur les tribus du sud de Tniyet, auxquelles ils enlevaient 15,000 têtes de bétail *.

Le duc d’Aumale était promu, par ordonnance roÿale du 3 juillet, au grade de lieutenant-général.

Le Gouverneur général rentrait à Alger le 45 juillet, au retour de sa campagne dans la vallée du Chelif,

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