Le Maréchal Bugeaud, par le comte H. D'IDEVILLF
LE GÉNÉRAL YUSUF [1845] 475 celle course verligineuse de nos nombreuses colonnes sur un objectif d'une mobilité, d’une fluidité extrêmes, lequel déploiera toutes les ruses, toutes les finesses arabes, et qui semblera doué du don d’ubiquité, ennemi qui, vingt fois, passera entre les mailles du filet qui l'enserre, et que nous aurons souvent devant nous quand nous le croirons du côté opposé; pendant plus de deux ans, l'Émir Abd-el-Kader déploiera, en effet, dans cet hallali suprême, toutes les ressources de son génie, toute la tenacité, toute l'énergie, toutes les séductions du marabouth-guerrier, du bras de Dieu, de celui qu'il a choisi pour l’exécution de ses vengeances, et cela durera ainsi, et après qu'il aura perdu successivement ses proches, ses plus vaillants Kkhalifas, ses meilleurs guerriers et ses biens, jusqu’à ce que ses coreligionaires, las d’une lutte désastreuse de quinze années dans laquelle ils n’ont jamais rencontré le succès, et réduits à la misère la plus affreuse, aient fait le vide autour de lui, reconnaissant que l'heure marquée par Dieu de nous jeter à la mer n’a pas encore sonné. C’est ainsi que se terminera, à la fin de décembre 1847, le grand drame algérien dans lequel l'Émir El-Hadj-Abd-el- Kader, désespérant de mener à bonne fin l’œuvre glorieuse qu’il avait entreprise, viendra remettre son sort entre les mains d’un adversaire dont il avait pu reconnaitre en maintes circonstances la grandeur et la générosité.
Nous allons dire la part prise par Yusuf dans lun des épisodes les plus considérables de notre histoire algérienne.