JE AN-FRANÇOIS -LE S- BAS-BLEUS
— En apprenant à les voir, répondit Jean-François, qui me repoussoit de la main avec une extrême douceur.
Au même instant, sa tête retomba sur le dos de son escabelle à trois marches; ses regards reprirent leur fixité, et ses lèvres leur mouvement.
Je m'éloignai par discrétion. J'étois à peine à quelques pas quand j'entendis derrière moi son père et sa mère qui le pressoient de rentrer , parce que le ciel devenoit mauvais. Il se soumettoit comme d'habitude à leurs moindres instances ; mais son retour au monde réel et oi t toujours accompagné de ce débordement de paroles sans suite qui fournissoit aux manants du quartier l'objet de leur divertissement accoutumé.
Je passai outre en me demandant s'il ne seroit pas possible que Jean-François eût deux âmes, l'une qui appartenoit au monde grossier où nous vivons, et l'autre qui s'épuroit dans le subtil espace où il croyoit pénétrer par la pensée. Je m'embarrassai un peu dans cette théorie, et je m'y embarrasscrois encore.
J'arrivai ainsi auprès de mon père, plus préoccupé, et surtout autrement préoccupé que si la corde de mon cerf-volant s'étoit rompue dans mes mains, ou que ma paume lancée à outrance fut tombée de la rue des Cor-