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avec le murmure de ses eaux. Je m'obstinai à suivre de l'œil dans les nues tous ces météores de feu qui se heurtoient Les uns contre les autres, do manière à ébranler tous les mondes. — Et quelquefois le rideau enflammé se déchirant sous un coup de tonnerre, ma vue plus rapide que les éclairs plongcoit dans le ciel infini qui s'ouvroil au-dessus, et qui me paroissoit plus pur et plus tranquille qu'un beau ciel de printemps.
Oh ! me disois-je alors, si les vastes plaines de cet espace avoient pourtant des habitants, qu'il seroit agréable de s'y reposer avec eux de toutes les tempêtes de la terre ! Quelle paix sans mélange à goûter dans cette région limpide qui n'est jamais agitée, qui n'est jamais privée du jour du soleil, et qui rit, lumineuse et paisible, au-dessus de nos ouragans comme au-dessus de nos misères ! Non, délicieuses vallées du ciel, inéf-riai-je en pleurant abondamment, Dieu ne vous a
créées pour rester désertes, et je vous parcourrai un jour, les bras enlacés à ceux de mon père !
La conversation de Jean-François m'avoit laissé une impression dont je m'épouvantois de temps en temps; la nature s'animoit pourtant sur mon passage, comme si ma sympathie pour elle avoit fait jaillir des êtres les plus insensibles quelque étincelle de divinité. Si j'avois