PAROISSES ET DISTRICTS
Durant les cinq ou six jours qui s'écoulèrent entre la publication des ordonnances et l'ouverture des assemblées primaires, toutes les imprimeries de Paris furent occupées à composer et à tirer des Avis aux Parisiens^ des Observations sur le Règlement, des Déclarations de
* Particulièrement contre Brissot, dont le prospectas du Patriote françaû était saisi. — Loustalot, le futur rédacteur des Uévolutions de Paris et le héros du journalisme français, essayait, au même monaent, de faire paraître une feuille périodique. N'y réussissant pas, faute d'un imprimeur capable d'affronter les menaces de la police, il publiait le Véritable Ami du Peuple, brochures très-rares, presque inconnues, dont quelques-unes sont datées de 1788 et quelques autres de 1789. De même, Marat publiait quelques feuilles du Moniteur patriote; Bonnetille, quelques livraisons du Tribun du Peuple, etc., etc.
2 Voir le n"* 14 des Pièces justificatives et Éclaircissements de ce folome
droits à faire et pouvoirs à donner par le peuple * , et aussi de Réclamations et protestations^ émanées même des magistrats chargés de Texécutioii des volontés royales ^.
Le marquis de Gouy d'Arcy fit paraître coup sur coup deux brochures. Dans la première, il s'écriait, au nom des nobles : « Et nous aussi nous sommes citoyens! '. » Dans la seconde, il signalait aux membres de son Ordre les vices capitaux du Règlement ; suppression du droit de vote personnel, anéantissement de la commune de Paris, ingérence abusive des autorités non élues dans les opérations électorales. *. Grâce à ces opuscules, très-vivement écrits et lus avec avidité, le plus grand nombre des membres du second Ordre, qui pour la plupart répugnaient à se soumettre aux prescriptions ministérielles, purent ne pas rester immobiles et ne pas compromettre leur dignité.
Ouvertes le 20 avril de très-bonne heure, les assemblées nobles commencent toutes par demander aux magistrats et aux greffiers du Chàtelet à quel titre ils prétendent assister aux délibérations des électeurs indépendants et souverains. Si ces magistrats et greffiers consentent à être élus présidents et secrétaires réguliers, souvent on les place au bureau ; au contraire, s'ils rappellent qu'ils ne viennent point agir mais surveiller, et qu'ils sont les délégués officiels du prévôt de Paris et du roi, on conteste leur titre, on nie leur
* Voir plus loin, g 1*' du n« 14 des Pièces jitstifieatives et Édaircissements.
2 Ces pièces sont extrêmement nombreuses, imprimées et manuscrites, dans la collectio?ï générale. Actes relatifs aux élections de Paris. ' Mémoire au roi en faveur de la Noblesse française.
* Au nom de la patrie^ Monsieur, daignes lire ceci avant d^opiner»