‹ Le génie de la révolutionChapitre 103 sur 191 · ASSEMBLÉES NOBLES. — PROTESTATIONS · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉES NOBLES. — PROTESTATIONS

mission on déclare leur seule, présence un attentat à la liberté du \ote et , si alors ils ne se retirent pas de bon gré, on les met à la porte \

Après s'être eux-mêmes constitués, les vingt départements discutent à la fois s'il leur est possible de nommer des électeurs sans abandonner le droit de vote personnel, dont la Noblesse a joui dans tous les bailliages de France.

A cette première question, beaucoup de gentilshommes ont d'avance répondu : Non ! en s'abstenant de comparaître. Beaucoup d'autres se retirent dès qu'elle est posée. Plusieurs départements ne se trouvant plus en nombre pour rien décider avec autorité *, envoient des députations à leurs voisins afin de a savoir s'il y a moyen de réunir toute laNoblesse. » Le seizième propose au quinzième de choisir deux délégués, chargés de proposer aux quatre assemblées du quartier une réunion générale des mandataires de tous le départements, à l'Oratoire, où sera rédigée une protestation unanime contre le Règlement ^.

La motion obtient le plus grand succès, d'autant mieux qu'en maint endroit on a résolu « de ne rien faire avant d'avoir pris connaissance des dispositions des autres assemblées *. »

* Procès-verbal da département des Minimes de la place Royale.

3 D*après les procès-verbaux du département des Jacobins-Saint-Honoré et du département des Grands-Augustins, où il n'y eut que quarantesix gentilshommes présents.

' Procès-verbal de la Croix-Rouge. Le huitième département, assemblé an Prieuré de Saint-Martin-dcs-Ghamps, invite les dix -neuf autres à nommer chacun deux délégués pour s'entendre et préparer le Cahier unique de la Noblesse.

* Procès-verbal des départements des Récollets et des Bernardins.

270 LE GÉNIE DE Li RÉVOLUTION. — LIV. 11.

Quatre ou ciaq assemblées à peine ^ nomment leurs électeursdans la journée du 30, nonsansprotester ayec énergie et simplement dans le but de ne pas retarder les élections, déjà très-tardives, de la capitale. Mais le département de la Bibliothèque du roi arrête que tous les membres dont il se compose « se rendront à rassemblée qui doit se tenir, le 25, pour la nomination des députés aux Ëtats-Généraux, sans aucune rédaction entre eux, afin de procéder comme électeurs au choii desdits députés ; il arrête de plus que copie du présent arrêté sera portée sur-le-champ à chacun des dixneuf autres départements par un député, avec invitation d'y adhérer ^. » Quelque révolutionnaire que soit cette proposition, plusieurs assemblées s'y rallient ^ et l'immense majorité remet au lendemain le soin de prendre une résolution quelconque. l

L'attitude de la Noblesse parisienne contraint l'au- ] torité à légaliser en quelque sorte l'opposition au Règlement. Ce n'est point dans l'église de l'Oratoire, c'est chez le prévôt de Paris, que se réunissent les délégués de seize ou dix-sept départements, durant la nuit du 20 au 31 avriL La question posée parla Bibliothèque ayant été débattue, il est décidé, par ià voix contre 1 1 , que la Noblesse ne se réunira paSy c'est-à-dire n'envahira pas tout entière les assemblées générales des trois Ordres et l'assemblée particulière

* Les Invalides, les Théatins, les Célestins, les Blancs-Manteaux, Saint -Louis-Saint- Antoine.

3 Fait en rassemblée de Noblesse, le 20 avril 1789. Signé: le comte d*Àuvet, (^résident; de Sartine, secrétaire. (Procès-verbal manuscrit.)

* Les Bernardins, par exemple, refusent de nommer leurs éleeteiffs et délèguent Lally-Tollendal « à Teffet de s'entendre pour effectuer une délégation directe de la Koblesse. »

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