‹ Le génie de la révolutionChapitre 106 sur 191 · ASSEMBLÉES ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉES ECCLÉSIASTIQUES

Lutrin ^ • D'autre part, ayant été attaqués, les curés deviennent populaires dans les assemblées paroissiales tenues le 2 i , et les prêtres sans bénéfice s'appuient sur eux pour tenir tête aux bénéficîers, qui les gênent tous également. Cette lutte intestine et les intérêts exclusifs de la religion absorbent les débats des citoyens réunis aux presbytères. Très-peu de groupes ecclésiastiques trouvent le temps de députer quelques commissaires qui, joints à ceux de la Noblesse, vont recevoir les applaudissements des électeurs primaires du Tiers-État, auxquels ils annoncent qu'ils protestent contre Fanéantissement de la commune et renoncent à leurs privilèges en matière d'impôt ^.

Le Tierr.-État s'associe naturellement à l'unanimité de la Noblesse et à la minorité du Clergé pour réclamer les droits violés de la ville de Paris. Mais il ne {aÀi pas de la commune l'article principal de ses protestations contre le Règlement, sachant bien qu'en somme l'ancienne forme de convocation était aussi peu démocratique que la nouvelle. En 1614, c'était le corps de ville qui, augmenté d'un très-petit nombre de notables, avait choisi la députation parisienne.

Par les Ordonnances du 28 mars et du 13 avril, <c contre l'intention bien connue du roi qui désire le bonheur du peuple et a convoqué des États libres et généraux, » — lisons-nous dans une brochure pu-

* La même protestation, imprimée en brochure in -8% avec des notes interprétatives, a par un homme qui n'est ni chanoine, ni curé, ni même aU)é. »

^ J*ai eu entre les mains vingt-huit procès-verbaux des paroisses; ils présentent infiniment moins d'intérêt que ceux des départements et districts, et sont remplis de débats et de motions fort peu dignes du premier Ordre. Les protestations libérales y sont très-rares.

bliée la veille des élections *, le <c gouvernement a voulu priver le peuple de Paris » :

1' Du droit qui appartient à toute assemblée de choisir ses président et officiers;

2® Du droit de rédiger à loisir ses Cahiers, comme cela s'est fait dans les plus petits villages ;

3* Du droit de choisir ses délégués dans toute rétendue de la cité et non dans chaque quartier isolément, etc.

Tels sont les trois points principaux contre lesquels s'élèvent toutes les circonscriptions bourgeoises ; j'en écarte un quatrième, le plus grave, — l'exclusion des imposés à moins de 6 livres, — sur lequel il me faudra insister.

Conformément au mot d'ordre donné par les publicistes et à l'exemple fourni la veille par les départements nobles, les soixante districts bourgeois refusent de délibérer sous la surveillance de l'autorité ; ils ne s'estiment libres ^ que lorsqu'ils possèdent un président, un secrétaire et des scrutateurs de leur choix. — La nomination des présidents et assesseurs par le prévôt des marchands et les échevins est, soutiennent-ils, d'autant plus attentatoire à la liberté des suffrages ^ que la municipalité qui ose ainsi intervenir

* Cette brochure^ de 14 pages, est adjointe à la minute dn procès-ve^ bal du district Saint-Eustâche et est intitulée : Déclaration des droits à faire et pouvoirs à donner par le peuple français dans les soixante assemblées indiquées à Paris le mardi 21 avril.

3 Procès-verbaux des districts de Saint-Étienne-du-Mont, de Sainte- Elisabeth, etc.

' Procès-verbaux des districts des Petits-Augustins, Petits-Pères, Blancs-Manteaux, Capucins du Marais, de Saint-Séverin, du Sépulcre, de Saint-Jean-en-Grève, de Notre-Dame, des Jacobins-Saint-Gcrmain, des Feuillants, Mathurins, Grauds-Augustins^ Prémontrés, du Petit-Saint-

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