‹ Le génie de la révolutionChapitre 108 sur 191 · ASSEMBLÉES BOURGEOISES. -* CAHIERS · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉES BOURGEOISES. -* CAHIERS

tructions, Doléances des « portions de la Nation » * ^ habitant les seize quartiers de Paris, sont très-brèves» Quelques-unes, grâce à l'activité des électeurs typographes, sont immédiatement imprimées ^, quelques^ autres sont admirablement copiées sur du papier magnifique ; mais la plupart sont mal écrites, chargées de ratures et de renvois, ce qui prouve avec quelle précipitation elles ont été faites et aussi avecquelle vivacité elles ont été discutées '.

Une fois les Cahiers rédigés ou pendant que des commissaires les rédigent, les divers districts reçoivent et haranguent les députations des assemblées primaires des deux premiers Ordres , et s'envoient les uns aux autres des délégués pour s'entendre sur le meilleur mode de choisir les 300 électeurs attribués au Tiers-État parisien. Pour les districts, où les assistantssont relativement nombreux *, rien n'est plus simple : il leur suffît de se réduire au chiflfre réglementaire. Mais, comme dans beaucoup de quartiers les votants sont au-dessous de cent *, il est à craindre que, si chaque réunion se fait représenter conformément aux prescriptions des ordonnances, l'assem-

* Comme dit le district des Carmes déchaussés.

^ Il y en a eu environ ving^quatre d'imprimées sur soixante. — Voir leu* 13 des Éclaircissements et Pièces justificatives de ce volume.

* Quoique rédigés trop vite, certains Cahiers primitifs du Tiers-État de Paris sont fort remarquables ; ce sont naturellement ceux des districts qui avaient pour présidents, secrétaires ou commissaires, des^ hommes tels que Bailly (Louvre), Treilhard (Mathurins-Sorbonne), Brissot (Filles-Saint-Thomas), Camus (Abbaye), etc.

4 II y en a 476 à Saint-Étienne-du-Mont, 318 aux Petits-Aogustins^ 245 aux Barnabites.

' Il n'y en a que 51, par exemple, à Saint-Laurent, au faubourg Saint- Denis, déjà très-populeux.

blée générale ne soit pas composée du nombre d'électeurs voulu. Yingt-deux districts à la fois ^ proposent que chaque groupe de citoyens nomme au moins cinq électeurs, en les inscrivant suivant Tordre des suffrages obtenus, afin que les élus de la moindre pluralité puissent se retirer si le total de 300 se trouve dépassé ^.

Cette motion étant généralement adoptée, on procède au choix des cinq, mais rien n'est plus difficile que de trouver ceux qui conviendraient le mieux à la majorité dans le sein même des assemblées primaires et surtout parmi les habitants du district exclusivement '. On proteste donc encore; mais, « afin de ne pas perdre de temps * » , on se soumet au Règlement, et, de scrutin en scrutin, on arrive à former le corps électoral beaucoup mieux qu'on ne l'eût espéré. Quelques assemblées, les plus nombreuses sans doute, parviennent même à trouver cinq suppléants, capables de remplacer les électeurs titulaires en cas de maladie ou d'empêchement quelconque *. Quelques autres désignent et invitent chacun des soixante districts à désigner un de leurs membres pour former une réunion qui établirait des relations constantes entre les mandataires et leurs commettants®. Mais, à Saint-Étienne-du-Mont, l'assemblée, « alarmée de quelques bruits sans doute mal fondés, arrête una*

* Ce chiffre est' donné dans le procès-verbal de Saint-Nicolas-des-

3 Procès-verbaux des Barnabites, de Saint-Ëtienne-du-Mont, etc.

* Procès -verbal de Saint-Séverin.

* Procès-verbal de Saint-Nicolas-des-Ghamps. ' Procès- verbal deSaint-Étienne-du*Mont.

^ District de Notre-Dame.

Page 1