PIÈCES JUSTIFICATIVES ET ÉCLAIRCISSEMENTS
» Le peuple genevois languissait depuis longtemps dans les fers de ses aristocrates oppresseurs, un jour, un seul jour Ta vu rentrer dans la plénitude de ses droits.
» Noblesse hautaine et inconsidérée, jette un regard sur ce qui se passe en Bretagne et tremble que le jour sans doute très-prochain de notre résurrection générale ne soit celui de ton annihila* lion éternelle ! »
A Chartres, où le procureur général se montre très-zélé contre les propagateurs d'écrits clandestins, ce sont les huissiers, chargés de porter les assignations relatives à la convocation des assemblées électorales, qui distribuent de village en village un Avis aux habitants des campagnes, dans lequel on leur donne sur le choix de leurs députés le conseil suivant :
« Cultivateurs ! En échange de vos travaux pénibles et uti*
les, vous recevez à peine une subsistance grossière. Des impôts énormes vous accablent, des droits odieux vous enlèvent une partie de vos récoltes. Des animaux de toute espèce ravagent vos moissons, et de combien de fléaux n'êtes-vous pas* les victimes !...
» Voici le moment favorable de faire entendre vos justes réclamations ! Les citoyens de tous les Ordres vont se réunir pour délibérer sur votre sort, sur celui de la Nation. Vous êtes appelés à cette assemblée, puisque vous êtes membres delà société; la conduite que vous tiendrez peut vous être très-avantageuse, si elle est sage; très imisible, si elle est imprudente....
» Lorsque vous avez une affaire, n'est-il pas vrai que vous choisissez celui que vous croyez le plus capable de la bien discuter? Il ne vous est jamais venu dans la tête d'abandonner votre confiance à votre adversaire, attendu que vos intérêts et les siens sont opposés. Eh bien ! dans la circonstance présente, agissez comme vous le faites journellement, et vous suivrez le bon chemin
» Déflez-vous de tout gentilhomme qui vous sollicitera, ou qui vous fera solliciter par ses gens, soyez persuadés qu'il tend un piège à votre bonne foi et qu'il a envie de vous tromper !
» Cultivateurs, vous navez de vrais défenseurs que dans votre classe, dans le Tiers-État; si vous les prenez ailleurs, vos intérêts seront sacrifiés et vous continuerez de vivre malheureux. »
11 est à remarquer que cet Avis aux habitants des campagnes
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n'est qu'une réponse à des UtiTes circulaires, écrites de Chartresce pour mendier les suffrages » du peuple en faveur de la Noblesse.
Deux sociétés de propagande électorale se retrouvent également en présence dans TAnjou. Les « bourgeois associés pour la défense du droit du peuple et Tinstruction des paysans » lancent :
Une Requête d'une société rustique à toutes les assemblées générales du royaume;
Un Avis au peuple;
Une Lettre à un seigneur d'Anjou, accusé de tromper le peuple;
Une Lettre des bourgeois aux gens de la campagne, fermiers, métayers et vassaux de certains seigneurs qui trompent le peuple (par Volney) ;
Des Doléances vceuxet pétitions pour les représentants des paroisses de*** (par Lepeaux et Réveillère frères), en réponse à des Doléances, que le comte de*** avait adressées à toutes les paroisses.
Cette même société d'Angers paraît avoir eu des ramifications en Poitou^ en Bretagne et jusqu'en Normandie^ où se répandaient Y Avis aux Normands, brochure, la Sentinelle du peuple (de Volney], et le Hérault de la nation (de Mangourit), écrits périodiques.
En Champagne, paraissent des Lettres des bourgeois de Troyes à leurs compatriotes et voisins, les habitants de la campagne ; mais elles émanent d'une société aristocratique, puisqu'on y propose de constituer un 4® Ordre, comme en Suède, l'Ordre des paysans, idée lancée par ceux qui voulaient enrayer le mouvement égalitaire, lequel avait pour but non la multiplication mais la suppression des Ordres.
En Provence, Antonelle écrit, et une « société publicole, réunie du 20 décembre 1788 au 6 janvier 1789, » répand un Caté" ckisme du Tiers-Etat à l'usage de toutes les provinces de France.
On retrouve, participant à cette propagande collective ou faisant de la propagande à leur propre compte : dans le midi (Languedoc et Provence] l'illustre magistrat Servan et Mirabeau; dans le Dauphiné, Mounier, Barnave, La Boissière; à Lyon, Bergasse,.un des chefs de là secte des illuminés, alors très-répandue parmi lès haMtants de la seconde ville de France; en FYanche-Comté^
' ET ÊCLAIRCISSEMEKTS. 409
l'abbé Clerjet, comme en Lorraine, l'abbé Grégoire, comme en Champagne, Tévêque de Langres^ de la Luzerne, comme dans le Blésois, l'évêque de Blois, Thémines; dans le Cambrésis, le marquis d'Estourmel, les Lameth; dans les Flandres, Robespierre^, auteur d'un appel A la nation artésienne; en Normandie, Thouret et Buzot; en Bretagne, Volney, Lanjuinais, le père Gérard, Gohier, Lequinio, auteur delà Voixdu fiatriotisme] à Chartres, Pétion, auteur d'un Avis aux Français et d'une Déclaration des droits; à Châteauneuf-en-Thimerais, le comte de Castellane, qui publie d'excellents écrits sur la liberté individuelle ; en Auvergne^ Malouet, La Fayette^ Gaultier de Riauzat; etc., etc.
Je pourrais multiplier les exemples, mais j'en ai assez donné pour prouver : d'une part, combien les patriotes déployèrent de zèle et d'habileté ; d'autre part, comment il se fit que la France, plongée par un despotisme séculaire dans une profonde ignorance politique, put être, en quelques mois, régénérée au point de se montrer telle qu'elle se voit dans ses immortels Cahiers.
Quand, dans un autre volume, je parlerai de la lutte des Ordres, j'aurai à signaler les effets de la propagande démocratique au sein du bas Clergé qui, lui-même, paraît s'être organisé,d*une extrémité de la France à l'autre, contre l'aristocratie des évêques et bénéficiers, absolument de la même manière que le Tiers-État contre les privilégiés, en général.
N- YIII
Oe« modules de C2f&blerii et de» Brocbures publiée» durant le» Élection»»
(Voir page 147.)
Aux brochures préparant la matière des Cahiers^ sans être^ à proprement parler, des modèles de Cahiers^ il faut ajouter les suivantes^ non citées dans le livre V^ de cet ouvrage^ qui n'y changent cependant rien, mais qui offrent encore beaucoup d'intérêt :
A la nation artésienne, sur la nécessite de réformer les États d'Artois; — la première édition est du mois de mars et la seconde du mois d'avril 1789. — Cette brochure, libérale et égalitaire, devient fort remarquable quand on sait qu'elle est de Robespierre. Le républicain du comité de salut public était alors constitutionnel modéré et partisan très-décidé des libertés locales, infiniment plus fédéraliste que les futurs Girondins.
Considérations intéressantes sur les affaires présentes, 1788^ ouvrage anonyme, contenant un tableau comparatif assez curieux de l'administration, de la législation, du commerce, du mouvement des sciences et des arts sous Louis XIY et sous Louis XYI.
Résumé général des principaux écrits qui ont paru à Voccasion de la proclMine convocation des Etats-Généraux ou Lettres d*un hahitant de Paris à un provincial, — Je ne connais que la première partie, qui forme déjà 104 pages in-8°. Il dut en paraître une seconde. — Ce n'est pas malheureusement une analyse exacte des écrits politiques publiés en 1789, mais une critique de quelques-uns d'entre eux.
PIÈCES JUSTIFICxVTlVES ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 411
Discours à la nation française, par M*"" de Fumelle^ et second discours, etc.^ ces deux opuscules répondent à cette idée : « le bien ne peut s'opérer qu'avec une prudente lenteur et une constance inébranlable. »
Motions patriotiques de M. Pap. du Gh...^ très détaillées et dans un bon esprit^ etc.
La plupart des brochures dont je me suis servi pour écrire le chapitre vi du livre 1*% contiennent des modèles de Cahiers, Celle qui fut le mieux répandue est naturellement celle qui porte pour titre : Instructions de monseigneur le duc d'Orléans, et contient les Délibérations à prendre, par Emmanuel Sieyès. Elle souleva une très- vive polémique entre les amis et les ennemis du duc, qui se faisait «t scandaleusement démocrate^ d comme disait Publius (d'André). J'ai eu entre les mains six ou huit pamphlets extrêmement vifs pour et contre la conduite électorale du futur Philippe-Égalité.
Les trois premiers volumes du Génie de la Révolution étant consacrés à l'analyse et à l'interprétation des Cahiers remis par les électeurs de 1789 à leurs députés ^ je n'ai pu, dans le texte, et je ne puis ici qu'indiquer les principaux modèles de Cahiers* Après ceux que j'ai déjà cités et qui sont^ à mon sens^ les plus importants^ il faut rappeler ceux-ci :
Prene:û-y garde ou avis à toutes les assemblées d'élection qui seront convoquées pour nommer les représentants des trois Ordres (par Rabaut-Saint-Étienne^ selon Rondonneau) ; — contenant des définitions de principes et des spécimens d'instructions et pouvoirs^ se terminant par ces mots imprimés en gros caractères : « Haine immortelle à tous ceux qui cherchent à diviser les trois Ordres et à s'opposer à la tenue des États-Généraux. »
Le Cahier du Tiers-État, par Bergasse, qui cherche à rapprocher du Tiers-État la petite Noblesse^ en lutte avec la Noblesse de cour^ les barons et les gentilshommes fieffés, ainsi que le bas Clergé qui a à s'affranchir de la tyrannie de l'épiscopat et des béiiéficiers;
Le Cahier des trois Ordres et des modèles d'arrêtés à prendre par les États-Généraux, par l'auteur de Mes prophéties pour les États-Généraux, citées page 69 ; brochures « impartiales » et de conciliation;
Les Projets de procès-verbaux d'élection de député et d'instruC"
412 PliCES JUSTIFICATIVES
fions et fnnmxnrs à donner amodits députés, par les paroisses, bourgs f œmmunautéSy bailliages et sénéchaussées, libre application des Règlements officiels^ qui semble répondre aux Instrwh tûms pour les baillis ou sénéchaux d*épée, et pour les lieutenants des bailliages et sénéchaussées secondaires, expédiées officiellement par de Villedeuil;
Les Instructions et élections communes entre les trois Ordres, écrit de 69 pages^ daté du mois de mars n89^ favorable à la réunion des trois Ordres dans les élections mêmes^ prêchant la concorde sur le terrain de Tégalité ;
Les Instructions et pouvoirs à donner par les b&urgs, viUei, paroisses et bailliages, par M. F. D. T., opuscule constitutionnel;
Le Cri de la nation ou les doléances d'un miUion de Français, pamphlet très-violent;
Mes Cahiers, par le marquis de Villetle, remplis de motions (originales et souvent très-sérieuses;
Les Objets principaux qui doivent être discutés aux États4iénéraux, etc. ;
Le Cahiernational, libéral modéré;
Le Premier Cahier social, basé sur les principes du droit naturel :
V Offrande à la pairie, de Guffroy, qu'il ne faut pas confondre avec ['Offrande à la patrie de Marat, brochure postérieure aux élections; — (j'ai retrouvé une autre brochure intitulée : Remerciement de la nation à M. Guffroy, avocat, député des États d^Âr-^ tois, pour le riche présent qu'il lui a fait de son ouvrage intitulé ; Offrande a la nation, par un laboureur des environs de Saintr Claude, en Franche-Comté; cette brochure est signée Rougyff, anagrame de Guffroy ! ) ;
Les Réflexions sur les pouvoirs et instructions à donner par les prmnnces; Fauteuiv se plaint des brochures inc^diaires répandues en Bretagne et prêche l'union contre le pouvoir arbitraire;
ifaua? à découvrir aux États-Généraux, Lettre d'un curé de campagne à un de ses confrères, datée du 2 mars et signée P. C R. P. C. D. M. L. V ; remarquable en ce qu'il n'y est pas dit un seul mot du Clei^é;
Vive le roi! Doléances du curé de M,, écrit très-libéral comioe le précédent;
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Les Instructions ou si Von veut le Cahier de Vassemblée du baiUiage de ***, conçu dans un excellent esprit;
Les V(Bux et pouvoirs du bailliage de ***, trè&-libéraux;
Le Cahier du Clergé du bailliage deS..»; ' Le CahUrdu hameau de Madon, par Thémines^ évèque de Blois^ qui provoqua une Lettre de M, de Calonne, ministre d*Ét€U,M il. VévétpiB deBlûiSf sur le Cahier de Madûn, Londres, 15 juin 1789;
VAn 1789 ou la Vérité au pied du trône;
Plusieurs Extraits et recueils de faits et de dotéances des anciens Etats-Généraux, pour servir aux nouveaux, etc., etc.
Il existe un certain nombre de brochures rédigées sous forme de Cahiers, et que leurs auteurs destinaient à exprimer les plaintes et les vœux des malheureux, dont la voix ne devait pas être entendue ou pouvait ne pas l'être assez. Tels sont les Cahiers du ■quatrième Ordre, des pauvres, etc., «dont je parle au § 2 du chapitre IV du livre II. Tels sont les Cahiers des femmes, auxquels est consacré TEclaircissement n^ XY. Tels sont encore :
Les Jérémiades des maîtres portefaix et des autres mercenaires, du triste état de Id ville de Soissons;
Le Cahier du petit bailliage de S***, qui ne députera pas aux États-Généraux ;
Les Doléances des laboureurs de VÂuxois;
La Protestation du serf du mont Jura (du marquis de Villette], avec une Suite;
Les Doléances du cultivateur journalier, etc.
 ces modèles dé Cahiers, où sont traités tous les sujets à la fois, s'adjoignent une multitude de Projets d'articles à insérer, de Motions d'un bon patriote, de Rêveries patriotiques, et d'opuscules sur les finances, la justice, l'armée, la police, la traite des noirs, la marine^ la religion, le mariage, etc. Plusieurs seront utilisés dans le cours de cet ouvrage, je me contenterai de signaler ici :
Les Grands et les fripons au pilori, par Chauveau Lagarde;
V Ecole des laboureurs, de Lequinio;
Le Complot d'une banqueroute générale, de Marat.;
Les Trtbuns plébéiens ou nouvel ordre judiciaire à îiUrodnire en France, pétition à insérer dans les Cahiers. On demande dans ce petit écrit la « destruction de tous les tribunaux^ à resfieplion
de celui des consals^ dont les membres tiemient leurs pouvoirs du peuple. »
Les opuscules intitulés :
Le Bailli de Cancale, que demanderons-nous ?
Le Mont aimé, au Temps perdu, dans la rue des Projets inu* tiles, à Venseignc de la Vérité;
Les Mânes de M. Métra ou Réflexions posthumes pour guider ses confrères^ les gobe-mouches des Tuileries, du Luxembourg et du Palais-Royal, sur les réformes à proposer;
Les Lunettes du citoyen zélé, par Tauteor du Jugement du Champ de Mars;
Tout ce qui ms passe par la tête, salmigondis d'un spectateur des folies humaines, en plusieurs livraisons, de novembre 1788 à avril 1789;
Un royaume à régénérer par souscription ;
Le Maréchal-des-logis des trois Ordres;
Les Étrennes de mon ion cousin;
L'Inauguration de l'année 1789;
Les Heureuses prédictions;
Le Portefeuille du patriote;
Les Lettres de la comtesse de .,,, au chevalier de .,.;
£t surtout Le plus original des Cahiers, ex trait de celui d^un fou qui a de bons moments;
Sont beaucoup plus sérieux qu'ils n'en ont l'air. Dans le dernier^ par exemple, on demande une loi qui oblige, sous peine d'amende, les pères et mères à envoyer leurs enfants à l'école; la suppression des mouchards et leur remplacement par tous les citoyens faisant eux-mêmes la police en chaque commune.
La Pierre philosophale, avec ce sous-titre : Tous heureux, tous contents, tous à V aise y est loin d'être une facétie. L'auteur^ M. de Saint-Martin, vicomte de Briouze, propose avec un sérieux qui provoque un fou rire une organisation de la société française suivant <( les principes de Komulus! »
Les brochures contre les brochures, telles que :
Ouvrez les yeux!
Lœil s'ouvre!
Trente-six chandelles et le nez dessus, vous n'y verrez plus!
Le 26 qtiand;
Je ne suis pas de l'avis de tout le monde;
Sont assez nombreuses. Elles répondent à celles où Ton se félicite de ce qu'à force d'être répétée, la vérité finit par se répandre, et de ce que le peuple se réveille :
Séance extraordinaire et secrète de l'Académie française, où les académiciens se plaignent du tort que les publicistes font à leurs travaux;
Un rien, Lami du Tiers-Etat réveillé.
En général, les pièces satiriques d'un intérêt général ou qui, la plupart ne portant ni date, ni lieu d'impression, ni nom d'auteur, pourraient être attribuées aussi bien à la province qu'à Paris, sont, comme je l'ai dit page 135, assez rares. A peine puis-je citer :
Le Député paralytique ou idées d*un citoyen perclus;
Diogène aux États^énéraux ;
Le Cahier céleste;
Le Père Eternel démocrate;
Le remue-ménage du Paradis, avec gravure obscène;
Les doléances d'un borgne à qui une fusée a crevé le dernier œil qui lui restait;
Le trio : Don Quichotte, Chicaneau et Tartuffe;
La Pelle au c;
La Chasse et la nouvelle chasse aux bétes puantes et féroces;
La Chasse aux intrigants, aux fripons et aux voleurs;
La Satire universelle, prospectus adressé à toutes les puissances (par Grouvelle et Cérulti).
Précédemment, au n** i des pièces justificatives, j'ai parlé de diverses brochures faites sur les Cahiers ou à propos des Cahiers, au moment de la réunion des députés à Versailles. Je dois citer encore les suivantes qui ne peuvent pas être prises ni comme des modèles ni comme des résumés de Cahiers :
Le Cahier d'un philosophe, commissaire de la Noblesse dans deux bailliages ou doléances d'un Américain persécuté;
Le Discours de lorateur des trois Odres aux Etais-Généraux;
L'Orateur des États-Généraux pour 4789, qui démontre que les Etats-Généraux affaiblissent l'autorité royale et doivent régler plusieurs objets qui faisaient partie essentielle des attributions de la souveraineté^ 4 éditions;
La Harangue patriotique de l'orateur sans souci, dont voici le post-scriptum : a Un conseil salutake à donner au Tiers, c'est
416 PIÈGES JUSTIFIGilTlVKS ET ÉGLAiaCISSEHENTS.
d'empâcher par toute voie la jonctkm des baionnettes. Le nienarque sera doue trè&4iumblemeat supplié de les laisser lu râtelier! »
Les Nouvelles divenee sur ce qui s'est passé relaUvemmt à la nomination de plusieurs députés du Tier^-'État ; ou ue s'occupe dans cet écrit que de la Noblesse de Dijon, du Tiers de Toul et du Clergé d'Autun ;
Àusc trois Ordres aueniblés et non réunis ;
Hommage aux libérateurt de la France (par Tabbé Gordier» à Saint-Firmin), très^nthousiaste.
Une note spéciale, n* XIY^ est consacrée aux écrits publiés à Paris durant les élections parisiennes et sur elles. Dans un autre volume, je montrerai que la presse ne joua pas un rôle moins important dans le combat entre les Ordres que dans la lutte de la France entière contre le despotisme.
Parce que Prudhomme, dans sa très-mauyaise Histoire des crimes, etc., des Révolutions, laquelle ne doit pas être confondue avec son excellent journal, Les Révolutions de Paris, estime à environ une centaine le total des brochures publiées du mois de juillet 1788 au mois de mai 1789; — parce que V Introduction au Moniteur ne résume que vingt-cinq ou trente opuscules, considérés comme les plus importants de ceux qui parurent durant la périodeélectorale; — parce qu'eniin la plupart des historiens de la Révolution cmt trèsrapidement glissé sur le mouvement de la presse non pérodique, antérieurement au 14 juillet; — on est généralement porté à réduire àTextrême le nombre des brochures qui ont préparé la Révolution. On voit d'après cette note et d'après les chapitres II et YI du livre I'% auxquels elle se rattache, que ce nombre fut trèsconsidérable. Ayant compulsé les cartons de la Bibliothèque nationale, la collection Rondonneau, aux Archives, les volumes de la Bibliothèque révolutionnaire du Louvre et plusieurs collections particulières, je pense être encore au-dessous de la vérité, quand je constate qu'il parut, à la suite de l'arrêt du conseil du, 5 juillet 1788 et jusqu'au jour où se terminèrent les élections de 1789, environ quinje cents brochures^