‹ Le génie de la révolutionChapitre 168 sur 191 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

SUR LES OBJECTIONS QUE MM. LES MARCHANDS POURRAIENT PEUT- ÊTRE PRODUIRE CONTRE LE TABLEAU DE LA MAIN-d'cEUYRE EXPO- SÉ PRÉCÉDEMMENT.

« Premièrement, si les marchands disaient que les maitres-ou- Triers peuYont, pour leur avancement, avoir quatre métiers, les maîtres répondraient qu'ils sont en état de prouver que leurs gains seraient moins considérables, parce qu'il est probable que, pour faire mouvoir quatre métiers, il faut nécessairement sept personnes et un appartement sufOsamment grand, qui coûterait au moins deux cents livres par année ; que, de plus, la femme du maître ne pourrait plus occuper un métier, par rapport qu'elle serait indispensablement chargée de surveiller à la fabrication des ouvriers, de se transporter plus . souvent au magasin pour aller chercher les matières, et rendre les étoffes après qu'elle les aurait années, vérifiées et nettoyées pour les rendre parfaites.

436 PIÈGES JUSTIFiaiIYRS

» Au surplus» la rareté des dévideuses et des domestiques^ loreque la fabrication est dans la vigyeur^ ne permet pas au maître de les foire mouvoir; au contraire^ il est obligé alors de faire dévider les soies hors de son atelier^ ce qui, par conséquent, lui coûte davantage, et fait aussi le dépérissement de la manufacture^ par les fraudes qui en résultent.

> Deuxièmement, si les marchands alléguaient qu'il y a des genres d'étoffes plus lucratifs que ceux qui sont énoncés dans le présent tableau, les maîtres ouvriers peuvent objecter avec confiance, qu'après un examen sérieux, ils peuvent démontrer aisément que tous les genres d'étoffes unies sont presque égaux pour le salaire des ouvriers, attendu que de ceux qui sont inférieurs et moins payés, ils en peuvent faire davantage ; que de ceux qui sont supérieurs en qualité, étant moins avançables à cause de leur délicatesse rare, des dépenses excédantes à celles des genres inférieurs, par leurs apprêts, par une plus grande quantité de dévisages et de cannettes, et enfin par un travail pénible que l'ouvrier ne peut soutenir dix-sept à dix-huit heures, dont la journée est composée, sans être nécessairement obligé de prendre nourriture plus dispendieuse que celle désignée par le tableau des dépenses journalières exposées ci-après.

» Troisièmement, si les marchands objectaient qu'on peut foire une plus grande quantité d'aunage par année que ceUe dont il est .foit mention pour les trois genres désignés dans le précédent tableau de la main-d'œuvre, les maîtres peuvent justifier que^ pour y parvenir, il faut, indépendamment du compagnon, être cinq personnes pour les faire valoir, et que si, dans le cas de discussion à x^e sujet, les marchands étaient seuls pour en faire la recherche, ils pourraient se tromper; que ce n'est que par un relevé, fait €â, signé des deux parties, des livres dont les nnrcbanâs et les maîtres ouvriers tiennent double, et sur lesquels le gain el k qnni' tité d'ouvrage de ces derniers sont totalement à découvert, q9t MM. les magistrats^ ainsi que MM. tes marchmdt, poonaienl s'assurer de la sincérité de L'Exposé des maîtres oavriers»»

IT ÉCLAIRCISSKMEWTS. 437

DES DÉPENSES JOtimALTÉIIES^ OUI rORHEMT LES CBAEGES AMNUELLBS^ DES BfAlTRES OUVRIERS FABRICÂlfTS^ ET CALCITL D'ICXLLES POUH LA NOURRITURE ET ENTRETIEN DES PERSONNES A LEUR CHARCE^ ET LE PAYEMENT DES TRAVAUX DU COMPAGNON *,

lit. sols* den.*^

« Dépenses et entretien de tout ce qui peitit concerner un atelier de trois métiers^ remises^ pei« gnes^ battants^ rouleaux, navettes, forces, pinces^ pédales, carelles^ cordages, bois de métier, étampes^ rouet à dévider et rouet à canneltes^ le tout supputé coûter 9 deniers par aune des 2^244 aunes qui se font dans son atelier^ qui fait une dépense par année de 84»»

» Au compagnon lui étant dû pour sa façon du

* Pour servir de terme de comparaison au tableau de 1786, f extrais des Archives du Bhône, t. YI, p. 159 à 161, 2e

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